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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 00:03

mungraiNous vous avions raconté la formation du royaume « thaï » du Lanna en 1262 dans le nord de la Thaïlande, (recouvrant approximativement les provinces actuelles de Chiangmaï, Chiangraï, Nan, Phrae, Lampang, Lamphun, Maehongson avec des débordements sur l’actuelle Birmanie à l’ouest et le Laos au nord) avec la formidable aventure du roi Mangraï (1260-1317) qui avait fait entrer ce royaume dans l’histoire, après la création du premier royaume thaï de Sukhotai en 1238. (Cf. notre article 27 (1)). Nous avions ensuite présenté les principaux événements de ce royaume de 1260 jusqu’en 1564, qui aurait eu, après le roi Mangraï, 18 successeurs jusqu’à Nang Praya Ratthewi dont le règne se termine en 1564, date du passage du pays sous souveraineté birmane. (Cf. notre article 51. (2))

 

carte

 

Nous quittons donc la dynastie des successeurs de Mangraï avec le roi Jayachetthadhirat  qui règna de 1546 à  1557 :

 

Il était roi du Lan Chang, était le fils du roi Bodhisarararat de Luang Prabang et d’une princesse de Chiang Mai. Chiang Mai n'avait plus d'héritier légitime, en sorte que les aristocrates de la ville invitèrent le roi du Lan Chang à devenir celui du Lan Na. Il accepta et déménagea de Luang Prabang à Chiang Saen « samedi le dixième jour de la lune croissante, du neuvième mois lunaire » en 1546. De Chiang Saen, il s'installa à Chiang Rai, puis à Chiang Mai 30 jours plus tard. « Le quatrième jour de la lune croissante du onzième mois lunaire » et en 1547, eut lieu la cérémonie de couronnement.

 

Le roi avait deux épouses principales, la princesse Tip Ton et la princesse Ton Kham. Après son couronnement, le Roi suivit les anciennes coutumes religieuses et décerna le titre de Phraya à un certain nombre de fonctionnaires de la ville en leur confiant la responsabilité de régner sur les états vassaux les plus importants, Chiangraï, Chiangsaen, et Lamphun. Il régna sur Chiangmaï et le Lanna jusqu'à ce que, en 1547, harcelé par les Siamois et les Pégouans, il se décida à s’en retourner sur les rives du Mékong d’où il fit dire qu’il ne reviendrait plus jamais à Chiangmaï.

 

Survint alors une lutte pour le pouvoir entre les princes du Lanna, et une guerre fratricide entre ceux de Chiangmaï et ceux de Phrae. Les combats continuèrent  jusqu'à ce que les princes de Chiangmaï invitent le Chao Mae Thao Ku, ou Mae Kut,

 

Mae KUT

 

comme descendant direct de Mangraï, lui-même prince de Muangmaï, à régner sur leur ville. Mais ce, dans des circonstances particulièrement difficiles, car dès 1560 le roi Bayinnaung du Pégou vint assiéger la citadelle de Chiangmaï qui tomba en son pouvoir en seulement trois jours avec l’aide d’une puissante artillerie portugaise.

 

 Bayinub.jpg

Après deux cent soixante-deux ans d'existence glorieuse, le royaume de Lanna fondé par Mangraï perdit ainsi son indépendance. Le Lanna n’est plus qu’un état vassal de la Birmanie et une zone frontalière, un « état tampon » face au Siam.

 

Bayinnaung laisse néanmoins Mae Kut sur ​​le trône en contrepartie dun paiement de tribut sous la forme d'éléphants, de chevaux et de soie (3). Mae Kut règne alors à Chiangmaï, non pas comme successeur légitime des rois et descendant de Mangraï, mais comme prince vassal, chef d'une petite principauté locale, autour de laquelle se constituèrent d'autres petites dynasties. Le Pégouan entretient en outre une garnison sur place et prend en otages les membres de la famille royale. Mae Kut meurt en 1564 à Chiang Mai.

