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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:02


titreOn peut comprendre que le roi Taksin soit honoré par une fête nationale le 28 décembre (jour de son couronnement) et que le gouvernement en 1981 ait décidé que l’on l’appellerait désormais « Taksin le Grand ». 

N’a-t-il pas reconquis Ayutthaya le 7 novembre 1767, soit  8 mois après sa chute, réunifié le pays, refondé le royaume du Siam, en lui  redonnant son prestige d’antan, vassalisant Chiang Maï, les royaumes laos, une grande partie du Cambodge, en moins de 15 ans.

Qui aurait pu imaginer que le gouverneur de Tak, qui avait réussi à fuir Ayutthaya  assiégé par les Birmans, en janvier 1767 avec 500 hommes, aurait pu refonder un nouveau royaume en si peu de temps.


Il faut se rappeler ce que fut la fin du royaume d’Ayutthaya, fin avril 1767 : tout fut pillé, les métaux précieux fondus, les temples et leurs statues de Bouddha incendiés, tous les documents brûlés, la population jugée peu utile massacrée avec cruauté, toute la population active et « l’ex » roi Uthumpon et la famille royale emmenés en déportation en Birmanie.


On peut imaginer l’épopée, le destin exceptionnel de cet homme, de ce « héros national ». Le cinéma a raconté son histoire, comme il l'vait fait pour cet autre héros, le roi Naresuan, ou le village de Bang Rachan, ayant résisté pendant cinq mois à l’armée birmane, et entré dans l’histoire siamoise comme une page essentielle du nationalisme thaï.*


bangra02


Mais heureusement Claire Keefe-Fox propose un bon roman « historique » en français, « Le roi des rizières » qui raconte l’histoire du roi Taksin. (Edition Plon) Son pacte de lecture assure que les faits racontés sont « vrais ». Elle a d’ailleurs puisé aux meilleures sources. (Cushman, Gesik, Jacq-Hellgoualch, Launay, Nyen, Smithies, Wood, Wyatt, la thèse de doctorat de J. de Fels consacrée au roi de Thonburi, et les Archives des Missions Etrangères de Paris)

 

 

roman 03


Nous vous présenterons dans un prochain article cette représentation romanesque. Et pour que nous puissions en mesurer la pertinence, nous vous donnons ici les principaux repères de ce règne. (Cf. wikipédia , roman de Claire Keefe-Fox, Turpin, Wood, etc)


1/ Origine et carrière avant la fin d’Ayutthaya en 1767.


Taksin serait né le 17 avril 1734, d’un père chinois, originaire de Chaozhou

CHAOWOU PERE

 

avec des racines dans le district de Chenghai, et d’une mère thaïe. (d’origine Teochiu, selon C. K-F). Il reçut le nom de Sin (Trésor). Wikpédia lui donne le métier de collecteur d’impôts, alors que Claire Keefe-Fox le fait tenancier de tripot à Ayutthaya.

 

tripot 04

 

Un triste individu qui se serait enfui pour faillite, en abandonnant sa femme enceinte.


Sa mère désespérée, aurait  glissé un cobra dans le  couffin de Sin, et l’aurait laissé dans  un marché.

 

cobra 05

 

 

On le retrouvera sain et sauf, le cobra lové autour de lui. La femme du Chakri -le mandarin du royaume le plus titré- a cru à la chance offerte, et  aurait demandé à son mari de l’adopter.

Après sept ans au monastère, il fut envoyé par son père pour servir comme page royal. (Se souvenir que cette fonction était très honorifique pour les nobles)

Sin fut d'abord vice-gouverneur, puis gouverneur de la province de Tak, où il reçut le titre de Praya et le surnom de Tak-Sin, "Trésor de Tak".

 

Sceau de Tak 06

 

Il aurait participé à la campagne de 1764 contre les Birmans et y aurait gagné le titre de Phraya Wachira Prakan et fut promu gouverneur de la province de Kamphaeng Phet.

 

Sceau suivant 7

Il est un ardent défenseur de la capitale en 1767, assiégée par les Birmans. Mais devant l’incapacité du roi, il décide en janvier 1767 ( ?), de quitter Ayutthaya avec environ 500 volontaires, selon Claire Keefe-Fox, pour poursuivre le combat.


2/ Taksin parvient à reconstituer une armée en 10 mois et à reprendre Ayutthaya le 7 novembre 1767, après seulement 2 jours de combat.


