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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 22:09

 

 

Il nous est apparu intéressant  de nous interroger sur la manière dont la littérature traditionnelle a été ressentie par les premiers érudits français alors qu’elle n’était le plus souvent faite que de traductions orales ou plus tardivement transcrite sur les manuscrits en feuilles de latanier  avant la diffusion de l’imprimerie sous le roi Rama IV alors essentiellement bouddhiste et avant qu'elle ne s’occidentalise au contact du monde extérieur.

 

 

 

 

Monseigneur Pallegoix.

 

Monseigneur Pallegoix fut de ces spécialistes, parmi tant d'Européens qui vécurent au Siam. « Il est un des rares qui prit la peine d'apprendre la langue et la littérature siamoises et qui voulut que cette peine se métamorphosât en joie profonde  pour ceux qui un jour ou l'autre, mettraient à profit ses connaissances philologiques et historiques » dira avec un peu d’emphase Léon de Rosny.

 

 

 

Sa première recension de la littérature thaie date de sa « Grammatica linguae thaie » publiée en 1850 en latin, alors langue universelle du monde érudit (1).

 

 

Son premier dictionnaire quadrilingue « Dictionarium linguae thai » (thaï – latin – français- anglais) est de 1854. Sa « Description du royaume thaï ou Siam » est de la même année, plus accessible puisqu’écrite en bon français (2).

 

 

Le prélat nous donne  quelques spécimens de prose et de poésie dont le « Pater » en langue thaie, « accompagné d'une traduction interlinéaire, afin de donner une légère idée du style siamois ».

 

En ce qui concerne la littérature dite populaire, il ne nous donne qu’une fable sans malheureusement d’indication d’origine ni dans le temps ni dans l’espace, probablement venue d’un Jataka. Nous pourrions la retrouver chez Esope ou La Fontaine sans en changer une virgule (3).

 

Ces ouvrages n’échappèrent pas aux curieux du Siam puisqu’ils leur permirent d’avoir enfin un accès facile à la langue.

 

La Loubère, pourtant curieux de tout et ayant quelques connaissances de la langue ne nous renseigne malheureusement pas sur cette littérature.

 

 

A 371- INTRODUCTION À LA LITTÉRATURE TRADITIONNELLE SIAMOISE PAR LES PREMIERS ÉRUDITS FRANÇAIS.

Léon de Rosny

 

 

 

En 1869, Léon de Rosny,  ethnologuelinguiste, et orientaliste, qui connait la langue aussi bien que le prélat dont il fut l’ami, pose la question dans le chapitre consacré à la littérature siamoise de son ouvrage «  Aujourd'hui que les presses de l'Imprimerie impériale viennent de publier un grand dictionnaire de la langue thaï ou siamoise : l'étude de cet idiome se présente dans des conditions favorables qui fixeront sans doute la sollicitude de quelques savants. Toutefois les orientalistes se demandent encore s'il existe au Siam une littérature d'une valeur quelconque, et si elle n'est pas réduite tout au plus à de médiocres traductions d'ouvrages bouddhiques » (4).

 

Il nous décrit la littérature siamoise avec  tous les genres  représentés : « L'histoire générale et la chronique,  la législation, la géographie descriptive, les ouvrages didactiques, les traités de médecine et d'histoire naturelle, les livres d'astrologie et d'astronomie, les romans historiques et mythologiques, les romans de mœurs et les contes, les drames et les comédies nous y apparaissent comme quelques-uns des genres les plus cultivés et les plus propres à exciter la curiosité des orientalistes ».

 

Nous y trouvons au premier chef la présence massive de la littérature religieuse (5). Si l’élément fondamental du bouddhiste siamois, le Tripitaka ou Trai Pidok selon Monseigneur Pallegoix a été analysé par L. de Millioué, grand orientaliste et conservateur du Musée Guimet  (6), il n’a sauf erreur, jamais été traduit en français et une opération de traduction en anglais a débuté en 1982, avec 41 volumes à ce jour sur 100 prévus. Nous ignorons si ce fut un succès de librairie. Une traduction partielle en 43 volumes avait été publiée en 1900 sous l’égide de  T.W. Rhys Davids (7).

