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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 22:58

 

Rama VII est le dernier fils du roi Chulalongkorn.  Né le 8 novembre 1893, il succède à son frère Rama VI, décédé le  25 novembre 1925. Il est le dernier roi absolu et le premier monarque constitutionnel après le coup d’État militaro-civil du 24 juin 1932. Il signe la 1ère Constitution qui instaure une monarchie constitutionnelle et parlementaire qui sera promulguée le 10 décembre 1932. Il abdique le 2 mars 1935 et n’ayant pas d’héritier mâle, l’Assemblée désigne Ananda Mahidol comme le futur roi. Il a alors 10 ans et vit en Suisse. Il est le fils du Prince Mahidol Adulyadej, demi-frère de Rama VII, qui mourut en 1929. Une régence est instituée. Prajadipok décède en exil  le 30 mai 1941, à Surey, (Wentworth Estate) en Angleterre. Il avait alors 47 ans.

 

 

La société siamoise à la veille du coup d’État de 1932. (1)

 

La société siamoise à la veille du coup d’État de 1932 qui mettra fin à la monarchie absolue pour instituer une monarchie constitutionnelle n’est plus la société traditionnelle du XIXème siècle, comme le montre Pierre Fistié étudiant « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », et ceci pour deux raisons essentielles : le développement d’une économie monétaire et le développement d’une classe de fonctionnaires et de militaires. (Cf. Notre article (1))

 

 

Mais auparavant, nous avions constaté qu'avec l'ouverture commerciale et leur confrontation avec la puissance occidentale les différents rois depuis le roi Mongkut et surtout sous l’impulsion du roi Chulalongkorn (1868-1910) décidèrent de réformer et de moderniser le royaume dans tous les domaines : l'administration unifiée et centralisée, le système d’impôts, la justice, les codes du pénal et du commerce, les travaux publics et les infrastructures (canaux, chemin de fer, lignes télégraphiques et téléphoniques, eau, etc.), la poste, l’éducation, les écoles primaires, secondaires, les écoles de droit, de médecine, des mines, de gendarmerie, de police, des arts et métiers, de commerce, etc…, et les pratiques séculaires de l’esclavage et de la corvée avaient été abolies. Toutes ces réformes avaient été accomplies avec l’aide des experts occidentaux (plus de 300 sous le roi Chulalongkorn).

 

 

L’éducation anglaise reçue par Rama VI et Rama VII ne pouvait que renforcer le modèle occidental.

 

Nous avions vu combien, le roi Rama VI reconnaissait sa dette envers l’Occident et même son occidentalisation (Le roi parle anglais, français, allemand, poursuit la modernisation de son État, traduit des pièces anglaises et françaises, lit les journaux anglais, apprécie le style de vie des gentlemans, etc.), mais qu’il en savait aussi les limites, attaché qu’il était aux traditions de son pays et à la promotion de la Thainess (Avec son histoire, sa langue, son art, sa littérature, sa religion bouddhiste, son esprit de guerrier libre).  De plus, au XXe siècle, la famille royale et les hauts fonctionnaires enverront de plus en plus leurs enfants poursuivre leurs études en Europe et au Japon, ce qui ne pouvait que renforcer les modèles et les idées venues d’ailleurs.

 

Mais la société traditionnelle sera également transformée par le développement d’une économie monétaire, avec le rôle prépondérant tenu par les Chinois,  et le développement d’une classe de fonctionnaires et de militaires.

 

 

 

Le développement d’une économie monétaire.

 

Fistié note qu’en 1850 le commerce extérieur du Siam était inférieur à 10 millions de baths (dont 5 600 000 pour les exportations) et qu’en 1927-1926, avant la crise mondiale, ce chiffre était de 477 millions de baths (dont 269 pour les exportations).

 

Les principales importations étaient les produits manufacturés (129 millions) et les exportations de riz représentaient près du 3/4 du total, dont la plus grande part venait de la plaine centrale (irrigation, canal, proximité avec Bangkok) ; Le Nord et le Nord-Est produisant essentiellement du riz glutineux. En 1931, le Nord-Est était encore dans une agriculture de subsistance, alors que le Nord était à un stade de transition entre l’économie de subsistance et l’économie commerciale, avec l’exportation de son surplus de riz les bonnes années et surtout l’exportation du bois de teck  (pour près de 10 millions de baths). Le Sud exportait les matières premières (étain pour 22 millions de baths), caoutchouc, coprah), mais la majorité de la population restait dans l’agriculture de subsistance, car la main d’œuvre pour l’étain n’excédait pas 15 000 travailleurs en 1926-27. (Fistié s’appuie sur les enquêtes de Zimmerman)

 

Il en ressort que seule la région centrale était touchée par le revenu monétaire et en 1930, celui-ci était trois fois supérieur à celui des familles du Nord-Est ; Avec 35 % de la population rurale, elle avait 60 % des recettes monétaires villageoises. Mais l’insertion du Siam dans  les marchés mondiaux et le développement de son  économie monétaire se fera essentiellement par les Chinois.

 

 

 

Si les occidentaux sont à l’origine du développement d’une économie monétaire au Siam, les Chinois ont tenu le rôle principal, en étant tout au long du réseau d’exportation : gestion des entrepôts de Singapour, Penang, Hong Kong, 62 % des maisons de commerce d’exportation  à Bangkok en 1890 (contre 26 % par les Britanniques. Cité par Skinner) ; Immigration massive (5,8 % en 1850, 9,5 % en 1910 et 12,2 % de la population en 1932) qui fournira la quasi-totalité de la main-d’œuvre salariée dans  tous les secteurs.

 

 

 

 

Mais leur prépondérance sera indéniable dans le commerce.

 

Le commerce du riz -qui représentait 70 % des exportations siamoises- était entre leurs mains ; ils en avaient également quasiment le monopole  comme acheteurs et vendeurs auprès des paysans thaïs. Ils leur vendaient aussi les produits manufacturés importés par les maisons de commerce européennes. Après avoir posé les voies ferrées, certains s’installaient comme commerçants dans les villes. Cela leur était d’autant plus facile que tout le commerce de détail était chinois à Bangkok, et que tous pouvaient compter sur des « compradores » chinois, -des intermédiaires- qui avaient su se rendre indispensables auprès des maisons de commerce et des banques  européennes installées à Bangkok. Les intermédiaires devinrent les égaux de leurs homologues européens.

 

Un système se mit en place basé sur « un maillage d’entreprises familiales interconnectées», une culture de réseaux, dont « le réseau de base (est) d’autant plus efficace qu’il s’inscrit aussi dans une concentration géographique, ethnique. La famille dans un quartier donné, va faire des prêts, contrôler le comportement, faciliter l’information aux membres du réseau familial (investir dans les activités rentables, réactivité, rapidité) » (Leveau). Cf. L’explication détaillée (2))

 

Les Chinois étaient devenus de fait, avec les Occidentaux, les artisans et les principaux bénéficiaires de la transformation du Siam en un pays d’économie monétaire. « Mais, nous dit Fistié, ceci  ne veut pas dire que les Thaïs eux-mêmes et surtout l’Etat n’aient pas joué dans cette évolution un rôle au moins aussi important ».

 

 

La réorganisation de l’État après 1892, et surtout l’abolition de la corvée en 1899 et son remplacement par une capitation annuelle de 4 à 6 baths, puis en mars 1909, la décision de soumettre les Chinois au régime commun, amenèrent les impôts directs à représenter jusqu’en 1926 de 20 à 25% des recettes de l’Etat (soit le double des années 1890).

 

Mais c’est évidemment, après les nouveaux traités de 1926 (même s’ils prévoyaient une période transitoire de 10 ans pour relever le tarif douanier de 3% à 5 %), que le nouveau tarif permit d’augmenter le revenu des droits d’importation et de passer de 7,16 millions de baths en 1926-1927 à 16,03 millions en 1927-1928, soit 13,7 % des recettes totales.

 

La contribution de l’État au développement de l’économie monétaire se fit aussi par ses propres dépenses dispensées en argent, par exemple pour payer ses fonctionnaires dès la fin du XIXe siècle et pour payer les salariés (essentiellement chinois) des grands chantiers (canaux, chemins de fer, irrigations).

