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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 23:07

 


carte 1300Les royaumes thaïs de Sukhothaï et d’ Ayuthaya


Nous avons vu qu’au 13 ème siécle l’Empire kmer va décliner. Les Thaïs se rebellent, fondent le premier Royaume de Sukkhotaï en 1238 et chassent les autorités khmères, mais absorbent les populations kmères et Môn.(Rhama Kambeng (1283-1317) s’inspire du modèle politique Khmer et spirituel Môn (bouddhisme Theravada) ).Ensuite, le royaume d’ Ayuthaya, fondé en 1350 va s'emparer d'Angkor en 1431, la piller  et emmener ses habitants en captivité.

Mais que sont ces royaumes thaïs et quelle est l’origine des Thaïs ? :

 

 

« L'origine du peuplement de l'ancien royaume de Siam est encore très incertaine. Fuyant probablement les guerres meurtrières qui marquèrent la période dite des "Printemps et des Automnes" du VIIe au IVe siècle av. J.C., les Thaïs auraient quitté le Sichuan (Chine) pour s'installer dans les vallées du sud et du sud-ouest où ils se mélangèrent à des populations miao-yao.  

 

Durant les premiers siècles de l'ère chrétienne, ces communautés thaïes furent coupées en deux le long du fleuve Rouge. L'évolution de ces deux groupes fut dès lors séparée : l'un se sinisant peu à peu ; l'autre, localisé dans un large périmètre autour de Diên Biên Phu, s'indianisant plus tard et se subdivisant encore en plusieurs sous-groupes dont les Lao et les Siamois.
La présence de Thaïs dans la péninsule indochinoise est attestée par une inscription chame de 1050 puis par la représentation d'une troupe de mercenaires dits syam sur un bas–relief du temple d'Angkor.
Longtemps crédités de la fondation du royaume de Nanzhao qui se développa au Yunnan sous la dynastie des Tang, les Thaïs n'auraient, semble-t-il, que calqué les méthodes de celui-ci, principalement dans la région située immédiatement au sud, connue sous le nom de Sip-Song Pan Na.
Au cours du premier millénaire de notre ère, la nécessité de trouver des terres cultivables pour une population croissante aurait entrainé, le long des rivières et des vallées, un lent mouvement de population, endigué vers l'ouest et le sud-ouest par la situation géopolitique de l'époque.


Un premier « royaume » thaï vit alors le jour en pays Yonok, situé dans la région de Chiang Saen où les Môns introduisirent le bouddhisme theravada vers la fin du Xe siècle.
Le Nanzhao constituant l'un des principaux points de communication terrestres entre l'Inde et la Chine, via l'Assam et le Yunnan, la présence thaïe dans la péninsule indochinoise fut renforcée par l'arrivée de pèlerins et de marchands ainsi que d'un certain nombre d'esclaves, prisonniers de guerre.


Cette pénétration se fit dans trois directions principales (sud-ouest, sud, sud-est) et les populations thaïes essaimèrent vers ce qui est aujourd'hui l'Inde du Nord-Est, la Birmanie, la Thaïlande, le Laos et le nord du Viêt-nam.
Au cours des XIe et XIIe siècles, suite à des raids successifs vers le sud et le sud-ouest, les Thaïs contrôlaient une large population et, au début du XIIIe siècle, quelques principautés et/ou chefferies furent fondées dont Mogaung, Muang Nai, Ahom et — en ±1238 — Sukhothai. Petit à petit, et par alliances matrimoniales avec de puissantes familles locales, une aristocratie thaïe prit le contrôle de principautés déjà existantes et en fonda de nouvelles.


Premiers seigneurs
Contrôlant d'importantes forces humaines et dominant les plaines des confins de l'empire, ces seigneurs thaïs se virent octroyer titres et prérogatives par les empereurs d'Angkor désireux de se les concilier.
(Rappelons que, l'Asie du Sud-est disposant de grandes étendues mais non des nombreux bras nécessaires à la riziculture inondée, la richesse et le pouvoir se mesuraient à l'importance de main-d'œuvre dont un souverain ou un noble disposait, et que les guerres avaient donc plus pour but d'accaparer des populations que de les détruire.)
Il était ainsi plus ou moins inévitable qu'un jour ou l'autre quelque seigneur local tente de s'émanciper de la tutelle khmère pour se tailler son propre territoire.
C'est ce qui arriva dans les années 1238/1240 quand, profitant de l'affaiblissement du pouvoir angkorien fragilisé depuis la mort de Jayavarman VII en 1218, deux chefs thaïs — Pha Muang de Muang Rat et Bang Klang Thao de Muang Bang Yang — évincèrent le gouverneur khmer de Sukhothai et le remplacèrent par Bang Klang Thao qui fut nommé roi sous le nom de Si Indraditya,
titre que Pha Muang tenait du pouvoir central d'Angkor et qu'il lui abandonna.
Les Thaïs prirent ainsi le pouvoir sans effusion de sang inutile, ce qui a fait dire à Georges Cœdès que cette émergence des Thaïs était
« moins un bouleversement soudain dans le peuplement de la péninsule, que la prise du pouvoir par une classe dirigeante d'origine t'aie [...] la substitution du gouvernement des T'ais à l'administration khmère dans le bassin du Ménam et sur le Haut-Mékong. »


