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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 23:42
A 381 - LA THAÏLANDE AUX JEUX OLYMPIQUES

La Thaïlande est venue tardivement aux jeux olympiques, restaurés sinon fondés en 1896 par Pierre de Coubertin. 

 

 

Le Comité national olympique thaï (คณะกรรมการโอลิมปิคแห่งประเทศไทย - Khanakammakan Olimpik Haeng Prathetthai) coordonne les activités olympiques dans le pays. Il est placé sous patronage royal (ในพระบรมราชูปถัมภ์ - Naiphraborom Rachupatham). Il a été fondé le 20 juin 1948 à Bangkok et fut reconnu par le Comité international olympique le 15 mai 1950.

 

 

Elle a d’ailleurs depuis 2017 une petite place dans ce  comité en la personne de Madame Patama Leeswadtrakul, universitaire et femmes d’affaire de très haut niveau. Elle y côtoie les représentants d’institutions officielles, toutes liées, directement ou indirectement, aux instances dominantes des puissants de ce monde : princes, émirs, aristocrates, banquiers, ex‑ministres, hommes d’affaires, diplomates ou ambassadeurs recyclés, fonctionnaires internationaux, sportifs reconvertis dans le lobbying.

 

 

Le comité national fut présidé successivement par Phraya Chindarak, de sang royal, qui fut un temps ministre de l’intérieur et par ailleurs fondateur de l’association de badminton de Thailande (สมาคมแบดมินตันแห่งประเทศไทย - Samakhom Baetmintan Haeng Prathet Thai) et qui fit reconnaître cette activité comme sport national. Il fut suivi de  Praphas charusathien, maréchal de l’air et un temps ministre de l’intérieur. Vint ensuite Dawee chullasapya, maréchal de l’air et plusieurs fois ministre. Après une période trouble en 1996-1997, arrive le général Chetta Thanajaro, commandant en chef des armées. Après lui vient Yuthasak Sasiprapha, encore un général qui fut ministre. Prawit Wongsuwan en est le président depuis 2017, tout aussi militaire et tout aussi ministre ou ancien ministre (1).

 

 

Sans épiloguer sur la philosophie ou la prétendue philosophie de l’olympisme et au vu de cette composition sans discontinuité, il est évidemment permis de s’interroger sur le point de savoir si l’olympisme vu par le CIO n’est pas un adoubement aux régimes totalitaires, question qui fut posée pour les jeux de Berlin en 1936

 

 

....ou ceux de Pékin en 2008 et qui pourrait se poser pour la Thaïlande dont certains considèrent le régime sinon comme totalitaire, du moins comme « autoritaire » (2) ?

 

 

LES MÉDAILLES THAÏES AUX JEUX D’ÉTÉ DE 1952 Á 2016

 

 

Depuis les jeux d’Helsinki en 1952, les premiers auxquels participèrent des sportifs thaïs et au cours de quinze participations, les résultats se firent attendre : Helsinki 1952,

 

 

Melbourne 1956,

 

 

Rome 1960, 

 

 

Tokyo 1964,

 

 

Mexico 1968,

 

 

Munich 1972, aucun thaï ne monte sur le podium.

 

 

Le succès commence à Montréal en 1976

 

 

avec une médaille de bronze Payao  Poontarat  (Boxe Poids -i- mouche).

 

 

Les jeux de Moscou sont boudés en 1980, c’est l’esprit olympique qui fit que l’on ne bouda pas ceux de Pékin en 2008 ; Les vilains soviétiques sont entrés en Afghanistan et les bons Chinois au Tibet. Les Jeux de Moscou avaient été boycottés par les États-Unis et 64 autres délégations occidentales en raison de l'intervention soviétique en Afghanistan, une décision à laquelle la France eu l’intelligence de ne pas s’associer !

 

 

Elle eut un mérite, celui de faire entrer au sein de l’Olympisme internationale le Laos qui n’avait auparavant jamais participé aux jeux et fit alors preuve de solidarité en envoyant quelques athlètes après avoir créé son comité national en 1975 reconnu en 1979 par le Comité International (3).

