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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 23:02

PhetrachaNous venons de voir que Phetracha a réussi son coup d’état, présenté par de nombreux auteurs européens comme la « révolution » de 1688. Il a exécuté les prétendants, les deux frères du roi, son fils « adoptif », et le fameux Phaulkon. Il se fait roi le 1er août, après le décès du roi Naraï le 10 juillet, chasse les troupes françaises en novembre, et épouse la fille et la sœur du roi, légitimant ainsi son pouvoir. Une nouvelle dynastie était née, la dynastie Ban Phlu Luang, la cinquième et dernière d'Ayutthaya.*


1/ Peu de sources.


Forest, dans sa présentation du règne de Phetracha**, tient à nous prévenir que les sources si prolixes pour le règne du roi Naraï «  ne nous renseignent que peu sur le déroulement précis des règnes suivants » (…)

 

forest

 

 

Les seuls événements, ou presque, qui fournissent matière à relation sont les changements de règne.» Il nous propose d’ailleurs son point de vue sur les successions au Siam, qui faute de règle, sont  sanglantes, et se résolvent le plus souvent par l’élimination des prétendants. *** Nous avons vu effectivement qu’au XVIIème siècle, 5 rois sur 8 furent exécutés ; et il y eut des doutes sur le sort réservé au roi Naraï lors du coup d’Etat. (Cf. ****)

 

Technique-coup-dEtat


Mais « Les historiens thaïlandais traditionnels ont considéré Phetracha comme un traître rebelle à son roi et évité de le mentionner. Cependant, plus récemment, son rôle a suscité la controverse, de nombreux auteurs modernes le considérant au contraire comme un nationaliste qui a sauvé l'indépendance de son pays. » (Wikipédia). Ainsi vont les interprétations au fil des siècles.


D’ailleurs Forest dans son épilogue consacré aux relations franco-siamoises, évoque l’intention de la France en 1689, avant que celle-ci n’apprenne le coup d’état de 1688 et que ne se développe la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697),

 

la guerre de la ligue d'augsbourg - plan de la bataille de

 

d’établir un véritable protectorat sur le Siam.  

 

(Forest évoque un traité conclu le 1er mai 1689 entre de Seignelay et « l’ambassadeur » du roi de Siam, Tachard et cite L. Lanier. Cf. aussi la « négociation Quémener » *****) Les menaces étaient donc réelles et Phetracha sut repousser les troupes françaises hors du royaume, suivi d’une terrible répression des chrétiens. (Cf. par exemple « La Mission de Siam » de Mgr Laneau et « Siam et les missionnaires français » de Adrien  Launay)


2/ Les événements relatés par Forest.


A peine installé au pouvoir, et après avoir chassé les Français en novembre, Phetracha doit faire face à des révoltes dans les provinces de Ligor (Nakhon Si Thammarat)

 

Nakhon Si Thammarat city wall

 

et de Tenasserim au sud fin 1688-début 1689. Elles sont menées par un moine qui se prétend l’un des deux frères du roi Naraï. « Elles menacent même Ayutthaya avant d’être étouffées avec la capture et l’exécution du moine  et de plusieurs mandarins en avril 1689. »

Phetracha pouvait le 19 février 1690 procéder aux funérailles solennelles de son prédécesseur. Nous en connaissons l’importance dans la légitimation du pouvoir. (Cf. 92. Le processus de légitimation du pouvoir du roi Naraï, in « Les Chroniques royales d’Ayutthaya ».)

 

Ensuite Forest signale ce qu’il appelle « l’événement marquant du règne de Phetracha : la révolte de Korat en 1699. Nous la connaissons, dit-il, par la relation qu’en fait le père Braud alors au Siam. (Que nous n’avons pas pu consultée. AME (Archives des missions étrangères) 851 et 852). Il faut savoir que Korat était à l’époque une place stratégique, la « frontière » avec le Cambodge et le Laos. 

 

korat


Le révolté (Laotien pour certains, frère du roi Naraï pour d’autres) était parvenu à convaincre le gouverneur de Korat d’entrer en dissidence et de s’armer en vue d’attaquer Ayutthaya. Mais il fut assiégé par les troupes royales pendant 10 mois. Il put s’enfuir et sévir encore dans la région avant d’être capturé après juin 1700.

 

Phetracha croit à la trahison et opère  une terrible épuration.

 

« Six mois après le début du siège, les mandarins qui opèrent devant Korat sont rappelés à la cour où ils se dénoncent les uns les autres et sont atrocement exécutés. Quelques-unes des plus hautes personnalités du royaume, quelques « grands Malais », « deux premiers chefs des Japonais, se voient ainsi appliqués « les cruautés de l’enfer telles que  se les représentent les gens du pays » ».

 

suppliuces de l'enfer bouddhiste

 

Leurs femmes et leurs enfants sont réduits en esclavage.

(A titre anecdotique, en 1700, après la révolte de Korat, le fils de Phaulkon sera accueilli par Phetracha parmi les pages royaux.)

 

Deux mois auparavant, le fameux Kosapan, l’ancien premier ambassadeur en France en 1686-1687, et qui était devenu le phra klang de Phetracha disparait. Braud, nous dit Forest, relate les circonstances de sa mort, comment il fut suspecté par le roi, vu ses biens confisqués et conduit à se suicider ou fut empoisonné. (Cf. note 361, p.425**) Il nous apprend également que c’est son successeur au poste, le Chinois Oya Sombat Thiban, qui « serait rentré dans la faveur de Phetracha en interceptant des lettres adressées par les révoltés de Korat à de « grands talapoins ». Curieux, non ?

