Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 22:13

 

Nous remercions tout particulièrement Philippe Phanomyong, viticulteur dans le Val-de-Loire, pour son aide et ses conseils ainsi que ses communications de documents et photographies.

 

Qu’est-ce donc que le vin ? Il n’est pas inutile de se poser cette question fondamentale comme nous n’allons pas tarder à la voir... même si elle vous semble en première analyse superflue !

 

 

Selon sa définition légale en Europe, le vin est le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale ou partielle, de raisins frais, foulés ou non ou de moûts de raisins, qui seule  mérite cette appellation et constitue une boisson dite  « saine, loyale et marchande » (1).

 

 

 

 

LES SIAMOIS DÉCOUVENT LE VIN DE BORDEAUX ET DEVIENNENT  VITICULTEURS.

 

 

LE VIGNOBLE DE SAINT ÉMILION « CHATEAU SAINT-LȎ »

 

 

Ce très beau vignoble est situé sur le territoire de la commune de Saint-Pey d’Amens en Gironde. Son histoire ne nous éloigne pas de l’objet de notre blog, « l’histoire de la Thailande » puisqu’elle elle est liée étroitement à celle d’un personnage hors du commun, le Docteur Pathom Vongsuravatana (2)

 

 

 

 

 « L’histoire du Château Saint Lô est associée à la Thaïlande par des liens séculaires. En 1893, les relations entre la France et le Siam, qui remontent au règne de Louis XIV, traversent une période difficile. Les Français ont des politiques expansionnistes le long de la rive gauche du Mékong et proclament un blocus des côtes siamoises. De retour en France, le prince Vaddhana (พระวงศ์เธอ พระองค์เจ้าวัฒนา) fut le porte-parole du Siam auprès du gouvernement français avant d’être nommé consul du Siam à Paris.

 

 

Il était l’un des nombreux petits fils du roi Rama V.  En dehors de ses efforts diplomatiques intenses pour éviter une guerre, il acheta des vins de Bordeaux qu'il envoie ensuite à son ministre des Affaires étrangères, le prince Devawongse (พระองค์เจ้าเทวัญอุไทยวงศ์ กรมพระยาเทวะวงศ์วโรปการ).

 

 

Parmi les vins classés du Médoc, un seul vin du Libournais figure sur la carte parmi six vins commandés par le prince Vadhana : « cru Saint Lô, 48 bouteilles ». Un siècle plus tard, le Dr Pathom Vongsuravatana (Wongsurawat), Consul de Thaïlande à Bordeaux, connaissant la vente du vignoble sur le territoire de la commune de Saint-Pey d’Amens en Gironde rassembla une trentaine de ses compatriotes ou amis  passionnés de vins afin d'acquérir la propriété (par l’intermédiaire de la Société « Les vignobles réunis ») et continuer la production d’un Saint-Emilion de grande qualité. En 1995, à l’occasion du cinquantième anniversaire du règne de Sa Majesté Bhumibol Adulyadej le Roi accorda au domaine le privilège de faire apparaître sur les étiquettes des bouteilles les armoiries de ce jubilé. Sa majesté accordera à nouveau ce privilège en 1997 pour son soixante-dixième anniversaire.

 

 

À la fin des années 90, à la demande de Sa Majesté le Roi de Thaïlande, le Château Saint Lô participe à la création en Thaïlande de deux vignobles dans les régions de Nakorn Rajasima et Petchabun » (3).

 

 

Nous reviendrons plus bas sur les raisons de ce qui fut un échec malheureux.

 

Le domaine est passé dans des mains chinoises en 2015. (4)

 

 

 

LE VIGNOBLE DU CHATEAU DE LA BRÉTAUDIÉRE.

 

 

 

 

Nous ne sommes plus dans le Bordelais mais dans le Val de Loire à peu de distance de Saumur, le pays de « la douceur angevine » chère à Joachim du Bellay.

 

 

 

 

Le château a une très longue histoire et depuis plus de trois siècles, on y produit des vins de qualité.