 

 

 

Le développement d’une nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires.

 

L’origine  de cette nouvelle classe est à trouver dans la modernisation de l’État siamois, avec les grandes réformes administratives, la création de l’Education nationale  qui ouvrait le Siam à l’instruction primaire et à la formation nécessaire aux nouveaux fonctionnaires. De plus  cette éducation reçue au Siam fut compléter pour de nombreux Princes et fils de hauts fonctionnaires par des études en Europe. Le roi Chulalongkorn initia le mouvement et y envoya nombre de ses fils (il en eut 34). La seconde génération comme Wachirawut (Rama VI) et Prachathipok (Rama VII) fit même toutes ses études en Angleterre. D’autres Princes firent des stages dans les armées anglaise, allemande, ou russe, ou dans les marines britannique ou danoise.

 

En  1920, Fistié citant W. D. Reeve, estime alors que les fonctionnaires étaient  environ  80 000, dont la moitié étaient du cadre permanent (sâman) et avaient droit à une pension, et l’autre moitié était  des contractuels (wi-sâman). Les administrateurs de commune (Kamna) et les  chefs de villages ne faisaient pas partie de cette liste.

 

Quant-aux cadres de l’armée et de la marine et de la petite force aérienne,  Fistié citant le Statement’s Yearbook de 1934, estime que  l’armée siamoise comptait 1993 officiers (pour 24 486 sous-officiers et hommes de troupe), et 98 officiers dans l’aviation (sur 2486), en précisant qu’en 1933, l’armée avait subi plusieurs compressions de personnel. La marine quant-à-elle comptait 4 800 officiers et marins en 1932. (Le service militaire obligatoire de deux ans fut établi en 1903 et confirmé par une loi en 1917.)  Le total de cette nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires ne dépassait pas les 90 000 personnes en comptant large et pourtant elle  allait jouer un rôle décisif. Mais revenons à Rama VII.

 

 

De l’enfance, aux études en Europe, et la vie au Siam du futur Rama VII. (1893-1925) (3)

 

Il est né à l’aube du 8 novembre 1893.  Compte tenu du grand nombre de ses frères ou demi-frères (il est le 33e et dernier garçon et le 76e sur 77enfants de son père), ses chances d’accéder au trône sont minces.

 

 

Son père choisit alors pour lui une carrière militaire, tout à la fois en souhaitant améliorer sa santé (qui a toujours été précaire) et lui donner l’occasion de servir utilement le Siam qui a grand besoin, après les tristes événements de 1893, de militaires compétents.

 

 A cette fin, et à l'âge de 6 ans il est placé au collège royal des cadets (Chulachomklao Royal Military Academy ) fondé en 1887, une espèce d’école d’enfants de troupe.

 

 

À l'âge de 12 ans, dès après la cérémonie de la tonsure, son père l’envoie en France d'abord puis en Angleterre où il est pensionnaire au domicile d'un professeur d'anglais, M. C.W Bell, qui lui donne un enseignement général en langue anglaise assisté de M. Coleman, un autre professeur pour les sujets de culture générale. Il sera ensuite admis à 14 ans au collège d’Eton en 1906. Après l'obtention du diplôme d'Eton en 1910, et sur les conseils de l'ambassadeur du Siam en Angleterre, le roi envoie le jeune prince à l'Académie militaire de Woolwich pour y faire et parfaire son éducation militaire. La même année, le roi Chulalongkorn décède. Prajadhipok revint au Siam en mars 1910 assister à la cérémonie de crémation royale et aux cérémonies de couronnement de son frère Vajiravudh. De retour en Angleterre, Il entre à l'Académie militaire de Woolwich dont il sort diplômé en 1913.

Nous reconnaissons le prince au premier rang, 4e à partir de la gauche

 

De février 1913 à juin 1914, il est promu officier dans la Royal Horse Artillery, un prestigieux régiment de cavalerie de l'armée britannique qui se couvrit de gloire (en particulier) à Waterloo, le régiment de Wellington, basé à Aldershot. En février 1914, il obtient le grade honorifique de 2e lieutenant. Cette éducation voulue par le roi son père le conduit donc à devenir officier honoraire de l'armée britannique.

 

 

En 1914, lorsqu’éclate la première guerre mondiale, le roi Vajiravudh son frère proclame d’abord la stricte neutralité de Siam. Pour d’évidentes raisons diplomatiques, il ordonne donc au prince Prajadhipok de démissionner de l'armée britannique, mais l’autorise à rester en Angleterre pour y étudier le droit international et l'histoire de la guerre sous la direction de professeurs privés. Mais plus tard la même année, il lui ordonne de revenir au Siam pour y exercer des responsabilités militaires, après sept ans d’absence, depuis l’âge de 12 ans. Le 6 février 1914, il obtient une audience du roi George V qui lui accorde son congé.

 

Il entame son voyage de retour et arrive à Bangkok le 20 avril 1914. Il est accueilli avec émotion par sa mère (n’oublions pas qu’il est le « petit dernier »), la reine Saovabha Bhongsri dont la santé décline depuis la mort de son mari, le roi Chulalongkorn.

 

Le Roi son frère est désireux de le voir servir le pays « comme un prince siamois le doit » et le désigne comme aide de camp du maréchal prince Chakrapong (จักรพงศ์), prince de Phitsanulok et chef d'état-major général de l'armée. Le prince remplit sa tâche avec ardeur et est promu au grade de capitaine et de commandant de la batterie de la Garde royale d'artillerie.

 

 

Il  découvre l’amour en la personne de la jeune princesse Rambhai Barni.   Elle a 14 ans, il l’épouse en août 1918. Le couple va alors vivre dans un palais, « Sukhothai Palace », un fastueux cadeau de mariage de la reine Soavabha à son fils chéri.

 

 

En 1920, il tombe gravement malade et le médecin qui le soigne au Siam lui recommande à la fois un changement de climat et le traitement ultérieur d'un spécialiste en Europe. Comme la première guerre mondiale est terminée, le roi l’autorise à aller consulter le Docteur Hepp à Paris, qui diagnostique à la fois la dengue et des troubles intestinaux, et le traite pendant 6 semaines jusqu'à guérison.

 

Après le succès de ce traitement, le prince écrit le 2 mai 1921 à son frère pour lui demander la permission de suivre une formation avancée à l'École supérieure de Guerre en France – il y est le condisciple de Charles De Gaulle -  en utilisant ses propres fonds privés. Il est admis dans la promotion 44 qui débute le 5 novembre 1922 et se termine le 3 novembre 1924. Le prince fut attaché ensuite pour 6 mois à une unité de Nancy, sous la supervision du colonel Degraix, où il suit une autre formation d’artilleur de deux mois dans une unité d’infanterie, et une autre de deux mois dans une unité de cavalerie. Il est un moment attaché au chef de bureau du personnel.

 

Le prince est au premier rang, 9ème en partant de la gauche, De Gaulle a réussi à se glisser au deuxième rang, 6ème en partant de la gauche

 

 

Dès qu’il eut reçu son certificat, le roi lui ordonna de retourner au Siam via les États-Unis et de s'arrêter au Japon et à Hong Kong pour des visites non officielles avec des « personnalités éminentes » de ces pays.

 

De retour au Siam, probablement au début de 1925, il est attaché à l’état-major de l’armée avec le grade de colonel et honoré par son frère du titre purement honorifique de « prince de Sukohtaï ». Ses fonctions le conduisent à Bangkok et en province mais il mène avec son épouse une vie tranquille dans leur palais au bord de la rivière, d’autant que sa santé reste précaire. Sans enfants, le couple adopte quelques-uns de ses neveux et nièces et consacre ses loisirs en famille avec une passion pour la musique traditionnelle siamoise.

 

 

A la mort de Rama VI, une succession de décès va le conduire bien malgré lui aux marches du trône et, de bon dernier sur la liste de succession, le conduire à en être le premier, alors que rien ne l’y prédestinait et qu’il n’en avait très certainement pas la vocation.