 

 

Ces 3683 volumes, nous dit Rosny, sont ce qui subsistent des 84.000 livres de la loi bouddhique, épaves d’un naufrage.

 

Pour le reste, il nous est difficile de ne pas suivre Rosny quand il dit non sans bon sens « Il est hors de doute qu'un grand nombre de ces ouvrages n'ont pour nous qu'un faible intérêt ».

 

En dehors des ouvrages religieux, Rosny fait référence aux livres d’histoires « dont la plupart sont émaillés de légendes merveilleuses qui les placent à  une égale distance de la chronique et du conte populaire ».

 

Il poursuit « Dans le domaine de la littérature légère, les Siamois possèdent une grande quantité de romans, la plupart composés en vers et presque tous plus ou moins saturés de bouddhisme »  

 

 

 

Le journaliste et explorateur Octave Sachot qui a manifestement une mauvaise connaissance de la langue, écrit en 1874. Nous le citons car il fut journaliste à la mode sous le Second Empire.

 

Il insiste sur la surabondance de la littérature sacrée et la pauvreté de la littérature profane (8).

 

 

Louis Finot

 

Nous retrouvons la présence massive de la littérature religieuse canonique ou extra canonique dans la littérature laotienne – mais le Siam est également concerné – dans les monumentales recherches effectuées par Louis Finot en 1917 sur la littérature de notre ancienne colonie (9). Il se penche aussi sur la littérature profane, contes, légendes et romans. Il en analyse et résume un grand nombre. Sa connaissance parfaite des langues lao et siamoise le conduisent à être critique sur la forme, négligences dans le style et dans la versification pour les pièces en vers. C’est évidemment un terrain sur lequel notre incompétence est totale.

 

 

Il définit les protagonistes dont la présence est ressassée à l’infini :

 

Le héros principal est un prince jeune et beau, amoureux souvent volage. C'est naturellement un jeune prince. Il combat et triomphe, avec l'aide d'armes magiques dont l’a parfois doté Indra. C’est le plus souvent un bodhisattva (พระโพธิสัตว์), l’un des avatars de Bouddha dans ses existences antérieures même s’il ne respecte pas toujours scrupuleusement les préceptes d’un  bon bouddhiste.

 

 

Le saint ermite, le rusi (ฤๅษี) est un magicien rompu aux sciences occultes qu’il enseigne au héros et auquel il fournit un arsenal magique : cheval volant, armes merveilleuses, etc. II recueille aussi les petites filles abandonnées, qui se trouvent là juste à point pour devenir les amantes ou les épouses du jeune prince.

 

 

Le yak (ยักษ์). Mâle ou femelle, c’est l’ennemi, Doté de pouvoirs magiques, il vole dans les airs, prend toutes les formes possibles, bestiales ou humaines. Il est aussi muni d’armes enchantées. Il est le mal et correspond toutes proportions gardées aux ogres de nos contes de fées.

 

 

Indra (พระอินทร์) est le deus ex machina. Il sauve les situations compromises, ressuscite les morts, répond au premier appel soit par l’intermédiaire d’un rusi soit par le simple envoi d’une flèche.

 

 

L'héroïne est toujours belle, aimante et fidèle mais pas toujours. Elle est souvent courageuse.

 

 

Les kinnarï (กินรี) sont des créatures célestes femelles bonnes et souvent dévergondées.

 

 

Le Garuda (ครุฑ) est évidemment omniprésent.

 

 

Ces histoires connaissent toujours une heureuse fin après des aventures souvent répétitives : courses et poursuites sur un cheval volant, rendez-vous, enlèvements, séparations, luttes contre les yaks ou contre les pères irrités, femmes perdues et retrouvées,  morts et résurrections, réunion générale et bonheur universel.