 

 

Elle est la propriété de la même Société « Les Vignobles réunis » et son directeur d’exploitation Philippe Phanomyong appartient à une branche collatérale de la famille de Pridi, celui qui a « ouvert le Siam à la démocratie ». Après un BTS de viticulture au lycée viticole de Montagne-Saint-Emilion et une licence d’œnologie à Bordeaux, il rejoignit les projets viticoles du Dr Thanat Khoman (que nous n’allons pas tarder à rencontrer) et des Vignobles Réunis en 2005.

 

 

Il nous a expliqué les raisons du choix de cette propriété : « Concernant la viticulture le choix s'est porté sur un vignoble permettant de produire une gamme assez large et qualitative: rouge, blanc, rosé, crémant (Saumur Brut) et vins doux (Coteaux du Layon).

 


 

Par ailleurs nous pensons qu'à l'horizon d'une génération le réchauffement climatique va considérablement changer "le goût du vin" pour reprendre la formule du professeur Émile Peynaud. Á Saint-Emilion sur les dix derniers millésimes 4 ont été produit avec des degrés alcooliques supérieurs à 14°... et donc des décrets de l'INAO autorisant cette production au-delà des seuils normalement autorisés. C'est dire qu'avec une augmentation des températures moyennes en 20 ans de seulement 0,2° on a déjà des vins très différents. Que dire des 0,5 à 2° annoncés pour la prochaine génération ? ». 

 

 

 L’histoire de ce domaine est par ailleurs bien antérieure à celle de la viticulture (5).

 

 

L’IMPLANTATION DU CHATEAU SAINT-LÔ EN THAÏLANDE ET SON ÉCHEC.

 

 

Dans les années 90  avec le concours du  Dr Thanat Khoman (ถนัด คอมันตร์) ancien élève du lycée Montesquieu puis de l’Université du vin de Bordeaux  (6) le Dr Pathom Vongsuravatana lui aussi ancien élève de Bordeaux pensa créer un vignoble dans leur pays. Thanat Khoman appartient à l’histoire contemporaine (7). Ils développèrent dans les années 90 une filiale du vignoble bordelais Château Saint-Lô appelée Domaine Saint-Lô sur les collines de Khao Ko dans la province de Phetchabun à partir notamment de Syrah et de Cabernet du Priorat espagnol greffé sur des pieds de Jordanie.

 

 

 

Le développement fut aussi fulgurant que bref malgré une production d’une grande qualité (8). Le coût de production était prohibitif et les rendements de l’ordre de 5 ou 10 hectolitres à l’hectare insuffisants pour rentabiliser l’opération (9). Le vignoble subit ensuite l’écroulement d’une société financière dirigée par le Docteur Thanat Khoman qui en était président. Il subit encore une évolution politique conduisant souvent  la famille Vongsuravat dans le collimateur des juridictions, sans oublier les dernières procédures dirigées contre le Kovit Vongsuravat en 2019. Il faut enfin citer le développement de ce que le Dr Pathom Vongsuravatana appelait les « faux vins  thaïlandais », nous allons évidemment y revenir, ce sont les braconniers et les faussaires du vin.

 

 

Y-A-T-IL D’AUTRES VIGNOBLES EN THAÏLANDE ?

 

Il y a beaucoup de raisins en Thaïlande souvent d’ailleurs délicieux, est-ce à dire que cette abondance justifie un développement de la viticulture ? On y produit effectivement des vins qui sans être des vins « de garde-barrières » (mais certains le sont) ne valent guère mieux que nos vins dits  « de consommation courante » même s’ils font l’objet d’une publicité souvent tapageuse.

 

 

Nous  nous contentons de citer l’intégralité d’un courrier adressé par le Dr Pathom  Vongsuravatana l’année 2000 à son ami Secrétaire particulier du Roi, il est révélateur. Le Baron Chaptal a écrit en 1801 « l’art de faire le vin »,

 

 

il n’a pas écrit « la technique de faire le vin à l’aide de la chimie ». Nous publions cette correspondance avec l’accord de son fils, elle nous a été transmise par Philippe Phanomyong (10). La lecture en est édifiante.