 

Sur cette triste époque, l’étude de Lefèvre-Pontalis, fondée sur l’étude des annales du Lanna, est précieuse(4) :

 

Ce fut le commencement d'une période sombre pour le Lanna, qui se prolongea jusqu'au milieu du XVIIème siècle, une époque pendant laquelle le Lanna ne fut plus qu'un terme géographique, sans aucune consistance politique.

 

L'unité était rompue et tout le haut bassin de la Maenam de même que la région de Chiangkhong et de Chiangsaen connut de nouveau les incertitudes du régime féodal. Pendant plus de deux siècles, le Lanna continuellement asservi, devint le théâtre des incursions, des pillages et le champ de bataille habituel des Pégouans, des Siamois et de tous les petits princes thaïs qui fourmillaient au delà de la rivière Salouen,

 

Salouen.jpg

 

mais les habitants de Chiangmaï ne perdirent jamais le souvenir de leur unité passée et de leur gloire ancienne, ce qui leur permit, après la tourmente, de reconstituer dans une certaine mesure le royaume de Mangraï et de Tilokaracha. Ce fut comme une occupation passagère et non comme une conquête définitive car les Pégouans ne créèrent aucune organisation nouvelle en sorte que leur passage dans le pays n’y laissa finalement que fort peu de traces.

 

La prise de Chiangmaï en 1560 fut suivie d’une campagne contre le Lan Chang, dont le second Roi fut emmené en captivité, mais le Lan Chang et le Siam furent les deux pays de la péninsule qui surent le mieux résister au conquérant ou qui du moins se relevèrent le plus rapidement, après de sanglants échecs, des coups qu'il leur avait été portés. Ils étaient d'ailleurs les seuls pays qui à cette époque fussent en mesure de se défendre.

 

Lorsque en 1581 Bayinnaung mourut, tous les princes de la péninsule, grands et petits, commencèrent à respirer et Naresuan dont la capitale avait été saccagée, en 1569 sous le règne de son prédécesseur, Maha Thammarachathiratalla s'emparer de Martaban et du Pegou (Hongsawadi) où il installa un gouverneur Siamois. En peu d'années, la puissance du Pégou et de la Birmanie tomba alors si bas, que de 1600 à 1605 la conquête de la plus grande partie de cette région fut alors accomplie sans difficultés mais par l'Empereur Chinois Ti-Houei.

A la même époque, en 1601, les Laos du Lan Chang pénètrent dans le Lanna qu'ils trouvèrent alors sans maître par suite de la retraite des armées pégouanes, et ils s'emparèrent de Chiangsaen.

 

Mais en 1624, nouvelle surprise.

 

Le Birman Mangtasoutho, parti d'Hongsawadi, se chargea d'anéantir eu peu de temps le résultat de si beaux efforts. Il commença par reprendre la plupart des villes tombées aux mains des Laos.

 

Après avoir organisé ses arrières sur la rive gauche du Mékong, il marcha sur le Lan Chang, mais il rencontra en cours de route les chefs de l'armée Laos avec lesquels il préféra s'entendre plutôt que de pousser plus, loin ses exploits. C'est ce même prince qui en 1653 vint en pèlerinage à Chiangsaen, où les bonzes, en lui faisant vénérer les reliques du Bouddha, lui racontèrent le passé glorieux de la cité.

 

Mangtasoutho n'avait pas les mêmes capacités guerrières que le terrible Bayinnaung. Il ne sut pas s'opposer en 1660  à un coup de main des Siamois sur Chiangmaï. L'année suivante, la nouvelle dynastie Mandchoue qui régnait en Chine, fit envahir le territoire Birman pour y rechercher le dernier des Ming  qui y avait trouvé refuge.

 

Avant que ne surgisse le grand conquérant Alaungphaya,

 

alaungpaya-king-burma.jpg

 

la péninsule échappa à de grands bouleversements mais le sort de ses habitants n'en était pas plus tolérable, car d'un muang à l'autre, les querelles se succédaient, pendant que des bandes de Pégouans dévastaient  le pays. Les habitants du Lanna étaient las de ces incursions, de ces luttes, de ces pillages et de ces meurtres, mais l'anarchie était telle que l'ordre était singulièrement difficile à rétablir.