 

 

En 1984 à Los Angeles,

 

 

 

 

les thaïs remportent une médaille d’argent et une de bronze. Dhawee Umponmaha (boxe moins de 43,5 kilos) pour l’argent et  X pour le bronze.

 

 

A ces jeux d’ailleurs et en réponse au boycott de 1980, les pays du bloc de l’Est sauf la Roumanie ne se rendirent pas aux jeux sous des prétextes tout aussi politiques !

 

Séoul 1988

 

 

La moisson fut maigre  à Séoul en 1988 et à Barcelone en 1992,

 

 

1  seule de bronze. A Séoul Phajol Moolsan pour la boxe (moins de 54 kilos)

 

 

et à Barcelone  un boxeur de moins de 57 kilos, Arkhom Chenglai.

 

 

A Atlanta en 1996,

 

 

première médaille d’or en sus d’une de bronze. La médaille d’or récompense Somluck Kamsing (boxe – poids plume)

 

 

celle de bronze Vichairachanon Kadpo (Boxe – poids coq).  

 

 

Ce score est égalé à Sydney en 2000, Wijan Ponlid décroche une médaille d’or (boxe – poids mouche)

 

 

Pornchai Thongburam une de bronze (boxe – super-welters).

 

 

En 2004 à Athènes,

 

 

les Thaïs emportent trois médailles d’or, une d’argent et quatre  de bronze. Pour l’or, Manus Boonjumnong médaille d’or (boxe-super léger)
 

 

deux femmes en haltérophilie, Udomporn Polsak (moins de 53 kilos)

 

 

et Pawina Thongsuk (moins de 75 kilos).

 

 

Pour l’argent, Worapoj Petchkoom (boxe – moins de 56 kilos).

 

 

Les médailles de bronze récompensent Suriya Prasathinphimai (boxe – moins de 75 kilos),

 

 

deux femmes en haltérophilie : Aree Wiratthaworn (moins de 48 kilos)

 

 

et  Wandee Kameaim (moins de 58 kilos)

 

 

et une autre en Taekwondo, Yaowapa Boorapolchai (moins de 49 kilos)

 

 

En 2008 à Pékin chez les bons Chinois,

 

 

deux médailles d’or, un boxeur de moins de 51 kilos, Somjit Jongjohor

 

 

et une femme haltérophile de moins de 53 kilos, Prapawadee Jaroenrattanatarakoon,

 

 

deux d’argent, un boxeur de moins de 64 kilos, Manut Boonjumnong

 

 

et un lutteur de Taekwondo de moins de 49 kilos, Buttree Puedpong.

 

 

A Londres en 2012,

 

 

le résultat décevant n’est plus que de deux médailles d’argent, celle de Pimsiri Sirikaew en haltérophilie

 

 

et Kaew Pongprayoon en boxe

 

 

et  une de bronze, Chanatip Sonkham en taekwondo.

 

 

A Rio en 2016,

 

 

il y aura deux médailles d’or, une  d’argent et une de bronze. Deux médailles d’or en haltérophilie pour deux femmes, Sopita Tanasan  dans la catégorie des moins de 48 kilos en soulève 200,

 

 

Sukanya Srisurat dans celle des moins de 58 kilos en soulève 240.

 

 

Une médaille d’argent en haltérophilie pour Pimsiri Sirikaew qui, à moins de  58 kilos en soulève 232

 

 

et une de bronze pour un  homme de moins de 58 kilos lui aussi Sinphet Kruaithong qui arrache 289 kilos.

 

 

Nous sommes évidemment loin des fourmis qui peuvent – paraît-il - soulever 1000 fois leur poids

 

 

 

Les résultats sont naturellement disponibles sur le site du Comité international (4).

 

Au total depuis 1952, le pays a gagné 9 médailles d'or : 5 en haltérophilie et 4 en boxe anglaise, 8 médailles d'argent : 2 en haltérophilie, 4 en boxe anglaise et 2 en taekwondo et 14 médailles de bronze : 7 en haltérophilie, 4 en boxe anglaise et 3 en   depuis 1952 dans trois disciplines exclusivement, l’haltérophilie, la boxe anglaise et 3 en taekwondo.

