Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:02

titreNous avions dans l’article précédent présenté la longue préface de Chris Baker du livre du Prince Damrong, racontant, à sa manière, les 24 guerres des Siamois contre les Birmans qui se sont déroulées de 1539 à la chute d’Ayutthaya en 1767.*

Il s’appuyait sur les travaux de trois historiens thaïs, comme Sunait Chutintaranond, Nitthi Eoseewong, et Thongchai Winichakul,  pour « critiquer » avec eux, la façon particulière du Prince de Damrong d’écrire l’histoire siamoise. (Cf. notre article 106 pour comprendre le contexte**).

 

Sunaith chinaroin

 

Il est temps pour nous, d’aller à la source et de « lire l’introduction du Prince » dont le titre est :« Explication des causes des guerres entre les Siamois et les Birmans ».


1/ Le nombre et les périodes retenues. Une difficulté pour se repérer.


D’entrée, il considère que l’événement majeur de l’histoire du Siam, qu’il distingue par ses trois capitales (Ayutthaya, Krung Thonburi


 Thunburi

 

et Krung Rattanakosin (Bangkok), est l’histoire des guerres contre les Birmans, de ses 44 guerres. (24 guerres au temps d’Ayutthaya, 20 au temps de Thonburi et de Bangkok).


Ensuite, il les classe en deux grandes guerres. La première, lors des invasions  des trois rois birmans  d’Hongsawadi (il ne donne pas leurs noms) au temps des rois siamois, de Somdet Maha Chakkraphat (Maha Cakravadi)


Chakrapat

 

à Somdet  Phra Naresuan,

 

Naresuan

 

sur une période de 57 ans. La seconde est celle des trois rois d’Ava (là encore, il ne donne pas leurs noms) au temps du roi Somdet Phra Ekhatat au règne de Somdet Phra Phuttha Yotfa Chulalok (Buddha Yodfa Chulalokya) (Rama 1er) à Bangkok,

 

RAMA I

 

sur une période de 50 ans, en précisant (sic), qu’il y a  eu des intervalles parfois de plusieurs années sans guerre.


1er commentaire.

  • Le Prince pose comme acquis, l’histoire d’UN seul royaume, qui aurait eu trois capitales successives. (On note au passage qu’il exclut Sukhothaï, sans parler du Lanna). Ensuite, nous ne savons pas pourquoi par exemple, aux 24 guerres de 1539 à 1767, il ne veut voir qu’une période guerrière de 57 ans, de Chakrapat à Naresuan, ce qui fait quand même dans son livre 15 guerres, de la première guerre de 1539 à la dernière de Naresuan en 1604.
  • On remarque qu’il ne nomme pas les rois Mahin, déposé par les Birmans (1568-1569),

 

Roi Mahin

 

  •  et Thammaracha (1569-1590), 


Thammaracha.jpg


  • mis sur le trône par les Birmans, ni la conquête d’Ayutthaya en 1569 avec sa vassalisation et son indépendance retrouvée en 1584.
  • Et pour la seconde période guerrière, s’il cite le roi Ekhatat (1558-1767), et Somdet Phra Phuttha Yotfa Chulalok, il passe sur la chute d’Ayutthaya en 1767, le roi Thaksin (1767-1782) et n’évoque pas la nouvelle dynastie Chakhri  (Rama 1er (1782- 1809).

Passons.


2/ Le rôle des Mons dans les guerres entre  Siamois et Birmans. 


Le Prince, toujours dans la même imprécision, tient à disculper les Mons pour mieux accuser les Birmans. Si les Siamois ont combattu les Mons, dit-il, c’est parce que les Birmans ont occupé leur capitale Ramanna Desa. Mais, tient-il à affirmer,  les rois d’Hongsawadi qui ont envahi le Siam ont tous été birmans, en rappelant que leurs ancêtres vivaient à Toungoo.

 

Toungoo Kingdom 1572


Mais au lieu de donner le nom des trois rois birmans, le Prince préfère les appeler « les trois rois d’Hongsawadi » parce qu’ils étaient établis au Muang d’Hongsawadi, précise-t-il, dont la capitale s’appelait également Hongsawadi.***


Ensuite, il réaffirme, que les Mons n’ont combattu les Siamois que parce qu’ils étaient sous le pouvoir des Birmans, qui les ont engagés sur ordre, comme troupes supplétives. La preuve, ajoute-t-il, dès qu’ils en ont eu l’opportunité, les Mons sont devenus les ennemis des Birmans ou quand ils ne pouvaient plus supporter leur oppression, ils trouvaient un asile au Siam. Mais, les Mons furent la cause, presque à chaque fois reconnait-il, de la guerre des Siamois et des Birmans.


