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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:02

titreLa cour, l’administration, la Sangha, et la culture. 

Nous avons montré dans l’article précédent comment Taksin, le gouverneur de Tak, était devenu roi, comment il avait reconquis Ayutthaya huit mois après sa chute, et avait dû assurer sa légitimité en combattant ceux qui lui contestaient le titre au Siam, comme Thephipit, le fils de Boromakot à Phimaï, les gouverneurs de Nakhon Srithammarat, de Phitsalunok, et le moine bouddhiste nommé Fang, qui s’était fait roi en sa capitale Sawangburi. Si dès 1771, il avait réussi à réunifier le pays, la menace birmane était toujours présente et les rivalités de succession au Cambodge, avec l’intervention des Annamites avaient impliqué de nouvelles guerres.


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Il avait dû combattre de nouveau, non sans défaites parfois, les Birmans, le Cambodge, les royaumes laos de Champasak, de Luang Prabang et de Vientiane, mais il avait vaincu, avec il est vrai, l’aide de ses deux fameux généraux, Chao Phraya Chakri (chef de ses armées et successeur),  et son frère, Nai Sudchinda (Boonma).  En 1780 son royaume avait retrouvé la splendeur d’antan.


Taksin, roi et chef d’Etat.


Si le roi avait dû assurer son pouvoir par les armes, il avait dû aussi, depuis sa nouvelle capitale Thonburi,

 

thonburi3

 

réorganiser le nouveau royaume : sa cour, sa sangha, son administration, son économie avec la reprise en main de la main d’oeuvre et de la corvée, et le commerce avec l’étranger. Il avait dû aussi commencer à reconstituer la culture à jamais détruite lors de la prise d’Ayutthaya en 1767. Cela ne fut pas aisé, au milieu des guerres à mener, des défaites parfois, ou des calamités naturelles, comme cette terrible année 1769, avec ses deux tremblements de terre, la sécheresse et la famine.


famine 4


Le pouvoir absolu et la cour.


Vous pouvez avec le roman de Claire Keefe-Fox, « Le roi des rizières » vous représenter le roi Taksin dans l’exercice de son pouvoir. (Cf. article suivant)

 

roman 5


Certes, il lui avait fallu réorganiser l’armée, reconquérir Ayutthaya le 7 novembre 1767, fonder la nouvelle capitale, et il avait tenté en 1768 de vaincre ceux qui lui contestaient le pouvoir. (Il avait fait battre à mort, selon la tradition, Thepiphit, le fils du roi Boromakot, mais Phitsalunok et Nakhon Sritammarat échappaient encore à son contrôle). Il se sentait néanmoins suffisamment fort pour se faire roi le 28 décembre 1768.


Il s’était attaché tous les mandarins et les membres de l’ancienne famille royale, survivants d’Ayutthaya. Il avait assuré sa légitimité en épousant quatre princesses royales, dont  Chao Ubon, la propre fille de Thepiphit. Il allait refonder la Cour, avec son protocole, et les règles du roi précédent, présider au Conseil. Comme tous les rois du Siam, il aura le pouvoir absolu, le droit de vie et de mort sur ses sujets.


droit de vie et de ;ort 6


Dès le début, Taksin se conduisit en monarque impitoyable. Il rendait la justice, condamnant les voleurs à être fouettés, les prêtres impies à mort, les soldats commettant des viols à être exécutés. Mais nous verrons avec Claire Keefe-Fox que l’exercice du pouvoir pouvait prendre des formes cruelles et arbitraires, avec des exécutions sommaires pour  des motifs les plus inattendus. La crainte qu’il inspirait à la fin de son règne, sa « folie » furent certainement les causes principales de sa chute.


Mais si Taksin a toujours agi en roi intraitable et dominateur, il n’en a pas moins sollicité la vassalité du roi de Chine, dès le début de son règne. Nous avons déjà évoqué la première réponse humiliante à son égard et la reconnaissance de sa légitimité en 1772 comme souverain du Siam, par l’Empereur Qianlong.