 

La boxe, l'haltérophilie et le taekwondo sont les trois seuls sports dans lesquels la Thaïlande a obtenu des médailles. Il faut évidemment préciser que chaque discipline classe les participants au poids, il n’y a pas eu de champion de boxe au titre des poids lourds et, nous l’avons vu, les haltérophiles sont des « petits formats ».

 

La boxe thaïe est toujours absente : la commission exécutive du Comité international olympique réunie à Lausanne a accepté la proposition du comité d’organisation de Tokyo 2020 d’ajouter cinq nouveaux sports au programme des Jeux Olympiques 2020. Il s’agit du baseball-softball, du karaté, du skate, du surf et l'escalade, la boxe thaïe est toujours exclue.

 

 

LES  JEUX TOKYO  DE 2020 ?

 

 

Ils ont comme nous le savons été reportés à l’année suivant, l’été 2021 en raison de la pandémie mondiale. Il nous fait donc patienter pour savoir s’ils verront la participation de « Tiger » Woods qui passe pour être le plus grand joueur de golf de tous les temps. Le golf est redevenu discipline olympique en 2009. Il n’avait pu être présent à Rio pour des raisons de santé. Il attendait sa qualification pour Tokyo. Est-il thaï ? Il est en tous cas un héros pour les Thaïs et a été accueilli triomphalement à Bangkok. C’est un sang mêlé : son père est un noir américain vétéran du Vietnam qui a connu sa mère, une vraie thaïe, Kultida Punsawad, à Bangkok. Le couple s’est marié et rejoignit les États Unis dans les années 70. « Tiger » est né en Californie et donc américain par droit du sol. D’après son père, il est à moitié thaï, un quart chinois, un huitième blanc, un seizième chaouanon (amérindien) et un seizième noir. Lui-même en tous cas ne renie pas ses origines thaïes et se dit à l’occasion bouddhiste.

 

 

Par rapport à ses voisins, la Thaïlande brille :

 

Le Laos qui participe régulièrement aux jeux depuis 1980 – hormis la parenthèse d’Atlanta en 1984, n’a à ce jour décroché aucune médaille.

 

Le Cambodge qui participe plus ou moins épisodiquement depuis 1956 n’a jamais non plus obtenu de médaille.

 

Il en est de même pour la  Birmanie qui participe depuis 1948.

 

La Malaisie participe depuis 1964 mais ses athlètes n’ont ramené que sept médailles d’argent et quatre de bronze pour la plupart en badminton.

 

 

Le Vietnam participe depuis 1952 et n’a gagné qu'une médaille d’or (au tir au pistolet à air comprimé à 10 mètres) en 2016 et trois en argent. Hoàng Xuân Vinh le médaillée d’or est, il est vrai, un « amateur » un peu spécial puisqu’il est tireur d’élite dans l’armée de son pays avec grade de colonel et eut une seconde médaille d’argent au tir au pistolet à 50 mètres après avoir manqué le « sans faute ».

 

 

Aucun de ces pays n’a jamais participé aux jeux olympiques d’hiver depuis leur création en 1924. Ce n’est pas le cas de la Thaïlande.

 

LES JEUX OLYMPIQUES D’HIVER

 

La Thaïlande participe aux jeux d’hiver depuis 2002 avec une exception aux jeux de Vancouver en 2010 faute de qualifiés.

 

 

Le premier thaï qualifié aux jeux de 2002 à Salt Lake City fut Prawat Nagvajara, skieur de fond qui représenta également son pays en 2006 à Turin. Thaï certes, Nagvajara a grandi à Bangkok mais est devenu professeur de génie électrique à l'Université Drexel en Pennsylvanie aux États-Unis. Ce n’est pas dans la vallée de la Chao Phraya qu’il a gagné ses galons. Lors de ces deux jeux, il fut le seul thaï qualifié et revint sans médaille. L’excuse des perdants est toujours présente : « L’important c’est de participer ».