On ne peut que saluer l’exploit. On se doute que cette victoire a nécessité des talents de chef d’armée et d’organisateur pour Taksin, des ralliements (Les plus importants furent Thong Duang (le futur général Chao Phraya Chakri, chef de ses armées et successeur),  et son frère, Nai Sudchinda (Boonma)), et des combats dans un Siam alors divisé.

Taksin rejoignit d’abord Prachinburi, pour lever des troupes, en faisant jouer les relations familiales de son père, d’origine Teochiu, qui était en forte concentration dans cette région. Il prit ensuite la route « en direction de la côte, tout en évitant le fleuve, toujours aux mains de l’ennemi. » La première bataille importante fut la prise de la citadelle siamoise de Chantabun, qui était la clé de la côte et son port le plus sûr.

 

forteresse chantaburi

 

Elle allait lui servir commela première base pour commencer la reconquête du Siam. Autour, Rayong, Chonburi et d’autres petites villes tomberont lui apportant nouvelles recrues et argent.  Il se sent suffisamment fort pour se proclamer roi fin mai 1767, en annonçant à ses  troupes son projet de former une immense armée,  et de reprendre la capitale.


Le Prince de Chantaburi refuse son allégeance. Le 15 juin 1767,  Taksin s'empara de Chantaburi, dont il fit son quartier général et son arsenal. Il y fit construire une soixantaine de balons (long bateau avec rameurs)

Il obtint ensuite la soumission de Trat (frontière du Cambodge) ; une bataille navale lui permit de s'emparer des jonques chinoises présentes dans la baie. (Pour Claire Keefe-Fox, Taksin aurait confisqué  six jonques chinoises qui étaient arrivées à Chonburi, et qui contenaient riz et tissus de coton et porcelaines.) Il  avait nommé des nouveaux gouverneurs et chefs.


Il était temps de reprendre Ayutthaya, surtout que les Birmans n’y avaient laissé qu’une garnison de 3 000 hommes.

En dix mois, il a su intégrer des hommes venus d’horizons divers, leur apprendre à travailler ensemble, les former, organiser une véritable armée (de 5000 hommes désormais ?), avec des bataillons d’éléphants, une cavalerie, et une flotte d’une centaine de bateaux, qui se lancent dans la reconquête, selon un plan bien établi connu de tous. (Cf. C.K-F).

Il commence en prenant Bangkok, déposant et exécutant le gouverneur siamois qui avait été nommé là par les Birmans. Et le 7 novembre 1767, après deux jours de combat, Ayutthaya tombe. On imagine la fierté partagée.


Hsinbyushin, le roi birman

 

HYNTSU

 

ne put réagir devant repousser une attaque chinoise à ses frontières.


3/ Taksin devient chef d’Etat à Thonburi, sa nouvelle capitale. Il s’y fait couronner roi le 28 décembre 1768.

 

THONB URI


Il reproduit la cour d’antan, avec son protocole, sa hiérarchie, son étiquette, son administration, rénova la religion, recréa la Sangha, présida le Conseil. (Cf. article suivant)


Turpin, dans son histoire du royaume de Siam (1771), signale que Taksin dut aussi sa popularité dans les premières années à sa justice implacable contre ceux qui abusaient de leur pouvoir (dont de nombreux moines), et par sa générosité et sa volonté de distribuer les vivres aux plus démunis. 


Il fallait réunifier le pays. 


La donne.

En se rappelant que le roi birman en 1768 avait ordonné au gouverneur birman de Tavoy, de joindre ses forces  à ceux de Ratburi, qui avaient été défaites.

 

Le pays était divisé au moins en 5 territoires :

  • Taksin avait donc sous sa nouvelle autorité le Siam central, les provinces de Bangkok, Ratburi, 


RATCHABURI



  • Nakhon Jaisi, Chantabun, Trat, une partie de Nakhon Sawan.
  • Les provinces de Nakhon Sritammarat était gouverné par le « roi » Musika.
  • Les provinces de l’Est incluant Korat, étaient sous le pouvoir du roi Thephipit (fils du roi Boromakot), avec sa capitale à Pimaï.

 

PHIMAI

 

 

  • La province de Phitsalunok 


Sceau phitsanulok 12



  • et une partie de Nakhonsawan, étaient sous le « roi » Ruang.
  • L’extrême nord avec un moine bouddhiste nommé Fang, qui s’était fait roi en sa capitale Sawangburi (près de Utaradit).