 

Notons que le bouddhisme (ou le brahmanisme) reste omniprésent et que ces belles histoires prennent souvent la forme d’un Jataka ou proviennent de l’un d’entre eux.

 

Reste à savoir ce qu’il est advenu des montagnes de texte sur feuilles de latanier inventoriées et analysées par Finot dans tout le Laos il y a plus d’un siècle ?

 

 

Claudius Madrolle

 

Dans son guide touristique de 1926, il nous dit « La littérature siamoise est assez abondante. Avant le contact avec l'Europe, la littérature classique comprenait des ouvrages religieux (traduction et commentaires des Écritures bouddhiques), et des œuvres profanes : poésie, théâtre, romans épiques, traités techniques, trahissant une forte influence hindoue. L'ouverture du pays à la civilisation européenne a beaucoup contribué à répandre, avec l'imprimerie, le goût de la lecture. A Bangkok, les imprimeries sont nombreuses et prospères; la presse locale comprend une dizaine de quotidiens et une vingtaine de revues en Siamois » (10).

 

 

Auguste Pavie

 

Nous effectuons un bref retour en arrière dans le temps car il mérite une mention spéciale. Nous avons consacré plusieurs articles à ce personnage hors du commun, explorateur (prétendument) aux pieds nus qui a donné à la France au détriment du Siam les territoires du Laos français (11).

 

Le récit de sa mission de 1879 à 1896 occupe onze épais volumes tous assortis de cartes et de remarquables illustrations mais son premier souci est la littérature.

 

 

Si le premier  tome est intitulé « exposé des travaux de la mission » le suivant – est-ce un  choix intellectuel – est intitulé « ÉTUDES DIVERSES – I - RECHERCHES SUR LA LITTÉRATURE DU  CAMBODGE, DU LAOS ET DU SIAM ».

 

 

Ses recherches effectuées entre 1879 et 1885 après les marches du jour étaient pour la mission la distraction du soir. Ainsi recueillit-il avec l’aide des membres de la mission, quelques-uns de ces contes dans des versions plus ou minois similaires lao, khmères et thaïes soit par tradition orale soit par quelques écrits. S’il ne parle ni ne lit aucune de ces langues, il bénéficie de plusieurs interprètes et ses traductions ont pour but « de faire œuvre de vulgarisation et de montrer sous un jour plus exact des populations extrêmement intéressantes ». Nous  constatons dans les trois contes dont il donne une traduction française tout à la fois l’imprégnation bouddhiste et la possibilité qu’ils soient la réminiscence d’une réalité historique transformée et embellie au cours des siècles.

 

Nous retrouvons en particulier l’histoire qu’il intitule « les douze jeunes filles » que nous connaissons (12). Nous en retrouverons le héros, Phra Rothsen dans une autre vie et dans une autre histoire, le narrateur le présente comme un ancien roi et bodhisattva tombé amoureux d’une belle princesse qui doit subir de nombreuses épreuves avant de gagner sa main.  Nous vous la conterons bientôt.

 

Notons que Pavie ne néglige pas l’histoire de la fondation légendaire du Laos et du Siam, le mythe de Khoun Bourôm (13), puisqu’il lui consacre à cette littérature historique un très long chapitre dans le volume suivant du récit de la mission (14).

 

 

Reprochons en toute courtoisie à Pavie de ne faire aucune référence à Monseigneur Pallegoix. Pavie était franc-maçon et fonctionnaire de la république anticléricale, Rendre hommage au premier français ecclésiastique s’étant intéressé à la langue, à l’écriture et à la littérature siamoise était probablement au-dessus de ses forces mais c’était un libre penseur qui avait la foi en la mission civilisatrice de la France !

 

L'étude de la littérature siamoise resta longtemps un sujet  entièrement neuf en Europe  et probablement aussi en Thaïlande. Le premier ouvrage qui lui fut consacré est de P. Schweisguth et date de 1951 (15).