Surtout qu’à la mort de Phetracha, ce phra klang sera soupçonné par Sorasak de soutenir l’aîné des fils, le petit fils de Naraï, et l’exécutera, et sera remplacé par un Malais.

 

Les courriers des missionnaires des années 1702-1703, nous dit Forest, nous apprennent que le roi sera touché par la sénilité. Il occupait, par exemple « ses mandarins à vider et à nettoyer l’étang du palais, en leur faisant donner de la « rote » le cas échéant, pour y organiser des régates de jeunes gens, garçons et filles ; leur apprenant à ramer et se faisant gloire de tenir lui-même le gouvernail ; ou encore, à l’instar de son fils Sorasak, il ordonne qu’on lui cherche des filles qui sachent danser et chanter … ». (p. 108*) 

 

Cela fait peu pour un règne de 15 ans. Voyons maintenant les Annales.

 

3/ Les événements relatés dans les Annales du royaume d’Ayutthaya.


Le livre de Cushman « Les Chroniques royales d’Ayutthaya », consacre 58 pages au roi Phetracha (chapitre 8) ; mais en additionnant les versions (B1, puis B2, et E, et CDF, pour « re-mélanger » B1, B2 et E1, et E et finir sur CDF), en évoquant même l’accession au pouvoir de Sorasak et de Thai Sa ! dans le style particulier de la confusion, du fatras, du pot-pourri, si caractéristique de ces annales.


Que pouvons-nous malgré tout relever ?


Nous avons donc consciencieusement lu les 58 pages pour retenir les événements signalés que nous vous livrons en note du fait de leur longueur (16 pages !)******.

La première source B1, la plus courte évoque en 3 pages ce qu’elles considèrent comme les événements marquants du règne du roi :

  • Le couronnement de Phetracha.
  • Les funérailles du roi Naraï.
  • La rébellion de Nakhon Ratchasima (Khorat) (1692), se prolonge à Nakhon Si Thammarat (Ligor) (1693) suivi d’un hommage du roi rendu à l’abbé du temple Phraya Maen, et la rébellion de Tham Thian en 1696.
  • La mort du roi Phetracha en 1703.

On a donc ici outre les trois classiques (couronnement, funérailles du roi précédent et mort du roi), et les rébellions de Nakhon Si Thammarat, et de Nakhon Ratchasima, que nous avons déjà évoquées avec Forest, et la rébellion de Tham Thian, qui se disait être le frère du roi.

Dans cette version, la rébellion de Nakhon Si Thammarat, aurait donc été initié par le gouverneur Sang (ex Phraya Yommarat du roi Naraï) de Nakhon Ratchasima, associé au vénérable Song Kandan, qui défaits, se seraient enfuit et auraient enclenché une nouvelle révolte en recrutant des habitants de Nakhon Si Thammarat (Ligor).

Les sources CDF confirment que l’événement majeur du règne du roi Phetracha sont la rébellion et la prise de Nakhon Ratchasima (Korat), qui se poursuit avec la rébellion et la prise de  Nakhon Si Thammarat (Ligor). Elles sont décrites longuement en 11 pages. (pp. 344- 354).

On y apprend l’origine des deux rebellions de Nakhon Ratchasima et de Nakhon Si Thammarat.


En 1045, l’année du sanglier,

 

année du sanglier

 

à la 5ème décade, le roi convoque tous les gouverneurs (et phraya et phra) de toutes ses provinces, pour, dit-on, qu’ils puissent lui rendre hommage. Les gouverneurs Phraya Sang de Nakhon Ratchasima et Phraya Ram Decho de Nakhon Si Thammarat, déjà en place au temps du roi Naraï, refusent de se rendre à Ayutthaya et proclament donc leur indépendance.

Le roi décide d’aller mater en premier Nakhon Ratchasima (Korat) et d’aller ensuite conquérir Nakhon Si Thammarat (Ligor) qui était plus loin. Siha Ratcha Decho fut nommé général en chef et reçut l’ordre de prendre Korat et de prendre la place du gouverneur, avec une armée de 10 000 hommes, 200 éléphants de guerre, 300 chevaux ; une armée bien équipée.

 

elephants de guerre


Mais il rencontrera une forte résistance, et le siège aurait duré presque 2 ans. Le général Decho aurait été contraint de demander renfort, vivres et munitions ; ce qui aurait entrainé l’arrestation et l’exécution de tous les hauts gradés phraya avec la confiscation de tous leurs biens.

Mais malgré ces troupes fraiches, Korat put résister aux nouveaux assauts, grâce peut-être au renfort du vénérable Song Kandan venu rejoindre les habitants de Korat. La faim, la multiplication  des moyens  utilisés (souterrains, fusées, armes plus redoutables, incendies) eurent raison de Korat.

Mais le gouverneur et le vénérable Song, avec leurs familles et quelques  soldats réussirent à s’enfuir et à poursuivre la lutte à Ligor.


Les chroniqueurs, ce qui est rare dans les annales, donnent ici leur source pour relater cette rébellion. Il s’agit d’un document envoyé par la municipalité de Chaiya au Phra de Kalahom (Ministère de la défense).


Il signale que le Chaopraya de Ligor a proclamé son indépendance, organisé une armée et va attaquer toutes les villes de l’ouest, avant de se diriger vers la capitale. Il poursuit en informant que maître Sang et le gouverneur de Korat, qui avaient réussi à s’échapper lors de la prise de sa ville, campent aux abords de Ligor et des districts de Chaya, et ont pu recruter des soldats, pour se joindre à l’armée de Ligor.


