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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:02

TITRE Selon le roman « Le roi des rizières » de Claire Keefe-Fox.* (Suite.)


6/ Taksin se fait roi à  Chantabun, sud du Siam, fin mai 1767. (Ch.10)


Taksin avait poursuivi sa route : Prachinburi, Pattaya, et avait dû lutter durement pendant trois jours pour prendre la citadelle siamoise de Chantabun.

 

forteresse 01


Taksin y avait appris le récit de la fin d’Ayutthaya, de la mort du roi, et de la déportation de Uthumphon, et avait déclaré devant ses principaux lieutenants : 


« Le Siam, mes amis, à présent, c’est nous. » (p.147)


Taksin avait eu la joie de voir arriver  Duang, son ami d’enfance, avec son jeune frère Bunma … et sa mère.


Chantabun était la clé de la côte et son port le plus sûr. Elle allait lui servir comme la première base pour commencer la reconquête du Siam.

 

CHANTABOUN 02


Autour, Rayong, Chonburi et d’autres petites villes étaient tombées lui apportant nouvelles recrues et argent, ainsi que Chantaburi. Il  avait nommé des nouveaux gouverneurs et chefs. Il va y faire construire des bateaux, surtout qu’il a appris que les Birmans n’ont laissé à Ayutthaya qu’une garnison de 3 000 hommes.


Il  annoncera à ses  troupes son projet de former une immense armée, de reprendre la capitale, de la faire renaître sous la protection de la sainte religion bouddhiste, en chassant alchimistes, magiciens, et faux prêtres. Il fut, sous les vivat, reconnut comme Chao Taksin, le nouveau Chef suprême.

 

armee 03


Taksin mit en œuvre le projet, prenant argent et or dans la ville, distribuant nourriture et tissus, aumônes aux prêtres, organisant cérémonies,  nourrissant son armée que l’on disait forte de 5 000 hommes, et  faisant construire une soixantaine de balons (long bateau avec rameurs).

Taksin avait en outre confisqué  six jonques chinoises qui étaient arrivées à Chonburi, et qui contenaient riz et tissus de coton et porcelaines.


 7/ Les premiers rivaux. (Ch. 12, p. 186.) 


Taksin apprend avec colère que le prince Thepiphit, un héritier légitime,  envisage de se proclamer roi et qu’un moine fou, sorcier de Fang, se disant la réincarnation de Phra Ruang, un prince aux pouvoirs surnaturels auquel la région voue un culte,  a levé une armée de bonzes et  terrorise les campagnes de la frontière du Lanna jusqu’à Phitsalunok.


8/ Taksin a reconstitué une armée et part à la reconquête du Siam.(Fin du ch. 12, pp. 198-200)


Taksin a reconstitué une armée en 10 mois.


armee de Tqksin 03


Il était sur tous les fronts : organisant, (provisions de poudre et de munitions), encourageant la production des armes, prenant attention à la formation et à l’exercice, (former des  artilleurs, exercice de tirs, de combats aux sabres), (intégration des nouvelles recrues). Il participe lui-même aux entraînements, aux manœuvres  comme celles d’abordage des bateaux, maintenant construits, sollicite et lit attentivement les rapports, a nommé Phra Sena, ministre de la Défense (pour se le concilier) … en vue d’un départ prévu en octobre, après la saison des pluies.


En dix mois, il a su intégrer des hommes venus d’horizons divers, leur apprendre à travailler ensemble, les former, organiser une véritable armée, avec des bataillons d’éléphants,

 

elephqnts 04

 

une cavalerie, et une flotte d’une centaine de bateaux, qui se lancent dans la reconquête, selon un plan bien établi connu de tous.


9/ La prise d’Ayutthaya en novembre 1767. (Ch. 13)


Ils avaient mis 3 semaines pour arriver à Ayutthaya, depuis l’embouchure du grand fleuve. Ils avaient avancé en silence, pris les deux forts de Bangkok, tenus par les Birmans ; aidés par les Siamois enrôlés de force qui s’étaient libérés. Et ils étaient repartis aussitôt sur  Ayutthaya pour empêcher les Birmans, prévenus, de préparer leur défense. Ils avaient dû subir une attaque surprise de bateaux de guerre birmans et  les avaient défaits. Taksin avait fait parler des prisonniers et appris que le  commandant birman Sukyi était installé, comme au temps du siège, au camp des Trois Figuiers, en amont de la capitale, secondé par Maung Ya qui venait de les attaquer. Mais Taksin avait aussi appris que la garnison était composée de prisonniers, non seulement siamois mais aussi de Môns, de Karens ; une garnison affamée, prête à déserter. Effectivement, après deux heures à peine de combat, le général Sukyi, par la voix de l’ancien chambellan du palais du Devant, offrait sa reddition. Taksin l‘accepta en offrant au général Sukyi de partir ce jour même avec cinq hommes.


