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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 00:02

autre bd titreLe "roi tigre", un règne lourd de symboles.


Luang Sorasak (หลวงสรศักดิ์) monta sur le trône en 1703 sous le nom de  Somdet Phra Sanphet VIII (สมเด็จพระสรรเพชญ์ที่ ๘) ou encore de Suriyensapdi (สมเด็จพระเจ้าสุริเยนทราบดี). Il est selon la chronologie du « Royal Institute » le 29ème dans la suite royale et le second de sa dynastie (1). Nous l’avons déjà rencontré (2), fils probable de Naraï et de la princesse laotienne Phranang Kousaodi (พระนางกุสาวดี), fils adoptif de Petracha, nous devrions plutôt écrire « fils spirituel » et, à l’occasion, complice du chef des éléphants royaux devenu roi. Il règle en effet allégrement aux côtés de son « père spirituel » la question de son accession au trône, souillé du sang de la famille royale. Nous savons en effet qu’il aurait ou avait organisé l’assassinat des frères de Naraï battus à mort enfermés dans des sacs de soie, qu’il haïssait Phauklon, auquel il avait déjà cassé quelques dents et qu’il eut la satisfaction d’être l’ordonnateur de son exécution dans des conditions d’atroce cruauté (3).


Nous savons par les annales toujours qu’avant son accession au trône, la veuve de Phauklon, fut par lui abreuvée d’outrages : il en tomba amoureux et voulut l’épouser ou plutôt, la faire entrer dans son sérail. Il pensait que son veuvage, lui permettant de prendre un second mari, « elle ne considérerait pas comme une déchéance de compter au nombre de ses femmes ». Il la pressait d’agréer à sa demande, la menaçant, elle et son fils en cas de refus, de se voir sans protecteur, exposés à la haine toute puissante des ennemis de l’ancien ministre. Ne pouvant parvenir à ses fins, il voulut tenter la violence en la faisant enlever par des sbires musulmans, mais ses hurlements lui firent craindre que le roi ne fût alerté et il la renvoya. Il forgea alors à son encontre une fausse accusation de péculat (i.e détournement de fonds publics) à la suite de laquelle elle fut condamnée par un juge complaisant à recevoir cent coups de rotin. Elle se trouva in articulo mortis au cinquantième. Sorasak la fit alors transporter dans un quartier du palais de Lopburi et fit alors « rotiner » divers membres de sa famille en sa présence pour l’impressionner sans toujours qu’elle cède à ses désirs coupables. Nous connaissons la suite de sa triste histoire et du salut qu’elle ne dut pas à la lâcheté du Général Desfarges.

 

Phaulkon - Dalton-391


***

La montée sur le trône de Sorasak.


Avait-il ou n’avait-il pas été désigné par Phétracha comme son successeur sur son lit de mort ? Toujours est-il avons-nous vu, qu’il élimina « la concurrence » et s’auto proclama roi. Il fut en tous cas reconnu et couronné comme tel – il était le plus fort - en présence de toutes les autorités du pays civiles et religieuses, Princes et Brahmanes.


Son règne n’a duré que cinq ans, il disparut en 1709 de tuberculose probablement, dont les annales nous apprennent  qu’elle existait à l’état endémique dans sa famille. Il ne fut marqué par aucun de ces événements marquants dont les annales sont pourtant friandes, interminables cérémonies religieuses, guerres de conquête ou guerres de défense. Elles lui consacrent pourtant de longues pages dans la version que nous livre Cushman.


Son règne est considéré comme « le plus sombre dans l'histoire d’Ayutthaya », lit-on fréquemment (Wikipédia). Il est en effet resté dans l’histoire sous le nom de Phrachaosua « le Roi tigre » (พระเจ้าเสือ), un surnom qu’il n’aurait du ni à son courage ni à sa beauté mais à sa férocité.


Monsieur Pallegoix (4) qui le nomme Chao Dua  exécute son règne en quelques lignes dans un méchant raccourci : « Contrairement aux préceptes des bouddhistes, il était adonné à la chasse et à la pêche, il était cruel, barbare et débauché au suprême degré ».  Aymonier lui accorde trois lignes, en faisant de lui un fils naturel de Naraï « qui avait aidé Petracha à monter sur le trône » et reprend pour le reste en les citant les propos de Monseigneur Pallegoix (5). Turpin est encore moins prolixe : « Le règne de ce prince n’offre aucun trait digne de passer à la postérité » (5 bis).