 

 

Plus récente, une thèse bilingue sous forme d’anthologie de Duang Kamol. Elle reçut l’hommage d’une préface de par S.A.R. la Princesse Galyani Vadhana, sœur de feu le roi Rama IX (16).

 

 

Nous disposons en outre d’une liste récente des œuvres littéraires thaïes traduites en français (17). C’est peu de  chose mais la littérature populaire n’en est pas absente : Contes et légendes dont nous avons donné de fort modestes exemples (18).

 

Il ne faut pas oublier que la traduction du thaï au français n’est pas aisée et qu’en outre les textes anciens – pour ceux qui ont été transcrits-  le sont dans une langue qui n’est pas facile d’accès (19).

 

Ne citons qu’un exemple, la compilation traduite en anglais des « Chroniques royales d’Ayutthaya », des textes qui s’étalent entre 1680 et 1855, par Cushman et Wyatt, nous les avons citées d’abondance, sur un peu plus de 550 pages, représente 20 ans de travail.

 

 

 

NOTES

 

(1) Ces deux ouvrages sont le fruit  d’un diaire ...occupé par 20 ans de recherches en sus de son apostolat. Le dictionnaire comporte in fine un chapitre 28 intitulé  « Catalogus praecipiorum librorum linguae thai » (catalogue des principaux ouvrages de la langue thaïe). Quelques dizaines de pages donnent une liste d’abord d’ouvrages d’histoire, de médecin, d’astrologie et une autre toute aussi longue des livres sacrés du bouddhisme, 3683 volumes essentiellement en pali mais dont il donne le titre transcrit en caractères thaïs.

 

(2) « La collection des livres sacrés des Thaïs s’appelle Trai Pidok (พระไตรปีฎก) qui signifie les trois véhicules qui servent à nous faire traverser la grande mer de ce monde. Elle se divise en trois séries, à savoir phravinai (พระวิฬน-règles), phrasut (พระสูตร - sermons et histoires), phrabaramat  (พระบะระมัฎ - philosophie). Elle forme un total de quatre cent deux ouvrages et trois mille six cent quatre-vingt-trois volumes. Tous ces ouvrages sont composés en langue bali mais un grand nombre ont été traduits en langue thaïe soit les originaux, soit les traductions, sont écrits en caractères cambodgiens, et l'on regarderait comme un manque de respect et une sorte de profanation de les écrire avec les caractères communs et vulgaires. Les livres sacrés  sont très répandus, puisque la plupart des pagodes en ont la collection plus ou moins complète.

 

 

Quant aux ouvrages de littérature profane, il y en a environ deux cent cinquante dont plusieurs sont d'une haute importance, tels que :

 

Annales des royaumes du nord : 3 volumes.

Annales des rois Sajam : 40 volumes.

Différents codes des lois : 38 volumes.

Ouvrages de médecine : 50 volumes.

Ouvrages d'astronomie et d'astrologie : 25 volumes.

Annales chinoises : 12 volumes.

Ouvrages philosophiques : 80 volumes.

Annales des Pégouans : 9 volumes.

Lois et coutumes du palais : 5 volumes.

Les autres ouvrages sont des histoires, contes, romans, comédies, tragédies, poèmes épiques, chansons, etc. Les romans sont presque toujours en vers; un seul forme quelquefois de dix à vingt volumes je ne crois pas exagérer en disant que leur littérature profane, tant prose que poésie, comprend plus de deux mille volumes. Il est probable  qu'à l'époque de la ruine de Juthia, où tout le pays a été bouleversé et saccagé, il s'est perdu grand nombre d'ouvrages dont les anciens se rappellent les noms et qu'on ne peut retrouver nulle part.

 

Selon Monseigneur Pallegoix, la version actuelle des Trai Pidok ne daterait que de l’année bouddhiste 2345 (1802). « Elle fut composée par d'illustres docteurs qui la corrigèrent ensuite avec le plus grand soin et la rédigèrent d'après les livres sacrés ».

