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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 00:02

condo.jpgLes « Chroniques royales d’Ayutthaya » ne s’arrêtent jamais sur les conditions de vie des Siamois, encore moins sur celles des esclaves, qui furent présents dès la fondation du 1er royaume thaï de Sukhothai en 1238 jusqu’au règne du roi Chulalongkorn (Rama V, 1868-1910). Le livre « Formes extrêmes de dépendance », Contributions à l’étude de l’esclavage en Asie du Sud-est »*, sous la direction de Georges Condominas, propose en 20 articles, d’en cerner toutes les composantes, dont deux études écrites par Andrew Turton et Suthavadee Nunbhakdi consacrées spécifiquement au Siam**.

 

Nous commencerons avec l'étude de Suthavadee Nunbhakdi qui semble indiquer que pour comprendre l’esclavage au Siam, il soit nécessaire d’étudier le système de sakdina, d’où son titre : « Etude sur le système de sakdina en Thaïlande ». (pp. 460- 481).

 

Sakdina

 

Une première lecture nous apprend qu’il faut avant tout situer les esclaves dans la  hiérarchie sociale (hiérarchies civiles, militaires et provinciales) élaborée et appliquée sous le nom de sakdina, pour la première fois par le roi Trailokanat en 1454 ; et ensuite bien distinguer les différentes catégories d’esclaves comme les esclaves de guerre et les esclaves pour dettes par exemple.

 

esclaves-thai


Le sakdina ? 

 

Si dès la naissance du premier royaume thaï de Sukhotai en 1238 existait déjà une répartition des rizières selon le rang, Suthavadee signale une évolution au début de la formation du royaume d’Ayutthaya, avec la loi  lakhana bet set  de 1360, qui « indique que la terre du royaume appartient au souverain, ses sujets qui l’exploitent n’en ont que l’usufruit ». Cette loi encourage les différents chefs (village, district, région, collecteur de taxes) à distribuer des terres pour qu’elles puissent être travaillées, avec une exemption de taxe annuelle la première année, et qui assure qu’en cas de décès, le fils peut continuer. (Suthavadee cite Chit Pumisak). Mais c’est le roi Trailokanat, qui pour la première fois séparera les affaires civiles et militaires, et qui en 1454, promulguera une loi « sur les hiérarchies civiles, militaires et provinciales, et appliquera le système de sakdina à l’ensemble de la société siamoise, qui attribuait donc des rizières selon le rang et le statut social de chaque individu.

 

pyramide

 

Mais le système est complexe car il s’applique selon une grille hiérarchique, distinguant les titres, les grades,  et cinq classes sociales (ou catégories); les Princes, les fonctionnaires civils, les militaires, les moines et les ascètes et le peuple connu sous le nom de phrât. Chaque classe ayant son propre système hiérarchique.

 

Ainsi, si vous regardez en note*** le modèle proposé par Suthavadee, vous pourrez observer 9 grades pour les Princes, 8 pour les fonctionnaires civils, 7 pour les militaires, 10 pour les moines, et 5 pour le peuple (phrât), la dernière étant celle des mendiants et des esclaves (les thât), qui eux-mêmes se distinguent aussi en 7 statuts différents. (Cf. leur étude infra).

 

De plus, à chaque grade correspond donc le nombre de rais (1600 m2) de rizières attribués et le nombre d’hommes sous leurs ordres.

 

Suthavadee donne ensuite  l’exemple du fonctionnaire de sakdina de 400 rai qui se doit de contrôler 6 hommes libres de sakdina de 25 rais. La femme première reçoit une part égale à la moitié de celle de son mari, les épouses mineures, une part égale à la moitié de celle de la première femme, de même les concubines esclaves qui ont eu des enfants de leur maître. 

 

Si vous suivez jusque-là, et si vous avez jeté un coup d’œil sur le modèle, vous avez pu remarquer que dans les 9 grades des Princes, certains sont avec ou sans krom.


     Livre autre            

          

Krom ? A la fois un titre et une fonction.