Le roi et le vice-roi enverront une armée de terre de 10 000 hommes commandée par Phraya Sura Songkhram et une flotte d’une centaine de bateaux de combat


 

barge-8

 

et d’une autre centaine  avec 5000 hommes, commandée par Phraya Ratcha Bangsan.


Yommarat Sang (le gouverneur de Korat), malgré sa combativité, ne put résister. Le gouverneur de Ligor apprenant la défaite de Sang et l’attaque simultanée par terre et mer préféra se retirer avec les localités avoisinantes au sein de la ville, en renforçant les fortifications, remparts, palissades, creusant fosses, etc, selon les techniques en usage. Son armée navale dut repousser en premier, une attaque de Phraya Ratcha Bangsan.


Ensuite le document décrit différentes phases de la guerre, différents mouvements des troupes, et la formidable résistance du gouverneur Phraya Ram Decho, malgré les énormes pertes humaines. Le siège dura presque 3 ans dit-on, et vit de part et d’autres de magnifiques batailles gagnées par l’un ou par l’autre selon les jours.


elephants


Mais le gouverneur de Ligor, constatant, que ses concitoyens commençaient à mourir de faim, qu’encerclés, il ne pouvait pas trouver  de vivres, et ne voyant pas de victoire possible, décida alors de faire une proposition dans un document secret destiné au commandant de la flotte navale, un ancien compagnon d’armes et ami.


La reddition.


La missive de Phraya Ram Decho est intéressante car il y présente sa version des faits et propose une solution à Phraya Ratcha Bangsan pour sortir de l’impasse où ils sont tous deux. (1 page dans les annales).

Il rappelle leur passé commun, leur camaraderie, comment ensemble ils ont servi le roi Naraï dans le passé, comment ils ont combattu les Laos, le Lawa, les Birmans et les Môns qui avaient attaqué Chai Yok, comment ils avaient été honorés et récompensés par le roi.


Mais ensuite il dénonce l’usurpation de Phetracha et de son fils Luang Sorasak. Il manifeste son opposition et son impossibilité de se ranger sous l’autorité de deux traîtres et de leur rendre « hommage », selon sa conception de l’honneur.

Ensuite, faute de vivres, il se voit contraint de trouver une solution, et lui propose une trêve de 3 jours et de le laisser partir par mer, en lui  fournissant un bateau. Il laissera alors ses camarades accomplir leur karma.

Phraya Ratcha Bangsan va répondre en secret en invitant à la plus grande prudence. Il se souvient de leur amitié et de leur appartenance à ce qu’il nomme la race des Khaek. (Etranger non européen) Il va accorder satisfaction à Phraya Ram Decho et mettre à sa disposition un bateau.  Ensuite, on décrit  comment Phraya Ram Decho, armes à la main, va avec 50 hommes, réussir à forcer le passage contre une troupe de Chams qui gardait un point d’appui du siège, et à prendre le bateau promis pour s’échapper vers les municipalités « Khaek ».

Les troupes royales entrèrent effectivement à l’intérieur de la ville assiégée et firent prisonnier toute la population et saisirent tous leurs biens. Mais les chefs apprennent que non seulement le gouverneur a pu fuir sur les positions tenues par Phraya Ratcha Bangsan, mais qu’il a obtenu un bateau de celui-ci et qu’il ne l’a pas poursuivi.


Le chef des armées royales Phraya Sura Songkram en fut informé et mena aussitôt ses investigations, pour constater la vérité des accusations et la complicité de Phraya Ratcha Bangsan, dans la fuite du gouverneur rebelle. Il envoya aussitôt un rapport à Ayutthaya au chef du Kalahom qui en informa aussitôt les deux rois, qui ordonnèrent de se saisir de Phraya Ratcha Bangsan, ainsi que tous ses complices, de leur couper la tête, de les empaler et de les placer aux portes de la ville, pour que cela puisse servir d’exemple.


Ainsi prenaient fin les rébellions et les prises de Nakhon Ratchasima (Korat) et de  Nakhon Si Thammarat (Ligor).


On n’apprendra pas ce que sont devenus les deux gouverneurs qui avaient refusé de reconnaître le pouvoir du roi Phetracha.


La révolte de Tham Thian.


La rébellion de Tham Thian est relatée en 4 versions.


(La source B1 l’évoque p. 322. Elle est de nouveau relatée par la source B2, en deux pages et demie, pp. 326- 329, puis avec la source E en 1/3 de page (p. 333), puis les sources CDF en 3 pages (pp 341- 343).)


La révolte aurait eu lieu  avant celle de Korat. En fait, Tham Thian, se présente comme Aphaitot, le frère du roi Naraï, qui aurait échappé à son exécution au monastère de Carrion. Il commence sa campagne à Nakhon Nayok et arrive à convaincre de nombreux habitants. Il  entreprend alors, sur son éléphant, une marche sur Ayutthaya, en demandant au fil de la route, aux populations rencontrées, de se joindre à lui, avec les armes dont ils disposent. Il arrive avec ses troupes à Saraburi, et ensuite à Lopburi et puis dans les districts de Khun Nakhon, pour se préparer à attaquer la capitale.

Les deux rois en sont bien sûr informés, et envoient des policiers pour savoir où étaient exactement les rebelles.


Nota. On peut se douter à ce stade que les « troupes » de Tham Thian devaient être en grand nombre pour oser ainsi attaquer la capitale. Et pourtant la remarque précédente semble indiquer que le mouvement a dû être rapide pour que les deux rois ne sachent pas où se trouvent les troupes rebelles.


