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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:10

10. Les relations franco-thaïes :

 La deuxième ambassade envoyée par Louis XIV en 1687 au Siam,


vue par Simon de la Loubère,

 

In « Du Royaume de Siam ».

           

 

LaLoubereUne deuxième Ambassade française, partie le 1er mars 1687 arrive en rade de Siam le 27 septembre 1687. Elle est menée conjointement par Simon de La Loubère et Claude Céberet du Boullay, avec cinq navires  transportant 1300 personnes, dont 630 militaires commandés par le général Desfarges, composée de diplomates, missionnaires, soldats et artisans,  est chargée de prendre possession des places fortes de Bangkok et de Mergui, selon les offres du Roi Naraï.


M. de La Loubère va profiter de cette Ambassade pour écrire « Du Royaume de Siam», un classique de la littérature de voyage sur la civilisation, la culture et la vie quotidienne  du Siam, publié en deux volumes en 1691.

Beaucoup s’accordent à dire que ce livre reste à ce jour une des meilleures études sur la culture et la civilisation du Siam au XVIIe siècle.

                                               _____________________

                       

D’entrée, de la Loubère affiche son ambition en précisant qu’il a lu tous les Mémoires  disponibles sur la Région (avec l’Inde et la Chine) avant d’embarquer et qu’il lui aurait fallu 3 ans pour écrire ce qu’il a récolté en 3 mois.

 

Cette étude se veut exhaustive et aborde aussi bien la géographie, la vie économique, politique, judiciaire, religieuse, artistique … que la description de la vie quotidienne des Siamois et surtout celle du Palais avec sa hiérarchie très codée.

 

Il aborde l’histoire et l’origine des Siamois, bien dit-il, « qu’ils affectent de cacher leur Histoire ». Leur mémoire remonterait à 900 ans et ils auraient  retenu l’histoire de 52 rois, au milieu de mythes et de légendes, ajoute-t-il. De la Loubère n’est pas tendre pour les Siamois, qu’il juge feignants et se reposant sur le travail de femmes quand ils sont de retour au foyer. Il ne peut cacher ses préjugés et décrit les  Siamois « accroupis comme des singes » et « beaucoup d’autres manières qu’ils ont communes avec les animaux », mais il les déclare « bonnes gens  ».

masque-khon1Il consacre de nombreuses pages à leur description physique, leur habitat, meubles, habits, repas, nourriture, cérémonie de thé …ainsi qu’à leurs divertissements (spectacles religieux, danses du Ramayana, comédies chinoises, les marionnettes, cerfs volants, combats de coqs, courses de boeufs et de pirogues et à la Cour : les combats d’éléphants…et, déjà à cette époque, le jeu (« Les Siamois aiment le jeu jusqu’à se ruiner et à perdre leur liberté, ou celle de leurs enfants » qu’ils vendent comme esclaves ). Il décrit aussi leurs mœurs, « suivant leurs diverses conditions », les us du mariage et du divorce, qu’ils peuvent avoir plusieurs femmes, en acheter parmi les esclaves…

 

Il critique indirectement ce système qui donne un pouvoir absolu au Roi sans aucun corps intermédiaire (il pense peut être en France à l'Eglise, aux communes, aux Parlements, à la noblesse…). Toutefois, le roi nomme les officiers de Cour et d’Etat (police, guerre…). Les offices sont héréditaires et donnent droit à de nombreux avantages (bêtes, meubles, esclaves, terres et le « commerce des présents »). Le système judiciaire a une hiérarchie qui aboutit au gouverneur qui peut décider ou renvoyer au roi. On peut avoir recours à la question  (feu, huile bouillante…)

 

Delionne-au-siamEn effet, tout part et revient au Roi. Il est considéré comme un Dieu. Toutes les terres, les titres, les charges lui appartiennent. Il donne et reprend selon son bon plaisir. Tous les  hommes lui doivent 6 mois de corvée par an (les riches peuvent racheter leur exemption et curieusement les esclaves en sont exempts). On n’apprend rien sur l’organisation de cette « corvée ». Nul ne montre son habileté de peur d’être enrôlé dans le Service du Roi. Le système est basé sur la crainte, et il faut tout un art pour annoncer des mauvaises nouvelles. Il est dit que plus on est loin du roi, «  plus on y est à son aise ». Lui seul a le pouvoir de donner la peine de mort. Il a de plus l’exclusivité du commerce extérieur… Seuls les Talapoins (les bonzes) échappent au sort commun et les temples sont des sanctuaires sacrés.