 

 

 

Des tentatives d’implantation ont été effectuées en Indochine française sur le plateau de Dalat oú le climat tempéré est adapté à la culture de la vigne. Ils ne furent pas concluants (11). 

 

En ce qui concerne le Laos, il semble qu’ils ne furent guère concluants non plus « Au Ve territoire, les essais d'acclimatement de la vigne n'ont pas donné de résultats ; les  200 pieds qui avaient été plantés n'ont pas donné de grappes, par suite des pluies habituellement abondantes et prolongées dans cette région » (12).  Un journaliste en tire avec humour les conclusions qui s’imposent :

 

« Les fonctionnaires qui s’amusent encore à chercher à acclimater la vigne en Indochine devraient être condamnés à ne boire que de l’eau » (13).

 

 

Des essais furent peut-être plus concluants en Birmanie. Citons Philippe Phanomyong  (courrier du 2 août 2020) : « le Dr Pathom disait que le seul vignoble qui l'avait impressionné d'une certaine manière en Asie du Sud Est se trouvait à Pagan en Birmanie. Là il avait visité un vignoble créé par les Britanniques puis entretenu jusque dans les années 70 par les... israëliens. Ensuite le personnel Birman avait maintenu le vignoble dans un état correct jusqu'à la fin des années 90 mais ne savaient plus comment produire du vin. Le Dr Pathom avait été impressionné par la ténacité des Birmans à continuer la viticulture pendant vingt ans sans savoir exactement pourquoi ».

 

Notons que depuis quelques années quelques rares pionniers affrontent les contraintes du climat tropical pour tenter de constituer un vignoble dans les États Shans. Nous en ignorons totalement les résultats (14).

 

 

LES ERSATZ, FAUSSAIRES ET BRACONNIERS.

 

Les vins de fruit

 

Avant de parler des faussaires proprement dits, parlons des « vins de fruit ». Sur l’île de Samui en particulier mais ailleurs aussi on voir fleurir des publicités sur « wine of Samui », une île où ne pousse que des cocotiers.

 

Encore que nous ignorions les mystères de leur confection, ils ne sont pas forcément désagréables et rendent presque buvables des vins de raisin qui ne le sont pas comme celui produit dans la région de Sakonnakhon, vins de macération probablement qui prend le goût du fruit, mangue, ananas , banane, fleur d’hibiscus en particulier (15).

 

 

Il est une production spécifique au Nord-est oú nous vivons que les locaux n’hésitent pas à nommer « vin de riz » (ไวน์ข้าว) c’est le fameux sato (สาโท), à base de riz gluant riche en sucre. Vous pouvez essayer, il ne coûte rien ou presque, une expérience comme une autre. Il titre jusqu’à 15 degrés et doit traditionnellement être servi à la température ambiante.

 

 

Les faussaires

 

Au cours de ces dernières années, un nouveau type de vin est apparu sur les étagères thaïes à des prix attractifs (en général moins de 300 bahts). Les étiquettes portent la mention « vin ». Cependant, la composition est généralement placée sur des étiquettes arrière, en tout petits caractères, indiquant «Vin de fruits». Ils sont produits en utilisant jusqu'à 20% sinon plus de jus qui ne provient pas de raisins, poires, pommes, ananas. Il y a au premier chef une faille dans la législation fiscale locale qui permet à ces vins d'être taxés à un taux bien inférieur à celui des vins issus de vrais raisins et une autre faille dans la législation pénale qui n’interdit pas d’appeler « vin » ce qui n’en est pas. Le mélange est effectué en différents endroits soit le pays où la boisson est produite, Afrique du Sud, Espagne ou Italie,  soit les pays d'escale comme le Vietnam ou dans des caves de gigantesques consortium en Thaïlande. L'attraction principale pour les consommateurs est un prix inférieur. Les vins sont généralement vendus dans la fourchette de prix 249-299 THB par bouteille.