 

(3) « La fortune s'évanouit par une trop grande avidité, et l'avidité conduit à la mort. Il y avait un chasseur qui se promenait tous les jours et tuait à coups de flèches les éléphants pour nourrir sa femme et ses enfants. Un jour, qu'il parcourait les forêts, il lança une flèche sur un éléphant qui, percé par le trait et excité par la douleur, se précipita sur le chasseur pour le tuer. Mais le chasseur s'enfuit et monta sur un nid de fourmis blanches sur lequel restait une vipère qui mordit le chasseur. Celui-ci irrité tua la vipère. L'éléphant le poursuivait (parce que le venin de la flèche avait pénétré jusqu'au cœur), tomba et mourut près du nid de fourmis. Le chasseur mourut aussi du  venin de la vipère mais son arc était encore tendu dans ce lieu. Alors un loup qui cherchait de la nourriture arriva dans cet endroit en voyant cela se réjouit beaucoup Cette fois, dit-il, me voilà très riche, il m'arrive une très-grande fortune. Je mangerai cet éléphant au moins pendant trois mois, je me nourrirai de l'homme pendant sept jours, je mangerai le serpent en deux fois; mais pourquoi laisser la corde de l'arc pour qu'elle se perde en vain ? Il vaut mieux la manger maintenant pour apaiser d'abord ma faim. Ayant ainsi médité, il mordit la corde celle-ci étant rompue, l'arc se détendit, frappa et brisa la tête du loup qui périt sur-le-champ ».

 

(4) « Variétés orientales, historiques, géographiques, scientifiques, biographiques et littéraires », à Paris en 1869.

 

 

(5) « Les ouvrages bouddhiques tiennent évidemment une très large place dans la littérature thaïe : l'on pourrait même dire que la presque totalité des livres qui la composent a été rédigée sous l'inspiration de la puissante doctrine de Çakya-mouni ».

 

(6) « Le Bouddhisme dans le monde – origines – dogmes – histoire », paru en 1893 et « Bouddhisme » paru en 1907

 

 

(7) Nous n’avons rencontré qu’une petite partie de ces textes sacrés, les Jataka qui sont le récit canonique des 547 existences anciennes de Bouddha antérieurement à sa montée vers le Nirvana, traduits en anglais et partiellement en français. Nous leur avons consacré deux articles :

A 276 - LES JATAKA BOUDDHISTES (ชาดก) ONT-ILS MIGRÉ VERS LE CHRISTIANISME ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/10/a-276-les-jataka-bouddhistes-ont-ils-migre-vers-le-catholicisme.html

A 287- LES JATAKAS BOUDDHISTES ONT-ILS MIGRÉ VERS LES FABLES D’ÉSOPE ET CELLES DE LA FONTAINE ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/11/a-287-les-jatakas-bouddhistes-ont-ils-migre-dans-les-fables-d-esope-et-celles-de-la-fontaine.html

 

 

Ce sont les immenses « trois corbeilles » la seconde  compte cinq parties, dont la dernière, le Khuddakanikâya (ขุททกนิกาย) se divise en  quinze recueils.  Les Jataka ne forment que le dixième de ces quinze recueils. Ce livre est certainement le plus populaire de la littérature bouddhique, parce qu'il est le plus accessible, une sorte de recueil de contes moraux, faciles à lire et à la portée de toutes les intelligences. Cependant ils ne sont  pas n'importe quel conte : ce sont le récit de l'une des 547 existences antérieures de Bouddha, récit fait par le Bouddha lui-même dont l'omniscience s'étend à la connaissance complète des choses du passé. Sa construction est toujours la même : Une introduction de temps et de lieu - le récit lui-même donné comme ayant été recueilli de la bouche même du Bouddha – La morale de l’histoire - et enfin  une quatrième partie qui est une identification des personnages du récit avec le  Bouddha, quelqu'un ou quelques-uns de ses contemporains. Sa construction est toujours la même : Une introduction de temps et de lieu - le récit lui-même donné comme ayant été recueilli de la bouche même du Bouddha – La morale de l’histoire - et enfin  une quatrième partie qui est une identification des personnages du récit avec le Bouddha, quelqu'un ou quelques-uns de ses contemporains.