Et puis la relation va s’enliser dans les détails (Cf. en note), évoquer l’arrivée de « l’illuminé » à Ayutthaya, qui sera tué par le roi avec un grand fusil touchant son éléphant ! Les combattants rebelles seront tués en grand nombre ou s’enfuirent dans la jungle. Les cités de Saraburi, de Lopburi et les districts de Khun Lakhon (ou Nakhon) furent abandonnés.


        ----------------------------


On constate que la relation de « la révolte de Korat » du père Braud, qui écrit sur place, un an après les faits, est quelque peu différente des annales, mais elles signalent que le coup d’état effectué à la capitale en 1688, n’a pas été suivi dans l’ensemble du royaume, et que deux provinces se sont soulevées, que Phetracha a dû procéder à une terrible répression, non seulement parmi les hauts gradés qui ne parvenaient pas à prendre Korat, mais aussi parmi de nombreux mandarins d’Ayutthaya, précise le père Braud,  avec « Quelques-unes des plus hautes personnalités du royaume, quelques « grands Malais », « deux premiers chefs des Japonais, se voient ainsi appliqués » et nous l’avons dit, le phra klang Kosapan.

 

Kosapan


Pouvons-nous parler d’une seconde « révolution » ?


Mais nous verrons dans l’article suivant que les annales évoquent beaucoup d’autres événements.

 

 

_________________________________________________________

 

Notes.


*La dynastie  « Ban Phlu Luang », la cinquième dynastie du Royaume d’Ayutthaya, tient son nom du village de Phlu Luang de Suphanburi , où Somdej Phra Phetracha est né. Le nom de la  dynastie  peut se traduire littéralement par la dynastie de la « maison du bétel royal ».  Il y avait en effet une plantation abondante de bétel à Suphanburi. (D’après les renseignements aimablement fournis par notre ami doctorant Ripparat Chiraphong)

 

Betel


**Alain Forest, Les missionnaires français au Tonkin et au Siam. XVIIe- XVIIIe siècles, Analyse comparée d’un relatif succès et d’un total échec, préface de Georges Condominas, Livre 1, Histoires du Siam, L’ Harmattan, 1998.

 

forest notes


***Alain Forest, « Le processus traditionnel de légitimation du pouvoir royal dans les pays de bouddhisme theravâda », Journal des anthropologues [En ligne], 104-105 | 2006, mis en ligne le 17 novembre 2010, consulté le 29 septembre 2013. URL : http://jda.revues.org/496

Cf. 92. Le processus de légitimation du pouvoir du roi Naraï, in « Les Chroniques royales d’Ayutthaya ».

 

**** « Il n'est pas certain que Phetracha  et son fils aient fait assassiner le roi (l'histoire officielle affirme que Naraï mourut de mort naturelle en leur présence le 11 juillet). » (Wikipédia)


***** pp. 277-281, in Lucien Lanier, Etude historique sur les relations de la France et du royaume de Siam de 1662 à 1703, d’après les documents inédits des Archives du Ministère de la Marine et des Colonies, Extrait des Mémoires de la Société des Sciences morales, des Lettres et des Arts de Seine-et-Oise, 13], Versailles, Imp. E. Aubert, 1883.

 

Lanier


« La négociation Quemener » (Forest, op. cit., pp.424-425). Mgr Quémener, vicaire apostolique de Fujian, alors qu’il revient en Chine, «  a pour mission de faire savoir au roi du Siam que Louis XIV à donner à François Martin (directeur de la Cie des Indes à Madras) et au commandant de ses vaisseaux dans les Indes tout pouvoir pour négocier. » (Un fort à Mergui, exemption de droits de douanes, respect du traité de 1687, et paiement par le roi du contentieux avec la Cie.) Il recevra une fin de non-recevoir par le phra klang en novembre 1700.

 Quémener

                               __________________

 

******Les trois révoltes dans les Annales ?


La première source B1, la plus courte évoque en 3 pages ce qu’elles considèrent comme les événements marquants du règne du roi :

  • Le couronnement de Phetracha.
  • Les funérailles du roi Naraï.
  • La rébellion de Nakhon Ratchasima (Khorat) (1692), se prolonge à Nakhon Si Thammarat (Ligor) (1693) suivi d’un hommage du roi rendu à l’abbé du temple Phraya Maen, et la rébellion de Tham Thian en 1696.
  • La mort du roi Phetracha en 1703.

On a donc ici outre les trois classiques (couronnement, funérailles du roi précédent et mort du roi), et les rébellions de Nakhon Si Thammarat, et de Nakhon Ratchasima, que nous avons déjà évoquées avec Forest, et une autre rébellion, dite de Tham Thian.


Dans cette version, la rébellion de Nakhon Si Thammarat, aurait donc été initié par le gouverneur Sang (ex Phraya Yommarat du roi Naraï) de Nakhon Ratchasima, associé au vénérable Song Kandan, qui défaits, se seraient enfuit et auraient enclenchés une nouvelle révolte en recrutant des habitants de Nakhon Si Thammarat (Ligor).


Mais cette révolte est reprise avec les sources CDF avec force détails dans une version de 11 pages. (pp. 344-354)).


La rébellion et la prise de Nakhon Ratchasima (Korat). (CDF)(pp. 344-347)

Elles nous donnent au moins l’origine des deux rebellions de   Nakhon Ratchasima et de Nakhon Si Thammarat. En 1045, l’année du sanglier, à la 5ème décade, le roi convoque tous les gouverneurs (et phraya et phra) de toutes ses provinces, pour dit-on, lui rendre hommage. Une autre façon de dire que le roi veut s’assurer de la fidélité de sa hiérarchie administrative. Les gouverneurs Phraya Sang de Nakhon Ratchasima et Phraya Ram Decho de Nakhon Si Thammarat, déjà en place au temps du roi Naraï, refusent de se rendre à Ayuttthaya et proclament donc leur indépendance.