 

 

 

Ces productions mettent en cause  la tromperie des consommateurs, les normes d'étiquetage, les normes de santé et de sécurité. Si depuis longtemps le gouvernement thaïlandais a tenté d'effacer son image d’un vaste marché pour les produits contrefaits, cette croisade a été un fiasco sur le marché du vin. Il n’y aurait pas duperie si la phrase était placée sur l'étiquette du vin, de la même taille que les mentions principales contenant un énoncé tel que « Ce vin contient 20% de jus de poire ».

 

 

 

Il est permis encore de se demander où sont élaborés ces vins ? Le sont-ils dans un établissement vinicole agréé et sous douane, ouvert aux inspections régulières de santé et de sécurité, ou sans le moindre contrôle comme au Vietnam. Il est enfin une autre cause à la prolifération de ces breuvages, c’est la sur-taxation des vins de raisin par l'accise thaïe (16).  

 

Le processus des mélanges a débuté  dans la première décennie de ce siècle par d’énormes sociétés locales dont mieux vaut taire le nom.  Plusieurs de ces sociétés commercialisent des vins de fruits venus d’Australie, d’Italie, d’Espagne, du Chili et de Californie.

 

Les consommateurs sont-ils trompés ? (17)

 

 

 

Ne le sont-ils pas plus encore lorsque l’on trouve sur le marché des vins qui sont très probablement des vins en poudre, la duperie ne consiste pas à se livrer à ce négoce, elle consiste à n’en pas dire l’origine.  Nous en trouvons trace dès le début du siècle dans la publicité d’un négociant catalan sous le titre délicieux « le Miracle de Cana à la portée de tous » dans la revue du Comité d’Argelliers qui révolutionna le midi et souleva les viticulteurs contre les fraudes (18).

 

 

 

 

Les coloniaux d’Indochine connurent un produit douteux appelé du doux euphémisme de « vin avion ». C’était un vin en poudre que l’avions postal livrait en sachets : « Vins feints et non vins fins » fabriqués avec de la poudre et de la fuchsine (colorant rougeâtre) et pour donner du mordant, pour que ça racle, on y faisait macérer des carottes de tabac, une singulière confiture  (19).

 

 

 

Lorsque nos aînés partaient en opération dans les djebels, ils avaient dans leur giberne du Pernod en poudre et du vin en poudre pour agrémenter l’eau tiède de leur bidon.

 

 

La conscience des importateurs s‘allège-t-elle en pays chaud ?

 

Et pourtant le gouvernement s'en prend au vrai vin car les buveurs de vin sont des gens éduqués et pacifiques, il n'oserait pas taxer l'alcool de riz car il comprendrait alors ce que « manifester » veut dire !

 

 

NOTE

 

(1) Les termes de marchandise « saine, loyale et marchande » qui viennent de la tradition médiévale furent repris dans la Loi du 1905 sur la répression des fraudes consécutive en particulier à de vastes trafics dans le Bordelais : voir l’article de  Alessandro Stanziani « FALSIFICATION DU VIN EN FRANCE, 1880-1905 : UN CAS DE FRAUDE AGRO-ALIMENTAIRE » in Revue d’histoire moderne & contemporaine -  2003/2 no50-2 | pages 154 à 186

 

 

Le principe sucré existe dans le moût (jus de raisin qui vient d'être exprimé et n'a pas encore subi la fermentation alcoolique). La transformation des sucres du raisin, du glucose, en alcool, éthanol,  est l'œuvre des levures contenues dans la peau et en fait l'un des principaux caractères, il disparaît par la fermentation et se transforme en éthanol (alcool). Cette réaction qui se fait à l’air libre est la fermentation alcoolique et produit également du dioxyde de carbone (gaz carbonique). Très schématiquement, la formule est la suivante :

C6H12O6 ---> 2C2H6O + 2CO2  soit  Glucose  ---> Ethanol  + gaz carbonique.

Les morts par asphyxie due à l’inhalation de dioxyde de carbone dans les caves ne sont pas rares. Tous ceux qui ont travaillé dans une cave sont avertis du risque.