 

Donc, si le nouveau roi Taksin avait établi son pouvoir à Thonburi, d’autres lui contestaient cette légitimité. Le Prince Thepiphit,  fils du roi Boromakot (et donc plus légitime que Taksin, même si celui-ci avait épousé la propre fille de Thepiphit) s’était déclaré roi à Phimai, et les  gouverneurs de Phitsalunok et de Nakhon Si Thammarat avaient aussi déclaré leur indépendance. En outre, un moine fou, sorcier, nommé  Fang, se disant la réincarnation de Phra Ruang, un prince aux pouvoirs surnaturels auquel la région voue un culte,  avait levé une armée de bonzes et  terrorisait les campagnes de la frontière du Lanna jusqu’à Phitsalunok.


La reconquête ne fut pas aisée.


Elle commença par une première et curieuse défaite du roi Taksin à Phitsalunok. Une catastrophe, qui se transforme  en allégeance à cause de la mort du gouverneur une semaine après, sur la demande de son frère et successeur.

A la fin de la saison des pluies en 1768, Duang et Bunma, envoyé par Taksin, avait ensuite soumis la province de Phimai, malgré l’aide apportée par des forces birmanes commandées par Maung Ya, et fait prisonnier son ennemi de toujours, Thepiphit, qui fut battu à mort, selon la coutume. Ils avaient ensuite poursuivi leur action au Cambodge.


Mais l’allégeance de Phitsalunok fut de courte durée. Le prêtre fou de Fang, s’en était emparé, avait empalé le nouveau et récent gouverneur et contrôlait tout le Nord jusqu’au Lanna.


1769.


Certains attribuèrent à l’exécution de Thepiphit, la suite de calamités qui marquèrent 1769, cette année du bœuf.

 

anee du boeuf 11

 

Il y avait eu deux tremblements de terre, la sécheresse et la famine, avec les rats et les souris.


Au sud.

 

Toutefois, après une  première défaite, Taksin était venu en personne avec sa flotte et avait vaincu dès le premier jour de combat, les troupes de Si Thammarat et le gouverneur avaient fui. Le gouverneur de Si Thammarat fut fait prisonnier par le gouverneur fidèle de Pattani et remis au roi Taksin qui étrangement lui accorda le pardon. Taksin put remonter sur Thonburi en mars 1769.


1770. Taksin reprend la situation en main.


Il était temps de reprendre Phitsalunok.( avril 1770 ?) 

L‘armée siamoise de 10 000 hommes ne rencontra aucune résistance lors de sa marche vers le Nord. Mieux, « les campagnes se soumettaient, les villages  s’ouvraient, les villes se rendaient à l’approche de la longue colonne. » il n’y eut que deux  ou trois escarmouches. (Cf. C.K-F) Moins de 15 jours après avoir quitté Thonburi, Phitsalunok se rendait, et le prêtre Fang s’était enfui.


Mais Taksin de retour à Thonburi, avait été surpris de voir les troupes de Duang et de Bunma, ses généraux de l’armée de l’Est, partis conquérir le Cambodge. Il fut surpris d’apprendre, qu’ils étaient en fait  revenus car ils avaient reçu des informations selon lesquelles l’armée siamoise avait été massacrée, le roi tué.  (Selon C. K-F)


Fin 1771. Le royaume était réunifié. Mais la menace birmane était encore présente au Nord, à Chiang Mai.

 

Carte

 

Après Phitsalunok, et malgré le fait que les hommes étaient épuisés après des mois de campagne, Taksin décida de marcher sur Chiang Maï. Mais il rassura ses officiers en leur précisant qu’il ne s’agissait que de sonder leur force combattante.

De fait, l’attaque des Birmans sur Sawankhalok échoua, et celle de Taksin sur Chiang Maï aussi.  Le retour sur Thonburi fut décidé avec le projet de revenir l’année suivante, avec des canons et des mortiers en vue d’un siège victorieux.


En 1772, la Chine  reconnaissait enfin  Taksin comme le souverain légitime de Siam.

Dès sa prise de pouvoir, Taksin avait voulu légitimer son pouvoir par une reconnaissance du roi de Chine, qui lui avait fait parvenir une réponse humiliante sur la foi d'un rapport du prince de Chanthaburi. Mais en 1772, l’ambassadeur siamois avait été bien reçu à la cour de l’Empereur Quianlong.