Le roi, dit-on, après avoir massacré ceux qui avaient suivi Tham Thian, consulta son fils, et décida d’aller mater en premier Nakhon Ratchasima (Korat) et d’aller ensuite conquérir Nakhon Si Thammarat (Ligor) qui était plus loin. Siha Ratcha Decho fut nommé général en chef et reçut l’ordre de prendre Korat et de prendre la place du gouverneur, avec une armée de 10 000 hommes, 200 éléphants de guerre, 300 chevaux ; une armée bien équipée.

Ensuite les annales vont relater les principales étapes de la prise de Korat qui ne fut pas aisée.

Le gouverneur de Korat avait bien préparé la défense de la ville et mis des palissades armées au dehors. Siha Ratcha Decho les prit aisément, mais les brigades purent se retirer au sein de la ville fortifiée.

L’armée de Decho encercla la ville.  Sa première attaque avec 3000 volontaires tentant de prendre d’assaut avec des échelles échoua, et fut très meurtrière.

Decho fut contraint d’organiser le siège qui dura plusieurs mois (peu précis). Malgré de nombreuses tentatives, les habitants de Korat surent résister avec détermination.

Les pertes étaient conséquentes, les hommes affamés. Les vivres et munitions vinrent à manquer. Les chefs des armées et des brigades furent contraint de prévenir le haut magistrat Chaopraya Chakri de la situation et de demander munitions et vivres.

Chaopraya Chakri alla informer le roi qui se mit en fureur, les traita de « salauds », ne pouvant comprendre que 10 000 soldats ne puissent pas vaincre. Il ordonna alors au chef des magistrats d’arrêter tous les hauts gradés phraya. Ils furent tués en grand nombre, et leurs biens confisqués.


Par malchance, le magasin des poudres explosa à Ayutthaya, et les pertes en hommes et en munitions furent considérables. On ne put donner que peu de balles et de poudre aux 5000 hommes envoyés en renfort à Korat, avec éléphants, chevaux et nourritures.

Mais malgré ses troupes fraiches, Korat put résister aux nouveaux assauts. Les hommes néanmoins commençaient à mourir de faim, après 2 ans, dit-on, sans récolte.

Ensuite, les annales annoncent le renfort du vénérable Song Kandan qui avait été destitué (pourquoi ?) auprès des habitants de Korat. Mais les troupes royales, en multipliant différents stratagèmes, souterrains et fusées, armes plus redoutables, purent incendier différentes positions et entrer dans Korat pour finalement se saisir de la ville.


Le gouverneur et le vénérable Song, avec leurs familles et quelques  soldats réussirent à s’enfuir. Le roi Phetracha fut heureux malgré tout d’apprendre la chute de Korat et récompensa les phraya et chefs d’armées, selon leur rang.

Les annales annoncent ensuite sans transition que la reine Yotha Thip donne naissance à un royal enfant, fort respecté car il était donc le neveu du roi Naraï. Et on arrive à :


La rébellion et la prise de  Nakhon Si Thammarat (Ligor). (pp. 348- 354).


Les chroniqueurs, ce qui est rare dans les annales, donnent ici leur source pour relater cette rébellion. Il s’agit d’un document envoyé par la municipalité de Chaiya au Phra de Kalahom (Ministère de la défense).

Il signale que le Chaopraya de Ligor a proclamé son indépendance, organisé une armée et va attaquer toutes les villes de l’ouest, avant de se diriger vers la capitale. Il poursuit en informant que maître Sang, le gouverneur de Korat, qui avait réussi à s’échapper lors de la prise de sa ville, campe aux abords de Ligor et des districts de Chaya, et a pu recruter des soldats , pour se joindre à l’armée de Ligor.

Les deux rois informés exprimèrent leur colère et leur désir de les mettre en pièces. (Au Siam, ce n’est pas au figuré). Ils ordonnèrent au  chef des armées du Kalahom de préparer une armée, avec éléphants, chevaux, armes et bateaux de combat, de transport, de vivres, pour mener une attaque par terre et par mer.

Ils nommèrent Phraya Sura Songkhram comme commandant en chef, d’une armée de 10 000 hommes bien équipés avec 300 éléphants de guerre, avec  Phra Sura Sean comme commissaire, Phraya de Phetburi comme chef des approvisionnements, Phraya Siha Ratcha Decho pour commander la brigade avant, le Phraya de Ratburi la brigade arrière, et Phraya Ratcha Bangsan pour commander la « flotte » navale d’une centaine de bateaux de combats, et d’une centaine de bateaux transportant 5000 hommes.

Ils réunirent les deux armées à Chaiyaburi. Le général en chef ordonna aux chefs de Chumphon et de Chaiya de joindre leurs troupes et mit en oeuvre une stratégie (en envoyant en avance la flotte à Chaiaya), qui put entourer et surprendre le Yommarat Sang (le gouverneur de Korat) qui malgré sa combativité ne put résister.

Le gouverneur de Ligor apprenant la défaite de Sang et l’attaque simultanée par terre et mer préféra se retirer avec les localités avoisinantes au sein de la ville, en renforçant les fortifications, remparts, palissades, creusant fosses, etc, selon les techniques en usage. Son armée navale dut repousser en premier, une attaque de Phraya Ratcha Bangsan.

Ensuite le document décrit différentes phases de la guerre, différents mouvements des troupes, et la formidable résistance du gouverneur Phraya Ram Decho, malgré les énormes pertes humaines. Le siège dura presque 3 ans dit-on, et vit de part et d’autres de magnifiques batailles gagnées par l’un ou par l’autre selon les jours.