 

 

Le gouvernement du roi  Rama VII jusqu’à la crise mondiale de 1929. (4)

 

Rama VII devient donc roi le 25 novembre 1925 (Il sera couronné le 25 février 1926).

 

Seulement trois jours après sa prise de pouvoir, Rama VII a prévu  de changer la politique gouvernementale de son prédécesseur et  annonce la création du Conseil suprême  de l’État, composé de 5 princes d'expérience de la famille royale, à savoir : trois de ses oncles, les princes Phanurangsi Savangwongse, Damrong Rajanubhab,  Narit et ses demi-frères Kitiyakon et Boriphat qui avaient tous une grande expérience gouvernementale du temps du roi Chulalongkorn, mais avaient été écarté progressivement par le roi Rama VI. (Cf. en (5) leurs fonctions)

 

Le pouvoir passait à une autre « caste ».

 

Le Conseil suprême  des cinq princes allait constituer une nouvelle oligarchie, et concentrer le pouvoir, tel qu’aucun Conseil privé n’en eut dans l’histoire. Pour ce faire, ils nommèrent fils et frères aux principaux postes de l’administration et de l’armée. Il allait se réunir toutes les semaines sous la présidence du roi  et assister de droit aux réunions du Conseil des ministres. 

 

De plus, certains des membres du  Conseil suprême  de l’État avaient également un ministère comme le prince Boriphat devenu ministre de la guerre.

 

 

 

 

Il s’imposera d’ailleurs comme l’homme fort de ce Conseil, et sera le régent pendant les nombreux voyages du roi et prendra le portefeuille de l’intérieur en mars 1928, ce qui faisait de lui de fait un premier ministre. Le prince Boworadet  –écarté sous Rama VI- se verra alors confier le ministère de la guerre. (1er avril 1928-19 juin 1931) L’oligarchie pouvait ainsi tout contrôler, et gouverner le royaume, même si elle  devait respecter la bienséance et les volontés du roi.

 

 

Les premières mesures. 

 

Le roi et son Conseil suprême allaient agir, dès leur entrée en fonction, en remplaçant tous les favoris de Rama VI, et en promulguant une loi sur le personnel de l’administration et les pensions, si attendue. La nouvelle réforme prévoyait le recrutement aux différents postes par concours  pour changer le système de clientèles étagées, qui réservait les postes supérieurs au bon vouloir des  ministres. Mais nul ne fut dupe et la réforme restera théorique. Le système demeurera verrouillé et empêchera tout avancement aux nouveaux fonctionnaires et militaires formés.

 

Mais la priorité fut de faire face à la situation financière difficile léguée par Rama VI.

 

On décida de pratiquer des économies budgétaires conséquentes pour le budget de 1926, avec une réduction  de 8,6 millions de baths avec une liste civile ramenée de 9 millions de baths à 6,82 millions. « Le corps royal des pages (qui dans le Siam traditionnel jouait le rôle de pépinière pour l’administration) vit ses effectifs ramenés de 3000 à 300. (…) en 1925 les deux ministères du Commerce et des Communications fusionnèrent pour constituer un département ministériel unique. En ce qui concerne l’administration provinciale, le nombre de monthon  (มณฑล) fut réduit l’année suivante de 18 à 14 » (Fistié) avec de nombreux postes supprimés.  

 

 

 

Cette politique fut assez efficace : « C’est ainsi que l’augmentation de tarifs (douaniers) jointe à une succession de bonne récoltes et à des rentrées d’impôts accrues dues à une meilleure administration donnèrent au gouvernement la possibilité d’éponger ses dettes et de procéder à des investissements sans devoir contracter de nouveaux emprunts » (Fistié).

 

Terwiel signale un changement profond, une nette coupure avec le règne précédent de Rama VI. Le nombre des ministères fut divisé par deux, désormais 7 princes et 4 nobles dirigeaient les nouveaux ministères ; Chaophraya Yomarat  fut écarté et il ne fut gardé que trois ministres de l’ancienne équipe ministérielle. L’heure était à l’équilibre budgétaire et donc  aux économies.

 

La préparation du budget 1926-1927 fut l’occasion de le constater. Tous les budgets furent à la baisse, tous  les départements encourager à démettre des fonctionnaires ; et cela ne se fit pas, on s’en doute, sans conflits, arbitrages, ni mécontentement.

 

Au début de 1927, devant la pression et les critiques exprimées, notamment dans les journaux, le roi nomma  une commission dirigée par le Prince Boriphat, pour étudier la possibilité de créer  une instance plus représentative que celle du Conseil suprême.

 

Il fut nommé un Conseil privé de 200 membres et un Comité plus restreint de 40 membres qui pouvaient « discuter » des lois, ou des sujets livrés par le roi. Ils étaient censés refléter l’opinion générale et acquérir l’expérience du débat parlementaire.

 

Mais l’oligarchie n’était pas disposée à partager son pouvoir. Le roi, quant-à-lui, avait une santé fragile et était souvent en « voyage ».

 

Il voyagea dans le Nord durant janvier et février 1927. Le train royal passa par Phitsalunok, Phrae et de Lampang à Chiengmai ; Le roi et la reine durent prendre le car pour aller à Chiang Rai et Chiang Saen. Son voyage prévu en juin 1928 à Singapour et aux Indes néerlandaises  dut être repoussé à la mi-1929 du fait de la mort  du Prince Phanurangsi du 13 juin 1928. Il en fit un autre en Indochine d’avril à mai 1930 et un long  voyage en 1931 de 6 mois au Japon, Canada, et aux USA. (Il devait se faire opérer des yeux aux USA). Et une tournée européenne en Allemagne, Portugal, Suisse, Irlande, Danemark en 1933-1934. (Cf. Notre article  « Le roi Rama VII, un grand voyageur. »  (6) )

 

 

 

Ces longues absences ne pouvaient que conforter le pouvoir de l’oligarchie du Conseil Suprême, surtout qu’ils avaient placé frères et fils aux principaux postes de l’administration et de l’Armée. L'homme fort était le prince Boriphat, nouveau président du Conseil en 1928, et  qui avait pris, nous l'avons dit, le portefeuille de l’Intérieur et était le régent du royaume lors des voyages du roi.

 

 

Mais ce pouvoir se trouvait dans la nécessité de poursuivre une politique budgétaire rigoureuse ; ce qui passait par des économies à réaliser dans tous les départements, et des impôts nouveaux et  ne pouvait que créer un mécontentement chez cette nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires, dont on n’avait pas encore pris la mesure. La crise mondiale de 1929 ne pouvait qu’aggraver la situation économique et sociale du Siam et allait bouleverser son histoire.

Les effets de la crise économique mondiale de 1929 au Siam. (7)

 

Dès son accession au trône, Rama VII avait mené une politique économique courageuse, qui avait eu  pour résultat d’enregistrer une année record  pour le commerce extérieur lors de l’année financière 1927-28, avec 477 millions de baths (201 millions pour les importations, 269 millions pour les exportations et 7 millions pour les réexportations). Mais le riz représentait près des trois-quarts du total (201 millions de baths) et deux mauvaises récoltes et la dépression mondiale auront raison de cet équilibre.

 

Les effets cumulés d’une deuxième mauvaise récolte en 29-30 et de la chute des prix du riz en 1930-31 allaient être catastrophiques. (Jugez plutôt : En 1928- 29 : 24,66 millions de piculs pour 175,12 millions de baths ; En 1930-31 : 17,11 millions de piculs pour 103, 06 millions de baths). (1 picul = env. 60 kg).

 

 

 

 

La crise allait s’accentuer et la baisse du prix du riz se poursuivre avec la décision prise par les Britanniques de dévaluer la livre sterling en septembre 1931. En effet, le bath rattaché à l’or depuis 1928  vit son taux de change baisser de 11 à  10,13 puis de  9,95 baths pour 1 £, ce qui rendit alors le riz  siamois trop cher sur les marchés de Singapour et de Hong-Kong, face à son concurrent birman, qui avait aussi dévalué sa monnaie. L’année 1931-32 verra le chiffre total du commerce extérieur tomber de plus d’un tiers par rapport à l’année précédente et de plus de la moitié par rapport à l’année record de 1927-28.