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La sangha.


La renaissance politique devait aller de pair avec une renaissance religieuse. Taksin, comme tous les rois du Siam, ne pouvait se contenter de ses victoires, de la mort de ses « ennemis », de ses « mérites », mais avait aussi besoin de la légitimation bouddhiste. Mais nous n’avions plus les « chroniques royales » comme celles d’Ayutthaya racontant pour chaque règne la cérémonie d’intronisation du roi en Dharmarâja, en « monarque universel », protecteur de la sangha, avec les brahmanes, le rituel royal.

Par contre nous savons, que le roi Taksin a voulu rénover la religion, recréer la Sangha, avec une nouvelle hiérarchie, et des bonzes qui auraient réussi au passage d’un examen.


sangha 8


Les archives nationales du « The Fine Arts Department » soulignent,  que le roi réorganisa les monastères, en  fit restaurer de nombreux, qu'il nomma temples royaux, comme le Wat Intharam,

 

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le Wat Hong Ratanaram,


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et le Wat Arun.

 

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Qu’en 1773, il promulgua une nouvelle loi sur la vie monastique, définissant l'ordre social de l'époque avec des concepts bouddhiques. (Cf. wikipédia)


De fait, à chaque victoire, le roi Taksin n’oubliera pas  qu’il est le protecteur de la communauté des moines (la sangha), mais aussi le garant de leur comportement exemplaire dans le  respect des préceptes de la religion bouddhiste. Il aura soin aussi de retrouver et de propager les textes sacrés qui avaient disparus à Ayutthaya en 1767.


Ainsi lors de la cérémonie de reddition de Si Thammarat en 1769, la Sangha, le clergé de la Province réunie, était dans la crainte des décisions de Taksin. Il leur donna sa protection, offrit à chacun, un boisseau de riz et un bath d’argent. Il eut soin de prendre leur exemplaire des Tipitaka (canon bouddhique en pâli) le livre sacré, afin, leur dit-il, de le faire copier, pour que chacun puisse connaître l’enseignement de Bouddha. (Cf. C. K-F)


Tripitaka[1] 12


Par contre, après sa victoire contre le moine Fang à Phitsalunok en 1770, il montra plus de « fermeté ». Claire Keefe-Fox raconte que Taksin ne pouvant distinguer les moines qui avaient suivi le moine Fang, avait soumis tous les moines à l’épreuve de l’eau (demeurer sous l’eau le temps de 3 klan),


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et à la confession de leurs fautes. Les coupables furent battus au rotin et tatoués pour qu’ils puissent être reconnaissables. Une cérémonie de six jours vint clore la paix retrouvée.


Nous avons déjà dit l’importance qu’il attachât après  la grande victoire contre les royaumes de Luang Prabang et de Vientiane en 1778, à transporter leurs statues sacrées de bouddha, le Bouddha d'Émeraude et le Phra Bang, en sa capitale. Fin janvier 1780, « de mémoire de Siamois, jamais n’avait-on vu de fête pareille » pour célébrer les deux statues à Thonburi, qui allaient désormais protéger le peuple ainsi que leur roi qui prétendait avoir atteint le premier stade de la divinité en devenant Sotapanna, « celui qui est entré dans le courant ».  (évoqué par C. K-F)


Mais dès lors, le roi Taksin qui avait fait beaucoup pour rénover  la religion bouddhiste, se prit pour une divinité,


 

E;pereur Dieu

 

et combattit la sangha qui lui refusait son titre auto-proclamé de Sotapanna et de Bouddha en devenir. On pouvait avoir des doutes sur sa santé mentale, et craindre ses jugements. Claire Keefe-Fox en donne quelques exemples : « Les marchands chinois s’étaient vus accusés de malhonnêteté et spoliés de leurs biens ; les chrétiens étaient en colère après l’expulsion du royaume de Mgr Le Bon et des missionnaires; les mandarins de la Cour craignaient à chaque instant de perdre leurs fonctions et leur sakdina ; les officiers  revenus du Laos n’avaient pas reçus leur part de butin, l’armée de l’Est n’avait eu droit à un accueil triomphal. On disait même que la reine avait été battue car elle était intervenue en faveur d’un prêtre défroqué. » (Citation reprise dans notre article suivant).