Mais les troupes de la capitale recevaient des vivres par mer, tandis que les habitants de Ligor s’affaiblissaient et ne purent plus mener des actions à l’extérieur. Les troupes royales  crurent profiter de cette faiblesse et réorganisèrent 2000 hommes, qui attaquèrent, avec forces ruses les remparts. Mais la stratégie défensive de Phraya Ram Decho et la détermination des hommes de Ligor firent échouer la manoeuvre. Mieux, Phraya Ram Decho réorganisa 3000 hommes et passa à l’attaque. Les combats furent meurtriers, mais il dut renoncer et se replier de nouveau  à l’intérieur de ses fortifications.

Le gouverneur de Ligor, constatant, que ses concitoyens commençaient à mourir de faim,  qu’encerclés, il ne pouvait pas trouver  de vivres, et ne voyant pas de victoire possible, décida  alors de faire une proposition dans un document secret destiné au commandant de la flotte navale, un ancien compagnon d’armes et ami.


La reddition.

La missive de Phraya Ram Decho est intéressante car il y présente sa version des faits et propose une solution pour sortir de l’impasse où ils sont tous deux. (1 page dans les annales).

Il rappelle leur passé commun, leur camaraderie, comment ensemble ils ont servi le roi Naraï dans le passé, comment ils ont combattu les Laos, le Lawa, les Birmans et les Môns qui avaient attaqué Chai Yok, comment ils avaient été honorés et récompensés par le roi.

Mais ensuite il dénonce l’usurpation de Phetracha et de son fils Luang Sorasak. Il manifeste son opposition et son impossibilité de se ranger sous l’autorité de deux traîtres et de leur rendre « hommage », selon sa conception de l’honneur.

Depuis, il constate que les armées de la capitale sont venues attaquer sa Province et qu’ils combattent depuis trop longtemps ; et comme il ne peut plus la protéger faute de vivres, il demande donc de trouver une solution, de faire une trêve de 3 jours et de le laisser partir par mer, en lui  fournissant un bateau. Il laissera alors ses camarades accomplir leur karma. (On a bien ici le motif de la rébellion).

Phraya Ratcha Bangsan va répondre en secret en invitant à la plus grande prudence. Il se souvient de leur amitié et de leur appartenance à ce qu’il nomme la race des Khaek (sens ?). Il va accorder satisfaction à Phraya Ram Decho et mettre à sa disposition un bateau.  Ensuite, on décrit  comment Phraya Ram Decho, armes à la main, va avec 50 hommes, réussir à forcer le passage contre une troupe de Chams qui gardait un point d’appui du siège, et à prendre le bateau promis pour s’échapper vers les municipalités « Khaek ».

 

(Nota. Les risques pris par le chef de la flotte royale est ici immense. Il indique que chacun est pris dans un réseau dont quelques éléments sont ici donnés (fidélité au roi Naraï,  l’amitié d’anciens frères d’armes, et l’honneur des Khaek.)


Ensuite, on apprend –en une phrase- que les troupes royales peuvent entrer à l’intérieur de la ville assiégée et faire prisonnier toute la population et saisir tous leurs biens. Mais les chefs apprennent que non seulement le gouverneur a pu fuir sur les positions tenues par Phraya Ratcha Bangsan, mais qu’il a obtenu un bateau de celui-ci et qu’il ne l’a pas poursuivi.

Le chef des armées royales Phraya Sura Songkram en fut informé et mena aussitôt ses investigations, pour constater la vérité des accusations et la complicité de Phraya Ratcha Bangsan, dans la fuite du gouverneur rebelle. Il envoya aussitôt un rapport à Ayutthaya au chef du Kalahom qui en informa aussitôt les deux rois.

On peut se douter de leurs réactions ; ils exprimèrent une  colère « exceptionnelle », contre Phraya Ratcha Bangsan, et donnèrent l’ordre de faire une enquête pour se saisir de tous ses complices, de les faire « parader » pendant 3 jours et de leur couper la tête, de les empaler et de les placer aux portes de la ville, pour que cela puisse servir d’exemple.

 

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Ensuite, selon l’usage dans les annales après chaque victoire, on signale qu’il fut demandé de pacifier la région, de la réorganiser, de placer un nouveau gouverneur, de nommer les nouveaux « officiels », de laisser une défense appropriée, avant de revenir à la capitale avec les captifs et les biens  saisis (dont éléphants, chevaux, armes). L’ensemble fut présenté aux rois qui surent récompenser selon le rang.


Ainsi prenaient fin les rébellions et les prises de Nakhon Ratchasima (Korat) et de  Nakhon Si Thammarat (Ligor).

On n’apprendra pas ce que sont devenus les deux gouverneurs qui avaient refusé de reconnaître le pouvoir du roi Phetracha. (pp. 344- 354.CDF)


La révolte de Tham Thian.


La rébellion de Tham Thian est relatée en 4 versions.

(La source B1 l’évoque p. 322. Elle est de nouveau relatée par la source B2, en deux pages et demie, pp. 326- 329, puis avec la source E en 1/3 de page (p. 333), puis les sources CDF en 3 pages (pp 341- 343).)

La révolte aurait eu lieu  avant celle de Korat. En fait, Tham Thian, se présente comme Aphaitot, le frère du roi Naraï, qui aurait échappé à son exécution au monastère de Carrion. Il commence sa campagne à Nakhon Nayok et arrive à convaincre de nombreux habitants. Il  entreprend alors, sur son éléphant, une marche sur Ayutthaya, en demandant au fil de la route, aux populations rencontrées, de se joindre à lui, avec les armes dont ils disposent. Il arrive avec ses troupes à Saraburi, et ensuite à Lopburi et puis dans les districts de Khun Nakhon, pour finalement arrivé près de la capitale, prêt à l’attaquer.