10 mois après sa chute, Ayutthaya était repris. Mais il ne restait rien, que des décombres, les palais et les temples en ruine,  avec l’odeur de mort.

Taksin se rendit compte qu’Ayutthaya était désormais indéfendable et aurait coûté trop cher à reconstruire. Il décida qu’il fonderait la nouvelle capitale à Thonburi.


thonburi05


10/ Le nouveau pouvoir siamois s’organise à « Thonburi, capitale du Siam, juillet 1768). (Ch. 14; ch. 15)


L’associé de Juan Phaulkon installé dans un comptoir à Mallaca, lui apprend, qu’il a reçu une commande de riz et de fusils du nouveau roi de Thonburi. (p.231) On voit aussi de bateaux arriver de Chantabun, Chonburi et Thonburi.

Taksin s’était fait couronner, avec l’assentiment de tous les mandarins et de l’ancienne famille royale, survivants d’Ayutthaya. Il  avait assuré sa légitimité en épousant quatre princesses royales, qu’il avait fait libérer de la prison de Lopburi, dont  Chao Ubon, la propre fille de Thepiphit qui prétendait encore à la couronne. Très vite, il avait refondé la Cour, avec son protocole, et les règles du roi précédent, présidé au Conseil.


Tout était à créer et Taksin va s’y employer avec énergie, mobilisant tous ses subordonnées, pour refonder « une administration, une chaîne de commandement pour traduire et exécuter ses instructions ». Il était passé du rôle de chef d’armée à celui de chef d’Etat.(pp. 233-240)


Il fallait reconstruire la ville, installer l’ordre, la sécurité et la justice, accueillir tous les réfugiés, fuyant les sévices de bandes armées qui terrorisaient le pays surtout celles des bonzes renégats commandées par le prêtre sorcier de Fang.


Taksin lui-même organisait les distributions de vivres, attribuait des tâches aux arrivants en fonction de leur savoir-faire, pour construire la nouvelle capitale. Tel saint Louis,

 

SAINT LOUIS 06

 

il rendait la justice, condamnant les voleurs à être fouettés, et les prêtres impies à mort.


Il fallut aussi régler le problème des liquidités. Le système de troc ne pouvait demeurer très longtemps et les réserves d’or trouvées à Chantabun et Chonburi seraient vite épuisées. On taxait déjà les marchands des ports du Sud. Et puis, on vit arriver des lingots, qui provenaient en fait des trésors enfuis de l’ancienne capitale. Les autorités laissèrent faire.


Lingots 07


Taksin voulut également rénover la religion, recréer la Sangha, avec une nouvelle hiérarchie, et des bonzes qui auraient réussi au passage d’un examen.


sangha 08


11/ La 1ére et curieuse défaite du roi Taksin à Phitsalunok. (pp. 241-244)


Il était temps désormais de marcher sur le Nord, d’abord à Phitsalunok, dont le gouverneur ne reconnaissait pas le nouveau pouvoir et avait proclamé son indépendance. Phra Fang, le prêtre magicien avait prédit la défaite de Taksin et exprimé son désir d’en faire sa nouvelle capitale.


Ce fut une catastrophe pour l’armée de Taksin.


Taksin en personne s’était présenté devant la porte de la ville, avec son armée. Il espérait une reddition, lorsqu’une balle l’atteignit, provoquant panique et repli, et attaque des soldats de Phitsalunok. Ceux-ci toutefois furent repoussés et regagnèrent leur cité. Mais Taksin ne fut que blessé et reprocha à ses commandants leur pleutrerie. Curieusement sur le chemin du retour, il reçut une lettre du frère du gouverneur, dans laquelle celui-ci lui apprenait que son frère qui s’était déclaré le nouveau roi du Siam, était décédé une semaine plus tard. Il reconnaissait Taksin comme son souverain et n’aspirait qu’au titre de Prince de Phitsalunok et de gouverneur.


prince de phitqsqnulok 09


12/ Le roi Taksin assure son pouvoir. (Thonburi, novembre 1768 (Ch. 16)

Juan Phaulcon revient à Thonburi deux ans et demi plus tard, l’occasion de constater les changements et de connaître l’actualité du moment.