Le Cambodge. (1770- 1773)


Dès 1769, le Cambodge devait faire face à la rivalité de deux frères. L’ainé  Ramraja ( ?) défait par son frère qui avait bénéficié  de l’aide des Annamites se réfugia auprès de Taksin, à qui il demanda son aide. Celui-ci vit là une occasion de reconquérir le Cambodge.


A l’Est.

 

Les versions de Claire Keefe-Fox et de wikipédia diffèrent.


« En 1770, Taksin attaqua les seigneurs Nguyen

 

NGUYEN

 

pour le contrôle du Cambodge. Après des défaites initiales, l'armée siamoise-cambodgienne réussit à vaincre l'armée vietnamienne en 1771 et 1772. En 1773, les Nguyen conclurent un traité de paix avec Taksin, par lequel ils lui abandonnaient une partie de leurs territoires du Cambodge. (Ces événements provoquèrent la rébellion des Tay Son, qui finirent par renverser les Nguyen). (…) L'ensemble du Cambodge devint enfin un État vassal du Siam en 1779. » (wikipédia)


Le roman de Claire Keefe-Fox raconte que, « juste avant le nouvel an chinois, Taksin avait envoyé sur le Cambodge par voie de mer une armée de quinze mille hommes, deux cents jonques et deux cents barges de guerre, avec Duang à sa tête »,  prenant ainsi l’ennemi à revers, par le Sud. Cette décision avait été prise préventivement, pour empêcher que le Cambodge s’allie avec les Birmans qui venaient d’occuper Vieng Chang et Luang Prabang au Laos.

Il est dit que le monarque cambodgien se soumit à Duang, le nouveau Phraya Chakri, à Angkor Thom, une ancienne capitale, dont personne ne savait pourquoi elle avait été abandonnée. ( 1771 ?)


ANGKORTHOM


En ce tout début de l’année du dragon,  Mergui et Tenasserim  avaient été repris par l’armée de l’Ouest commandée par Bunma. 


1774. Taksin reprend Chiang Mai.

 

Sceau CXhiangmai


Après la paix conclue avec la Chine, le roi birman pouvait de nouveau attaquer le Siam en 1774.

L’armée birmane attaqua Phitchai, une petite citadelle au nord de Phitsalunok, mais Bunma  réussit à la repousser, et elle se retira à Chiang Maï. Taksin profitera que les Birmans soient occupés par une rébellion des Mons pour  attaquer et prendre Chiang Maï en 1774.


« C'est d'Ayutthaya que vint le secours. Le roi Taksin venait à peine de relever les murailles de sa capitale, quand le Chao Fa Chai Kéo apprit qu'il se disposait à envahir le Lanna pour s'y mesurer avec les Birmans. Avant de s'engager avec les Siamois, les sept frères tinrent conseil, car ils couraient un grand risque et leur père était à ce moment entre les mains des sbires d'Alaungphaya. Ils finirent par promettre leur concours à Taksin qui parvint devant Chiang Maï à la tête d'une armée. La ville fut  livrée aux Siamois qui délivrèrent Chao Fa Chaï Kéo de la cage où les Birmans le tenaient enfermé (1774).

Cet événement mémorable eut pour conséquence de placer le Lanna sous l'influence du Siam, qui en 1778 étendit de même son autorité sur le Lan Chang.

(Extrait de notre article 108. Le royaume thaï du nord, le Lanna. (1564-1939))

 

1774. Les Birmans vaincus au Nord, reviennent au Sud, et sont de nouveau battus.


Les Birmans avaient traversé le col des Trois Pagodes


 

Trois-pqgodes.jpg

 

 

et étaient arrivés jusqu’à  25 miles de Thonburi. Ils avaient été repoussés par Bunma avec la petite force dont il disposait (les troupes étant encore à Chiang Maï).  Les Birmans avaient alors pris Ratburi.  Bunma avait demandé des renforts. Taksin ne consentit qu’à dépêcher son fils, « ce curieux Kromakhun, un peu falot ». (C. K-F)


Bref, il fallut attendre plusieurs mois, alors que chacun restait sur ses positions pour que Taksin décidât d’engager sa royale personne et « plus de 8000 officiers et soldats, et 227 fusils et canons ». Devant les troupes assemblées, il s’étonna qu’ils avaient toujours besoin de lui pour vaincre, et qu’il récompenserait ou sévirait chacun selon ses mérites. Il fut plus explicite en promettant à ses soldats, qu’en cas d’échec à Ratburi, il ferait emprisonner leurs femmes et leurs enfants.