Quoi qu'il en soit, au milieu du XIIIe siècle le premier royaume siamois était une réalité. Il ne devait durer qu'un peu moins d'un siècle et demi mais son histoire allait être dominée par un souverain dont les Thaïs ont encore la nostalgie de nos jours : Ramkhamhaeng. »(référence non retrouvée)

 

A la fin du XIIIe s, le royaume thaï de Sukkhotai étend sa domination vers l'est jusqu'à Luang Prabang et  Vientiane (ou Vieng Chan).

Les historiens thaïs traditionnels considèrent la fondation du royaume de Sukhothaï comme le début de leur nation, tant les informations sont limitées pour les périodes qui précèdent. Les premiers Ayutthayiens « ne considéraient probablement pas Sukhothai différemment d'autres muang tels Chiang Mai, Lop Buri ou Nakhon Sri Thammarat. » (Charnvit Kasetsiri, 1976. Cité par Xavier Galland « Les Débuts d’ Ayutthaya : quels débuts, in Gavroche)


L'histoire de Sukhothaï fut intégrée pour la première fois à l'histoire « nationale » thaï par le roi Mongkut (Rama IV)

Rama 4

dans un traité offert à la fin du XIXe siècle à la mission diplomatique britannique, basée sur sa découverte de la stèle de Ramkhamhaeng, « première preuve » de cette histoire.

Sukhothai Ramkhamhaeng stele

Sukhothaï devenait la « première capitale nationale », suivie par Ayutthaya, puis Thonburi et enfin l’actuelle Bangkok On peut voir dans Gavroche ce que pense  Xavier Galland de cette « idéologie » linéaire. Les publications et les recherches sur Sukhothaï devinrent abondantes après la Révolution siamoise de 1932. Même pour l'essayiste communiste Chit Phumisak (1930-1966), la période de Sukhothaï marquait le début du mouvement de libération du peuple thaï contre Angkor, l'oppresseur étranger !

Pourtant,  avant le XIIIe siècle, des royaumes Tais étaient établis dans les collines de l'extrême nord de l'actuelle Thaïlande, notamment le royaume de Ngoen Yang (prédécesseur du Lanna autour de Chiang Saen, dans l'actuelle Province de Chiang Rai) et le royaume Lü de Heokam (autour de Chiang Hung, l'actuelle Jinghong au Yunnan). Sukhothaï était un centre commercial du royaume de Lavo, vassal de l'Empire Khmer dont la capitale était l'actuelle Lopburi. Les migrations des populations Thaïs dans la haute-vallée de la Chao Phraya étaient donc encore en cours.

Ayutthaya

La puissance de Sukhothaï fut de courte durée. Après la mort de Ramkhamhaeng, les royaumes vassaux s'émancipèrent (la province d'Uttaradit dans le nord, puis les royaumes laotiens de Luang Prabang et Vientiane, en 1319, les Môns,  et en 1321 le Lanna ,Suphanburi). Ainsi le royaume fut-il rapidement réduit à son ancienne puissance locale.

Uthong devenu le roi Ramathibodi (1350-1369) fonde une nouvelle capitale à Ayutthaya en 1350 et se développe en absorbant le royaume de Lavo (Lopburi) ), et s’agrandit vers le sud en suivant les migrations des Thaïs.