Il est surpris de voir comment un hameau de fermiers et de pêcheurs s’est transformé en « une promesse de cité en devenir, bruissante, peuplée. » Il a du mal à comprendre comment son ami Sin, ayant quitté Ayutthaya avec une poignée d’hommes, a pu lever une armée, en si peu de temps,  reprendre le pays et devenir roi sous les acclamations du peuple.

Il saisissait maintenant pourquoi les sultans, rajahs et roitelets locaux des Etats malais avaient convoqué  leurs ministres, les gouverneurs étrangers et les marchands pour en savoir plus sur ce nouvel homme fort et prendre les mesures qui s’imposaient (hommage, ambassade, nouvel accord commercial). Taksin avait changé l’équilibre commercial et stratégique de la région.


Il apprend par Matthieu que  Duang et Bunma, envoyés par Taksin, venaient de  soumettre la province de Phimai,

 

Phimai 10

 

et d’y faire prisonnier son ennemi de toujours, Thepiphit, qui s’y était proclamé roi.


Certains ne comprenaient pas pourquoi Taksin avait choisi de mâter Phimai et Thephipit, alors que la situation au Nord était devenue inquiétante. Le prêtre fou de Fang, s’était emparé de Phitsalunok, avait empalé le nouveau et récent gouverneur et contrôlait tout le Nord jusqu’au Lanna.


Mais il s’agissait pour Taksin d’en finir avec le passé et avec celui qui lui contestait son titre et sa légitimité, même sur le point de mourir. Thepiphit de sang royal fut condamné à être battu à mort, avec une batte de bois de santal, dans un sac de velours écarlate, « la loi platine édictée par le roi Trailok serait suivie, et aucune goutte de sang royal ne toucherait le sol. » Les concubines et enfants qui n’étaient pas de sang royal eurent la tête tranchée. (p.261)


L’armée siamoise dirigée par Duang et Bunma, avait poursuivi son action au Cambodge.

L’année suivante, il avait envoyé une armée de 5000 hommes au Sud pour soumettre le gouverneur de Si Thammarat. (Cf. § suivant)

armee 11

13/ Thonburi 1769. Année des calamités, et des premiers désordres psychiques de Taksin. (Ch. 17)


Certains attribuèrent à l’exécution de Thepiphit, la suite de calamités qui marquèrent 1769, cette année du bœuf.

 

qnnee du boeuf 12

 

Il y avait eu deux tremblements de terre, la sécheresse et la famine, avec les rats et les souris.

Pour la première fois Taksin était frappé d’immobilisme, doutait et s’interrogeait sur ses barami. On voit apparaître des premiers signes inquiétants.


Il avait ordonné le viol en public, par ses rameurs et ses boxeurs, de deux de ses princesses qu’il aimait et de  deux pages soupçonnés de relations adultères, avec les supplices qui s’ensuivirent. Il avait ensuite rassemblé toutes ses femmes et annoncé qu’il allait mettre fin à ses jours et avait demandé quelles étaient celles  qui étaient prêtes à le suivre.


Il devenait imprévisible, exalté, dangereux. Il passait ses journées en méditation ou se promenait incognito dans les marchés, à l’affût de la moindre rumeur, dans la peur, disaient certains, de perdre son trône. La confiance était ébranlée.


14/ Taksin retrouve ses esprits et redevient le général adulé. 


Et puis, apprenant la catastrophe de la campagne de Si Thammarat


nakhon-si-thammarat13

 

(au 1er engagement, le fils du général en chef avait été fait prisonnier et celui-ci refusait de se battre), Taksin  avait retrouvé ses baramis et son énergie conquérante. Il avait pris la tête d’une flotte, braver et calmer une tempête, et galvaniser ses troupes. Ils avaient vaincu dès le premier jour de combat et les troupes de Si Thammarat et le gouverneur avaient fui. Il s’était présenté aux portes de la ville, perché sur l’éléphant du gouverneur, et la ville s’était rendue sans combattre.