L’administration.


Tout était à créer et Taksin va s’y employer avec énergie, mobilisant tous ses subordonnées, pour refonder « une administration, une chaîne de commandement pour traduire et exécuter ses instructions ». Il était passé du rôle de chef d’armée à celui de chef d’Etat.  Il fallait reconstruire la capitale, installer l’ordre, la sécurité et la justice, accueillir tous les réfugiés, fuyant les sévices de bandes armées qui terrorisaient le pays surtout celles des bonzes renégats commandées par le prêtre sorcier de Fang. (Cf. C. K-F) 


Il fallut reconstruire l’administration du pays, en reprenant les structures administratives d'Ayutthaya, avec son administration centrale (et ses quatre départements des affaires civiles, palatiales, financières et agricoles), son administration provinciale avec, soit les gouverneurs que le roi nommait à la suite des révoltes et des guerres ou qu’il confirmait pour leur fidélité, ou soit les États-vassaux auxquels Taksin accordait une relative indépendance.

A ce niveau de généralités, dû au manque de sources, il faut avouer que l’on ne rend pas compte de ce qui a dû  se pratiquer, surtout si l’on en juge  par les décisions radicales prises par Taksin pour le contrôle de la main d’œuvre, si essentiel dans l’administration d’un pays, et dans la production et la collecte de l’impôt. (Wikipédia, sans prendre de risque, et faute de sources fiables, en reste aussi à ces généralités,)


Le pouvoir s’exerce dans  le contrôle des sujets et de sa main d’oeuvre.


On se doute qu’avec la chute et la fin du royaume d’Ayutthaya, le pays divisé, soumis donc à des forces divergentes, les aléas et les incertitudes des guerres menées, Taksin a dû employer des moyens énergiques et pour réorganiser l’armée et réaménager le pays conquis.

Il faut toujours avoir à l’esprit que le pouvoir royal s’appuyait sur une société hiérarchisée, un système connu sous le nom de sakdina. (Cf. cette étude dans nos articles 110 et 111).


sakdina16


La chute du régime et du royaume d’Ayutthaya a forcément causé des changements profonds dans la situation des  sakdina. Il y eut des migrations de population énormes, avec la  population active de la capitale emmenée en captivité, les captifs prisonniers ramenés et redistribués par le roi,  lors des guerres au Cambodge, au nord, aux trois royaumes laos. Et puis ceux qui profitèrent des situations pour s’enrichir, à savoir prendre les places laissées vacantes, ou les hommes qui étaient auparavant au service du roi. (phrai luang)


Devant le chaos de la situation, le roi Taksin prit une mesure « révolutionnaire » pour contrôler de nouveau le système de la sakdina, il ordonna en 1773, que désormais tous les phrai seraient tatoués au poignet, avec le nom du groupe auquel ils appartenaient ainsi que leur mueang d’origine !


01 TATOUAGES


On avait là une nouvelle version de la sakdina, avec le peuple marqué, tatoué, comme des animaux, évidemment plus facilement contrôlables pour les corvées royales, que Taksin réduisit d’ailleurs de 6 à 4 mois annuels. Mais nous n’avons pas pu apprendre comment cela fut reçu, admis, exécuté. On apprenait pour le moins que le roi Taksin n’hésitait pas à utiliser des moyens coercitifs pour reprendre en main son administration. Cela n’empêcha pas de nombreux historiens de déclarer que le roi était aussi un roi « fin lettré ».


Culture.