Ramathibodi I small

En 1360, il a déclaré le  bouddhisme theravâda religion officielle d'Ayutthaya et invité des membres d' une sangha (communauté monastique bouddhiste) de Ceylan à établir un nouvel ordre religieux et à propager la foi parmi ses sujets. Il a également compilé un code légal, basé sur le Dharmasatra (un texte légal hindou) et la coutume thaïe, qui sont devenus la base de la législation royale. Composée en pâli, langue indo-aryenne des textes du Theravâda, elle avait force d’injonction divine. Complété par des arrêtés royaux, le code légal de Ramathibodi est demeuré généralement en vigueur jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle.(wikipédia)

À la fin du XIVe siècle, Ayutthaya est considérée comme l'entité politique la plus puissante d'Asie du Sud-Est et a donc dû influencer « l’Isan ».

ayou

Mais Ayutthaya n'était pas un État unifié mais plutôt un ensemble de principautés autonomes et de provinces tributaires qui prêtaient allégeance à son roi. Ces territoires étaient gouvernés par des membres de la famille royale. Ils avaient leur propre armée et guerroyaient souvent les uns contre les autres. Le roi devait donc veiller en permanence à ce que les princes du sang ne s'allient pas entre eux contre lui, ou avec les ennemis d'Ayutthaya. Quand éclatait une querelle de succession, les princes rassemblaient leurs troupes et marchaient sur la capitale pour faire valoir leurs droits.

Durant une bonne partie du XVe siècle, Ayutthaya va consacrer son énergie à la péninsule malaise et Malacca le port le plus important de l'Asie du Sud-Est. Mais elle échoua à cause de l’islamisation et  de la protection de la Chine.

Nous avons déjà relaté dans nos relations franco-thaïes avec les ambassades de Louis XIV ce que pouvait être la vie de la Cour et des Siamois sous  les roi Naraï (1657-1688) et Petratcha (1688-1703). Mais là encore nous ne pouvons évoquer 417 années d’existence de ce Royaume  (1350-1767) avec 35 rois qui se sont succédés et des guerres incessantes avec des royaumes birmans, laos et même vietnamiens.

La plus marquante fût peut être celle du royaume de Toungou (birman) qui en 1569 conquiert Ayuthya, et impose sa tutelle pendant 15 ans avec leur roi Sanphet 1 (1569-1584). Le royaume redeviendra indépendant en 1584. Mais les guerres ne cessèrent pas pour autant.

Mais nous ne disposons d’aucune archive car en 1758, la Birmanie attaqua la ville d'Ayuthya qui fut rasée en avril 1767. Tout fût brûlé. Les Siamois y perdirent toutes leurs archives et presque tout leur patrimoine culturel. Des milliers d’habitants furent déportés en Birmanie tandis que les survivants se retirèrent vers le sud.

Un des généraux d'Ayutthaya, Taksin, libéra rapidement le pays (1767-1782). Son successeur Rama 1er est le fondateur de la dynastie Chakri, encore régnante aujourd'hui.

 

Quid de l’Isan de cette époque ? 

En fait, après le déclin de l’Empire Kmer au XIIIème siècle et l’affaiblissement du royaume de Sukkhotaï au milieu du XIV ème, l’Isan fut surtout dominé par le royaume d’Ayutthaya et ensuite par les royaumes laos (Lan Xang, Luang Prabang et Vientiane) (Cf. 10.4 article suivant).

Les vagues migratoires dépendaient des guerres, car « Avec des réserves importantes de terre disponible pour la culture, la viabilité de l'État dépendait de l'acquisition et de la commande d’une main-d’œuvre à répartir entre le travail à la ferme et la défense. La population globale était peu nombreuse, estimée à seulement 2,2 millions d'habitants vers 1600. La primauté politique d'Ayutthaya nécessitait une guerre constante, car aucun des états dans la région ne possédant d'avantage technologique, le résultat des batailles était habituellement déterminé par la taille des armées. Après chaque campagne victorieuse, Ayutthaya déportait une partie des peuples vaincus sur son propre territoire, où ils étaient assimilés et ajoutés à la main-d’œuvre locale.

Chaque homme libre devait être enregistré en tant que domestique, ou "phrai", auprès du seigneur local, ou "Nai", pour le service militaire et les corvées de travaux publics sur la terre du fonctionnaire à qui il avait été affecté. Le phrai pouvait également remplir ses obligations de travail en payant un impôt. S'il trouvait le travail obligatoire sous son Nai trop pénible, il pouvait se vendre en esclavage à un Nai plus attrayant, qui payait alors une compensation au gouvernement pour la perte de travail de corvées. Pas moins d'un tiers de la main-d’œuvre au dix-neuvième siècle se composait de phrais » (wikipédia).

Cette politique fut aussi, nous l’avons déjà vue, pratiquée évidemment par les Kmers, les Birmans , les Laos …au gré des conquêtes. Et on doit retrouver en Isan, au fil des guerres,  des vestiges de ces anciennes déportations. Cela sera plus évident, car plus visible au XIX ème siècle.


 

 

 

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