 

 

En 2014, La Thaïlande participe pour la troisième fois aux Jeux olympiques d'hiver à Sotchi en Russie.

 

 

Les deux athlètes thaïlandais, les skieurs alpins Kanes Sucharitakul  et Vanessa Vanakorn, terminent respectivement 65e et 6e en slalom géant. La délégation thaïlandaise n'a remporté aucune médaille. Le jeune Kanes Sucharitakul est un richissime homme d’affaire de Bangkok.

 

 

Vanessa-Mae qui court sous le nom de son père (Vanakorn) est une personne hors du commun tant par son charme que par ses talents : violoniste née à Singapour d'un père thaï et d'une mère chinoise, elle a grandi à Londres et a skié pendant plusieurs années à Zermatt en Suisse.

 

 

Elle commence sa préparation six mois avant les Jeux et pour représenter son pays en 2014 en ski alpin, participa à des courses secondaires qui lui permirent d’être qualifiée.

 

En 2018 à Pyongyang en Corée, quatre athlètes thaïs furent qualifiés, deux hommes et deux femmes, Pour les hommes  Nicolas Zanon

 

 

et Marc Changloung.

 

 

Ils sont tous deux issus de couples mixtes, mère thaïe et père italien, et ont été élevés en Italie  où l’on pratique les sports alpins plus volontiers qu’en Isan. Pour les femmes Alexia Arisarah Schenkel est suisso-thaïe

 

 

et Karen Chanloung dont le père est de Yasothon oú elle n’a pas appris le slalom et la mère italienne, elle a également été élevée en Italie. Ses exceptionnels talents en font probablement l’espoir de la Thaïlande pour les jeux d’hiver prévus à Pékin en 2022.

 

 

 Il faut bien dire pour conclure que tous les pays, compte tenu du minimum de qualification exigé dans chaque discipline, ne peuvent assurer à leurs athlètes la formation nécessaire et leur donner les moyens de s’entraîner toute l’année à un haut niveau, l’amateurisme n’était plus qu’un vain mot. Le niveau mondial devient si élevé qu’il est inaccessible à de nombreux pays ; Quand le record olympique du 100 mètres est de 9”58, l’athlète thaï qui détient le record du pays est à 10”23. C’est peu de chose ? À l’arrivée le premier a quelques  mètres d’avance !

 

 

Les États-Unis sont la première puissance olympique de monde. Au classement boutiquier des médailles qui compile toutes celles glanées depuis les premiers Jeux de l'ère moderne, les États-Unis pointent effectivement largement en tête pour le nombre de distinctions et sont suivis de loin par l’URSS puis la Russie mais ces deux pays mettent en œuvre des moyens gigantesques. Les athlètes « amateurs », en général des étudiants inscris dans une Université où ils ne mettent jamais les pieds sont en réalité stipendiés pour suivre un entrainement forcené. Sans parler des scandales permanents de dopage, nous sommes loin des « jeux propres » !

 

 

Les athlètes médaillés de Thaïlande nous paraissent à l'inverse devoir leurs qualités à une appartenance aux plus distinguées classes de la société mais il pèse aussi sur les haltérophiles médaillés en 2016 de lourds soupçons de dopage ? 

 

 

NOTES

 

(1) Notre source est évidemment le site du Comité : https://olympicthai.org/en/

 

(2) Voir « L'OLYMPISME OU LA CONTINUITÉ D'UNE IDÉOLOGIE TOTALITAIRE » de Jean-Marie Brohm  Outre-terre, 2009/1 n° 21 | pages 75 à 87

 

(3) Sur l’olympisme au Laos, voir le bel article de notre ami J.M. Strobino « Le Laos et les jeux olympiques » dans la revue Philao du 2eme trimestre 2014 :

https://www.academia.edu/36001791/Le_Laos_et_les_Jeux_Olympiques

 

(4) https://www.olympic.org/fr/resultats-olympiques

 

 

 

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