Pourquoi ?


C’est parce que, dit-il,  le territoire des Mons est placé entre celui des Siamois et des Birmans au sud ; car au nord, les Birmans étaient loin du Siam, surtout avec un Lanna thai, quand il était indépendant, et les Tai Yai (les Shans). Donc, -poursuivant son raisonnement- tant que les Mons furent indépendants, il n’y eut pas de guerre entre les Siamois et les Birmans. Ou bien, quand l’un voulut envahir l’autre, il se trouvait dans l’obligation de faire des Mons son allié, ou de conquérir leur territoire, pour en faire une base pour conquérir l’autre.

Mais, il tient ensuite à réaffirmer que les Siamois n’ont jamais aidé les Mons dans leurs guerres contre les Birmans, non seulement parce qu’ils n’avaient aucune raison de le faire, mais surtout parce que le pays des Siamois et des Mons étaient prospères avec l’abondance de leurs produits de consommation et l’existence de leur bords de mer qui permettaient un commerce facile avec les autres pays maritimes. Nul n’avait intérêt à ne pas respecter le territoire de l’autre.


Leur relation avec les Birmans était autre. La cause : leur situation géographique et économique.


Leurs pays étant situés au-delà et au-deçà des fleuves de l’Arawadi  (Irrawady)

 

Irrawadi

 

et de Satong (Sittaung),

 

Satong fleuve

 

le royaume birman, peu prospère,  dépendait des Mons pour faire du commerce avec les autres pays, mais ils furent le plus souvent en constante hostilité, voire en guerre.

Et puis toujours sans donner aucune date, et sans transition,  il évoque la période où les Birmans, après avoir conquis le territoire des Mons, purent, fort de cette base, profiter de l’aide des armées d’autres pays pour conquérir Ayutthaya et le détruire deux fois.

 

Siege Bayinung


2ème commentaire.

  • Il est étonnant dans un livre d’histoire d’être aussi allusif dans les noms et de ne donner aucune date. Il est bien de dire qu’il a nommé les trois rois birmans, les trois rois d’Hongsawadi, parce qu’ils étaient d’Hongsawadi, mais peut-être aurait-il  été mieux de donner leurs noms comme Bayinnaung (1551-1581) par exemple qui attaqua et conquis Ayutthaya en 1564, pour en devenir son suzerain jusqu’en 1584, ou bienHsinbyushin (1763-1776) qui rasa la ville d’Ayutthaya et mis fin à un royaume de 476 ans. Mais de cela, il n’est pas question. Le Prince préférant déclarer vainqueur les Siamois par 19 victoires à 4 (Cf. ci-dessous) 

 

  • En outre, il est curieux de vouloir à tout prix disculper la responsabilité des Mons qui, dans un jeu à trois, ont toujours tenté, de jouer leur chance, ont fondé des royaumes indépendants procéder  à des coups d’Etat, des alliances avec les uns et les autres. (Cf. aperçu ***) 

 

  • Si le Prince voit la situation géographique des Mons et des Birmans, les provinces des Mons entre les Thaïs et les Birmans, il ne voit pas ou ne dit pas, comme l’avait d’ailleurs dit Chris Baker dans la préface, « que la majorité des guerres était due à la volonté de contrôler les ports de Martaban, Moulmein, Tavoy, Mergui et Tenasserim. »

3/ Le Siam sort vainqueur. 19 victoires à 4 !

 

19 a 4


Ensuite, le Prince poursuit ses généralités atemporelles, pour déclarer qu’à chaque fois que les Birmans ont envahi et pillé le Siam, un homme habile, courageux, et plein de sagesse a surgi pour rétablir l’indépendance du pays. Et les Birmans ont dû subir une défaite et se retirer ; alors que les Siamois, eux, quand  ils durent envahir le territoire birman, réussirent à faire cesser les hostilités. Enfin, ce fut le cas, dit-il, lors des deux grandes invasions du Siam par les Birmans.