 

 

 

(2) Voir le site de la propriété https://chateausaintlo.com/uk/thailande.php

 

 

(3) Le Docteur Pathom Vongsuravatana (ประถม วงศุรวัฒน์) est un personnage hors du commun : né le 19 janvier 1934 à Nakon Ratchasima, il est mort le 10 mai 2011 à Bordeaux. Il fut tout à la fois  juriste, homme d’affaire, diplomate et viticulteur. Il obtient la nationalité française en 1986. Il était l’aîné des neufs enfants de Damrong Wongsurawat (ดํารง วงศุรวัฒน์), né en 1901 à Nakon Pathom et mort en 1973 à Nakorn Ratchasima après avoir été honoré de l’Ordre de l’éléphant blanc. Son père d’origine chinoise possédait deux usines, l'une pour le décorticage du riz et l'autre pour la glace et construisit le premier hôtel de Nakon Ratchasima. Pathom commença ses études à Nakon Ratchasima, puis au lycée de Bangkok, où il a appris le français. Il perfectionna ensuite son français à l'Institut de Touraine à Tours

 

 

... et fut admis à l'Université de Bordeaux. Il y soutint en 1959, une  thèse de doctorat, intitulée « Monnaie et crédit en Thaïlande » d’où son titre de Docteur. Le 27 avril 1957, il avait épousé une française, Martine Roy, dont il eut trois enfants : Frédéric né en 1958, Béatrice née en 1959 et Raphaël né en 1970. Nous connaissons de son fils Raphaël un très important ouvrage historique publié en 1993 « Un jésuite à la cour de Siam », ouvrage de réhabilitation passionné  du Père Tachard.

 

Bien qu'issu d'une famille de bouddhistes pratiquants, Pathom se convertit très jeune au catholicisme qu’il pratiqua toute sa vie. Retourné en Thaïlande au début des années 60, Il se rapprocha de la communauté jésuite de Thaïlande. Dans les années 2000, il représenta la Thaïlande à plusieurs reprises à des réunions de l'Union chrétienne internationale des dirigeants d'entreprise (UNIAPAC) et très proche de la doctrine sociale de l’Église.

 

Entre 1960 et 1964 il devint responsable des relations internationales de la Thai Airways International qui venait d’être créée. Dans le même temps, il enseignait l'économie à l'Université Kasetsart de Bangkok et était correspondants de journaux français, Les débats et Le Monde.

 

 

Il traduisit en outre des œuvres littéraires françaises en thaï, dont plusieurs pièces de Molière, et rédigea un manuel d’apprentissage du français. Entre 1968 et 1995, il devint représentant de plusieurs sociétés viticoles et spiritueuses françaises. Il introduisit l'Armagnac au Japon en 1972 et ce pays en devint rapidement l’un des premiers consommateurs mondiaux. Il resta dans le négoce des spiritueux, Cognac et Armagnac jusqu’en 1980. En 1988, son agence commerciale devient la principale agence d’exportation du sud-ouest de la France. C’est en 1992 qu’intervient l’achat du domaine de Saint-Lô avec des partenaires japonais. Il fut nommé Consul honoraire du royaume en 1994 jusqu’à sa retraite en 2006 malgré des positions politiques atypiques. Tous ceux qui ont eu à faire avec son Consulat se souviennent de son affabilité et de son efficacité. Ce cursus remarquable lui permit de rencontre SM le Roi en 1997.

 

Il fut effet soupçonné de communisme dans les années 60 pour être favorable à l’introduction du syndicalisme en Thaïlande. D’une totale liberté d’esprit qui l’éloigna tant des chemises jaunes que des chemises rouges, il n’hésitait pas à évoquer la possibilité d’une république. Il s’est attiré des haines farouches qui perdurent encore à l’égard de sa famille et de ses proches.

(4)  « Les échos » du 23 septembre 2015.

 

(5) Sur l’histoire du château, voir le chapitre que lui consacre André Sarrazin dans son ouvrage « Manoirs et gentilshommes d’Anjou »  publié à Cholet en 1965.