Lors de la cérémonie de reddition, la Sangha, le clergé de la Province réunie, était dans la crainte des décisions de Taksin. Il leur donna sa protection, offrit à chacun, un boisseau de riz et un bath d’argent. Certes, il leur prit l’exemplaire des Tripitaka, le livre sacré, mais afin, leur dit-il, de le faire copier, pour que chacun puisse connaître l’enseignement de Bouddha.


tripitqkmq 14

 

Outre l’or et l’argent, il avait décidé également d’emmener à Thonburi, la troupe de théâtre de femmes, pour qu’elles puissent y fonder une école et remettre à l’honneur la tradition ancestrale du spectacle du Ramakien.

 

ramakian 15


Sa victoire fut complète avec la reddition du Prince gouverneur, qui fut surpris d’être épargné, libéré avec tous les prisonniers. « Enfin, le maléfice était rompu, Taksin était débarrassé de ses peurs irrationnelles et de ses haines aveugles. »


Il avait même décidé de préparer les soldats de la Province pour qu’ils se joignent à son armée qui allait reprendre Phitsalunok.


Mais Taksin de retour à Thonburi, avait été surpris de voir les troupes de Duang (et Bunma), ses généraux de l’armée de l’Est, partis conquérir le Cambodge. Il fut surpris d’apprendre, qu’ils étaient en fait  revenus car ils avaient reçu des informations selon lesquelles l’armée siamoise avait été massacrée, le roi tué,  et que les Birmans se massaient à l’embouchure du fleuve. Taksin s’était mis alors dans une de ses colères, bavant et éructant, Et puis il avait compris.


Il était temps de prendre Phitsalunok.( Thonburi, avril 1770).(Ch. 1,  pp. 283- 307)

Taksin prépara longuement cette campagne, sans négliger le moindre détail. Il passa des commandes  de mille fusils anglais auprès du capitaine Leck (faisant commerce aussi avec le royaume d’Ava).

fusil anglais 16

 

Il apprit par lui que la guerre sino-birmane était terminée, et que le roi Mangra envisageait de nouveau d’attaquer le Siam.

La naissance d’un éléphanteau blanc à l’est de la ville, l’arrivée des armes légères, les exercices de méditation imposés aux officiers journellement, ne pouvaient qu’être favorables pour cette campagne.


Et de fait, ce fut une victoire rapide et éclatante.


L‘armée siamoise de 10 000 hommes ne rencontra aucune résistance lors de sa marche vers le Nord. Mieux, « les campagnes se soumettaient, les villages  s’ouvraient, les villes se rendaient à l’approche de la longue colonne. » il n’y eut que deux  ou trois escarmouches. Moins de 15 jours après avoir quitté Thonburi, Phitsalunok se rendait, et le prêtre Fang s’était enfui.


Taksin laissa sur place une garnison de 1000 hommes et repartit à marche forcée, à la poursuite de Phra Fang, dont on disait qu’il était à Sukkhotai ou à Sawankhalok.  A Sukhotai, Taksin apprit que Fang était peut-être parti vers Ava. Désirant obtenir l’adhésion des habitants, il épargna les soldats de la garnison, organisa l’approvisionnement en riz des campagnes, maintint à leur poste les chefs des muang qui avaient été justes. Quant aux moines, ne pouvant distinguer ceux qui avaient suivis Fang, ils furent soumis à l’épreuve de l’eau (demeurer sous l’eau le temps de 3 klan),

 

supplice de l'eau 17

 

et durent confesser leurs fautes. Les coupables furent battus au rotin et tatoués pour qu’ils puissent être reconnaissables. Une cérémonie de six jours vint clore la paix retrouvée avec la sangha du Nord-Est.


De plus, Taksin apprenait de Thonburi, qu’un Prince malais s’était soumis avec une armée de 10 000 fusils et de cent canons ! Cette nouvelle fut appréciée d’autant plus que « des  informations reçues de la frontière du Nord révélaient que des forces birmanes se massaient au sud de Chiang Maï. »


Après Phitsalunok, Chiang Maï et la menace birmane.


Malgré le fait que les hommes étaient épuisés après des mois de campagne, Taksin décida de marcher sur Chiang Maï. Mais il rassura ses officiers en leur précisant qu’il ne s’agissait que de sonder leur force combattante ; Chiang Maï, traditionnellement, ne tombant que la seconde fois. Mais tous savaient que de cette province dépendait la prospérité et la sécurité du royaume.

De fait, « l’attaque des Birmans sur Sawankhalok échoua, et celle de Taksin sur Chiang Maï aussi. » Le retour sur Thonburi fut décidé avec le projet de revenir l’année suivante, avec des canons et des mortiers en vue d’un siège victorieux.