 

Ce fut seulement en 1727 avec une révolte à Chiangmaï qu'apparut le premier symptôme de relèvement,mais cette entreprise mal soutenue échoua misérablement. C’est alors qu’un prince Laotien s'empara du pouvoir à Chiangmaï et tint tête pendant quelque temps aux bandes pégouanes. A la même époque, les Chinois consolident leur autorité dans la région de Sipsongpanna.

 

Mais dix ans après, l'agitation reprenait de plus belle, à la suite des conflits provoqués au-delà de la rivière Salouen par les ambitions contraires des Pégouans, des Thaïs et des Birmans. Alaungpaya assura finalement la  victoire aux Birmans en 1753. Ce fut une nouvelle ère de grandes expéditions à travers la péninsule. Le Pégou en 1757, le Siam en 1758, le Lan Chang en 1764 subirent la loi du vainqueur.

 

Au milieu de toutes ces épreuves, le Lanna plusieurs fois traversé et pillé par les armées d'Alaungpaya, puisa dans le mécontentement général une énergie suffisante pour tenter un soulèvement. Lampoun et Chiangmaï expièrent cruellement cette audace en 1765 traduite par un redoublement de rigueur qui ne fit qu'exciter davantage la haine de leurs habitants. L'excès des misères communes rétablit avec les Siamois, l'accord qui avait cessé d'exister depuis le règne du roi Tilok.

 

Au milieu de la détresse générale, une famille thaïe avait réussi à sauvegarder à Lakhon un semblant d'indépendance, à force de prudence et de ménagements à l'égard des Birmans. Reconnu par ces derniers comme chef de Lakhon, le Chao Fa Chai Kéo avait dû s'enfuir au-delà de la Salouen, mais,  établi dans son gouvernement par les maîtres du jour, il avait autour de lui sept fils valeureux que les souffrances de leur pays exaspéraient; ils firent secrètement le serment de le délivrer par n'importe quel moyen (1769).

 

Pour parvenir à leur but, ils nouèrent des intrigues avec le Lan Chang et Ayuthaya. Tandis que ces deux royaumes subissaient le joug des armées Birmanes, l'un des jeunes gens, Chapane parvint à tromper la confiance de ses maîtres et prit possession de Chiangmaï, tandis que son frère Kawila se préparait à Lakhon, à profiter de la première occasion.

 

C'est de Thonburi que vint le secours. Le roi Taksin venait à peine de relever les murailles de sa capitale, quand le Chao Fa Chai Kéo apprit qu'il se disposait à envahir le Lanna pour s'y mesurer avec les Birmans. Avant de s'engager avec les Siamois, les sept frères tinrent conseil, car ils couraient un grand risque et leur père était à ce moment entre les mains des sbires d'Alaungphaya. Ils finirent par promettre leur concours à Taksin qui parvint devant Chiangmaï à la tête d'une armée. La ville fut  livrée aux Siamois qui délivrèrent Chao Fa Chaï Kéo de la cage où les Birmans le tenaient enfermé (1774).

 

Cet événement mémorable eut pour conséquence de placer le Lanna sous l'influence du Siam, qui en 1778 étendit de même son autorité sur le Lan Chang.

 

A Chiangmaï, les titres de Chapane furent  confirmés, comme à Lakhon où régnait Kawila, mais sous la suzeraineté d'Ayutthaya reconnue de tous.  Elle s'affirma pendant les années suivantes, chaque fois qu'il s'agit de défendre les muangs libérés contre les entreprises des Birmans qui cherchaient à prendre leur revanche.

 

En ce temps, disent les annales du Lanna, la misère du pays était extrême;  Chiangmaï était devenu une épaisse forêt et par crainte des tigres, les habitants durent s'installer au Vang-phao et ne rentrèrent définitivement qu'en 1786 dans leur ancienne cité restaurée.