 

 

Le très beau site du domaine est complet à ce sujet : https://labretaudiere.fr/. Il appartint à des familles successives de la noblesse de robe dont celle des Berthaud qui lui donna son nom, ultérieurement devenu par erreur de plume « la Brétaudière ».

 

 

Les armoiries de cette famille démontrent une alliance prestigieuse avec la famille ducale des d’Harcourt dans une branche cadette (Ecartelé parti coupé en 1 et 4 d’azur à trois massacres  d’argent ramées à 2 cors posées 2 et 1 - Au 2 et 3 de gueule à deux fasces d’or bandé d’azur – deux lions d’or accolés) En 2 et 3 nous lisons celles des d’Harcourt avec une brisure de cadet.

 

 

(6) Le prestigieux Institut des sciences de la vigne et du vin  accueille des étudiants du monde entier.

 

 

(7) Il fut Juge à la Cour suprême, Ministre des affaires étrangères, vice premier ministre de Prem Tinsulanonda et l’un des chefs du parti démocrate avant de se retirer de la vie politique.

 

(8) L’un d’entre nous qui exploitait au début du siècle un débit de boisson organisa un concours yeux bandés entre une demi-douzaine d’amateurs qu’il savait éclairés. Trois bouteilles étaient en jeu, l’une du vin thaï, l’autre d’un Saint-Emilion de bon aloi venu de France et l’une d’un prestigieux vin d’Afrique du sud dont le vignoble, ne l’oublions pas, fut essentiellement établi par des Huguenots français chassés par la révocation de l’édit de Nantes. Le vote à bulletin secret donna en tête le vin thaï suivi de l’afrikander puis le français.

 

(9) Le rendement d’un Saint-Emilion de bonne tenue est de l’ordre de 40 hectolitres à l’hectare : voir Gérard Gaumes « Le vignoble saint-émilionnais : les conditions de Production ». Revue juridique et économique du Sud-Ouest, n° 3, 1967. Ne rentrons pas dans le détail : L’un des crus les plus prestigieux du Bordelais comme le Château Yquem a certes un rendement qui serait de 10 hectolitre à l’hectare mais il est difficile d’en trouver une bouteille d’une année récente à moins de 125 euros soit plus de 4.000 bahts

 

(10) Les honneurs que Sa Majesté a accordé à Château Saint-Lô et sa demande il y a plus de dix ans de venir établir Domaine Saint-Lô en Thaïlande m'obligent. Je vous fait donc part de mon inquiétude et du résultat d'analyses demandées au laboratoire de la faculté d'œnologie de Bordeaux. 

Comme je vous l'ai dit lors de notre dernier déjeuner au Pacific Club produire du raisin en Thaïlande n'est pas difficile, mais produire des cépages adaptés à la vinification et atteignant une maturité suffisante est impossible par quinze degrés de latitude nord. 

Les dilemmes sont nombreux: sols trop pauvres ou trop riches, érosion incontrôlable des pentes défrichées ou humidité incontrôlable des terrains plats, maturité insuffisante ou pourriture précoce, usage massif d'insecticide ou perte des récoltes...  Les principaux problèmes qui éloignent de vins acceptables pour les quelques grappes sauvées (mon fils a évalué le rendement maximum à 5 à 10 hl par hectare): l'équilibre introuvable acidité/ sucre (essentielle), et la maturité phénolique également introuvable (la couleur).

Or pour gommer (très partiellement) ces problèmes les nouveaux producteurs locaux utilisent des procédés dangereux pour la santé: colorant visible à la simple analyse organoleptique ou sensorielle, désacidifiant trouvé à haute teneur et quasi-pur dans les analyses du laboratoire de la faculté d'œnologie de Bordeaux, et en amont pesticides trouvés également par des analyses différentes à des taux dangereux pour la santé, et en aval des doses "invraisemblables" de souffre avec effets secondaires (en résumé il est mal utilisé). 

Chacune de ces techniques individuellement n'est pas dangereuses (quoi que certains taux le sont). En revanche leur combinaison est un « cocktail » explosif très nocif pour la santé. 