Ils vainquirent après des mois de siège et des combats acharnés, avec des maladies qui faisaient de nombreux morts. L’assaut final fut célébré par une pluie miraculeuse qui gonfla les rivières et leur permis d’encercler les Birmans par bateau.


Taksin était resté auprès de son armée, malgré sa mère mourante. « Il y avait des lunes et des lunes qu’on ne lui avait connu aucune de ses crises de rage. » Il offrit une sakdina considérable aux deux commandants birmans qui avaient acceptés de se mettre à son service.


1776 et 1777. Les Birmans attaquent de nouveau à Phitsalunok, et vont infliger une terrible défaite à Taksin. Celui-ci revient avec son armée épuisée et affamée à Thonburi, après  deux ans de batailles ininterrompues.


1778. Une révolte de la principauté lao de Champassak.


CHAMPASSAK

Taksin déclara à son état-major qu’il fallait réprimer impitoyablement cette province, indispensable, comme les autres provinces laos, pour faire tampon entre le Siam et le Vietnam.


La prise de Champasak et de Vientiane.


En 1777, le chef de Champasak, qui était à l'époque une principauté indépendante en bordure de la frontière orientale thaïlandais, avait soutenu le gouverneur de Nangrong qui s'était rebellé contre Taksin.

Taksin avait envoyé deux armées prendre Champasak. Le général Phaya Sourasi avait attaqué le Cambodge puis remonté vers le nord pour faire jonction au Champasak avec le général Phaya Chakri. Le chef de Champasak avait été capturé et avait demandé à être désormais le vassal du Siam. Il avait été néanmoins décapité.


En 1778, sous le prétexte d’un affront, Taksin avait demandé à ses deux fameux  généraux Bunma et Praya Chakri  de prendre Vientiane et Luang Prabang.


La victoire n’avait pas été aisée et le siège de Vientiane (Vieng Chan)

 

vientiane phrathatluang3

 

avait été sanglant. Bunma avait même fait décapiter tous les prisonniers laos, puis avait fait empiler les têtes dans une barque sur le Mékong afin qu’elles soient vendues devant la ville, qui avait été prise  au bout de quatre mois. Phraya Chakri quant à lui, avait vaincu Luang Prabang. 


Ils avaient alors reçu l’ordre de Taksin, d’apporter  à Thonburi, le Phra Bang, la statue d’or très vénérée de Luang Prabang, ainsi que le Bouddha d’émeraude  de Vientiane. Taksin les accueillit à la tête d'une procession de 246 embarcations. Ils furent déposés au Wat Arun (temple de l'Aube). Le Bouddha d'Émeraude est depuis devenu l'emblème religieux de la Thaïlande.

 

bouddha d4e;erqude

 

 

En 1781.


« Le royaume atteignait ainsi un développement qu'il n'avait jamais connu lors de la période d'Ayutthaya. Il comprenait l'ancien royaume de Lanna,  les anciens royaumes de Vientiane et de Luang Prabang, le royaume de Champassak, le Cambodge, et s'étendait largement sur la péninsule malaise et avait accès à l'océan indien par mergui et Tenasserim,» (wikipédia)


Et puis tout va basculer pour le roi Taksin en 1782.


1782. La fin du roi Taksin.


Reprenons librement le roman de Claire Keefe-Fox.

 

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Depuis deux ans, la situation n’avait fait qu’empirer. Les mandarins, l’armée et le peuple subissaient en silence les brimades et tyrannies du roi, toujours dans ses dévotions successives en compagnie de deux ou trois bonzes et astrologues, ou apparaissant  pour proclamer « un nouvel impôt pour telle et telle confrérie de marchands ou guilde d’artisans », une nouvelle taxe, une nouvelle exécution. Les crises se multipliaient.


Le Vietnam choisit ce moment pour marcher contre le Cambodge.

Taksin ne réagit pas de suite, plus préoccupé par ses ambassades chargées de présents coûteux auprès de la Cour de Chine et l’espérance d’épouser une princesse chinoise. Et puis en un jour, en une séance du Conseil, il décida enfin de rendre son titre à son fils, et d’envoyer Phraya Chrakri avec l’armée de l’Est au Cambodge.