 

Les derniers rois vassaux du Lanna (5) 

 

Le prince Kawila (1781 – 1815), le libérateur.

 

Kawila

 

Il était l'un des fils de Chao Fa Chai Kaeo, Après que les troupes birmanes eurent été chassées de Chiangmaï et que son père ait été libéré de sa cage,  il fut par le roi Taksin nommé  prince régnant de Lampang.

 

Taksin 2

 

En 1782, le roi Taksin fut détrôné par le prince Chakri, premier roi de la dynastie Chakri (Rama Ier). Le prince Kawila libéra Chiangsaen de la Birmanie et emmena au roi du Siam une grande quantité de présents et de prisonniers de guerre à Bangkok. Celui-ci pour le remercier de sa loyauté l’éleva au rang de prince de Chiang Mai et des 57 cantons du Royaume de Lanna avec rang de roi vassal, tout en maintenant le Lanna sous la suzeraineté de Bangkok. Kawila avait alors 40 ans.

 

Le règne du Prince Kawila vit la période de la reconstruction de Chiangmaï. Kawila et ses troupes réussissent à convaincre les habitants des villes voisines réfugiés dans les forêts de revenir vivre à Chiangmaï et à Chiangsaen. Il le fit avec l’aide de son frère Kam Som, lui-même devenu Chao de Lakhon et de Lampoun et s'appliqua à reconstituer l'organisation civile et religieuse du Lanna.

 

Kawila, vaillant guerrier qui a largement contribué à l'expulsion des Birmans du Lanna, était un fervent bouddhiste. Ses constructions pieuses et ses constructions ou reconstructions de temples furent nombreuses. Kawila fit une dernière visite à Bangkok en 1815 pour renouveler son hommage au roi, mais de retour à Chiangmaï, il tomba malade et mourut à l'âge de 74 ans.

 

La suzeraineté siamoise était lourde. Kawila et son frère Chapane l'apprirent à leurs dépens, quand ils furent appelés à Ayutthaya pour rendre compte de leur résistance aux généraux de Thaksin, revenus victorieux d'une expédition à Vientiane en 1782. Chapane mourut prisonnier à Ayutthaya et Kawila n'obtint sa grâce qu'en allant guerroyer, pour le compte du roi de Siam, dans le nord, où il fit, nous l’avons vu, la conquête de Chiangsaen. Pour inspirer confiance à ses nouveaux maitres, il dut à plusieurs reprises aller faire à Ayutthaya actes d'hommage et de soumission.

 

Le roi de Siam était toutefois favorable aux initiatives de son vassal et lui permit même d'annexer à ses états quelques muangs secondaires.

 

Les armées siamoises garantissaient l'intégrité du Lanna contre les Birmans qui subirent de sanglantes défaites, et Kawila luttait pied à pied dans le nord, poursuivant les Birmans jusqu'au-delà de la rivière Salouen, pour les éloigner définitivement de Chiangsaen et des rives du Mékhong : ainsi En 1804, il envoya l’un de ses princes chasser les Birmans de Chiangsaen, une fois de plus tombée sous le régime birman.

 

 

Dès 1788, on put considérer le Lanna comme libéré. C'est alors que le vieux Chai Kaéo, à Chiangmaï au milieu de ses fils, leur adressa en guise de testament d’émouvantes recommandations, les priant de maintenir envers et contre tout et sans tenir compte de leurs intérêts particuliers l'unité de la patrie qu'ils venaient de reconstituer.

 

La Birmanie vaincue s'étant décidée en 1790 à conclure la paix avec le Siam et avec la Chine, les dernières années du règne de Kawila furent consacrées au rétablissement de son autorité sur les régions de Chiangsaen et de Chiangtoung et sur les muangs situés sur la rive gauche du Mékhong. Il  reçut toujours bon accueil de la part des populations thaïes encouragées par les récits des bonzes qui racontaient une prédiction ancienne selon laquelle un prince de Chiangmaï était destiné à reconstituer l'ancien royaume de Lanna.