 

Certes la dévaluation du bath le 11 mai 1932 (11 baths pour 1 £) stimulera les exportations de riz qui passeront de 77,5 millions de baths en 1931-32, à 94,2 millions en 1932-33 ; mais les importations et exportations du commerce extérieur continueront à chuter.

 

 

 

Les répercussions de la crise économique.

 

 

Le gouvernement décida pour l’essentiel de faire des économies sur les dépenses de l’administration civile (5% en moins sur le total et diminution des salaires de 5 à 10%)) et sur celles de la Défense nationale (13% en moins), en supprimant de nombreux postes. Ainsi en 1931, il y eut 6.000 fonctionnaires de moins dans la catégorie des contractuels (non pensionables) wi-sâman et 5.000 de plus dans la catégorie sâman (avec pension).

 

Dans l’année 1931-32, la pression fut encore plus forte. Ainsi par exemple, les dépenses d’entretien du service de l’irrigation furent réduites de 32 % (1,25 million de baths) ; la liste civile passa de 6 à 5 millions ; l’administration civile dut encore supporter une réduction de 6%, et les forces armées, une compression de 20%. (Cela prendra la forme d’une baisse de 7 % env. sur les salaires des fonctionnaires, et 5% pour les bas salaires). On procéda à une nouvelle réduction du nombre de monthon qui passa de 14 à 10, pendant que les changwat  étaient ramenés de 79 à 70.

 

On peut se douter que toutes ces mesures ne pouvaient que provoquer un fort mécontentement, surtout pour l’armée qui fut réorganisée, avec la fusion en 1931 des départements de la Marine et de la Guerre, des mises à la retraite, des diminutions de solde. On eut même droit à une crise de régime au sein du Conseil suprême.

 

Mais les économies réalisées ne suffisaient pas ; il fallut encore trouver des ressources nouvelles. Les nouvelles décisions fiscales ne firent qu’empirer le climat social.

 

En novembre 1931, la presse siamoise préconisa la création d’un impôt sur les revenus des grands propriétaires dont beaucoup étaient de la famille royale. Le gouvernement  « préféra »  relever les droits de douane à la fin de 1931 (et en février 1932) et imposer, en avril 1932, une nouvelle taxe sur les salaires de plus de 600 baths (taxe progressive : 6 baths pour un traitement de 600 baths, 70 baths pour un traitement de 2.660, et 100 baths pour traitement de 3.600 baths). Peu après, on mit aussi une taxe sur les immeubles bâtis de Bangkok. (Elle ne touchait donc pas les grands propriétaires fonciers)

 

 

Au printemps 1932, la situation était critique.

 

On avait là une situation critique, avec tous les cadres administratifs qui avaient  vu leurs salaires diminuer drastiquement, alors qu’une partie avait perdu leur emploi ; Les forces armées assistaient à une réduction continue et importante des unités (on parle d’un tiers du nombre des bataillons d’infanterie en 1933) ; les promotions étaient ajournées. Les autres salariés subissaient le risque du chômage et une situation précaire avec  la chute des prix et les masses rurales du Centre travaillant pour l’exportation du riz étaient sérieusement touchées ; alors que tous les produits importés avaient été augmentés. Mais curieusement, nous dit Fistié, on ne vit aucun mouvement collectif de mécontentement. (Cf. Voir les raisons données par Fistié in (7)) Et les cérémonies de célébration d’avril 1932, du 150e anniversaire de la  fondation de Bangkok s’étaient bien déroulées au milieu de la liesse populaire. (8) Et pourtant un coup d’État, le 24 juin 1932, allait mettre fin à la monarchie absolue et instaurer une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

 

 

 

Le coup d’État du 24 juin 1932. (9))

 

Il faut se rappeler du contexte géopolitique de l'époque avec l'écroulement en Europe des régimes parlementaires entre communisme et  fascisme. (In 10 et 11).

 

Il faut se rappeler également que les élites colonisées ont suivi avec espoir et ont été déçues par les négociations du Traité de Versailles qui visaient à remodeler le monde sur de nouveaux principes et à revoir « la question coloniale ». La Révolution russe d’octobre 1917,  la création du premier pays communiste et le léninisme ont  constitué un pouvoir d’attraction parmi les nationalistes asiatiques, donné un cadre de pensée et un projet de modernisation et de libération nationale. Certains (on pense à Ho Chi Minh) rejoignirent  des filières « révolutionnaires » soutenues par le Komintern.

 

D’autres, comme les Siamois, vont créer le Ratsadon Khana. En effet, le 17 février 1927, dans un hôtel parisien, sept étudiants siamois  (le Lt Prayoon Pamornmontrise, le Lt Plaek Khittasangkla (alias Phibun), étudiant de l’École de l’Artillerie de Paris, le Lt Thatsanai Mitphakdi, étudiant à l’ École de cavalerie de Saumur,

 

Luang Lophanukrom,  les  sciences en Suisse, Luang Siriratchamaitri, diplomate à l’Ambassade du Siam à Paris, Nauep Phahonyotinant étudie en Angleterre, Pridi Panomyong, étudiant en droit à l’ Institut Politiques de Paris)...

 

 

....fondent, en cinq jours,  ce qui va devenir le Ratsadon Khana.

 

 

Le groupe « révolutionnaire »  se donne 6 objectifs : Le pouvoir au Peuple, la sécurité nationale, le bien-être pour tous, l’égalité, des droits de liberté  pour le peuple, et l’enseignement public pour tous, et se dit prêt, si nécessaire, à renverser le gouvernement et le système de la Monarchie absolue.

 

De retour au Siam, une centaine de nouveaux adhérents les rejoignent. Ils viennent de l’Armée, de la Marine, des fonctionnaires, et de la société civile, et s’organisent en quatre branches (civile dirigée par Pridi, Armée dirigée par Luang Phanomyong, Marine dirigée par Luang Sinthisongkhamchai et officiers supérieurs par le colonel Phahonyothin ). Ils réussiront leur coup d’État le 24 juin 1932  dans le calme et l'indifférence  de la population. Les boutiques fermées le matin du 24 juin avaient rouvertes l’après-midi. Dès le lendemain, le 25 juin, le roi répondra favorablement  à l’ultimatum, qui met fin à la monarchie absolue.

 

 

 

La version de Pierre Fistié retrace les étapes du coup d’État.

 

Le 23 juin 1932, le chef de la police informe le Prince de Nakhon Sawan (Boripath), alors ministre de l’intérieur et chef du Conseil Suprême, qu’un complot va avoir lieu le lendemain. La situation est si calme que le ministre ne tint aucun compte de ces avertissements.

 

 Le 24 au matin, des forces d’infanterie et de cavalerie appuyées d’artillerie et de chars d’assaut encerclent le palais royal, le Palais de justice et les principaux ministères et arrêtent tous les princes influents. (A l’exception du Prince Phurachat, qui put s’enfuir et rejoindre le roi à Hua Hin)

 

Le tract du 24 juin.

 

Ce même jour, un tract du « Parti du Peuple » est distribué dans la capitale ; il donne les raisons du coup d’État, les objectifs et le programme en 6 points de la future assemblée.

 

L’ultimatum du 24 juin au roi.

 

Un ultimatum, signé par trois chefs militaires (le colonel Phya Phahon (formé en Allemagne, commandant en second de l’armée siamoise et les colonels Phya Song Suradet (formé en Allemagne, professeur à l’Académie militaire)  et Phya Rit Akkaï commandant de l’artillerie) est envoyé au roi avec  la canonnière « Sukhodaya », chargée de ramener le roi, alors dans sa résidence d’été à Hua Hin.

 

 

La réponse du roi le  25 juin.

 

Le roi donne sa réponse et se dit prêt à coopérer. (Alors que Phurachat a rejoint le roi en locomotive) Après minuit, le roi est de retour sur Bangkok à bord d’un train spécial. (Il avait refusé de revenir avec  la canonnière « Sukhodaya »)

 

La proclamation du roi du 26 juin.