L’explication de Suthavadee n’est pas aisée à comprendre, car le krom est à la fois un titre, non héréditaire, comme ceux de chao phraya, phraya, phra, luang, kun, mun, qui donnait droit à un certain nombre de personnes sous ses ordres ; et une organisation en temps de guerre, où « le peuple était divisé en groupes  qu’on appelait krom, dirigé chacun par un chef nat (qui est noble), qui avait sous ses ordres de 10 à 400-500 familles de phrât. Un krom comprenait trois nobles : chao krom (chef des khrom) ; palat krom (assistant du chao krom) ; samuha banchi (chargé du cahier d’enregistrement concernant les membres de cet organisme). » Il est dit que le roi Naraï créa ce titre pour honorer certains princes méritant la faveur royale. Il donnait droit aussi à des hommes et à des fonctionnaires.

Ensuite, Suthavadee Nunbhakdi (en se référant à Kukrit Pramot), simplifie encore en divisant la société siamoise en deux grandes classes sociales : 

-       Les phudi (princes, nobles ou ceux qui reçoivent plus de 400 rai de rizières); On les appelle nat ; Ils ont sous leurs ordres de 10 à 400-500 familles de phrât. Ils tiennent une liste très exacte de tous les phrât qui dépendent d’eux. Ils sont exemptés ainsi que leurs familles de la corvée royale. Ils ont des devoirs vis-à-vis de « leurs » phrât (en terme de justice par exemple)

 

         Les phrât (roturiers, pauvres, ou ceux qui reçoivent moins de 400 rai de rizières). Ils se composent de quatre catégories : phrât som, phrât luang, phrât suat et phrât wat.


       Les phrât som ou hommes libres. Ils doivent avoir 18 ans, s’inscrivent, pour travailler chez les Princes ou les hauts fonctionnaires. Ils y restent 2 ans, mais ils peuvent prolonger s’ils le désirent.


       Les phrât luang.  Suthavadee les désigne comme « des serfs royaux ». (Cette dénomination est contestée par beaucoup). Ils doivent 6 mois de service royal par an (en alternance 1 mois service /1 mois chez eux). Ils ne sont pas nourris. Les corvées sont diverses (constructions palais, pagode, forteresse, etc). Ils peuvent en être exemptés en se faisant moine ou esclave. En temps de guerre, ils sont mobilisés. (Cf. le système des krom supra). Au temps de Naraï, ils pouvaient se faire remplacer par trois fils ou payer 12 ticals par an. « Sous le règne du roi Thaïsa (1708-1732), d’après le décret royal de 1724, la durée des corvées était de quatre mois par an ». Ce décret stipulait qu’il travaillait un mois pour l’Etat, un mois pour leur nat, un mois pour leur créancier. Mais selon un  décret de 1748, les phrât devaient payer 3 ticals par mois, s’ils voulaient être dispensés de corvée royale. Les phrât som devaient 8 jours de corvée par an ou payer 6 ticals par an. Par contre, les esclaves, à cette période, devaient 8 jours de corvée royale ou payer 1,5 tical. Ensuite Suthavadee remarque qu’à l’époque de Ratanakosin, chaque roi y est allé de son décret pour réduire le temps de corvée (1810, 3 mois) ou le montant du service royal et des exemptions de taxes diverses (marché, pêche, rizières, etc). Il note aussi le régime spécial pour les Chinois  (en général, une taxe tous les 3 ans pour échapper à la corvée).


      Les phrât wat. Ils sont au service d’un monastère « Ils s’occupent des moines et cultivent les rizières dont le profit reviendra à la communauté monastique ». Ils payent des impôts divers (nombre de buffles, plantation de canne à sucre, coupes (bois, rotin, bambou), taxe au marché, etc.)


Et ensuite sans transition, Suthavadee Nunbhakdi, continue avec les that, les esclaves.

 

Juridiquement, il y a sept sortes d’esclaves :

  • Les esclaves achetés.
  • Les enfants d’esclaves nés dans la maison du maître.
  • Les esclaves acquis par voie de succession et ceux que les parents offrent à leurs enfants
  • Les esclaves acquis par donation.
  • Les esclaves acquis par décision judicaire.
  • Les esclaves acquis en raison de la subsistance qu’on leur a assurée durant une période de famine.
  • Les esclaves de guerre.