 

Les Annales du Lanna s'arrêtent au récit de ces derniers triomphes.

 

Mais d'autres documents (compulsés par Lefèvre-Pontalis) nous permettent de prolonger de quelques années l'étude de cette histoire. Une chronique qui raconte les événements de 1769 à 1827 se trouve exposer en détail les hauts faits des fils de Chai Kéo et s'achève par le récit de la campagne des Siamois contre le Chao de Vientiane à laquelle les princes du Lanna prirent une part considérable (5).

 

Après la mort des fils de Sai Kéo, les Siamois ne permirent jamais la reconstitution intégrale de l'ancien royaume de Lan Na, mais ils s'appliquèrent à y maintenir un certain nombre de petites principautés vassales, sur lesquelles ils exerçaient suivant les circonstances une action plus ou moins directe. Grâce aux liens de famille qui unissaient les différents princes, l'unité du Lanna n'en subsista pas moins (4).

 

Le prince Thammalanka (1816 – 1821)

 

 Dammalanka 2

Né à Lampang en 1746 il est le troisième fils de Chao Fa Chai Kaeo et la princesse Chanda, son épouse. Frère du roi Kawila, il fut nommé roi vassal de Chiang Mai à 70 ans. Marié à la reine Chandfong, celle-ci lui donna 17 enfants, 6 garçons et 11 filles.

Il était très proche de Kawila, son frère aîné : En 1773, lorsque le prince Kawila et le Prince Chabane rejoignirent le roi Taksin pour l’aider à libérer Lanna de la domination pégouane, le roi lui donna le titre de général adjoint au général en chef de chef de Chiangmaï.

Toujours dans l’ombre de son frère, il impose aux princes dirigeants de nombreux frontière cités-États de se rendre à Bangkok pour rendre hommage au souverain du Siam. C’est le roi du Siam (et non son frère) qui le désigne comme Uparat en le couvrant de riches cadeaux. A la mort du roi son frère en 1815, il devient donc prince régnant de Chiangmaï  et son plus jeune frère, le prince Khamfan de Lamphun, devient le nouvel uparat. Nous savons qu’il fut reconstruire les murailles et les fortifications de Chiangmaï (construites par Mangraï en 1296). Il mourut de maladie, à l’âge de 77 ans, en 1821.

 

Le prince SetthiKamfan (1821 – 1825)

 

 Kamfan 3

Il est né en 1756, fils de Chao Fa Chai Kaeo et la princesse Chanda. Il fut toujours dévoué à ses frères et prédécesseurs, Kawila et Dhammalanka. La tradition leur conserve le nom des « trois frères royaux ». Nommé prince de Lampung en 1805, il se distingue en faisant reconstruire une ville ruinée par la guerre et construisant ou rétablissant de nombreux temples ou sites religieux tombés en ruine.

Quoique uparat désigné par le roi du Siam, à la mort de son frère, il fut désigné à sa suite comme  roi de Chiangmaï à l'unanimité des membres de la famille royale, des courtisans et des nobles, dirigé par le prince Buddhavong, l’un de ses neveux. En 1822, il se rend à Bangkok faire allégeance au Roi Rama II qui le confirme dans son titre de roi vassal de Chiang Mai. Il avait 67 ans. A la mort de Rama II en 1824, il a immédiatement dépêché des membres de la famille royale et de la noblesse dirigé par le prince Buddhavong à Bangkok pour exprimer sa loyauté envers le roi Rama III.

 

Le prince Buddhavong (1825 – 1846)

 

 Budhavong 4

Buddhavong était le fils aîné  de Nai Phau Ruan, frère de Chao Fa Chai Kaeo.  A la mort du roi Khamfan en 1825, il fut désigné comme roi de Chiangmaï par tous de la famille royale, nobles et fonctionnaires de haut rang qui convinrent unanimement convenu de placer la ville de Chiangmaï  et le Lanna entre ses mains.