 

Le 26 juin, le roi signe une proclamation excusant le Parti du peuple « d’avoir un moment pris comme otages les princes de la famille royale », et approuvant l’établissement d’une monarchie constitutionnelle.

 

Le 27 juin, le roi appose sa signature en bas d’une constitution provisoire présentée par une délégation du Parti du peuple conduite par Pridi.

 

Le 28 juin, les auteurs du Coup d’État jouent l’apaisement et rassurent l’opposition conservatrice en acceptant l’élu du Sénat, Phya Manophakon, qui occupait le poste de  premier juge à la Cour d’Appel dans l’ancien régime, comme  président du Comité du parti du peuple (1erministre). La présidence de l’Assemblée est confiée à Chao Phya Thammasak, ancien ministre de l’Instruction publique de 1917 à 1926.

 

Les premières mesures du gouvernement sont la mise à la retraite d’une quarantaine d’officiers et avancement pour un nombre égal  (Récompense pour certains auteurs du coup d’État ?) ; un communiqué du 3 juillet annonce la suppression prochaine de l’impôt sur les salaires et son remplacement par un impôt général sur les revenus.

 

Le 10 décembre 1932 était promulguée la constitution, fondatrice de la monarchie constitutionnelle au Siam, que nous vous avons présentée et commentée longuement dans un article. (Cf. 12)

 

 

La Constitution  est divisée en 7 chapitres, dont le 1er, composé de 11 articles est consacré au roi et à la famille royale. (Cf. en note12 tous les articles sur le roi)

 

Elle assure -entre autres- que le pouvoir souverain émane de la nation siamoise et que le Roi, qui est le chef de la nation, exerce le pouvoir conformément aux dispositions de la présente constitution ; que la personne du Roi est sacrée et inviolable ; que  le Roi doit professer la foi bouddhique et est le mainteneur de la religion ; qu' il est le chef des forces siamoises ;  qu'il exerce le pouvoir exécutif par l’intermédiaire du Conseil d'État -mais- sur l'avis et avec le consentement de l'assemblée des représentants du peuple, réunis en une Assemblée unique et « démocratique » (Le 1er corps électoral sera composé au final de 5.036 délégués, qui éliront  78 députés).  (Il n'est plus question de Parti du Peuple, le nom même n'est pas prononcé.)

 

D'autres articles proclament un certain nombre de principes, comme l'égalité des individus entre eux, liberté de culte, liberté de réunion, d’association, d’écrits et de parole, respect de la propriété privée.

 

Le 1er gouvernement de Phraya Manopakon  Nitada  (Phya Manopakon) du 28 juin 1932 au nouveau coup d’État du 21 juin 1933, fomenté par Phot Phahonyothin (Phraya Phahon), 2e premier ministre de la nouvelle monarchie constitutionnelle au Siam (21 juin 1933-11 septembre 1938). (Cf. (13))

 

 

Dès le 28 juin 1932, la principale tâche du nouveau gouvernement de Phraya Manopakon  fut d’élaborer la Constitution définitive. Une commission fut constituée, présidée par Phraya Manopakorn lui-même, et dont Pridi fut un des plus actifs, aidés par des hauts fonctionnaires de l’ancien régime.  Le 7 décembre, dans une audience solennelle, le roi accordait son pardon aux auteurs du Coup d’État et le 10 décembre la constitution fut promulguée.

 

Si par la Constitution, le roi restait le chef suprême du pays, car  les lois étaient faites et les  décisions rendues en son nom, le nouveau pouvoir était désormais au sein du Parti du Peuple. La Révolution avait chassé du pouvoir tous les membres de la famille royale ; Le Conseil suprême avait été  dissous, et son Chef, le Prince Boriphat, avait été contraint à l’exil ; et tous les officiers supérieurs qui n’avaient pas participé au coup d’État furent pour la plupart mis à la retraite.

 

Si le nouveau président de l’Assemblée Chao Phraya Thammasak, et Phraya Manophakon, le président du Comité du Parti du Peuple, avaient été choisis pour des raisons tactiques, les autres postes avaient été accordés à des membres éminents du Parti.

 

Pridi fut très actif pour créer des sections dans les provinces pour le Parti, appelé désormais « Association du Peuple ». En novembre 1932, des sections avaient été créés dans 14 changwat et  la présidence du Comité exécutif avait été confiée à Phraya Nitisat Phaïsan, premier juge à la Cour d’Assise de Bangkok.(In Fistié)

 

Mais une organisation rivale, l’« Association nationale »  tenta de se constituer en janvier 1933. La présence du major-général Phraya Sean Songkhram (ancien commandant de la 1ère division de la garde, qui avait été blessé au moment de son arrestation par les auteurs du coup d’État du 24 juin 1932 et avait été mis à la retraite) au sein de cette « association » avec celle de princes, la positionnait ouvertement comme un adversaire du nouveau régime.

 

Mais le roi adressa une « requête » au gouvernement demandant que l’agrément soit refusé à cette nouvelle « Association nationale » et qu’il serait judicieux de dissoudre « l’Association du Peuple », pour « qu’il n’y ait  absolument aucun parti politique », considérant, disait-il, que « Le Siam n’a reçu une Constitution que tout récemment et l’existence de partis politiques siamois semble prématurée. La population de notre pays n’est pas encore adaptée à la forme démocratique de gouvernement et elle ne comprend pas  sa véritable nature. » (In Fistié) Le gouvernement entendit la « requête royale » et refusa l’agrément à l’ « Association nationale » et décréta, que désormais aucun militaire et fonctionnaire ne pourrait appartenir à l’ « l’Association du Peuple ».

 

 

Manopakorn et son gouvernement  avaient eu comme mission de mettre en œuvre le programme en 6 points du Parti du Peuple. Le point 3 de ce programme affirmait : « Le nouveau gouvernement promet de promouvoir la prospérité des citoyens en fournissant à chacun un emploi rémunérateur en promulguant une politique économique nationale destinée à mettre fin à la pauvreté. » Encore fallait-il se mettre d’accord sur la stratégie et les moyens utilisés pour atteindre cet objectif.

 

 

Une crise éclata en mars 1933, lorsque Pridi présenta son projet économique le 12 mars devant une commission de 14 membres (dont 5 membres de l’Assemblée, 7 membres du Conseil d’État, parmi lesquels Pridi) qui devait faire rapport au gouvernement. (Cf. Notre article (13) pour en savoir plus)  Le projet étatisait l’économie et transformait le Siam en une « société coopérative » qui évoquait par certains aspects, nous dit Fistié, le phalanstère de Fourier. Il transformait tous les Siamois en salariés et en fonctionnaires, encadrés par une organisation dirigée par le Parti du Peuple. Il provoquera au sein du gouvernement des discussions nombreuses et virulentes. Le  président du Conseil d’État Manopakon menaça de démissionner si ce projet lui était imposé. Les opposants au projet reçurent un renfort de la part du roi qui déclara :

 

1/ Le programme de Pridi était communiste et qu’il allait mettre en œuvre une collectivisation intégrale.

2/ Qu’il allait mettre le pays en ruine, au regard de  l’échec de la collectivisation agraire en Russie et de son premier plan quinquennal.

3/ Qu’il pouvait entraîner une intervention étrangère, anglaise ou française.

 

La crise déboucha sur un  coup d’État au sein du gouvernement. Manopakorn et la majorité militaire du Conseil d’Etat avec l’appui du roi, proclama l’état d’urgence le 1er avril, dissous le Conseil d’État, et ensuite l’Assemblée et forma un nouveau cabinet, en excluant Pridi et quatre de ses partisans. Le 2 avril 1933 était promulguée une loi contre le communisme,  des journaux, et des périodiques furent interdits. (Lesquels ?) Le 17 avril, Pridi « était autorisé à poursuivre ses études à l’étranger, avec une bourse annuelle de 1000 livres ». Il s’embarquait le 17 avril pour la France via Singapour.

 

 

Mais les trois colonels Phraya Phahon, Phraya Song Suradet, Phraya Rit Akkhanaï qui avaient signés l’ultimatum au roi du 24 juin 1932, ainsi que  le lieutenant-colonel Phraya Prasat démissionnaient le 13 juin 1933 du Conseil d’État et de l’Armée et effectuèrent un autre  coup d’État  le 20 juin 1933. (Phraya Phahon fit arrêter Phraya Manopakon et fut exilé à Penang.)