Mais on peut en fait, nous dit Suthavadee, les diviser en 2 grandes catégories :

  • Les esclaves de guerre.
  • Les esclaves pour dettes.

 

Les esclaves de guerre.


Ils ont été capturés au combat et sont considérés comme des esclaves royaux, que le roi distribue aux chefs des armées et aux monastères royaux. Ils n’ont pas de sakdina et sont considérés comme des esclaves à perpétuité. « En 1805, Rama 1er leur accorde la possibilité de se racheter. Ils sont alors assimilés aux esclaves achetés. » Mais ils peuvent aussi être mobilisés comme soldats 3 mois par an.


esclqves

Les esclaves pour dettes.


« Au Siam, le statut social des esclaves pour dettes n’est pas tellement différent de celui des hommes libres ; ils sont autorisés à posséder des biens et à en hériter, ils ont le droit de se racheter et de faire appel à la justice ». Et surtout,  ils ne sont pas astreints à la corvée royale comme les phrât. Aussi certains n’hésitent-ils pas à se faire esclave pour éviter la corvée.

Selon la loi, les esclaves pour dettes sont divisés en plusieurs catégories :

  • les esclaves rachetables. Il s’agit de pauvres gens, obligés de se vendre pour payer leurs dettes. Il y a un contrat et un garant.
  •  les esclaves non-rachetables. (L’explication donnée par  Suthavadee est peu claire)
  • les individus vendus mais que le maître ne peut pas faire travailler. Ils sont là pour garantir la dette et doivent par contre, payer les intérêts.
  • les enfants d’esclaves nés dans la maison du maître, appartiennent au maître et sont difficilement rachetables, du fait de leur prix élevé.

L’abolition de l’esclavage eut lieu sous le règne de Rama V. « L’esclave né en 1868 (l’accession au trône du roi Rama V) est automatiquement affranchi en 1883, c’est-à-dire à l’âge de 21 ans ; l’enfant né après 1883 est libre, il ne peut être esclave ».

 

abolition


Suthawadee cite quelques lois destinées à protéger l’esclave, par rapport à la nourriture, le viol, les punitions corporelles, l’enfant né du maître, etc.


 Boys-and-Not-Baht

 

En guise de conclusion.


Suthavadee Nunbhakdi nous promettait l’explication du « système » du sakdina de Thaïlande, mais nous avons plutôt eu droit à un descriptif, une grille hiérarchique, avec quelques repères historiques, lois, et décrets qui indiquaient que ce système avait subi des changements à certaines périodes. Suthawadee a oublié qu’un système imposait certes d’en donner les éléments constitutifs, mais impliquait d’en étudier les interactions, selon des principes, des règles, et l’ampleur du système (ses frontières, ses limites).


Des interactions qui ne peuvent se définir et se comprendre que dans le système politico-religieux du mueang, un système d’emboîtement, désignant à la fois un pouvoir politique et un territoire sur lequel il s’exerce, dans un modèle pyramidal d’intégration des territoires conquis et de hiérarchie des catégories sociales. Nous avions étudié ce système complexe, qui pouvait signifier à la fois un pays, un district, un chef-lieu (capitale de province) ou un groupe de villages, un village, avec à chaque niveau, un chef (nat ou un chao), et un pouvoir spécifique (grade, fonction, sakdina) émanant du roi.

 

 

Ksath

 

Nguyen Thé Anh nous avait appris que l’autonomie des mueang s’accroissait naturellement avec la distance par rapport au centre, et  que les mueang majeurs étaient quasi autonomes et gouvernés par des familles princières héréditaires. (Cf. nos articles 15 et 48****)

Nguyen


Nous avions dit alors que le sakdina, était un des moyens qui permet au chef du mueang d’assurer son pouvoir en gérant  son territoire (son foncier), son « pouvoir économique », « ses subordonnées », et de répondre aux « exigences « impôts et corvées) du mueang supérieur.