 

Durant les 20 ans de son règne sur Chiangmaï, le Lanna fut complètement débarrassé des derniers restes de la présence pégouane. Il avait de concert avec son oncle Kawila et ses frères, travaillé activement à chasser les Birmans de Muang Tuan , Huaiyod , Muang Chai et Mae San. En 1801, il marche avec ses troupes sur Thaphapun  et y  défait des troupes birmanes avant de s’en retourner à Chiangmaï avec un immense butin.

 

Après un règne paisible de 20 ans, en l'an 1846, il tomba malade et mourut. Le Roi Rama III envoya des délégués royaux pour organiser les rites funéraires.

 

Le prince Mahotrapratet (1847 – 1854)

 

Mahotrapradesch 5 

 

Il était second fils du roi Dhammalanka. Après la mort du roi Buddhavong en 1846, il remplit les fonctions de régent de Chiangmaï. L'année suivante, 1847, un éléphant mâle de « couleur extraordinaire » fut  découvert et envoyé par lui au roi Rama III à Bangkok qui, en reconnaissance, le nomma roi vassal de Chiangmaï.

Il ne fut pas inactif avant de monter sur le trône, en 1824, il marcha à l’attaque des troupes birmanes à Matarban et en 1827, il participa avec l'armée de Bangkok à la prise (et au sac !) de Vientiane.

Il eut toujours le soutien actif du roi Rama III qui lui faisait totale confiance, avant qu’il ne monte sur le trône, pour superviser les affaires du Siam dans les trois villes de Chiangmaï, Lamphun et Lampang au nom du roi Buddhavong, lorsque que le roi était trop vieux pour s’en occuper lui-même.

 

En 1852, sa santé se  détériora et il mourut deux ans plus tard  après avoir régné sur le Lanna sept ans.

 

Le prince Suriyavong (Kawilorot) (1856 – 1870)

 

kawiloros suriyawong 6 

 

Il était le second fils du roi Kawila. Il eut de la princesse Usa deux filles, dont l’aînée fut mère de la princesse Dararasmi, l’une des épouses du roi Rama V.

Après la disparition du roi Mahotrapradesh en 1854, il fut nommé roi vassal de Chiangmaï, par Rama IV.

 

Il se fit surtout remarquer par un soutien actif au bouddhisme (construction du Vihara de Wat Sri Suphan  en particulier, et des dons somptueux au Wat Phra That Sri Chomthong).

Pour avoir échangé des cadeaux avec le roi d' Ava, il fut accusé d'être fidèle à la Birmanie au lieu de l’être à Bangkok, une accusation dont il réussit à se laver après une enquête dans la capitale.

Il tomba malade et mourut alors qu'il se revenait de Bangkok sur son retour à Chiangmaï. Il avait 71 ans et avait régné sur Chiangmaï pendant 16 ans.

 

Le prince Inthawichaayanon (1870 – 1897)

 

 Indavijayanond 7

Il est le fils du précédent et  de  la princesse Khamla.

Il devint prince régnant de Chiang Mai puis fut promu roi vassal en 1881 par le roi Rama V. Quand il se rendit à Bangkok rendre hommage au roi du Siam en 1883, il avait avec lui l’une de ses filles de quatorze ans, la princesse Dara Rasmi, qu’il « offrit » au roi Rama V.

 

femme de chulalongkorn

 

Celui-ci eut la sagesse de la prendre en 1886 comme « première concubine » (épouse secondaire et « mariage de raison »). Ce mariage fut considéré comme le symbole de l’union des deux royaumes.

 

 -Dara Rasmi and Chulalongkorn

 

Sous son règne, le royaume s’ouvrit à la « civilisation occidentale ». En 1868, un missionnaire américain, le révérend McIlvary et sa famille se sont installés à Chiangmaï où ils ouvrent une mission et un établissement d’enseignement pour les filles puis pour les garçons.