Revenons rapidement sur ses défauts et ses vices, une triste réalité révélée par les annales :


« D’esprit vulgaire et incivil, égoïste et tyrannique, sauvage et cruel, il n’avait jamais le moindre geste charitable contrairement à la tradition royale. Il était coutumier de l’abus d’alcool. »


Son ivrognerie est absente de la description que nous en fait le prélat qui avait pourtant lu probablement les mêmes annales que nous. C’est péché véniel par rapport à la suite :


« Il se complaisait à avoir des rapports sexuels avec des enfants de sexe féminin impubères. Si l’une d’entre elle ne supportait pas ses assauts et se tordait de douleur, furieux, il la punissait en la piétinant jusqu’à la mort. Mais celles qui le satisfaisaient étaient comblées de riches présents. Il pratiquait également le péché contre nature. En outre, lorsqu’il voyageait sur des canaux, des rivières ou en mer, sur des eaux peuplées de poissons féroces, de requins, de poisson-scie ou d’autres créatures aquatiques, qu’il était sous le coup d’un excès de boisson, et qu’un passager quelconque de sa barge royale (concubine, dame, page, fonctionnaire) faisait un mouvement quelconque et l’irritait, furieux et sans la moindre pitié, il ordonnait qu’il – ou elle - soit liée à un crochet accroché par une corde à son embarcation, jetée dans l'eau pour servir de pâture aux requins, crocodiles, poissons scies ou autres créatures aquatiques féroces. Peu soucieux de respecter les cinq préceptes, il avait des relations sexuelles avec les femmes de ses fonctionnaires. Tous les jours des cercueils quittaient le palais royal en passant par ce que peuple appelait « la porte des fantômes ». C’est à partir de là qu’il fut surnommé « le roi tigre ».


Ivrogne, assassin, sodomite, pédophile, adultère, voilà bien une description qui dut choquer Monseigneur Pallegoix (6).

***

 

Il s’adonnait aussi à la chasse et à la pêche ?


Pour Monseigneur Pallegoix, ces activités sont « contraires aux préceptes bouddhistes » ? Une interprétation qui nous paraît en contradiction avec ce que nous constatons tous les jours aux bords de nos lacs et de nos khlongs et que les annales ne donnent pas. Il va à la pèche parce qu’ « il s’ennuie dans son palais royal », aux environs de Samut Prakan, probablement dans la Chaopraya ou à l’embouchure.

Les disciples de Saint-Pierre sont gens paisibles ? Il y a de toute évidence quelques différences entre nos paisibles pêcheurs de goujons et la pêche que pratiquait le roi. Pêchant soit à la ligne soit au filet,

 

878976-la-peche-a-l-epervier

 

c’était de toute évidence pour s’emparer des monstres aquatiques qui peuplaient et peuplent toujours les eaux siamoises. Demandez-donc aux pécheurs de vos amis si vous en connaissez, les difficultés qu’ils éprouveraient à batailler avec la fameuse carpe siamoise (jusqu’à 50 kilos)

 

carpe-geante-du-Siam

 

ou ces siluridés de 200 kilos comme il s’en accroche régulièrement encore, que ce soit au bout d’une canne, dans un tramail ou dans un épervier.

 

Poisson-chat-géant-du-Mékong

 

Une force physique hors du commun, c’est certain (la mâchoire de Phauklon en  fit l’expérience).


Il aime la chasse aussi. Comment chassait-on à l’époque ?


Nous avons évoqué dans un précédent article (7) une chasse au buffle dans notre région il y a 100 ans à peine. On chasse à la javeline, ou à l’arbalète, les armes à feu pour le petit gibier mais elles ne sont alors pas assez puissantes pour écorner un buffle, un rhinocéros ou un éléphant. Les chasses de Sorasak ne sont pas les battues de Rambouillet.

 

chasse 2

 

 

Il chasse à la javeline, à l’arbalète ou à l’arme à feu parfois mais il donne de sa personne. Il ne fait pas faire la chasse par ses sujets en se réservant de contempler le spectacle et de profiter des résultats. Il est capable d’affronter un tigre de 200 kilos le javelot à la main. Il chasse l’éléphant aussi, après le tigre, le rêve de tous les Tartarins coloniaux. L’éléphant, soit on le chasse soit on le capture. Pour le chasser, pas d’autre moyen que les javelots, il est le premier en ligne, et pour le capturer, il est le premier aussi … au lasso (8). Un éléphant d’Asie, c’est 4 tonnes, un rhinocéros en fait 3. La légende veut que, pourchassant un éléphant en compagnie de ses deux fils et ses soldats, ses enfants auraient commis une erreur et que l’éléphant se fût échappé, ensuite de quoi les gamins auraient été punis « avec brutalité ».