15/Taksin étend son royaume et retrouve la gloire du Siam d’antan.

Les Birmans et  le Cambodge. Décembre 1770, Ch.12.


On apprend au chapitre 12, que Taksin reste vigilant et conquérant. De retour, il avait entrepris de faire creuser des fossés autour de la capitale dans la crainte d’attaque birmane par le fleuve.

 

 

fortifications 18


« Juste avant le nouvel an chinois, il avait envoyé sur le Cambodge par voie de mer une armée de quinze mille hommes, deux cents jonques et deux cents barges de guerre, avec Duang à sa tête »,  prenant ainsi l’ennemi à revers, par le Sud.(p. 305) Cette décision avait été prise préventivement, pour empêcher que le Cambodge s’allie avec les Birmans qui venaient d’occuper Vieng Chang et Luang Prabang au Laos.


Taksin montrait par contre des signes inquiétants. Il avait fait décapiter un bébé qui l’avait réveillé avec ses pleurs.


Le Cambodge. (Ch 20, Siem reap, novembre 1771)


Il est dit que le monarque cambodgien se soumit à Duang, le nouveau Phraya Chakri, à Angkor Thom, une ancienne capitale, dont personne ne savait pourquoi elle avait été abandonnée.

 

ANGKOR THOM 19

 

Il reçut des reliques  sacrées du Bouddha, des pièces de brocart et des concubines, qui furent envoyés à Taksin  à dos d’éléphants. Ils y restèrent plus de six mois. Duang au tout début de l’année du dragon, apprit que « Mergui et Tenasserim  avaient été repris par l’armée de l’Ouest commandée par Bunma. » (p.312) De retour à Thonburi, il savait que son séjour serait bref, car les Birmans allaient réagir à la perte de Mergui et de Tenasserim. Mais pour l’heure Taksin  pouvait savourer d’avoir « ramené le royaume au-delà des frontières qu’il avait eues voici plus de vingt ans. » (p.314)


16/ Taksin se prend pour une divinité.***


e;pereur dieu20


Il semble que ce prestige retrouvé ait altéré la santé mentale de Taksin.

Non seulement Taksin avait de nouveau des accès de rage. Il avait par exemple fait décapiter quelques mois auparavant un marchand chinois de Chantabun, qui n’était pas venu assez vite le saluer ; bien que celui-ci lui avait pourtant offert sa fille Ngoen et son fils Thong.


Mais surtout cette fois-ci,  il avait déclaré devant le général en chef et ses officiers, et les mandarins de la Cour, qui allaient repartir renforcer les troupes de l’Ouest, que ses méditations et ses jeûnes l’avait amené au rang des  divinités, un bouddha en devenir, avec de nouveaux pouvoirs. Et « Je suis maintenant en mesure de me transporter par les airs, et je pourrai donc, lorsque j’en aurai le loisir, venir voler au-dessus de vos têtes et m’assurer que vous faites mes volontés, et que vous combattez bien. » (p.314) Il avait poursuivi en les informant que leurs parts de butin rapporté du Cambodge leur seraient livrées, mais qu’il les invitait à renoncer aux possessions terrestres et suivre la voie de la sainteté. On imagine la  tête de tous les auditeurs.


Surtout qu’on disait qu’il avait convoqué des religieux musulmans malais pour leur montrer les marques de Bouddha !


17/ L’attaque birmane à Phitchai et la prise de Chiang Maï. (1774 ?)


Le journal de Matthieu (Phitsalunok, décembre 1772 et mars 1773), nous apprend que l’armée birmane « a attaqué Phitchai, une petite citadelle au nord de Phitsalunok, et Burma a réussi à les repousser, et elle s’est retirée à Chiang Maï. » Thong Di, ordonnance de la première heure de Taksin, a été nommé gouverneur et est désormais Phraya Phitchat. Quelle promotion ! Ce combattant hors pair,  celui qui combat avec deux sabres, sera vénéré par ses soldats après avoir repoussé une nouvelle attaque des Birmans à Phitchai. (mars 1773 ?).

Matthieu relate que « le roi a décrété que tous les phrai devront être désormais tatoués au poignet avec le nom du groupe auquel ils appartiennent ainsi que leur muang d’origine. » (Cf. notre article sur la sakdina)

Taksin profitera que les Birmans soient occupés par une rébellion des Mons pour  attaquer Chiang Maï.