Avait-il retrouvé ses esprits ? Il ne semble pas, car quelques semaines  plus tard, il avait fait exécuter « avec une cruauté raffinée » une de ses concubines, et le mage Mahada d’Ayutthaya,  qui lui avait vendue une eau miraculeuse,  qu’elle lui avait fait boire.


Et il y avait eu la rébellion d’Ayutthaya et la trahison de Phra Sun. (ou Phraya San ?)


Taksin avait envoyé un nouveau gouverneur à Ayutthaya « chargé de traquer tous les bonzes qui pourraient contester son pouvoir. » Mais  celui-ci avait été accusé « de piller les temples sous prétexte de lever l’impôt ». Taksin avait alors « dépêché un de ses mandarins, Phra Sun, pour l’arrêter ». Mais loin de mater la révolte, Phra Sun en profita pour organiser des troupes et marcher sur la capitale. Nous étions en mars 1782.


La fin du roi Taksin.


La fin de Taksin est plutôt curieuse. En effet, il est dit que le grand Taksin n’était défendu que par une garde de 36 chrétiens. Et l’assaut qui vint mettre fin au règne de Taksin ne  fit que huit victimes, huit soldats chrétiens et quelques assaillants.


Une explication : la « folie » du roi Taksin ?


roi-fou-copie-1.jpg

 

Notre article suivant, avec le roman de Claire Keefe-Fox, montrera l’évolution de la maladie, et les crises qui l’assaillaient de temps en temps. Mais en 1781, les signes de « folie «  sont plus évidents. Il se prend pour Bouddha, fait fouetter les moines qui en doutent, et multiplie les exactions, faisant torturer,  exécuter de hauts mandarins pour des raisons confuses. Tous ceux qui l’approchent finissent par craindre pour leur vie, et le mécontentement devient général.


Peut-être faut-il attribuer à la folie le fait que le roi Taksin était si peu protégé. Se considérait-il comme invincible (et invisible) ?

 

 Quoi qu’il en soit, le roi Taksin avait été arrêté. Il avait accepté de confier la couronne à son fils et décidé de prendre la robe de moine. Phra sun revendiquait aussi la couronne.  On avait envoyé des messagers au Cambodge pour faire revenir Phraya Chakri.


Un coup d’Etat organisé par Phra Sun et qui profitera au général Chakri.


Phraya Chakri, informé, était revenu sur la capitale. Préalablement, on dit qu’il avait convoqué le fils héritier de Taksin au Cambodge, et qu’il l’avait fait exécuter. Ce qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.  


Chao Praya Chakri, l’homme le plus puissant du royaume, avait « accepté « la couronne.


Il régla le sort du roi Taksin. Comme pour le Prince Thepiphit, il fut enfermé dans un sac de velours pourpre, et battu à mort à coups de batte de bois de santal, le 6 avril 1782.


(Les restes de Taksin furent enterrés au Wat Bang Yireua Tai, puis déterrés et brûlés sous l'ordre de Rama Ier en 1785.)


Et Chao Praya Chakri se fit couronner le 7 avril 1782,  sous le nom de Bouddha Yotfa Chulaloke (ou Rama 1er), établissant la  dynastie actuelle. 

 

RAMA-I.jpg

 

Le roi "Taksin le Grand" était mort.


Il avait redonné au Siam son prestige d’antan et réorganisé la cour, l’Etat, son clergé, son administration, et  sa culture en moins de 15 ans. C’est que nous vous proposons de montrer dans notre prochain article.

 

fin

 

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Un film en thaï a été consacré à Praya Tak. Cf. http://www.iseehistory.com/index.php?lay=show&ac=article&Id=405032 

 

film


Deux films thaïs sur Bang Rachan ont été réalisés. Le premier en 1966 est l’œuvre de  Sombat Metanee (qui fut félicité par le roi en personne). Et le deuxième en l’an 2000 fut réalisé par Thanit Jitnukul avec pour vedette Winai Kraibutr, film fleuve à grand spectacle et à gros budget. Oliver Stone en a adapté une version américaine qu’il a présentée aux Etats-Unis en 2004.

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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commentaires

Jacky 30/01/2014 05:22


Bonjour..


J'ai lu il y a peu de temps Le Roi des Rizieres et j'ai bien aime, C'est bien ecrit.


Les moeurs etaient pas tres cool a cette  epoque. Les birmans non plus.