Ces exploits cynégétiques sont racontés d’abondance dans les annales et démontrent assurément une force et un courage physique incontestable, mieux utilisés assurément qu’en massacrant des petites filles à coup de bottes. Monseigneur Pallegoix qui lui fait grief de son goût pour la chasse est pourtant admiratif devant le courage des chasseurs d’éléphants ou de rhinocéros. (loc.cit. page 150, note 4)


Ces exploits sont toujours exaltés et glorifiés dans une littérature populaire, des bandes dessinées (plus ou moins bien) à l’usage des enfants (et pas seulement) que l’on trouve dans les rayons de toutes les librairies. Son titre de « roi tigre » ne nous y semble pas alors utilisé de façon négative, bien au contraire.


***

C’est la « boxe thaïe », muay-thaï (มวยไทย) qui le fit entrer dans la légende.


boxe


Nous ne narrerons pas l’histoire de la boxe thaïe. Il s’agirait à l’origine d’une technique de combat rapproché venue du Cambodge dont le but est évidemment de tuer son adversaire. Cette technique est connue de longue date au Siam. Nous vous avons conté (9) l’histoire de Yamada, le mercenaire japonais, qui apprit au Siamois à forger des sabres et qui en contrepartie apprit des bonzes les secrets de la boxe thaïe un siècle avant Sorasak. Il en connaît probablement les rouages. Il s’ennuie dans son palais, la chasse, la pêche, disions-nous, les exploits (?) sexuels ?


Il lui vient un jour une idée :


« Depuis que nous occupons nos royales fonctions, nous n’avons plus participé à un combat de lutte, serions-nous devenu faible, serions-nous usé par l’âge, il nous faut demain aller prendre du bon temps ».

Il apprend un jour qu’une grande fête doit avoir lieu à l’occasion de l’inauguration d’un temple à Wiset Chaichan (วิเศษชัยชาญ) (actuel amphœ de la province d’Angthong). Il se rend dans ce village à bord de sa barge royale, déguisé en homme du peuple, accompagné de seulement quatre ou cinq gardes, eux-mêmes travestis en gens du commun, il se mêle à la foule. Il y avait un combat de boxe, à l’époque un sport de contact certainement violent et sans règles précises. Seul le « maître de l’arène » comme l’appellent les annales est informé de ses royales qualités et « se prépare à faciliter sa victoire » (truquer le match ?) ce que le roi refuse.


Il  défait ses adversaires, les champions locaux, les uns après les autres. Il était, il est vrai « muni de pouvoirs surnaturels ». Il devint habitué de ces escapades incognito et lorsqu’il tombait sur un adversaire qu’il ne pouvait vaincre, il le couvrait de richesses et le faisait entrer à son service dans des fonctions de confiance.


Est-il l’ « inventeur » de la boxe thaïe comme le veut une tradition populaire bien ancrée ?

 

Probablement pas plus que Charlemagne n’a inventé l’école. Mais son règne fut l’âge d’or de ce sport, le pays est en paix, son amour pour ce sport fut certainement connue de tous et sa participation anonyme aux combats locaux devint probablement un secret de Polichinelle incitant tous les champions de village à affronter un inconnu, peut-être le roi, avec, en cas de victoire, l’espérance de jouir des immenses faveurs royales. Peut-être a-t-il commencé à en codifier les règles ? Il est difficile de confirmer l'historicité de cette légende.

 

Une autre légende, lourde de symbole, illumine l’histoire de son règne, celle de Phanthaïnarasing (พันท้ายนรสิงห์) auquel on accole souvent la qualificatif de toeï (เต้ย) « le magnifique ».

 

monument angthong

 

L’histoire de Phrachaosua, c’est celle de Phanthaïnarasing, l’histoire de Phanthaïnarasing, c’est celle de Phrachaosua.


bd 2


Elle est émouvante, tous les petits thaïs la connaissent, elle est toujours citée en exemple (10).


Elle se serait déroulée, selon les annales, en 1704. C’est un modeste boxeur de village originaire des environs de Samut Sakon, il a combattu le roi et il a vaincu. Pour le récompenser, celui-ci en fit le pilote de sa barge royale.

 

batelier

 

Vint un jour où, guidant la barge sur un khlong, au cours d’une royale partie de pêche à Sakhon Buri, dans le village de Ban Khok Kham exactement, survint un imprévu, un cas de force majeure, un courant contraire inhabituel ou un écueil surgi des eaux. La barge se renverse, les occupants tombent à l’eau mais sont sauvés.


echouage

 

La sanction est cruelle, selon la tradition, le pilote de la barge est passible de la peine mort. Le roi, dans sa « grande compassion » fait grâce de la vie à son pilote en considérant qu’il n’était pas responsable de l’accident. Mais l’héroïque timonier préfère le respect de la loi et de la tradition à sa propre vie. Il supplie le roi de se conformer à cette tradition, faute de quoi, dans l’avenir, tous se permettraient de la transgresser. Le roi dut céder à ses objurgations et le fit décapiter.


exécution


Mais il entreprit immédiatement des travaux pharaoniques pour améliorer la navigation sur le khlong et en changea symboliquement le nom : C’est aujourd’hui le khlongmahachaï (คลองมหาชัย) qui relie l’embouchure de la rivière Tha Chin à la Chaophraya. Il lui fit faire des funérailles royales, il couvrit d’or sa famille, et fit construire sur les lieux de son exécution un temple et un monument à sa gloire,


monument

 

pour que perdure son souvenir à l’intention des générations futures. Ils sont toujours en place et sont toujours un lieu de pèlerinage.

 

lieu d'exéuction

 

On y trouve la barge (ou sa reconstitution à l’identique) (11).


le bateau

 

 

Sa modeste maison natale (probablement aussi authentique que celle de Jeanne d’Arc ?) est située non loin de là, lieu de culte aussi (12).

Maison natale

 

Tous ces hauts lieux de la tradition siamoise sont totalement ignorés des guides touristiques usuels.


On ne compte pas les écoles qui portent son nom.

 

ecole

 

Il a même depuis peu sa page sur « facebook » (13). Un film à grand spectacle a été tourné en 1982, พระเจ้าเสือ พันท้ายนรสิงห์, (Phrachaosua – Phanthaïnarasing), vous en trouverez la version originale sur Youtube malheureusement ni sous-titrée ni à fortiori traduite (14).

 

film

 

D’innombrables การ์ตูน « cartoons » (désolé mais si c’est ainsi qu’on appelle les B.D en thaï) nous content cette symbolique histoire. On les trouve pour quelques dizaines de bahts dans toutes les échoppes des marchés ambulants qui vendent de la littérature pour les enfants, vous trouverez à la fin des notes quelques copies de la couverture des exemplaires que nous avons pu trouver. L’une d’entre elle nous conte même que Phanthaïnarasing sollicita l’honneur d’être décapité de la main même de son souverain, requête à laquelle celui-ci daigna accéder.

Jusqu’à son nom même qui fait l’objet d’une utilisation commerciale, abusive pour un esprit occidental, mais rien de choquant pour un thaï, elle concerne le กะปิ, kapi, cette infernale mixture puante à base de crevettes pourries qui faisait probablement les délices du monarque et de son timonier ?

 

kapi

 

Alors impie le roi Sorasak ?

 

Les annales qui le critique durement en 10 lignes s’appesantissent sur son courage en 20 pages. Impie ? Lorsqu’une chasse à l’éléphant, au tigre ou au rhinocéros est réussie, il se précipite faire des oraisons à un sanctuaire abritant une sainte empreinte de Bouddha. Impie, avec les nombreux pèlerinages effectués dans divers sanctuaires abritant les mêmes saintes empreintes.


Impie ?


Mais le plus beau monument de la province de Phichit qui n’en compte guère est son œuvre, le Wat Phophratapchang (วัดโพธิ์ประทับช้าง) situé à une vingtaine de kilomètres de la ville.


temple pichit

 

Impie ? 


Mais lorsqu’il mourut de maladie à 44 ans, les annales nous apprennent qu’il « rejoignit le paradis ». Ange ou démon ou tout simplement « angel with dirty face » ? Si le jésuite Tachard avait connu cette histoire, n’aurait-il pas rappelé la formule que l’on attribue à son Ordre : « Perinde ac cadaver in omnibus ubi peccatum non cernetur » « obéis comme un cadavre dans toutes choses où tu ne vois pas de péché ». Respect de la tradition et des coutumes « perinde ac cadaver » aussi cruelles soient-elles ? Le timonier et le roi s’y sont soumis, le débat est philosophique, nous nous garderons de l’aborder.


Peut-être aussi faut-il voir une leçon donnée aux monarques des générations futures, une leçon que le modeste timonier donne au grand roi, « si vous faites – même par amitié – une exception aux saintes traditions, vous risquez qu’à l’avenir elles ne soient plus respectées par personne ».


bd 5


Il n’est en tous cas dans l’histoire du Siam aucun monarque négligé comme lui des historiens occidentaux qui fasse  – et son timonier avec  – l’objet d’une telle littérature « populaire » exaltant leurs vertus (15).