La prise de Chiang Maï en 1774. (pp. 320-322) Ce fut un triomphe.


« Taksin s’était présenté devant les murailles de brique rose de Chiang Maï, précédé de cymbales, de tambours, d’éléphants portant how-dah d’apparat martelés d’argent et cloutés d’or et d’esclaves agitant des éventails de plumes de paon. » L’art et la manière. Tout avait été réglé la semaine précédente. On savait que « les habitants de Chiang Maï ne pourraient pas soutenir un siège, et même une partie des officiers qui défendaient la ville étaient prêts à ouvrir les portes. »

Il  y eut bien des coups de canons, mais les obus étaient en or. Taksin les dédaigna et les fit enterrer près du Wat Mahathat de  Lamphun, pour honorer les dieux bafoués par l’occupation birmane. Et les portes s’ouvrirent sans combat, pendant que le gouverneur birman s’enfuyait par la porte de l’Eléphant blanc.


« Sa majesté fut respectueusement informé qu’en prenant Chiang Maï, il avait acquis cent dix canons, deux mille fusils, trente-deux paires de gongs, deux cents chevaux, et aussi plus de cinq cents familles siamoises qui avait collaboré avec l’ennemi », et des porcelaines, vaisselles d’argent, soie, etc.

Le roi généreux promis une distribution de soir rouge aux soldats et mauves aux officiers.


On put assister à une confrontation violente entre le roi Taksin et Duang, Phraya Chakri, à propos de l’ordre donné par Taksin de brûler vif tous les Siamois félons. 


Il était évidemment impossible de contester un ordre de Taksin, et pourtant ce jour-là, Duang osa. Taksin, interloqué lui rappela qu’il était son roi, et un germe de Bouddha. Duang quant à lui, lui rappela son titre, son amitié, sa fidélité, et le bien du royaume ; et il sut honorer sa qualité de « germe de Bouddha »

 

germe de boiuddha21

 

pour qui la compassion était la qualité suprême : « Tu as vaincu jusqu’ici parce que tu es le plus vertueux. ». Mais ce qui fut le plus efficace fut le pressentiment qu’il ressentait et que Bunmak confirma en disant que ce sang versé lui ferait perdre la faveur des dieux, et effacerait les mérites acquis. (p.322) Taksin n’avait pas peur des hommes, mais les dieux !


Exceptionnellement, il annula l’ordre et ordonna que les soldats siamois félons  seraient employés à couper l’herbe pour les éléphants jusqu’à la fin de leurs jours.


1774. Les Birmans vaincus au Nord, reviennent au Sud, et sont de nouveau battus.


Le journal de Matthieu daté de mai 1774, nous apprenait que les Birmans en avaient profité pour traverser le col des Trois Pagodes

 

col des 3 pagodes 22

 

et arriver jusqu’à  25 miles de Thonburi. Ils avaient été repoussés par Bunma avec la petite force dont il disposait (les troupes étant encore à Chiang Maï), et les Birmans avaient pris et s’étaient installés à Ratburi.  Bunma avait demandé des renforts. Taksin qui ne consentit qu’à dépêcher son fils, « ce curieux Kromakhun, un peu falot ».


Bref, il fallut attendre plusieurs mois, alors que chacun restait sur ses positions pour que Taksin décidât d’engager sa royale personne et « plus de 8000 officiers et soldats, et 227 fusils et canons ». Devant les troupes assemblées, il s’étonna qu’ils avaient toujours besoin de lui pour vaincre, et qu’il récompenserait ou sévirait chacun selon ses mérites. Il fut plus explicite en promettant qu’en cas d’échec à Ratburi, il ferait emprisonner leurs femmes et leurs enfants.


Ils vainquirent après des mois de siège et des combats acharnés, avec des maladies qui faisaient de nombreux morts. L’assaut final fut célébré par une pluie miraculeuse qui gonfla les rivières et leur permis d’encercler les Birmans par bateau.


Taksin était resté auprès de son armée, malgré sa mère mourante. « Il y avait des lunes et des lunes qu’on ne lui avait connu aucune de ses crises de rage. » Il offrit une sakdina considérable aux deux commandants birmans qui avaient acceptés de se mettre à son service.

Taksin put retourner en triomphe à Thonburi et procéder aux rites de crémation de sa mère qui se déroulèrent sous la tempête. Etait-ce un signe ?