 

Il ouvre également le pays au négoce anglais et de nombreuses sociétés d'exploitation forestière s’installent alors dans la région de Chiang Mai. La puissante « Borneo Company » venue de Sarawak s’installe en 1863, la « Bombay Burmah trading Company » en 1889, et la «  Société Siam Forest company » l'année suivante. Une véritable colonie britannique s’installe alors à Chiangmaï. Le premier vice-consulat y fut établi en 1892.

Il mourut en 1897 et ses cendres se trouvent dans le stupa du Wat Suan Dok. La ville de Chiangmaï célèbre toujours une cérémonie, le jour anniversaire de sa mort, le 23 novembre.

 

Sous son règne, l’emprise de Bangkok s’intensifie aboutissant à la création du  « Monthon Phayap » en 1892, équivalent d’une actuelle province, création qui constitue en réalité une annexion pure et simple.

 

Les bénéfices énormes procurés par l’exploitation du bois de teck ne furent probablement pas étrangers à cette assimilation ! Et peut-être aussi les ambitions plus ou moins cachée de l’Angleterre de jeter son dévolu sur la province, la reine Victoria se considérant probablement en tant que régnant sur la Birmanie annexée par l’Angleterre comme successeur des rois pégouans ? Elle aurait même eu l’idée (saugrenue à tout le moins) de s’autoproclamer marraine de la petite princesse Vimolnaka Nabisi, fille du roi Rama V et de la princesse Dara Rasmi, née en 1889 et morte en bas âge.

 

petite princesse

 

On conçoit aisément que le roi Rama V ait précipité l’intégration du royaume complète dans son pays pour éviter la voracité du puissant voisin.

 

Le prince Inthawarorot Suriyavong (1901 – 1909)

 

 indavaropror suriyavong

 

Né en 1859, Il était le sixième fils du précédent. En 1882, il se rendit à Bangkok rendre hommage au roi Rama V qui lui octroya le titre d’ « assistant royal au roi de Chiangmaï ». Il y retourna à nouveau en 1889, toujours pour exprimer sa fidélité au roi qui le gratifia du titre de « Chao Rajaputra » et lui conféra le grade (bien modeste) de commandant dans l’armée siamoise. Il fut encore gratifié en 1893 du titre de « Chao Rajawong » et désigné comme chef de l’administration intérieure. En 1898 enfin, en rendant hommage à Rama V à Bangkok, il fut officiellement promu au rang d’uparat et devint roi vassal à la mort de son père. En réalité, plus un gouverneur qu’un roi même vassal.

Sous son règne plus encore que sous celui de son père, les affaires du royaume passèrent insensiblement sous la responsabilité d’un « gouverneur général » représentant direct du roi du Siam. Les cérémonies de l’envoi symbolique d’objets d’or et d’argent en hommage au roi du Siam furent supprimées et il ne devint plus que le chef symbolique d'un état défunt avec un salaire de 20.000 bahts par mois payé par le gouvernement central (7), une sorte de préfet de région grassement rémunéré.

 

Le prince Kaeo Nawarat (1909 – 1939)

 

 king9 dernier

 

Il est le plus jeune frère du précédent. Il n’occupa plus de de hautes fonctions administratives au bénéfice du Siam. Il est par exemple ministre des finances en 1909. Il est honoré du titre de prince régnant en 1911.

Sous le règne de son père, en 1890, il fut chargé de mater dans le sang une rébellion menée par le prince Prabsongkhram. La population s’irritait en effet des excès fiscaux du gouvernement central !

Il mata de même sous le règne de son frère une révolte tribale dans la région de Mae Hong Son.

Il fut responsable de la construction nombreux ouvrages de travaux publics, routes, écoles, ponts et naturellement aussi, fervent bouddhiste, de la construction ou la reconstruction d’ouvrages religieux, temples ou stupas. Il mourut à l' âge de 77 ans le 3 Juin 1939. Ses reliques se trouvent aussi dans le stupa du Wat Suan Dok.