 

Il est impossible de rendre compte de tous les domaines abordés.

 

Il est sensible à la politique d’ « ouverture » du Roi Naraï qui a « accueilli » les représentants des Compagnies anglaises, hollandaises, portugaises ( Ceux-ci gardent même la forteresse de Bangkok), les missionnaires (qui ont églises et  séminaire). Chaque nation a son quartier et vit selon ses mœurs et sa religion  Le Roi est même attentif aux symboles et peut par exemple fêter en grande pompe la fête du Roi d’Angleterre. La Garde royale est composée de cavaleries maures et chinoises ; et depuis 1685 les Français ….

 

eclipse1688De la Loubère aborde longuement la religion des moines «les  talapoins »  et décrit leur quotidien, leur croyance à la métempsychose, au karma, au culte des esprits, leurs célébrations devant Codom (sic) (ou Sommona Codum). Ils sont vus avec respect : obéissance aux règles, austérité et pénitence, lectures et chants quotidiens en pali. Mais il constate que beaucoup ne le maîtrisent pas. D’ailleurs, dit-il, de temps en temps des envoyés du Roi vérifient leur niveau de compétence. Ils risquent alors le retour séculier et d’être soumis de nouveau à la corvée de 6 mois. (On apprend aussi que toutes les lois sont aussi en pali). Mais souvent il généralise avec ce qu’il a appris sur les peuples d’Orient principalement de l’Inde et de la Chine, confond l’hindouisme et le bouddhisme, évoque même Confucius (il y a même un chapitre sur la Morale Indienne). S’il n’hésite pas à donner quelques conseils pour prêcher l’Evangile aux « Orientaux », il ne pense pas qu’ils puissent changer leurs lois, leurs mœurs, et leur culte.

 

scene-siamoiseOn peut comprendre la renommée de ce livre qui aborde tous les domaines  de cette civilisation, mais malheureusement, ce n’était pas son propos, ne nous dit rien sur l’Ambassade, sur le traité de commerce signé le 11 décembre 1687 avec le roi Naraï, et sur l’acte d’association avec la Compagnie des Indes Orientales, signé le 13 décembre avec Phaulcon.  

 

L’Ambassade repart le 3 janvier 1688, après un séjour de 3 mois au royaume de Siam. Les militaires, commandés par le général Desfarges restent. Ils inscriront une triste page des relations franco-thaïes jusqu’à la révolution de Petratcha de 1688 qui chassera les Français  du royaume pour plus de cent cinquante ans.

(A voir dans un prochain article).

 

 

ambassade-lopburiIl existe aussi le «Journal du Voyage de Siam de Claude Céberet» dont M. Michel Jacq-Hergoualc'h nous livre «l'étude historique et critique» publiée en 1992, (Ed. l’Harmattan), et qui était demeuré pratiquement inédit jusqu'à cette date. En effet, seul Lucien Lannier, à qui l'on doit une «Étude historique sur les relations de la France et du Royaume de Siam de 1662 à 1703», éditée en 1883 (E. Aubert éd., Versailles) «fut le premier historien français à étudier sérieusement les relations franco-siamoises au 17e siècle ».

Le Journal de Claude Céberet, au contraire de celui qu'écrivit l'abbé de Choisy lors de la première Ambassade (1685-1686), n'étant pas destiné à l'édition. Ainsi qu'il nous le rappelle dans son Avant-propos, Céberet, s'inspirant de son Journal, «en fit un résumé qu'il paraît avoir adressé au marquis de Seigne-lay [fils de Colbert, Secrétaire d'État à la Marine] comme une sorte de rapport de mission».


On peut noter le peu d’intérêt suscité par les deux ambassades de Louis XIV pendant trois siècles.

 

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