Bataille 01


Et puis le Prince Damrong va indiquer, comme pour un match de sport, que les Birmans ont « gagné » 4 fois (en incluant, précise-t-il, les deux grandes invasions) et subir 19 défaites ou durent se retirer, en donnant des exemples non datés, comme  lorsqu’ils agressèrent les provinces siamoises à la poursuite des Mons avec leur famille qui s’étaient réfugiés au Siam, ou lorsqu’ils vinrent piller pour se saisir des biens et des esclaves, et parfois quand ils vinrent prendre Chiang Mai. Et au cas, où vous n’auriez pas encore compris, le prince termine avec « A chaque fois, ils subirent une défaite ».


3ème commentaire.

  • Une fois de plus nous sommes surpris par les généralités et les dénis. Le Prince appelle « deux grandes invasions  » ce qui fut, nous l’avons dit,  une vassalisation d’Ayutthaya de 1569 à 1584, et en 1767 la destruction du royaume d’Ayutthaya ! Et au déni, le Prince va ajouter les requalifications, ainsi  un retrait des Birmans sera considéré comme une victoire siamoise, pour arriver à un satisfecit national : « nous avons obtenu une victoire écrasante de 19 à 4 ». Curieuse façon de voir l’histoire.  De plus, il nous promettait une explication des causes et avait avancé à juste titre, la situation géopolitique des Birmans qui devaient « composés » avec les Mons qui leur interdisaient un accès à la mer et donc au commerce maritime, nous avons maintenant la poursuite des Mons au Siam, les pillages et parfois la prise de Chiang Mai.

Le « parfois » est savoureux quand on sait qu’en 1560, le roi Bayinnaung du Pégou prit Chiangmaï et le Lanna, fondé par Mangraï, 262 ans auparavant, qui devint un état vassal de la Birmanie pendant des dizaines d’années …  (Cf. la suite et son histoire complexe dans l’article suivant, «  108. Le royaume thaï du nord, le Lanna. (1564-1939) ») Toutefois, il nous fournira ensuite une explication sur la nécessité de reprendre Chiang Mai.


4/ Et puis viennent « Les circonstances qui amenèrent les Siamois à envahir le territoire des Birmans ».


Les guerres entre les Birmans et les Siamois ont été dues à chaque fois que les Birmans ont voulu conquérir le territoire des Mons, ce qui a entrainé la guerre au Siam. (Le Prince a déjà oublié ce qu’il disait plus haut). Et « obligé » donc les Siamois à réagir, à l’exception des invasions birmanes lors des règnes du 3ème roi et du 4ème roi de la présente dynastie (dynastie Chakri). Mais si le prince ne donne ni noms de rois, ni dates, il aime par contre donner les scores, pour relever que les Siamois ont foulé le territoire birman 16 fois pour les repousser alors que le Siam a envahi 9 fois la Birmanie.


Cela mérite des explications, dit-il alors. Quand les Birmans ont envahi Ayutthaya au temps des rois d’Hongsawadi et des rois d’Ava, le nord, comme Chiang Mai par exemple n’était pas sous le pouvoir des Siamois, mais des Birmans, qui avaient alors une base pour envahir facilement Ayutthaya. Quand les Siamois ont reconquis leur indépendance, il leur était difficile de contenir les Birmans au sud tant qu’ils demeuraient au nord. Les Siamois se sont donc trouvés dans la nécessité de chasser les Birmans au nord, ce qu’ils ont fait quand ils furent en mesure de le faire ; et purent ainsi gouverner cette région. (quand ? Quelle précision !)


Le Prince voulant à tout prix montrer la supériorité siamoise est amené à donner d’étranges arguments et/ou comparaisons.


Le travail pour chasser les Birmans de Chiang Mai dit-il,  fut plus important pour étendre les frontières que la destruction d’Ayutthaya par les Birmans. (sic) (Pourquoi ?) Puis, le Prince continue, pour affirmer que les Siamois étaient très désavantagés lors des invasions birmanes, car ceux-ci avaient plus de force et de pouvoir alors que les Siamois, quand ils l’ont fait, venaient juste de retrouver leur indépendance et leur pays avait été pillé. Et malgré le courage et l’habileté des combattants siamois du général au soldat, la force de l’armée était de fait plus faible que lorsque le pays était florissant. Pour ces raisons, les Siamois ne pouvaient envahir la Birmanie. (De quelle période s’agit-il ? S’il s’agit du temps de la vassalisation (1569-1584), pourquoi ne pas le dire ? Surtout qu’ensuite, il enchaine sur le roi Naresuan Maharat.)