La réponse humiliante de l’empereur de Chine. 

 

e;pereur de chine 23


Il reçut dans le même temps  la réponse de l’empereur de Chine à sa lettre qui avait été envoyée  deux ans auparavant, demandant son soutien contre les Birmans. Un scribe de rang inférieur avait écrit que :

« les mangeurs de fleurs étaient des êtres méprisables, mais que la décision de leur faire la guerre serait prise par la Cour impériale, et qu’il n’entrait pas dans les attributions du dirigeant  - on ne lui reconnaissait même pas le titre de Roi !- d’un pays insignifiant de s’en préoccuper ». On imagine ce que dut ressentir Taksin !


18/ 1776 et 1777. Les Birmans attaquent de nouveau à Phitsalunok, et vont infliger une terrible défaite à Taksin. (Ch. 21 et 22)


Le chapitre 21 (pp. 330-337), se situe à Mallaca en  1776. On y dit que les Birmans ont de nouveau attaqué Phitsalunok, et que tous les comptoirs livrent des armes et de la poudre au Siam.


On apprend par Juan, que Taksin gouverne toujours par la terreur et que l’on ne peut prévoir ni ses crises, ni ses exactions. On raconte  que récemment, « il avait fait mettre à mort le gouverneur de Sawankhalok, Somsak, fidèle des premiers jours, qui avait osé demandé la main de la sœur de Chao Chom Chim ,une des concubines royales.» Et qu’il avait remis à l’honneur l’antique cérémonie d’allégeance, « où tous les officiels du royaume devaient boire en signe d’obéissance et de fidélité une eau dans laquelle avaient baigné le sabre et le bouclier du souverain, symboles de la toute-puissance ». Les missionnaires avaient refusé de se soumettre ce rituel, et avaient été mis en prison.(p.335)


Le chapitre 22 se situe en 1777, et commence par l’évocation d’un retour de l’armée du Siam épuisée et affamée à Thonburi, après  deux ans de batailles ininterrompues à Phitsalunok, après avoir subi une terrible défaite.


Cette fois-ci, nul n’aurait pu prévoir les conséquences d’une nouvelle attaque des Birmans, menés par le vieux général Asewunki, qui avait attaqué Sukhotaï, puis avait pris Tak et Kampheng Phet, en massacrant tous les officiers et soldats siamois. Et pourtant, Taksin avait envoyé une armée de 4000 hommes avec Bunma à leur tête pour soutenir Sukhotai. Mais il avait échoué et avait dû se réfugier à Phitsalunok. « Duang fut dépêché avec l’armée de l’Est pour renforcer ses défenses ». Mais Phitasalunok se trouva assiégée, encerclée, et même Taksin venu en personne prendre le commandement fut impuissant à empêcher la chute.


« Toutes les manœuvres tactiques, toute la stratégie se heurtaient  à la machine de guerre birmane

 

machine de guerre birmqne 24

 

et tout effort des Siamois pour repousser une percée, reprendre quelques coudées de rizière, assurer la ligne d’approvisionnement était voué à l’échec ; sa majesté avait perdu ses barami. » Et pourtant, il était redevenu le général d’autrefois, avec ses compagnons d’armes, les écoutant, partageant le riz gluant, plaisantant, mais toutes ses ruses avaient cette fois-ci échouées. Il s’était résigné à retourner à Thonburi, laissant le commandement à Duang et Bunma, avec Thong Di, leur recommandant de tenir le plus possible et de décrocher.


Mais la situation était atroce, sans issue, tant la famine régnait. Et puis il y eut une offre étonnante du vieux général birman.


Le général Commandant les forces d’Ava envoya un message à Duang, Phraya Chakkri, lui proposant un repas en tête à tête, sans armes, et sous le serment devant le seigneur Bouddha. Duang accepta, malgré les réticences de son état-major, qui croyait à une offre de reddition.

Le général lui proposa en fait d’évacuer Phitsalunok d’ici 10 jours, et l’informa qu’il donnerait ensuite « l’assaut final, qui serait sans pitié » (p. 344). Le général était las et voulait éviter un massacre.