Curieusement les mêmes défauts se retrouvent dans les productions mal maîtrisées à partir de moûts importés. Je ne reviens pas ici sur mon inquiétude dont je vous ai fait part concernant les « vignobles » de Hua Hin mettant en exergue des vins thaïlandais qui n'ont de thaïlandais que le nom. Je vous confirme qu'ils font état du soutien des bureaux de  propriété de la couronne qui auraient mis à leur disposition les terres. Je vous confirme par ailleurs que les vignes plantées et proposées à la visite correspondent à du vin de table tout à fait impropre à devenir du vin. ».

 

(11) « Annuaire général de l’Indochine française » pour 1901, p. 1014.

 

(12) « Rapport du Résident supérieur sur la situation économique du Laos à la fin de 1923 »

 

(13)  « L’éveil économique de l’Indochine » du 28 octobre 1923.

 

(14) Voir en particulier « Le Monde » du 29 janvier  2013 et « Le Figaro-vin » du 14 juillet 2007.

 

(15) Les « vins de fruit » que nos grands-mères élaboraient amoureusement, « vin » de noix, « vin » de pèche, « vin » d’orange étaient des produits de macération. La très célèbre « Distillerie de Lure » à Forcalquier

 

 

 

 

...a remis ces boissons apéritives à la mode avec un succès commercial fulgurant mais se garde de les qualifier de « vins » : le vin de noix devient « noix de la Saint-Jean », le vin de pèche « Rinquiquin »

 

 

 

...et le vin d’orange « apéritif d’orange ». C’est abusivement aussi que l’on qualifie de « vin » la boisson obtenue non par macération mais par fermentation de fruits autres que le raisin et contenant du sucre (framboises, mures, cerises), dont la production est très importante en particulier en Allemagne. Certains poussent même l’audace jusqu’à appeler « vin de miel », l’hydromel, boisson favorite de nos ancêtres les Gaulois.

 

 

 

(16) Voir un très bon article sur le site : https://fr.thaivisa.com/forum/topic/9301-taxes-sur-lalcool-communiqu%C3%A9-du-gouvernement/

 

En son dernier état (2017) et sous réserve d’une bonne traduction, l'accise est une taxe qui porte sur la quantité et non sur la valeur comme la TVA. Par exemple pour la bière qui reste encore la boisson nationale, la taxe est de 22 % du prix de détail et 430 bahts  par litre d'alcool ce qui, n’entrons pas dans le détail, conduit à une taxe de 9 bahts pour une petite bouteille et 18 pour une grande.

 

Pour les vins issus de raisin, les vrais, le taux d'imposition est de 1500 bahts par litre d'alcool : Pour un vin à 13 %, on a un litre d'alcool avec 8 litres de vin. Dans 8 litres de vin, on a 11 bouteilles de 75 cl. Ainsi la taxe est de 136 bahts par bouteille. Les vins dont la bouteille cote plus de 1000 bahts seront taxés à 20 % et 1500 bahts par litre d'alcool. Une bouteille à 2000 bahts sera donc taxée à 400 + 136 bahts pour l'accise soit 536 bahts Pour les vins fabriqués à partir de raisins mélangés à d'autres fruits, le taux n’est plus que de 10 % du prix et de 150 bahts par litre d'alcool. Il y a pire, de nombreux vins de bas de gamme ne prétendent plus être du vin mais des « boissons issus de fruits ». C'est une manœuvre pour éluder l’accise : Pour un faux vin à 13 % qui couterait 500 bahts la bouteille, on aurait 50 bahts de taxe (10 %) et 14 bahts d'accise soit 64 bahts Nous ne parlons ni des alcools forts ni des cigarettes.

 

 

(17) Voir le site : http://wineandabout.com/business/fruit-appearing-shelves/

 

(18) « Le Tocsin, organe de la lutte viticole » du 26 mai 1907, quelques mois avant la grande révolte.

 

(19) « Les annales coloniales » du 2 juin 1936.

 

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires