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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 00:03

carte titreAprès les règnes de Borommakot (1733-1758) et de Uthumphon (13 avril 1758-mai 1758), nul ne pouvait imaginer qu’allait monter sur le trône, Ekkathat, le dernier roi du royaume d’Ayutthaya, rasé par les Birmans en 1767.

Surtout que lors du règne de son père,  nous avions vu que le roi de Birmanie avait apprécié l’attitude du roi d’Ayutthaya, lors de la rébellion des Môns en 1740. Les bonnes relations s’étaient manifestées en 1744, avec une ambassade birmane à Ayutthaya, et en 1746, avec une ambassade siamoise à Ava. Mais un coup d’état en 1746 avec un nouveau roi môn à Pegu allait changer la donne. (Cf. article précédent).


En 1740 donc, avec l’aide des Français (provenant d’un comptoir français de Pondichéry),

 

Fer - Plan de Pondichery

 

les Môns de la basse-Birmanie se révoltent et arrivent à reprendre aux Birmans  leur capitale Ava en 1752, provoquant la chute de la dynastie Taungou, en fondant  brièvement, le « royaume restauré d'Hanthawaddy ».


Mais cette renaissance mône fut brève, car un chef du village birman de  Mokhsobo (Shwébo, à 80 km au nord d’Ava) va se révolter et réussir à reprendre la capitale la même année. Il se proclame roi sous le nom Alaungpaya et fonde une nouvelle dynastie. (*Cf. notre rappel sur les relations d’Ayutthaya avec les Môns et les Birmans)

 

Alaungpaya


Mais que faisaient les Français en Birmanie ?


Un article de Pierre L. Lamant consacré aux « relations commerciales entre la Birmanie et les nations européennes vers le milieu du XVIIIe siècle : espoirs et tragédies »**, nous  rappelle le contexte dans lequel les Français ont aidé les Môns contre les Birmans et aussi nous aide à comprendre l’enchaînement des faits qui entrainera le roi birman Alaungpaya à envahir Ayutthaya.


« La Birmanie a une population extrêmement hétérogène, où dominent deux groupes ethniques numériquement importants mais antagonistes, les Birmans et les Môns. Depuis le XIe siècle, le royaume birman de Pagan et ses successeurs contrôlent l’essentiel du pays, mais les  révoltes des Môns sont fréquentes et, à chaque fois, l’unité du royaume est rompue et la guerre fait rage. C’est à nouveau le cas vers le milieu du XVIIIe siècle. » Après avoir rappelé la richesse de la Birmanie et les difficultés d’y commercer, tant par les troubles internes que par les rivalités politiques européennes, Lamant va relater deux tentatives d’installation des Français et des Anglais qui vont tourner à la catastrophe, à savoir les « affaires » de Syriam (port en face de Rangoon) et de l’île de Negrais. (*** Syriam ?)


syriam


Pour faire court, les Anglais de la East India Company et les Français de la Compagnie française des Indes orientales étaient installés à Syriam, lorsque en 1740, les Môns de Pegu se révoltent contre le roi birman d’Ava. « Anglais et Français sont dans l’expectative. En 1743, les troupes de Ava s’emparent de Syriam et détruisent les comptoirs, sauf celui des Anglais. Trois jours plus tard, profitant de l’ivresse des vainqueurs, les Môns reconquirent la ville et cette fois, le comptoir anglais est brûlé. » Dès 1750, les deux compagnies se sont réinstallées. Mais le nouveau roi môn Binya Dala (1747-1757)

 

binya dala

 

entreprend la conquête du Nord et met à sac la capitale birmane Ava en avril 1752, provoquant la chute de la dynastie Taungû.


Mais les Môns font l’erreur de se retirer en ne laissant que peu de détachements. Un chef du village birman de  Mokhsobo (Shwébo, à 80 km au nord d’Ava) va se révolter et réussir à reprendre la capitale. Il se proclame roi sous le nom Alaungpaya.


Dès 1753 Alaungpaya part à la reconquête du Sud ; il prend en mai 1755, le petit port de Dagon (Yangon, futur Rangoon).

 

rangoon 1912

 

Les Môns tentent alors de reprendre Yangon, soutenus par les navires français de De Bruno. Mais ils échouent.

(De Bruno, est un agent de la Compagnie française des Indes orientales, envoyé en Birmanie par Dupleix, gouverneur de Pondichéry et directeur général des comptoirs français de l’Inde, pour soutenir les Môns contre Ava.).


Dupleix Jean Francois estampe


Les combats s’effectuent, alors qu’Anglais et Français poursuivent leurs tractations auprès d’Alaungpaya, avec force cadeaux. Mais en 1755, celui-ci décide de s’emparer de Syriam et assiège la ville ; qui se défend avec ardeur soutenue par les canonniers de De Bruno et de deux navires de la Compagnie des Indes. De Bruno appelle à l’aide la Compagnie et tente en vain de négocier avec Alaungpaya.


En juillet 1756, Alaungpaya prend la ville par surprise, la met à sac, fait prisonnier Européens, musulmans, massacre la mission catholique et libère les Anglais qui avaient été emprisonnés.


Deux des trois navires envoyés par le Conseil Pondichéry ayant tardé à réagir, arrivent deux jours après la prise de la ville. « Alaungpaya oblige De Bruno à attirer les deux capitaines dans un piège. Les navires sont saisis ; les papiers de bord prouvent qu’ils venaient secourir les Môns. De Bruno et les officiers sont massacrés. Matelots et soldats sont faits prisonniers. » Et Lamant rajoute que certains vont former un corps d’élite de l’armée royale et finiront leurs jours en Haute Birmanie. « Cette prise a rapporté au roi 25 canons de marine, 5 canons de campagne, 1300 mousquets et 200 hommes ».


Le 6 mai 1757, Alaungpaya  va poursuivre son offensive et s’emparer de Pegu, du roi et de sa famille. (Cf. dans quelles circonstances dans notre article précédent tirées des Annales royales).


Mais en 1758, les Môns vont  de nouveau se révolter contre le nouveau gouverneur Konbaung de Pégou. Le roi Alaungpaya réprime la révolte, mais la résistance demeure dans le nord de Tenasserim.


Une information tirée du livre de Maung Htin Aung (historien birman) nous apprend pourquoi Alaungpaya va décider d’envahir le Siam.**


Il nous révèle que  les Siamois avaient abrité les chefs rebelles et leurs troupes. Alaungpaya avait alors cherché à obtenir de Ekkathat, l'assurance qu'il n'interviendrait pas dans les affaires birmanes et qu'il lui remette les chefs rebelles. Les Siamois avaient rejeté ces demandes. (Cité par wikipédia. In, A History of Burma, New York and London, Cambridge University Press, 1967)


Alaungpaya, décide alors en décembre 1759, après la saison des pluies, d’envahir le Siam par Tenasserim.


campagnes


Il quitte Martaban avec une armée de 40 000 hommes, secondé par son fils Hsinbyushi ; occupe Tanintharyi, traverse la chaîne de Tenasserim et remonte vers le Nord en prenant les villes côtières de Kuwi, Pranburi, et Phetchaburi ; pour atteindre, après une forte résistance, Ayutthaya en avril 1760.

Il est dit qu’après seulement cinq jours de siège, Alaungpaya tomba soudain gravement malade, ce qui entraîna la retraite des troupes birmanes le « 17 » avril 1760.


Wikipédia donne encore des détails précieux. « Seul le général Minkhaung Nawrata avec 6000 hommes et 500 cavaliers Cassay restèrent en arrière garde pour repousser les attaques siamoises durant la retraite. Ils annexèrent le nord de la côte du Tenasserim, déplaçant la frontière vers le sud, au moins jusqu'à Tavoy et Mergui. (G. E. Harvey, History of Burma: From the Earliest Times to 10 March 1824, London, Frank Cass & Co. Ltd, 1925).


Helen James assure que les Siamois reprirent en 1761 le sud de la côte jusqu'à Mergui. (Southeast Asia: a historical encyclopedia, from Angkor Wat to East Timor, Volume 2, ABC-CLIO, 2004).)


Alaungpaya mourut à l'aube du dimanche 11 mai 1760, transporté par son avant-garde à Kinywa, près de Martaban


Mais son successeur, Naungdawgyi (1760-1763), le fils ainé, dut faire face à de sévères rebellions.


Les plus sérieuses furent celles  de Myat Htun, un des généraux de l'armée de son père de retour d'Ayutthaya, qui s'empara d’Ava en 1760 avec 12 000 soldats avec l'intention de restaurer la dynastie Taungû et celle de son oncle Minhkaung Nawrahta, qui était vice-roi de Taungû. Les révoltés furent vaincus et mis à mort, mais Naungdawgyi épargna son oncle, qu'il se contenta d'emprisonner à Ava. Il dut encore faire face à d’autres rebellions dont une d’un de ses généraux môn de Pegu, envoyé à Martaban.


Naungdawgyi meurt à 29 ans en novembre 1763. Son frère cadet Hsinbyushin  lui succède.Le royaume birman était « apaisé».


Il pouvait reprendre les conquêtes de son père.


Dès 1764, il se lance à la conquête du Nord et pille Chiangmai et Vientiane. En 1765, les Birmans de Hsinbyushin lancent une attaque d’envergure par le nord et le sud-ouest. Ils occupent le bassin du Chao Phraya et, en février 1766, mettent une fois encore le siège devant Ayutthaya   ………………

 

 ayuthaya siege

 

Cf. l’article suivant sur le règne de Ekkathat et la chute d’Ayutthaya. 

 

 

________________________________________________________

 

* « Notre Histoire ».Rappel sur les Môns et les Birmans ?


Il est de fait que l’histoire des relations des Birmans avec le royaume d’Ayutthaya fut marquée par de nombreuses guerres, et surtout par l’annexion d’Ayutthaya en 1569 avec sa libération en 1584, par le héros national, le roi Naresuan. Il y eut ensuite encore bien des guerres, que nous avons déjà racontées et que nous essayerons de recenser dans un prochain article.

Les Môns quant-à-eux ont une longue histoire, puisque le premier royaume connu est celui du royaume « énigmatique » du Dvaravati qui disparut vers l’an mille ( ?) sous l’occupation de la région par les Khmers, qui provoqua leur dispersion et la fondation de nombreux royaumes. Nous avons déjà évoqué l’histoire des Môns avant l’arrivée des Thaïs et la fondation du royaume mône d’Hanthawady en 1287. (Cf. nos articles 8 et 26*** et wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaumes_m%C3%B4ns)


Hantawady


À la chute de Pagan donc en 1287, qui met fin au premier empire birman (1044-1287), la Birmanie est à nouveau divisée. En Basse-Birmanie, les Môns refondent un royaume à Martaban (1287), puis à Pégou (1369), le royaume d'Hanthawaddy.


On ne peut ici refaire toute l’histoire tumultueuse des « relations » entre les Birmans et les Môns, qui étaient encore en « conflit » lors de l’indépendance de la Birmanie en 1948 jusqu’en 1995, où le gouvernement militaire birman conclut un cessez-le feu avec le NMSP (le front national de libération Môn).

(Ceci pour rappeler la résistance d’un peuple qui s’est maintenu jusqu’à nos jours. Le peuple Môn existe toujours et vit dans une division administrative de la Birmanie avec sa capitale Mawlavaing (ex-Moulmein).)


moulmaien


Voir nos articles 8, 26, 53, 58, 60 et 63.


8. Dvâravatî et les Royaumes môns.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-7-dvaravati-et-les-royaumes-mons-92109628.html


dvaravati


26: Fondation du royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287. Vassal de Sukhotai ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a26-fondation-du-royaume-mon-d-hanthawaddy-en-1287-103435939.html

53.http://www.alainbernardenthailande.com/article-53-les-birmans-et-les-cambodgiens-au-temps-du-roi-chakkraphat-111489437.html

58. Le royaume d’Ayutthaya est annexé par les Birmans en 1569.

60.http://www.alainbernardenthailande.com/article-60-la-guerre-contre-le-siam-au-xvi-eme-siecle-vue-du-cote-birman-113477807.html

63. Ayutthaya retrouve son indépendance en 1584 et la fin du règne de Thammaracha. (1590)

 

thammaracha cover


Et : http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaumes_m%C3%B4ns 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Birmanie 

 

** pp. 127-135, In Nguyên Thê Anh et Yoshiaki Ishizawa, « Commerce et navigation en Asie du Sud-Est (XIVe-XIXe siècle) », Sophia University (Tokyo), L’Harmattan, 1999.

 

*** « Au tournant du XVIIe siècle, Syriam servit de base à l'aventurier portugais Philippe de Brito.

 

aventurier portugais

 

Représentant officiel du roi d'Arakan, il se comportait en fait en seigneur de la guerre, louant à l'occasion ses services aux Môns dans leurs guerres contre les Birmans. Il avait néanmoins mit Pégou à sac en 1599.

 

pegu

 

Syriam fut prise par les Birmans en 1613 et Brito exécuté. Thanlyin resta un port important jusqu'à sa destruction par le roi Alaungpaya en 1756.» (wikipédia)


 thanlyin dernier

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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commentaires

Jean de la Mainate 20/12/2015 12:40

Un article plus qu'intéressant qu'il faut lire et relire mais ... à tête reposée tant il est riche d'informations et d'illustrations. Tous mes compliments.
Jean

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 27/12/2015 00:48

Réponse un peu tardive (problèmes de connexion) pour vous remercier de votre commentaire mais votre blog nous donne de solides leçons de modestie !