 

Les 547 Jatakas canoniques n’ont fait l’objet que de très partielles traductions en français. Elles l’ont été en anglais et numérisées au terme de ce qui fut probablement un  travail de Romain :

http://www.sacred-texts.com/bud/j1/index.htm              

http://www.sacred-texts.com/bud/j2/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j3/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j4/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j5/index.htm

http://www.sacred-texts.com/bud/j6/index.htm

 

 

(8) Né en 1824, Sachot, personnalité incontournable du second Empire,  collabora à la Revue Britannique, l'Athénɶum français, la Revue contemporaine, la Correspondance littéraire, la Revue européenne et la Patrie. Il ignorait manifestement tout de la langue donc de la littérature puisqu’il nous apprend ( ?) qu’elle s’écrit de droite à gauche !

 

Dans  « Pays d’’extrême orient – Siam- Indochine centrale – Chine- Corée » publié à Paris en 1874, il écrit «  La littérature est, de l'aveu général, pauvre et dépourvue d'intérêt. Elle consiste en chansons, en romans et en quelques chroniques. Au point de vue de l'imagination, de la force et de la correction, on la dit de beaucoup inférieure à celle des Arabes, des Persans et des Hindous. Il n'existe de composition en prose que les lettres ordinaires. Il n'y a pas de drames réguliers ; ce qui en tient lieu sont des pièces bâties sur des romans et dans lesquelles les acteurs tirent leurs rôles de leur propre fonds et s'arrangent de manière à convertir le sujet en un dialogue présentable. C'est principalement à la littérature sacrée que les Siamois attachent de l'importance. La langue consacrée à la religion est, comme dans les autres pays  bouddhistes, le Bali ou Pâli ... Cette langue est la même qu'à Ceylan et dans tous les royaumes de l'Inde transgangétique. Or, les compositions littéraires qui se rencontrent dans tous les pays bouddhistes, paraissent peu différer les unes des autres ; mais les caractères graphiques de Ceylan sont si peu semblables à ceux dont on se sert en Siam, que les manuscrits bali de l'un des deux pays ne sont pas faciles à déchiffrer pour les prêtres de l'autre ».

 

(9) Louis Finot « Recherches sur la littérature laotienne »  In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 17, 1917. pp. 1-218.

 

(10)  « INDOCHINE DU SUD - De Marseille à Saigon : Djibouti. Ethiopie. Ceylan. Malaisie. COCHINCHINE  - CAMBODGE - BAS-LAOS -SUD-ANNAM -  SIAM » à Paris, 1926.

 

(11) Voir en particulier nos articles

25. « Les relations franco-thaïes : Vous connaissez Pavie ? »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-les-relations-franco-thaies-vous-connaissez-pavie-66496557.html

25.2 « Les relations franco-thaïes : Pavie Écrivain »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-2-les-relations-franco-thaies-pavie-ecrivain-66496928.html

136. « Auguste Pavie. Un destin exceptionnel. (1847-1925) »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-136-auguste-pavie-un-destin-exceptionnel-1847-1925-123539946.html

 

(12) Voir nos articles.

A 271 « พระสุธน - มโนราห์ - L’HISTOIRE DE PHRA SUTHON ET DE MANORA – UNE LÉGENDE POPULAIRE DE LA THAÏLANDE

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/08/a-271-l-histoire-de-phra-suthon-et-de-manora.html

A 272 «  พระรถเส่น - เมรี - L’HISTOIRE DE PHRA ROTSÉN ET DE MÉRI : LA PRÉCÉDENTE VIE DE PHRA SUTHON ET DE MANORA – UNE LÉGENDE POPULAIRE DE LA THAÏLANDE » .