       

____________________________________________________________________ 

 

  Notes


(1) http://www.royin.go.th/th/knowledge/detail.php?ID=968


(2) Voir notre article 99 « La fin du règne du roi Naraï et la révolution de 1688 ».


(3) N’épiloguons pas ; les chroniqueurs français qui s’indignèrent des conditions de cette exécution feignent d’ignorer que le sort des condamnés à mort sous le règne de Louis XIV ne valait gère mieux, la Justice partant alors du principe que plus le crime était grand, plus le supplice devait être horrible.

(4) « Description du royaume thaï ou Siam » volume II pages 92-93.


(5) « Le Cambodge – le groupe d’Angkor et l’histoire » volume 3, 1904, p. 783.


(5 bis) « Histoire du royaume de Siam », 1771, volume 2, page 211.


(6) Il avait probablement des pudeurs cornéliennes :


« …Ici dispensez-moi du récit des blasphèmes

« qu’ils ont vomi tout deux contre Jupiter même,

« L’adultère et l’inceste en étaient les plus doux… »

(Corneille « Polyeucte » que nous citons de mémoire).


(7) A.93 : « Une chasse au buffle dans la région de Kalasin ».


(8) Les romains lors des jeux du cirque étaient particulièrement friands des combats entre un éléphant et les bestiaires, le plus souvent choisis parmi les condamnés à mort :

« Sous le second consulat de Pompée, lors de l’inauguration du temple de Vénus victorieuse, vingt éléphants ou selon d’autres sources dix-sept, combattirent dans le cirque contre des Gétules lançant des javelots. Un seul éléphant rendit le combat extraordinaire. Les pattes percées de traits, il rampa sur les genoux jusqu’à ses adversaires, leur arracha leurs boucliers et les jeta en l’air pour le plus grand plaisir des spectateurs qui y voyaient un tour d’adresse de l’animal et non un effet de sa fureur ». (Pline l’ancien, VIII – 7).


(9) Voir notre article 73 : «  Yamada Nagamasa, le Japonais qui devint vice-roi au Siam au XVIIème siècle ».

 

(10) Il fut un temps, lorsqu’on apprenait l’Histoire aux petits français, où tous connaissaient ces exemples héroïques : « À moi, Auvergne ; c’est l’ennemi ! » a le temps de crier le chevalier d’Assas avant de mourir percé de coups.


Assas

 

Bara meure sous les coups des blancs en préférant crier « Vive la république » que « Vive le roi ».


Barra

 

Viala le jeune avignonnais meure sous les balles des fédéralistes en coupant le câble du bac sur la Durance leur interdisant ainsi d’accéder à Avignon.


Viala

 

Mais apprend-t-on encore les paroles du « Chant du départ » (de Chénier)

« … De Barra, de Viala le sort nous fait envie ;

Ils sont morts, mais ils ont vaincu… ».

(11) Google earth 13° 31' 50 " N - 100° 22' 43" E


(12) Google earth 13° 30' 36" N - 100° 23' 34" E


(13) http://www.facebook.com/pages/พันท้ายนรสิงห์-The- official/400995039988771?fref=ts


(14) http://www.youtube.com/watch?v=Jw8p3cOf1bA

 

(15) Le seul historien occidental (à notre connaissance du moins) à avoir décrit de façon fidèle le règne du « roi tigre » et l’histoire de son timonier est W.A.R. Wood qui fut consul d’Angleterre à Bangkok in « A history of Siam from the earliest time to the year A.D. 1781 with a supplement dealing with mor recent events » publiée à Chiangmaï en 1924. Il fait naître le monarque à Phichit en 1662.

       

Bibliographie enfantine :    

 

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rerebd

 

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commentaires

FARGETTE 31/10/2013 03:20


MERCI DE NOUS PLONGER AINSI, CHAQUE SEMAINE, AVEC AUTANT DE DELECTATION DANS VOTRE HISTOIRE DE LA TAÏLANDE. VOUS ÊTES EN THAÏLANDE LE SEUL MEDIA FRANCAIS A NE PAS FAIRE DU BENI OUI, OUI ET DE
VOOUS ELEVER AU DESSUS LA MEDIOCRITE AMBIANTE.



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 31/10/2013 05:00



Merci de votre message. Nous essayons dans la mesure de nos moyens qui sont modestes ....