 

Au temps du roi Naresuan, il fut possible de conquérir presque tout le pays Mon et de le soumettre au pouvoir siamois. L’armée siamoise put alors assiéger plusieurs fois la capitale birmane du fait de dissensions dans la famille royale. Et puis sans transition, le Prince passe au roi Somdet Phra Phuttha Yotfa Chulalok (Rama 1er, 1782-1809 ; Cette parenthèse est de nous), soit presque deux siècles plus tard,  pour signaler que les Birmans, bien que prospères et unis, furent défaits. (Là encore, une date aurait été plus utile, non ?) Les Siamois ne purent se saisir d’une portion du territoire birman, mais obtinrent la province occupée par les Lus et les Khoens à Sipsongpanna et au nord du Siam.


sipsong-panna


Et puis, il revient 120 ans en arrière. En plus de ces deux occasions, dit-il, les Siamois au temps du roi Naraï, combattirent les Birmans et obtinrent de nouveau le contrôle de Chiang Mai. (Pas de date encore, alors que cette guerre est relatée comme la 19ème guerre en 1662, pp. 220-228) et à une autre occasion (quand ?) les Siamois envahirent la Birmanie sans succès. Et le Prince revient « au temps où Bangkok était la capitale du Siam », pour évoquer deux échecs siamois dans leurs tentatives d’envahir la Birmanie, une au temps du 3ème roi  et l’autre du 4ème roi  de la présente dynastie. La dernière fois où les Siamois battirent les Birmans fut en 1853, lors de l’attaque de Chiang Tung (et il répète lors du règne du 4ème roi de la présente dynastie).

Et il n’y eut plus de guerre siamois-birmane jusqu’à aujourd’hui. (Rappel. Son livre est publié en 1917). On nous promettait des causes et nous n’avons que des annonces de victoire ou de défaites.

 

final


Il termine son introduction en annonçant trois parties correspondant aux trois périodes avec les trois capitales successives d’Ayutthaya, de Thonburi et de  Bangkok du royaume de Siam. (Rappel. Seule la 1ère sera traduite en anglais).

 

En guise de conclusion.


L’introduction promettait pourtant une « Explication des causes des guerres entre les Siamois et les Birmans ». 

Mais comment les comprendre quand celles-ci ne sont pas datées, souvent même sans le nom des rois, et  même sans évoquer les deux événements majeurs que sont la vassalité du Siam de 1569 à 1584, et la fin du royaume en 1767.


Au début, il dit bien que pour comprendre les guerres entre les Birmans et les Siamois, il faut prendre en compte la situation géopolitique, de la nécessité pour les Birmans de contrôler les Mons au sud pour avoir un accès à la mer, et le Lanna au nord, pour leur servir de base contre le Siam. Tout en reconnaissant plus loin, qu’il en est de même pour les Siamois et de citer la période de l’indépendance retrouvée avec la nécessité de chasser les Birmans du nord et de gouverner le Lanna.

 

Mais le Prince  va vite oublier la géopolitique pour dire que les guerres furent engagées quand les Birmans « agressèrent les provinces siamoises à la poursuite des Mons avec leur famille qui s’étaient réfugiés au Siam, ou lorsqu’ils vinrent piller pour se saisir des biens et des esclaves ». Ou bien évoquera « la faiblesse » des Siamois pour expliquer l’attaque birmane et la destruction d’Ayutthaya en 1767. Ou bien encore il oubliera  de signaler les causes d’honneur comme la guerre à propos d’un éléphant blanc en 1563 (guerre No 3)****.


En fait, la recherche des causes importe peu au Prince, car il s’agit de montrer l’agressivité des Birmans, leur rapacité, et de dédouaner les Siamois qui n’ont le plus souvent que répondu à l’attaque sauvage. Il en a même fait le calcul.(Les Siamois ont foulé le territoire birman 16 fois pour les repousser alors que le Siam a envahi 9 fois la Birmanie.)


Et surtout de rappeler que les Siamois sont supérieurs aux Birmans. La preuve, semble-t-il dire, n’ont-ils pas gagné 19 fois sur 24 guerres ! Et en plus, les Siamois sont des gens de paix, qui, quand  ils durent envahir le territoire birman, réussirent à faire cesser les hostilités.(sic)


Nous ne sommes plus dans l’explication des causes, dans l’histoire, mais dans un livre de propagande « nationaliste », où l’ennemi « héréditaire » est désigné, décrit avec tous les défauts du monde et où le Siam est magnifié, même si pour cela, il faut oublier la gouvernance birmane de 1569 à 1584, ou la destruction d’un royaume de 416 ans. Excusez du peu.