 

 wat-suan-dok-temple-of-chiang-mai-thailand

 

Il était le dernier prince de la dynastie. Après lui, la charge de prince régnant fut abolie par le gouvernement central à Bangkok.

 

A sa mort, son palais, actuel bâtiment du consulat des Etats-unis à Chiangmaï, fut vendu au service des domaines siamois.

Sa descendance vit toujours à Chiangmaï sans faste et loin de la cour de Bangkok. Elle porte le nom, attribué lors de la loi de 1912 sur les noms patronymes de « Na Chiangmaï » (ณ เชียงใหม่ )

 

***

 

Neuf princes avaient gouverné Chiangmaï pendant 147 ans en tant que rois vassaux plus que comme princes régnants.

 

colonie

                               _____________

       
 

 

 

 

Nota. Nous nous garderons d’oublier le site que notre ami Jean de la Mainate consacre inlassablement à l’histoire de « son » royaume » avec une érudition qui force notre admiration. http://www.merveilleusechiang-mai.com/articles/08-histoire-du-lanna 

 

Et sur cette époque plus précisément :

http://www.merveilleusechiang-mai.com/indrakhin-ou-inthakhin-la-colonne-33

 

 

 

(1)Article 27 « La formation de l’état du Lanna en 1262 dans le nord de la Thaïlande ».

http://www.alainbernardenthailande.com/article-27-la-formation-de-l-etat-du-lanna-en-1262-dans-le-nord-de-la-thailande-103436169.html

 

(2) Article 51 « Un autre royaume thaï au nord, le Lanna, 1260-1564 ».

http://www.alainbernardenthailande.com/article-51-un-autre-royaume-thai-au-nord-le-lanna-1260-1564-111070952.html

 

(3) Arthur P. Phayre : History of Burma: including Burma proper, Pegu, Taungu, Tenasserim, and Arakan. Trübner, London, 1883.

 

(4) Pierre Lefèvre-Pontalis «  Les Younes du royaume de Lanna » in « T’oung pao » volume XII, 1911. La première partie de cette étude publié dans le volume précédent de « T’oung pao » volume XI, 1910 et celle- sont en réalité une véritable histoire du Lanna contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser.

 

(5) Une source précieuse : un site émanant de l’Université de Chiangmaï, http://www.sri.cmu.ac.th/~elanna/elanna_eng/public_html/pict/history_lanna.swf

Une remarquable histoire en images filmées, des commentaires en thaï, une rétrospective historique bilingue, et des documents non moins remarquables sur la culture du Lanna. Nous y avons trouvé les portraits des derniers rois vassaux.

 

(6) Salaire qui nous semble énorme il est vrai, à cette époque le bath qu’on appelait alors tical équivaut à 15 grammes d’argent (métal) fin, 20.000 baths représentent 300 kilos. Au cours actuel (novembre 2013), 500 euros le kilo environ soit 15.000.000 d’euros ! De façon plus réaliste, les ouvrages de l’époque évaluent la valeur d’un tical à environ 2 francs. Ce salaire mensuel serait donc de 40.000 francs de l’époque, c’est-à-dire au moins 40 fois le salaire annuel (1.000 francs environ) d’où ouvrier français qualifié. Ce genre de comparaison reste particulièrement aléatoire !

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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Jacky 18/12/2013 04:59


Bonjour,


Un peu hors sujet.


Ici a Chiang Rai, la statue du roi Mengrai est un peu un lieu de pelerinage et fait l objet de ceremonies toutes les semaines.


Et on le voit a chaque fete importante, le LANNA fait l objet d une forte identite regionale.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 19/12/2013 00:37



L’amour de son pays commence par celui de sa province …  et par  l’hommage rendu à ses héros souvent affublés par la postérité d’une image de qualités plus ou moins
surestimées.  Les Provençaux n’oublient ainsi pas le « bon roi René » qui n’avait en réalité de bon que le qualificatif ! La légende peut être plus belle que
l’histoire.