Roi lettré ? Le Larousse n’hésite pas : «  Roi lettré, comme ses prédécesseurs d'Ayutthaya, il entreprend, avec la réécriture de textes religieux, historiques, législatifs, la reconstitution du patrimoine littéraire détruit. Lui-même compose quatre épisodes du Ramakien, première version écrite qui nous en soit connue.


02 RAMAKIEN

 

Avec l'Éloge à la gloire du roi de Thonburi de Nay Suan, l'éloge va s'imposer dans les règnes futurs. Le Nirat Kwang Tung, récit par Phraya Mahanuphap d'une ambassade en Chine, est également un important document historique. »  


Il est sûr que le roi reconstituant la Cour dût en assurer le prestige par les Arts reconnus, comme le théâtre, la danse, la musique, la poésie, la peinture …


05 FIN


On signale que dès 1769, après sa victoire à Nakhon Si Thammarat, il a soin de ramener les danseuses de Chao Nakhon, de mettre en place une troupe royale comme celle d’Ayutthaya ; et même, dit-on, d’écrire quatre épisodes du ramakien. Ou bien encore, on dit qu’il a fait réaliser en 1776, par quatre peintres, l’un des plus grands ouvrages manuscrits (34,72 m) présentant les trois mondes reprenant un ancien ouvrage le Tri Poom. (Visible encore à la Bibliothèque nationale, Tha Wasuki, à Bangkok) On trouvera ici ou là des oeuvres artisanales au raffinement d’antan, mais les meilleurs artisans avaient été  emmenés en Birmanie. (Cf. le lit de Taksin, qui se trouve aujourd'hui au Wat Intharam à Thonburi, un siège de méditation, actuellement dans le petit vihara devant le prang du Wat Arun, un coffret laqué noir et or, daté de la période de Thonburi et conservé dans la section Vajirayan de la Bibliothèque Nationale de Bangkok et la salle du trône de Taksin qui se trouve dans l'actuel quartier-général de la marine royale thaïlandaise. (Wikipédia))

03 LIT

 

Économie et commerce ?


A part des généralités creuses ou des âneries du style : « La période de Thonburi est considérée comme un âge d'or du commerce extérieur, aussi bien celui du Roi que celui des particuliers. Taksin le considérait comme un moyen d'augmenter les ressources du royaume et de réduire la pression fiscale sur le peuple. De nombreux navires royaux y furent affectés » (wikipédia et attribué au Prince Damrong !). Taksin se souciant de la pression fiscale  du peuple ?


Certes là aussi, on peut donner quelques exemples du commerce avec Malacca, Surat, Goa, Madras, et la Chine… Le roi Taksin avait besoin de riz, de fusils et les jonques et bateaux repartaient avec du bois, des épices, de l’étain et du plomb, ou bien, selon les  registres chinois la dynastie Qing pour la quarante-deuxième année du règne de l'empereur Qianlong (1777)


04 Empereur

 

 

–pour faire pompeux-« Les produits importants de Thaïlande sont l'ambre, l'or, les pierres de couleur, les pépites d'or, la poudre d'or, les pierres semi-précieuses et le plomb dur. » (wikipédia) Mais enfin cela informe peu et ne donne aucune évaluation même sommaire de ce commerce.

Vous vous souvenez que seul Forest pour le commerce du temps du roi Naraï, avait osé donner une idée quantitative du commerce royal. Nous avions appris que le commerce soit disant  florissant signalé par de nombreux témoignages était en fait limité.

(Cf. son livre « Les missionnaires français au Tonkin et au Siam. XVIIe- XVIIIe  siècles » et notre article 87. Le commerce du royaume du Siam au temps du roi Naraï (1656-1688).) Alors ici ?

 

Il était temps pour nous de retrouver les connaissances et le talent de Claire  Keefe-Fox dans « Le roi des rizières »  pour apprendre, avec plus de crédibilité, les principales informations disponibles sur le règne du roi Taksin. (Cf. article suivant.)

 

 

 

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