 

Bref, cette étude bien que précise pour le modèle du sakdina manque d’exemples concrets. Ainsi, nous n’apprenons jamais le nombre de sakdina, le nombre d’hommes (libres ou esclaves), de terres cultivées, la production réalisée, et ce que représentaient les impôts et les taxes par rapport aux « revenus », l’organisation des corvées royales.

 

Son étude publiée in « Formes extrêmes de dépendance », Contributions à l’étude de l’esclavage en Asie du Sud-est », aurait méritée des développements sur les différences entre les hommes « libres » et les « esclaves » siamois, de  s’arrêter sur les esclaves pour dettes (structure ? causes ? capacité de remplacement, de commerce ? etc), voire sur le mot même d’esclave. Est-il légitime d’utiliser ce mot dans un pays où des hommes libres préfèrent choisir l’esclavage pour dettes au lieu de subir les corvées royales. 

 

Il était temps de vérifier si Andrew Turton, in Thai institutions of slavery, et d’autres pouvaient répondre à certaines de nos interrogations.

(Cf. prochain article)

 

 

 ________________________________________________________________ 

 

*« Formes extrêmes de dépendance », Contributions à l’étude de l’esclavages en Asie du Sud-est », sous la direction de Georges Condominas, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Science sociales, (EHESS), Paris 1998.

 

**      Andrew Turton, Thai institutions of slavery, pp. 411-458.

Suthavadee Nunbhakdi, Etude sur le système de sakdina en Thaïlande, pp. 459-482.

Turton signale que le livre de Robert Linguat, « L’esclavage privé dans le vieux droit siamois » de 1931, auquel nous n’avons pas eu accès, est la source la plus importante non-thaïe.


*** Le système du sakdina présenté par Suthavadee Nunbhakdi :


Les princes :

 

1.              Phra Maha Uparat (le vice –roi) : 100 000 rai

2.              Somdet Phra Anucha avec le «groupe» krom (frère cadet du roi) : 50 000 rai

3.              Somdet Phra Chao Luk Theu (chao fa) : 40 000 rai

4.              Somdet Phra Anucha (chao fa) sans krom (frère cadet du roi) : 20 000 rai

5.              Somdet Phra Chao Luk Theu (chao fa) sans krom (fils du roi) : 15 000 rai

6.              Somdet Phra Chao Lan Theu avec le krom (petit-fils du roi de rang élévé) : 15 000 rai

7.              Phra Chao Lan Theu avec le krom : 11 000 rai

8.              Mon Chao :  2500 rai

9.              Mom Rachawong :  500 rai

 

Les fonctionnaires civiles (tous 10 000 rai)

 

A.Chao Phraya Maha Uparat (conseiller du roi)

B.Chao Phraya Chakri Sri Ongkharak

 

1. Phraya Yommarat (ministre de l’Intérieur)

2. Phraya Dhamma Thipbodi (ministre du palais)

3. Phraya Sri Dhammathirat (ministre des finances)

4. Phraya Phollathep (ministre des rizières)

5. Phra Maha Rajakhru Mahinthorn (ministre de la culture chargé des cérémonies)

6. Phra Maha Rajakhru (chargé de la justice)

7. Purohitachan (chargé de la justice)

8. Phraya Phra Sadej Surenthra Thipbodi (chargé de la religion)

 

Les militaires (tous 10 000 rai)

 

1.           Chao Phraya Maha Senabodi (ministre de la défense nationale)

2.              Phraya Siharaj Dechochai

3.              Phraya Thaynam

4.              Chao Phraya Surasri (gouverneur de ville de première classe, province de Phitsanulok)

5.              Chao Phraya Sri Dammaraj (gouverneur de ville de première classe, province de Nakhon Sri Dhammaraj)

6.              Phraya Kaset Songkhram (gouverneur de ville de seconde classe, province de Sawankhalok)

7.              Phraya Ramnarong (gouverneur de ville de seconde classe, province de Kam Phaenphet)

 

Les sakdina des moines et des ascètes. 