Les deux rois en sont bien sûr informés, et envoient des policiers pour savoir où étaient exactement les rebelles.


Nota. On peut se douter à ce stade que les « troupes » de Tham Thian devaient être en grand nombre pour oser ainsi attaquer la capitale. Et pourtant la remarque précédente semble indiquer que le mouvement a dû être rapide pour que les deux rois ne sachent pas où se trouvent les troupes rebelles.


Et puis la relation va s’enliser dans les détails.


Ainsi, on nous dit qu’un certain Phan Chai Thut, porte étendard de Tham Thian, est fait prisonnier et est présenté à Sorasak, qui lui demande qui est à la tête de la rébellion, pour s’entendre répondre : « le seigneur Aphaitot ». Sorasak lui promet alors un combat. Ensuite, on voit le roi demander  son royal éléphant et qu’on aille chercher le fameux cimeterre qui avait servi au roi Naresuan dans son célèbre combat. Et puis on revient sur Sorasak, prêt à la lutte près du « coral des éléphants », et dissuadé par Chaopraya Thamma de rester en cet endroit, et qui lui conseille de retourner au sein de la ville fortifiée. Alors que les troupes de Tham Thian atteignent le « coral des éléphants », on revient sur le roi, qui est au fort de la grande victoire, avec un grand fusil prêt à tuer le rebelle, après avoir fait une prière. Après des difficultés avec son arme, il parvient à toucher l’éléphant de Tham Thian, qui chute et meurt. Ce qui provoque la fuite des rebelles. Et puis on le voit dans  une royale procession, recevoir ensuite le sabre de Naresuan pour donner un coup sur la tête de l’éléphant de rang praya (sic) (celui de Tham Thian ?) et ordonner que tous les rebelles soient poursuivis.

Les combattants rebelles furent tués en grand nombre ou s’enfuirent dans la jungle. Ceux qui avaient seulement suivis le mouvement furent prisonniers et affectés, dit-on, à couper l’herbe pour les éléphants. Les cités de Saraburi, de Lopburi et les districts de Khun Lakhon (ou Nakhon) furent abandonnés.

Quels sont les autres événements relatés dans les Annales ? 

  • Les démêlés « amoureux » de Phetracha avec ses deux épouses. Yotha Thip, la soeur de Naraï ; et Yotha Thep la fille de Naraï. (p. 323)

Un roi éconduit par deux reines. On raconte que le roi voulant « rendre visite » à Yotha Thip, se vit répondre qu’elle était malade ; il se dirigea alors vers les appartements de Yotha Thep, qui lui refusa l’entrée, en l’insultant et le menaçant d’un sabre. Le roi eut alors l’idée d’user de philtres amoureux.


philtre-d-amour

 

Yothathip consentit alors, et non sans humour, il est dit qu’ensuite le roi se dirigea dans la chambre royale de Yotha Thep… (p. 338)

 

  • Un adversaire « royal » éliminé.

La disparition d’un plateau d’or au palais du roi avec l’exécution de maître Chang Song Bat. Le roi qui assure au Chaophraya Sura Songkhram qu’il prendra soin de sa femme et de son fils à sa mort. (Comme pour monter que le roi peut être impitoyable avec les voleurs et généreux avec ceux qui le servent). (p. 323)


Un adversaire « royal » éliminé. Sorasak réussit à éliminer un rival pour la succession, Chaophraya  Sura Songkhram, à cause du rang obtenu et de ses nombreux partisans. Le motif invoqué : on trouve chez lui un plateau d’argent volé ! Sorasak obtient sa condamnation à mort. Le roi lui accorde 8 mois, pour qu’il puisse s’y préparer. Il met son fils  âgé de 8 mois dans le palais de Chaophraya Sura Songkhram, le désignant indirectement ainsi comme son successeur possible. (p.340)

 

  • Le retour d’une ambassade thaïe de France ( anachronisme) (p. 324 et p. 355)

 

  • Les éléphants blancs.

La capture d’un éléphant blanc qui est envoyé en hommage par le roi du Cambodge au roi d’Ayutthaya. (B2, p.325)

La capture de l’éléphant blanc au Cambodge est reprise sur 2 pages (CDF, pp. 357-358) (On a déjà vu l’importance des éléphants blancs pour le prestige des rois et en plus donné ici par un autre roi. Il n’y a pas de geste plus grand dans la reconnaissance de vassalité.)

La capture d’une éléphante blanche à Sawankhalok.

 

elepha,t blanc

 

L’occasion, une fois de plus de saluer l’importance de l’événement, avec la joie exprimée du roi, l’escorte accordée avec tous les phra, luang, khun, mûn du département des éléphants, avec procession, festival de trois jours ; un nom saint donné à l’éléphante blanche, son installation dans un palais ; et la récompense exceptionnelle accordée à Maître Bun Khoet qui l’a capturée. Il est nommé Khun In Khot Prasoet, reçoit des cadeaux royaux (plateaux d’or et d’argent, vêtements, exemption de toutes les taxes y compris celles du marché, et le droit de retourner dans son village natal). (p. 356)

 

  • L’exercice de la vassalité. Vientiane qui demande assistance contre une attaque de Luang Phrabang, avec l’offre de la vassalité et de sa fille. Finalement Luang Prabang acceptera l’offre de paix devant l’énorme armée siamoise. (B2, p. 329) Repris avec plus de détails en deux pages et demie (CDF, pp. 363-365). Et Sorasak, à sa demande, recevra la jeune princesse de Vientiane.  (B2, p. 330), repris en un §, p.365 (CDF)