 

 

La loi martiale fut proclamée et un télégramme fut envoyé au roi l’informant que l’Armée et la Marine prenait en main « le contrôle de l’administration du pays dans le seul but de rouvrir l’Assemblée du Peuple. » et le rassurant sur leur loyauté à son égard. Le télégramme était signé par Phraya Phahon, Luang Phibun (devenu lieutenant-colonel), et Luang Supha Chalasai (capitaine de frégate). « Le 24 juin, Phraya Phahon, se rendit à Hua Hin auprès du roi Prachathipok qui légitima le coup d’État, abrogea le décret prononçant la clôture de l’Assemblée et approuva la composition du nouveau gouvernement, présidé par Phya Phahon lui-même. » (Fistié p.149)

 

Le 2e gouvernement de la monarchie constitutionnelle de Phraya Phahon, du 21 juin 1933 à janvier 1934 ; Le  roi quitte son royaume. (14)

 

Le nouveau gouvernement se composait de huit hauts fonctionnaires de l’Ancien régime à qui on avait confié des ministères, et huit conseillers d’État sans portefeuille dont cinq militaires (Phibun, et  Phraya Song Suradet, Phraya Rit Akkhanaï, ainsi que  le lieutenant-colonel Phraya Prasat qui avaient démissionné avec Phahon du gouvernement Manopakon le 13 juin). Le 26 juin, une déclaration présentait la politique économique et sociale du gouvernement en termes généraux et rassurants.

 

Pridi, après que le roi et le gouvernement aient obtenu l’assurance qu’il coopérait et renoncerait à ses « idées économiques » se vit offrir une place de conseiller d’État, qui fut effective à son retour, le 1er octobre.

 

Mais en réaction contre le nouveau coup d’État du nouveau Premier ministre Phraya Phahon, et  outré par le droit donné à quiconque de pouvoir poursuivre le Roi, le Prince Général Boworadet, soutenu par les royalistes « constitutionnels »  vont tenter de renverser le pouvoir du 11 à fin octobre 1933. (Cf. La rébellion du prince Boworadet d'octobre 1933 dans son contexte géopolitique européen et siamois (15) )

 

 

Le Prince Boworadet qui avait été ambassadeur du Siam en France, et ministre de la Défense du Conseil suprême de Rama VII avait été contraint de démissionner en octobre 1931 à l’occasion d’une crise de régime qui l’avait opposé au ministre des finances et au Prince Phucharat, ministre des communications (demi-frère du roi). Sa tentative de coup d'État débute dans la nuit du 11 au 12 octobre 1933. Une partie des troupes de Korat et des troupes du génie stationnées à Ayutthaya sont transportées par voie ferrée et prennent position à Bang Khen (près de la  capitale) et à Don Muang (principal aérodrome du pays). Le 12 à 14 h, une lettre signée du colonel Si Sit Songkhram est remise à Phraya Phahon, dans laquelle elle reproche au gouvernement son attitude envers le roi et le retour de Pridi qui allait « reprendre ses activités communistes ». Elle donnait une heure au gouvernement pour démissionner avant l’usage de la force. Elle annonçait la nomination par le roi d’un gouvernement dans lequel il n’y aurait aucun militaire. (In, Le Bangkok Times du 13 octobre 1933)

 

Le  gouvernement répond le même jour par la proclamation de la loi martiale et un communiqué réfutant les arguments avancés et la condamnation de cette révolte. Phraya Phahon envoya un rapport au roi, qui était à Hua Hin, réfutant les arguments de Boworadet et répondit à celui-ci en le désignant comme le seul responsable de la situation. Le roi dans un télégramme répondit à Phahon et condamna la révolte.

 

Luang Phibun fut désigné pour commander les troupes loyalistes et dès le 13 au soir, ordonna une violente charge d’artillerie contre les positions tenues par les rebelles. Pendant trois jours les combats furent acharnés. Mais l’arrivée de troupes fraiches, permit aux troupes loyalistes de reprendre l’aéroport et de forcer les troupes royalistes à se retirer sur Korat « en espérant pouvoir arrêter les forces adverses dans la passe montagneuse de Pak Djong, située au sud-ouest de la ville. Mais le 23 octobre, un communiqué officiel faisait état de combats violents à la hauteur des kilomètres 140 et 142 de la vie ferrée de Bangkok à Korat où l’avant-garde gouvernementale fit son entrée le 27 au soir. » Le lieutenant-colonel Phibun arrivait le lendemain avec le gros des troupes. Les forces rebelles tentèrent alors de se retirer en direction de Ubon, mais la garnison, restée fidèle au gouvernement vint à leur rencontre. Elles rebroussèrent chemin vers Korat pour se rendre. (Surtout, nous dit Terwiel, que la tentative de faire venir des troupes de Phetchaburi pour aider Borowadet avait échoué.)

 

Bref, en cette fin d’octobre 1933 la révolte était vaincue, même si quelques combats sporadiques eurent encore lieu jusqu’à la fin du mois. De nombreux leaders de la tentative du contre-coup d’État avaient été tués, dont le colonel Phraya Si St Songkhram, et le Prince Boworadet avait fui (le 25 octobre ?) avec 32 officiers par avion en Indochine. (Terwiel). La répression envers ceux qui avaient soutenu la révolte put s’exercer. Dix-sept officiers furent arrêtés et condamnés à mort, mais leur peine fut commuée en prison. De nombreux membres de la famille royale furent arrêtés, condamnés,  exilés, ou mis en résidence surveillée. D’autres, comme le Prince Damrong prirent les devants et quittèrent le royaume. Le roi et la reine quittèrent Hua Hin pour rejoindre Songkhla à la frontière malaise.

 

Le dernier acte royal fut le discours du Trône que le roi prononça le 10 décembre 1933, à l’occasion du premier anniversaire de la promulgation de la Constitution, devant la nouvelle assemblée élue. Après les élections (16), il manifestera son désir de quitter le royaume pour aller se faire soigner les yeux. Le gouvernement lui proposera de faire venir un grand  spécialiste, mais le roi insista et partit en janvier 1934. Il ne reverra plus son royaume.

 

 

De l'abdication du roi, le 2 mars 1935, à sa mort en exil le 30 mai 1941, à Surey, (Wentworth Estate) en Angleterre.   (Reprise de l'article (17))

 

Depuis l'automne dernier, le roi résidait donc en Angleterre, à Knowle Park, près de Cranleigh. De graves dissentiments s'étaient élevés entre lui et le gouvernement de son pays. Pour essayer de les aplanir, une délégation présidée par le président de l'assemblée nationale siamoise se rendit à Londres. Les négociations échouèrent, et le 2 mars le roi signait son acte d'abdication sous la forme d'une déclaration adressée au peuple siamois, le même jour transmis au messager.

 

 Le roi explique très nettement les raisons de sa décision. « Lorsque Phraya Pahon et ses partisans s'emparèrent du pouvoir par la force des armes, le 24 juin 1932, ils m'invitèrent à conserver le pouvoir comme roi constitutionnel. J'acceptais cette invitation dans la pensée que Phraya Pahon et ses partisans établiraient une constitution analogue à celle des autres pays qui ont un gouvernement constitutionnel, de façon que le peuple eût son mot à dire dans l'administration et dans les questions politiques qui touchent au bien-être général. Cette idée était la mienne, et je songeais au moyen de la réaliser sans révolution. Puisqu'un coup d'État avait eu lieu, et que ses auteurs déclaraient n'avoir en vue que l'établissement d'une constitution, ce qui était conforme à mon propre vœu, je crus bon de me rendre à leurs désirs. »

Mais « il fut déçu car le pouvoir demeura entre les mains des promoteurs de la révolution, et ne passa point aux représentants du peuple. La constitution temporaire donna tout le pouvoir à un parti. La constitution permanente, tout en concédant quelque chose aux représentations du roi, admit encore que la moitié des membres de l'Assemblée seraient choisis par les chefs de ce parti. En fait, ils furent choisis non en raison de leurs talents, mais en raison de leur docilité. Il fallut dissoudre l'Assemblée, suspendre la constitution Phraya Pahon fit un nouveau coup d'État, et les chances d'une heureuse solution s'éloignèrent. »

Il poursuit « Je ne puis pas admettre que le pouvoir soit exercé en mon nom par un parti. Je veux bien remettre mon ancien pouvoir au peuple, mais non pas à une personne ou à un parti qui l'exerceront d'une façon autocratique. »

Et il termina : « Je suis prêt à remettre les pouvoirs que j’ai exercés autrefois au peuple dans son ensemble, mais je ne suis pas prêt à les remettre à toute personne ou tout groupe qui les utilisera d'une manière autocratique sans écouter la voix du peuple ».