 

  1. Phrakhru ayant reçu une formation religieuse : 2400 rai
  2. Phrakhru n’ayant pas reçu de formation religieuse : 1000 rai
  3. Bhikku ayant reçu une formation religieuse : 600 rai
  4. Bhikku n’ayant pas reçu une formation religieuse (moine) :400 rai
  5. Samanen (novice)  ayant reçu une formation religieuse : 300 rai
  6. Samanen n’ayant pas reçu de formation religieuse : 200 rai
  7. Bhram (bhramana) instruit : 400 rai
  8. Bhram mathayom : 200 rai
  9. Tapakhao (fidèle habitant au wât –monastère-  ayant  une formation religieuse et observant les préceptes) : 200 rai 

10.  Tapakkhao n’ayant pas de formation religieuse : 100 rai

 

 

Les  sakdina des phrâj 

 

  1. phrât  hua  gn :n (celui qui travaille pour les phu :di en surveillant les autres phrât : 25 rais
  2. phrât mi khrua (phrat qui a une famille) : 20 rai
  3. phrât râp ( phrâj ordinaire)15 rai
  4. phrât lew (domestique) : 10 rai
  5. jachôk (pauvre), wanipok (mendiant), thât (esclave) : 5 rai

 

____________________________________________

 

En plus simple :


Le système social reste inchangé dans la nouvelle capitale de la fin de l’époque d’Ayutthaya jusqu’au règne du roi Rama V. La société est fondée sur un système féodal. Le roi, représentant suprême de la monarchie absolue, a un pouvoir sans limites sur le pays, dont la population est classée en cinq catégories :

  • Le roi กษัตริย์ (kasat) représentant le pouvoir absolu;
  • Les aristocrates เจ้านาย (chaonai) qui sont les membres de la famille royale;
  •  Les bureaucrates ขุนนาง (ขุนนาง) qui sont les fonctionnaires travaillant pour le roi;
  •  Le peuple ไพร่  (phrai) ou serf est constitué de citadins ordinaires et de paysans soumis à la corvée, obligés de travailler gratuitement pendant certaines périodes pour le roi, pour les aristocrates ou pour les bureaucrates;
  • Les esclaves ทาส (thât)

 

______________________________________

 

 Les titres avec leur sakdina  associé :

 

1.   Somdet chao phraya : sakdina 30.000 rai (4 800 hectares)

2.   Chao phraya: sakdina de 10 000 rai (1 600 hectares)

3.   Phraya: sakdina entre 5 000 à 10 000 rai (800-1 600 hectares)

4.   Pra: sakdina de 1000 à 5 000 rai (160-800 hectares)

5.   Luang : sakdina de 1 000 à 5 000 rai (128-480 hectares)

6.   Chamuean:  sakdina de 1 000 à 5 000 rai (160 hectares)

7.   Khun:  sakdina de 1 000 à 5 000 rai (48-160 hectares)

8.   Meun:  sakdina de 1 000 à 5 000 rai (32-80 hectares)

9.   Phan:  sakdina de 1 000 à 5 000 rai (16-96 hectares)

10. Nai:  sakdina de 1 000 à 5 000 rai (16-96 hectares)

  _________________________________________ 

 

Rappel.****


Sur le mueang :

http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-le-muang-selon-michel-bruneau-99865623.html


 « La sakdina, le système féodal du Siam ? »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-48-la-sakdina-le-systeme-feodal-du-siam-110214155.html

  • Un excellent article de NGUYỄN THẾ ANH, intitulé « La féodalité en Asie du Sud –Est » in Les féodalités, editors Jean-Pierre Poly, and Éric Bournazel (Paris: Presses Universitaires de France, 1998). Part of the séries Histoire générale des systèmes politiques
  • Olivier Ferrari et Narumon Hinshiranan Arunotai expliquent le système des sakdina, p. 127 in, article  ” Kwanpenthaï “ in “Thaïlande contemporaine “(op. cit.)
  • Michel Bruneau  « Évolution de la formation sociale et transformation de l’organisation de l’espace dans le Nord de la Thaïlande (1850-1977) » Cahiers de géographie du Québec, vol. 22, n° 56, 1978, p. 217-263. Pour citer cet article, utiliser l'adresse suivante : http://id.erudit.org/iderudit/021394ar

 

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