 

 

  • Les naissances royales. En 1690, sont signalées deux royales naissances, Phra Ratcha Somphan, le fils de la soeur de Naraï, et  Naraï Thibet, le fils d’une autre reine, la fille du seigneur Thong, demi-frère du roi Naraï. (p. 332)

La reine Yotha Thip donne naissance à un fils après 10 mois (sic). Un tremblement de terre salue la royale venue. Il est dit que le peuple est heureux de saluer le neveu du roi Naraï,  de la lignée des rois estimés. (p. 347)

On annonce la naissance du fils de Yotah Thep, après 10 mois (sic), Trat Noi. (p. 355)

  • La cérémonie de tonsure de Trat Noi. (Traitée en une page pp.330-331 (B2), ce qui montre l’importance accordée à cet événement)) et du prince Pra Khwan en 1 page et demie (CDF) pp. 365-367.

 

      Phraya Hussein Khan se soumet à Phetracha avec retard (p. 334) (Qui est-il ? que représente-t-il ?)

 

  • L’hommage du peuple rendu au roi. Une longue description de deux pages racontant une réception au palais du roi, d’une délégation des habitants du village de la couronne de bétel du district de Saraburi, qui a décidé de rendre hommage au nouveau pouvoir du roi, en lui offrant ses meilleurs produits (dont poissons et fruits de palmier). Il est dit que les officiels se plaignirent du non-respect de l’étiquette, mais que le roi les défendit soulignant que bien que pauvres, ils avaient tenus à lui rendre hommage. Le roi leur offrit nourritures et rafraichissements, et liqueur. Ils purent ensuite visiter le palais et admirer le faste des décorations et des habits, signes des mérites accumulés. Ils purent même dormir au palais. Au réveil, le roi  fut attentif à ce qu’ils aient mets et rafraichissements, et il les combla de cadeaux d’or, d’argent et de toutes sortes d’articles, selon leur rang, pour leur retour au village. (pp. 336-337)

 

 

  • Le pouvoir royal. Le roi établit la hiérarchie royale et donne des promotions. Le roi décide que Si Suwan soit la 1ère reine du centre, que Yotha Thip, sœur du roi Naraï, soit la reine du côté droit (princesse du 3ème rang), que Yotha Thep, fille du roi Naraï, soit la reine du côté gauche (princesse du 3ème rang). Ensuite le roi procède à des promotions (Chim au rang de Phraya, Kaeo, le fils de Si Culalak, au rang de prince du 4ème rang, puis des titres et des noms de princes sont donnés à maître Cop Khacha, maître Krin Khacha Prasit, khun Thip Phalaphak ; maître Bun mak, le titre phraya Wichit Phuban ; le fils royal et Chaophraya  Sura Songkhram reçoivent des palais dont les noms sont donnés. (1page sur pp. 337-338)

 

  • Le religieux. Les constructions : temples et palais royal et pèlerinage.

 

La restauration du temple de Phraya Maen. (p .326), (p.332), (p. 356)


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Le roi Phetracha honore son lieu de naissance par une cérémonie qui inaugure un temple magnifique qu’il a fait construire (3 ans de construction, avec de nombreuses constructions attenantes, la participation du maître vitrier Mün Canthara, etc). ll est précisé que le roi a donné le nom du temple, nommé l’abbé, amené de nombreuses reliques, de nombreux serviteurs (en fait des esclaves), et donné de  grandes terres qui subviendront au temple, selon la tradition en usage. (p.348)

 

Construction d’un grand palais royal à côté de trois anciens ; on insiste sur le système des eaux, les fontaines, des bassins, et sur l’architecture qui prévoit la salle d’audience royale, armée,  du trône ; le quartier des femmes, les  pavillons des juges, la porte d’entrée armée. (p. 355)

 

  • Deux pages pour un pèlerinage à l’Empreinte du  pied de Bouddha (pp. 361-362)

 

  • La fin du roi et la « succession » sanglante qui commence.

 

Le roi est malade depuis 15 jours ; on envisage sa mort prochaine ! (p.367)

Luang Sorasak élimine un rival candidat au trône. (pp.367-368) Il est dit que Sorasak sachant que le roi Phetracha allait aller au ciel dans un ou deux jours, prépare un plan en secret, avec la complicité passive de deux autres enfants royaux (Phet et Phon) pour exécuter un prétendant sérieux au trône, à savoir le seigneur Kwan, fils de la reine Yota Thip. Il est effectivement exécuté en se rendant à une fausse invitation du roi. La reine très affectée ayant appris la mort de son fils ira informer le roi, qui mourant, promis que les trois misérables, père et enfants (ce qui semble suggérer que Phet et Phon sont les fils de Surasak) n’auraient pas le pouvoir et qu’il allait faire venir son neveu Phra Phichai Surin, pour lui succéder ; mais le roi mourut dans la nuit. Il avait 71 ans et avait régné 15 ans, précise-t-on.

 

  • Ensuite les annales consacrées à Phetracha reviennent aux sources B1, B2, E pour, sur 10 pages (pp.369-378), évoquer des événements divers en désordre, comme par exemple l’incendie d’un palace, un pèlerinage à l’Empreinte du pied de Bouddha, 


empreinte pied


 

  • un éléphant blanc capturé, 

 

  • l’exécution de Trat Noi, le refus du prince Phichai Surin de prendre le pouvoir  et même l’accession au pouvoir de Thai Sa qui a eu lieu en 1709 !

 

 

 

 

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