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/08/a-272-l-histoire-de-phra-rotsen-et-de-meri-la-precedente-vie-de-phra-suthon-et-de-manora-une-legende-populaire-de-la-thailande.html

Le volume II des comptes rendus de la mission de Pavie a fait l’objet d’une édition en 1903 sous le titre «  Contes populaires du Cambodge, du Laos et du Siam ». L’ouvrage a été superbement rédité en 2016.

Notons la publication en 2014 du livre « Légendes du Laos », un recueil de contes traditionnels dont la traduction française a été assurée en particulier par notre ami Jean-Michel Strobino. Nous y retrouvons la version lao de Phra Suthon et Manora sous le nom de « Sithon et Manola ». 

 

(13) Voir notre article A 363  « LE MYTHE DE KHOUN BOURÔM OU L’ORIGINE COMMUNE DES THAÏS ET DES LAO » :

http://www.alainbernardenthailande.com/2020/03/a-363-le-mythe-de-khoun-bourom-ou-l-origine-commune-des-thais-et-des-lao.html

 

(14) « ÉTUDES DIVERSES – II - RECHERCHES SUR L’HISTOIRE DU CAMBODGE, DU SIAM ET DU LAOS »

 

 

Pavie réussit à obtenir les « Chroniques du Laos » échappées de l’incendie d’une pagode en février 1887 à Luang-Prabang avec l’accord du vieux roi Ounkam  qui s’était pris d’amitié pour lui.

 

 

(15) « Etude sur la littérature siamoise », Paris, 1951.


(16) « Florilège de la littérature thaïlandaise = มาลัยวรรณกรรม » publié à Bangkok en 1988.

 

(17) « INVENTAIRE DES OEUVRES LITTÉRAIRES THAÏES TRADUITES EN FRANÇAIS » par Gérard Fouquet, décembre 2017

 

(18) Voir nos articles:

A 271- พระสุธน - มโนราห์ - L’HISTOIRE DE PHRA SUTHON ET DE MANORA – UNE LÉGENDE POPULAIRE DE LA THAÏLANDE

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/08/a-271-l-histoire-de-phra-suthon-et-de-manora.html

A 273 - ขุนช้าง ขุนแผน - UNE OEUVRE MAJEURE DE LA LITTÉRATURE THAÏE : KHUN CHANG - KHUN PHAEN OU L’HISTOIRE DE PHIM, « LA FEMME AUX DEUX CŒURS ».

 

(19) Les traducteurs ne sont pas nombreux, l’idéal rarement réuni serait un binôme de deux natifs. Pas de masculin, pas de féminin, pas de singulier, pas de pluriel, pas de déclinaison, pas de conjugaisons, utilisation systématique des prénoms à la place des pronoms personnels, absence de majuscule,  absence de séparation des mots dans la phrase ...  Selon le contexte, mais ce n’est pas toujours évident,  le terme นักศึกษา peut signifier un étudiant, une étudiante, des étudiants, des étudiantes  (exemple tiré de l’article de Suthisa Rojana-anun dans le bulletin de l’association thaïlandaise des professeurs de français, n° 131, année 39 de janvier–juin 2016)

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commentaires

Marc GEOFFROY 13/06/2020 03:04

J'éprouve toujours un grand plaisir à lire vos articles. Dans le prolongement de celui-ci, je me permets de vous signaler l'ouvrage SIAM D'HIER, THAILANDE D'AUJOURD'HUI que j'ai publié et qui recensent des textes rassemblés par le regretté Jean Marcel et Patrick Binot sur la Thaïlande vue par 31 auteurs francophones https://www.diffusia.fr/editions-soukha-sur-l-asie-du-sud-est/175-siam-d-hier-thailande-d-aujourd-hui-anthologie-de-31-textes-9782919122660.html

de barbeyrac 12/06/2020 15:28

Qu'attends tu Bernard pour faire une étude de la langue thaïe? Tu as le temps et la compétence maintenant même si la langue te reste en partie mystérieuse... Bon courage....

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 12/06/2020 20:56

C'est en cours !