Le plus étonnant est que le Prince Damrong, pourtant l’un des principaux artisans du nationalisme thaï, fondé sur la trilogie,  roi-bouddhisme-nation, n’ait pas songé à la légitimation bouddhiste pour justifier le bien-fondé des victoires siamoises contre les Birmans.

 

 

 

 

_______________________________________________________________

 

*Prince Damrong Rajanubhab, « Our Wars with the Burmese. Thai-Burmese Conflicts 1539-1767 », White Lotus, 2001.

Le Prince Damrong précise dans une préface de l’édition de 1928, qu’il a eu accès aux sources des deux côtés, à savoir, à la chronique royale birmane intitulée « La Chronique du Palais de Glace » et aux chroniques publiées en 1917 par le général Phraya Siharat Ritthikrai, ainsi que de nombreux ouvrages étrangers qu’il ne cite pas.


titre du livre 2

**Une histoire « nationaliste » centrée sur les trois piliers : le roi, la nation, le bouddhisme, et un principe, la Thaïness. 

« Notre Isan » 14 : Le nationalisme thaï ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-notre-isan-13-le-nationalisme-thai-73254948.html 

 

13: Le nationalisme et l’école?

  http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-13-le-nationalisme-et-l-ecole-68396825.html

 

*** Les Mons et les Birmans.  Petit rappel d’après wikipédia.

Les Môns mirent à profit la chute du Royaume de Pagan devant les mongols en 1287 pour reprendre leur indépendance.

Cf. A26. Notre Histoire : Fondation du royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287. Vassal de Sukhotai ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-a26-fondation-du-royaume-mon-d-hanthawaddy-en-1287-103435939.html

 

« Le nouvel état fondé par le prince Wareru en 1287 eut d'abord Martaban (l’actuelle Mottoma) pour capitale. En 1368, un de ses succcesseurs, Byinnya-U, transféra le siège du pouvoir à Hanthawaddy/Pégou, inaugurant l'âge d'or de la ville. »

« Ils constituèrent entre 1369 et 1539 le royaume de Ramanadesa, dont la capitale était Hanthawaddy (Pégou) : Hamsawaddy ou Hanthawaddy signifie le « royaume de l’oie ». »

« Durant le règne du roi Rajadhirat (1383-1421), Pégou fut en guerre continuelle avec le Royaume d'Ava, son double birman en Haute-Birmanie (1364-1527). Mais dans les années qui suivirent, les deux états parvinrent à un statu quo qui allait leur apporter une commune prospérité. »

« Après un règne pacifique, la reine Baña Thau (en birman Shin Saw Bu, 1453-1472) choisit le moine bouddhiste Dhammazedi pour lui succéder (1472- 1492). Sous ce dernier, le royaume devint un grand centre de commerce et de bouddhisme theravâda. »

« La chute du Royaume d'Ava devant les Shans en 1527, provoquant une rupture de l'équilibre des pouvoirs en Birmanie, entraîna celle du royaume de Pégou … et celui d'Hanthawaddy victime du sursaut birman en 1539. »

« À partir de 1535, le roi birman Tabinshwehti, (1530-1550) de la nouvelle Dynastie Taungû, lança plusieurs expéditions contre Pégou. Il prit la ville en 1538 et y transféra sa capitale l'année suivante. Les môns de sa cour l'assassinèrent en 1550, mais en vain : Dès 1552, son successeur Bayinnaung avait repris Martaban et Pégou, mettant définitivement fin à l'indépendance môn. »


À cette période la situation géo-politique de l'Asie du Sud-Est a bien changé. Les Thai ont établi le royaume d'Ayutthaya (le Siam ou actuelle Thaïlande) pendant que les Portugais ont conquis Malacca. L'arrivée des marchands européens permet à la Birmanie de redevenir un centre commercial important et Tabinshwehti déplace la capitale à Pégou en raison de sa place dans le commerce. Son successeur et beau-frère Bayinnaung (règne de 1551 à 1581) poursuit sa politique de conquête de territoires voisins dont Manipur (1560) et Ayutthaya (1564, 1569). Mais ces guerres épuisent le royaume, et peu de temps après Manipur et Ayutthaya sont à nouveau indépendants.

 

****Cf. notre article 55. « Ayutthaya en guerre pour deux éléphants blancs. » qui démontre une guerre pour l’honneur bafoué. 

 

elephant encore

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
commenter cet article

commentaires