 

Les points précis sur lesquels portèrent les négociations du roi avec la délégation siamoise ne sont que l'application de ces idées, le roi aurait voulu faire abroger la disposition en vertu de laquelle la moitié des membres de l’Assemblée étaient choisis et non élus, il aurait voulu que les délits politiques fussent jugés publiquement, par les tribunaux ordinaires, il aurait voulu enfin mettre un terme à l'action politique des officiers.   Le peuple siamois réclamait son monarque, mais celui-ci mettait, à son retour, certaines conditions :  choix des députés par des fonctionnaires, éloignement des officiers de la politique, amnistie des condamnés politiques, réintégration des fonctionnaires destitués, confirmation de son droit de grâce et certaines assurances tendant à sa sécurité personnelle, réellement menacée. Une tentative d'assassinat sur la personne de Luang Pibunsonggram, ministre de la défense du Siam et l'un des responsables de l'éloignement du roi, permit d'espérer que de telles conditions seraient acceptées. Elles ne le furent point.

 

C'est ainsi que le roi abdiqua le plus simplement du monde. Il n’avait pas vocation d’être la marionnette de Phraya Pahon, ce que Victor-Emmanuel III fut entre les mains de Mussolini.

 

C'est seulement le 7 mars que furent proclamées à Bangkok l'abdication du roi Prajadhipok et par l’Assemblée nationale l'accession au trône de son neveu Ananda et pour éviter l'apparence d'interrègne les actes ont été antidatés du 2. Le nouveau roi  était un enfant, qui poursuivait ses études à Lausanne. Il bénéficiait de la légitimité dynastique et son éloignement était d’une grande commodité pour les militaires en poste.

 

 

De l’abdication jusqu’à sa mort le 30 mai 1941.

 

Le roi passa le reste de sa vie en compagnie de sa reine Rambhai Barni en Angleterre.  Il vivait alors  à Knowle House, dans le Surrey, un comté jouxtant la ville de Londres. Il se déplaça ensuite à Glen Pammant, toujours dans le Surrey.  Ils allèrent ensuite à Vane Cour, une vieille maison dans le village de Biddenden dans le Kent. Ils y menèrent une paisible de vie de couple partageant leur temps entre la marche à pied, le jardinage et la musique. À ses loisirs, le roi commença à écrire l’histoire de sa vie. Ils s’installèrent ensuite en 1938, Compton House, dans le village de Wentworth, à Virginia Water dans le comté de Surrey. De juillet 1940 jusqu’en juin 1941, c’est le « blitz », le bombardement massif de Londres par la Luftwafe, le couple  s’installe dans une petite maison dans le Devon, puis à Lake Vyrnwy Hôtel à Powys dans le pays de Galles, où le roi est victime d’une première crise cardiaque. Le roi sentant probablement sa fin prochaine souhaite retourner à Compton House pour y mourir. Il succombe à un arrêt cardiaque le 30 mai 1941 à seulement 47 ans. Il a malheureusement laissé sa biographie inachevée.

 

La crémation a eu lieu le 3 juin au Golders Green Crematorium au nord de Londres, une cérémonie toute simple avec la seule présence de la reine et une poignée de proches parents.

 

 

La Reine resta encore à Compton House pendant huit ans avant de revenir en Thaïlande en 1949, portant les cendres de son défunt mari.  Elle mourut le 22 mai 1984 à l’âge de 79 ans. Son enterrement fut celui d'une reine, l’incinération eut lieu  le 9 avril 1985 à Sanam Luang.

 

Il émerge de ce roi une image positive. Il exerça avec le soutien de son épouse sa charge avec conscience jusqu’à son abdication, affirmant, parfaitement lucide, que la « Monarchie absolue, comme la démocratie, peut devenir nuisible à tout moment, parce que les deux principes reposent sur la perfection de la nature humaine, un concept très fragile. Une démocratie saine dépend de la solidité de la population, et une monarchie absolue bienveillante dépend des qualités du roi ».

 

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

Nos principales sources : Les livres de  B. J. Terwiel, « Thailand’s Political History », River Books, 2011 ; et celui de Pierre Fistié dans « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967.

 

(1) 182.1 La société siamoise à la veille du coup d’État de 1932.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/182-1-la-societe-siamoise-a-la-veille-du-coup-d-etat-de-1932.html

182. 2 La société siamoise à la veille du coup d’État de 1932.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/182-2-la-societe-siamoise-a-la-veille-du-coup-d-etat-de-1932.html

Basé sur le livre de Pierre Fistié, « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967.

 

Si l’arrivée au pouvoir de Rama VII en 1925, leur amena quelques espoirs avec l’élimination des favoris de Rama VI et une nouvelle loi favorable qui reconnaissait le recrutement par concours et le droit à une pension après 25 ans de service,  ils se rendirent compte très vite que la loi était plutôt « théorique » et que les mesures prises furent contredites par les mesures d’assainissement budgétaires qui réduisaient le nombre de monthon de 18 à 14 en 1926, et qui supprimaient ainsi de nombreux postes.

De même la nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires put constater, que Rama VII n’avait éliminé les favoris mis en place par son frère que pour installer une oligarchie de cinq Princes qui allait monopoliser tout le pouvoir, et placer toute la famille royale à tous les hauts postes, leur fermant ainsi tout espoir d’avancement.

Mais désormais la contestation pouvait se nourrir aux nouvelles idées « démocratiques », aux nouveaux courants politiques et sociaux venus d’ailleurs. Les rois eux-mêmes s’interrogeaient.

 

(2) A67.  L’influence de la communauté chinoise en Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a67-l-influence-de-la-communaute-chinoise-en-thailande-106337871.html

 

(3) 180. De l’enfance, aux études en Europe, et la vie au Siam du futur Rama VII. (1893-1925)

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/180-de-l-enfance-aux-etudes-en-europe-et-la-vie-au-siam-du-futur-rama-vii-1893-1925.html

 

(4) 181. Le gouvernement de  Rama VII jusqu’à la crise mondiale de 1929.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/181-le-gouvernement-de-rama-vii-jusqu-a-la-crise-mondiale-de-1929.html

 

(5) En effet, on se souvient que le Prince Phanurangsi, avait été le commandant en chef de l’Armée royale siamoise lors du règne de son frère le roi Chulalongkorn (11 janvier 1859-13 juin 1928). Le Prince Damrong (demi-frère de Chulalongkorn), avait été le ministre le plus important du roi Chulalongkorn, comme ministre de l’intérieur et de l’éducation (21 juin 1862- 1 décembre 1943) ; Le Prince Narit n’avait pas été ministre mais avait eu d’importantes fonctions aux travaux publics et à la planification du ministère de l’Intérieur et d’autres ministères (28 avril 1863 -10 mars 1957) ; Le demi-frère de Rama VII, Kitiyakon, Prince de Chantaburi, avait été ministre des finances en 1902 et ministre du commerce en 1920. (8 juin1874 – 27 mai 1931) ; (Grand-père paternel de la reine  Sirikit) ; et quant à Boriphat, Prince de Nakhon Sawan,  demi-frère de Rama VII, il avait aussi un passé ministériel très important et servi comme chef d’état-major de l’Armée, commandant de la Marine royale, ministre de la Marine, ministre de l'Armée, de la Défense, ministre de l'Intérieur (29 juin 1881- 18 janvier 1944).

 

(6) 183. Le roi Rama VII, un grand voyageur.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/183-le-roi-rama-vii-un-grand-voyageur.html

 

184. Le roi Rama VII  et son épouse sont accueillis à Paris en 1934 par Paul Claudel !

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/le-roi-rama-vii-et-son-epouse-sont-accueillis-a-paris-par-paul-claudel-qui-leur-recite-un-poeme-en-siamois.html

 

(7) 185. Les effets de la crise économique mondiale de 1929 au Siam.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/185-les-effets-de-la-crise-economique-mondiale-de-1929-au-siam.html

Nous suivrons Pierre Fistié, en son chapitre 4 « Les effets de la crise mondiale de 1929  » in  « L’évolution de la Thaïlande contemporaine » (pp. 108-123).

 

(8) 186.  Avril 1932 : Rama VII fête le 150 ième anniversaire de Bangkok.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/186-avril-1932-rama-vii-fete-le-cent-cinquantieme-anniversaire-anniversaire-de-bangkok.html

Cf.  R. Lingat, « bulletin de l’école française d’extrême orient » 1933, tome 33, pages 536-541.

 

(9) 187. Le coup d’État du 24 juin 1932 au Siam.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/187-le-coup-d-etat-du-24-juin-1932-au-siam.html

 

188. Un autre récit du coup d’Etat du 24 juin 1932 au Siam.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/188-un-autre-recit-du-coup-d-etat-du-24-juin-1932-au-siam.html

 

Cf. Aussi A.68  Il y a 80 ans en Thaïlande,  le 24 juin 1932, coup d’État ou  complot ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-a68-il-y-a-80-ans-en-thailande-le-24-juin-1932-coup-d-etat-ou-complot-107278519.html

 

 (10) La tentative de coup d’État royaliste du 11 octobre à fin octobre 1933 du Prince Boworadet.

A 383  - H 57 - LA RÉBELLION DU PRINCE BOWORADET D'OCTOBRE 1933 DANS SON   CONTEXTE GÉOPOLITIQUE  EUROPÉEN  ET  SIAMOIS

http://www.alainbernardenthailande.com/2020/07/a-383-h-57-la-rebellion-du-prince-boworadet-d-octobre-1933-dans-son-contexte-geopolitique-europeen-et-siamois.html

 

(11) Les relations franco-thaïes, Entre les deux guerres, 7

http://www.alainbernardenthailande.com/article-29-les-relations-franco-thaies-l-entre-deux-guerres-67544057.html

 

Le Parti se divisera en de nombreuses factions tant les intérêts, les convictions politiques étaient divergentes. Finalement s’affronteront le chef des « civils » Pridi et le chef des « militaires » le futur Maréchal Phibun.  Six premiers ministres sortiront néanmoins de ses rangs et les  principaux leaders domineront la vie politique thaïlandaise pendant deux décennies.

 

(12) 189. 1 La constitution du 10 décembre 1932.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/189-1-la-constitution-du-10-decembre-1932.html

189.2 La constitution du 10 décembre 1932. (Suite)

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/189-2-la-constitution-du-10-decembre-1932-suite-et-fin.html

 

Elle est divisée en 7 chapitres articulés du début jusqu’à la fin : Préambule (articles 1 et 2), Chapitre 1er : le Roi (articles 3 à 11), Chapitre 2 : Droits et devoirs des Siamois (articles 12 à 15), Chapitre 3 : L'Assemblée des représentants du peuple, Chapitre 4 : Le Conseil d'Etat, Chapitre 5: Les Tribunaux, Chapitre 6 : Dispositions finales, Chapitre 7 : Entrée en vigueur de la Constitution et dispositions transitoires.

 

Chapitre premier, le Roi.

 Article 1er : Le royaume du Siam est un et indivisible. Tous les Siamois, sans distinction de race ou de religion, ont un droit égal à la protection de cette constitution.

Article 2 : Le pouvoir souverain émane de la nation siamoise. Le Roi, qui est le chef de la nation, exerce le pouvoir conformément aux dispositions de la présente constitution.

Article 3 : La personne du Roi est sacrée et inviolable.

Article 4 : Le Roi doit professer la foi bouddhique. Il est le mainteneur de la religion.

Article 5 : Le Roi est le chef des forces siamoises.

Article 6 : Le Roi exerce le pouvoir législatif sur l'avis et avec le consentement de l'assemblée des représentants du peuple.

Article 7 : Le Roi exerce le pouvoir exécutif par l’intermédiaire du Conseil d'Etat.

Article 8 : Le Roi exerce le pouvoir judiciaire par l'intermédiaire des tribunaux dûment établis par la loi.

Article 9 : Sous réserve de l'approbation de l'Assemblée des représentants du peuple, la succession au trône: aura lieu conformément à loi sur la succession de l'an 2467 de l'ère bouddhique (1924).

Article 10 : S'il se propose de s'absenter du royaume ou si, pour une raison quelconque, il est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, le Roi nomme un régent ou un conseil de régence avec l'approbation de l'assemblée des représentants du peuple. Si le Roi ne procède pas à cette nomination, ou s'il est dans l'impossibilité d'y procéder, l'Assemblée y procédera elle-même. En attendant la nomination d'un régent ou d'un Conseil de régence par l’Assemblée, le Conseil d'Etat exercera provisoirement les attributions du régent.

Article 11 : Les membres de la famille royale, à partir du rang de Mom Chao, par naissance ou par nomination, ne peuvent exercer de fonctions politiques.

 

(13) 190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/07/190-le-premier-gouvernement-de-la-nouvelle-monarchie-constitutionnelle-au-siam-28-juin-1932-21-juin-1933.html

 

(14) 194. LE DEUXIÈME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON, DE L’ABDICATION DU ROI (2 MARS 1935)  AU 11 SEPTEMBRE 1938).

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/07/194-le-deuxieme-gouvernement-de-la-monarchie-constitutionnelle-au-siam-de-phraya-phahon-de-l-abdicationdu-roi-2-mars-1935-au-11-sept

192. LE DEUXIÈME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/192-le-deuxieme-gouvernement-de-la-monarchie-constitutionnelle-au-siam-de-phraya-phahon-24-juin-1933-11-septembre-1938.html

(15) A 383  - H 57 - LA RÉBELLION DU PRINCE BOWORADET D'OCTOBRE 1933 DANS SON   CONTEXTE GÉOPOLITIQUE  EUROPÉEN  ET  SIAMOIS.

ww.alainbernardenthailande.com/2020/07/a-383-h-57-la-rebellion-du-prince-boworadet-d-octobre-1933-dans-son-contexte-geopolitique-europeen-et-siamois.html

 

(16) Des élections. Après l’échec de la tentative du coup d’État du Prince Boworadet et l’épuration politique des opposants, le gouvernement avait procédé à l’élection de 78 représentants du peuple pour la moitié des membres de l’Assemblée, l’autre moitié devait être  nommé par le roi sur une liste et comprenait donc 78 membres également dont 45 officiers militaires et cinq de la Marine. ( Il ne crut pas devoir en user et fit preuve, en la circonstance, d'une hautaine indifférence.) Le 15 octobre Chao Praya Thammasak devenait le Président de l’Assemblée. (Il avait déjà occupé ce poste en 1932).

 

(17) 193 - LE ROI RAMA VII DE SON ABDICATION À SA MORT ET AU RETOUR DE SES CENDRES EN THAÏLANDE.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/07/193-le-roi-rama-vi-de-son-abdication-a-sa-mort-et-au-retour-de-ses-cendres-en-thailande.html

 

Cf. Aussi :

178. Introduction au règne de Rama VII (Prajadhipok) (1925-1935).

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/178-introduction-au-regne-de-rama-vii-prajadhipok-1925-1935.html

 

179. Ce que nous savons déjà de Rama VII et de son règne. (1925-1935).

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/179-ce-que-nous-savons-deja-de-rama-vii-et-de-son-regne-1925-1935.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Thiébaut Alain 22/10/2020 03:56

Merci de rappeler cet épisode important de l'histoire thailandaise et son contexte