Duang rendit compte à ses officiers de la proposition du général birman et leur fit part de sa décision d’accepter et de se préparer à partir dans 5  jours. Duang, sachant ce qu’ils  pouvaient ressentir et penser, leur rappela que le roi Taksin leur avait « accordé la permission de se retirer avec les populations civiles ». Et puis il retint Matthieu, Bunma et Bunnak, pour leur confier que le vieux général birman, âgé de 72 ans, lui avait dit  que des  astrologues d’Ava avaient prédit qu’il serait roi, et qu’il devait faire attention à Taksin qui le savait. Bunmak lui rappela alors qu’un vieux lui avait prédit la même chose quand ils étaient jeunes novices.


Le retrait s’effectua « le onzième jour de la lune décroissante, le quatrième mois de l’année de la Chèvre ».

 

qnnee de lq cheve 24

 

On devait être en mars 1776.


Le journal de Matthieu nous apprendra que le nouveau roi d’Ava, Ching Ku Cha, n’avait du tout apprécié la décision de son  vieux général et l’avait dégradé et avait envoyé ensuite 6000 hommes pour reprendre et raser Chiang Maï. Matthieu eut le sentiment de l’échec et de l’inutilité de ces deux ans de guerre.


Taksin.


 Au retour, ils constatèrent que Taksin avait retrouvé son caractère « étrange, imprévisible, et impérieux ». Pire, Matthieu apprit par Mgr Lebon –qui avait été libéré avec les autres missionnaires le jour de l’Assomption-  que le roi, lors de l’audience royale à laquelle il avait été convié, lui assura qu’il venait de voler devant lui.


Au cours du sixième mois de l’année du coq, Taksin nomma Duang au rang de « Somdet Chao Phrya Maha Kotasuk, ce qui signifiait « Grand Roi de la guerre, semblable à Civa, monarque de la lignée du Soleil », pour contrer la double prédiction qui annonçait qu’il serait roi.  (p. 347). Duang n’apprécia pas et était las de « la Cour, de ses bruits, et de ses « artifices ».


Une révolte de la principauté lao de Champassak.


champassak 25

 

Taksin déclara à son état-major qu’il fallait réprimer impitoyablement cette province, indispensable, comme les autres provinces laos, pour faire tampon entre le Siam et le Vietnam. Il reçut à temps une cargaison de 926 fusils commandés à la East India Company.


La victoire n’avait pas été aisée et le siège de Vieng Chan avait été sanglant. Bunma avait même fait décapiter tous les prisonniers laos puis avait fait empiler les têtes dans une barque sur le Mékong afin qu’elles soient vendues devant la ville. (p.353). Duang quant à lui, avait vaincu Luang Prabang. 


Il avait reçu l’ordre de Taksin, d’apporter  à Thonburi, le Phra Bang, la statue d’or très vénérée de Luang Prabang, ainsi que le Bouddha d’émeraude  de Vieng Chan. Le jeune Chakri rappela qu’il fallait enlever « toute velléité de résistance », et Bunnak que le Bouddha d’émeraude avait appartenu jadis au Lanna et avait été emmené là par un roi de Chiang Maï. On ne se souvenait plus de son origine, mais on lui attribuait de grands pouvoirs. Mais Bunnak craignait la légende qui disait que les esprits des deux statues se haïssaient et ne devaient pas être sous le même toit sous peine de catastrophes à prévoir. Mais il fallait obéir aux ordres avait rappelé le jeune général Duang.


La situation en 1780.


Fin janvier 1780, « de mémoire de Siamois, jamais n’avait-on vu de fête pareille » pour célébrer les deux statues à Thonburi, qui allaient désormais protéger le peuple ainsi que leur roi qui prétendait avoir atteint le premier stade de la divinité en devenant Sotapanna, « celui qui est entré dans le courant ». De fait, « les velléités de guerre des Birmans s’étaient calmées, le laos et le Cambodge tout entiers étaient fermement sous domination siamoise ». (Ch. 23, p. 357), la paix prévalait, et le riz ne manquait pas.

Mais Thonburi vivait dans la crainte, les rumeurs. « Thonburi était devenue une cité méfiante, apeurée sur elle-même et coupée de son roi. » (Cf. pp. 358-359).

Taksin avait rompu le lien magique qui l’unissait autrefois à ses soldats et à son peuple. Sa raison chancelait.


Il avait même déclaré la guerre à la sangha qui lui refusait son titre auto-proclamé de Sotapanna et de Bouddha en devenir. Les marchands chinois s’étaient vus accusés de malhonnêteté et spoliés de leurs biens ; les chrétiens étaient en colère après l’expulsion du royaume de Mgr Le Bon et des missionnaires; les mandarins de la Cour craignaient à chaque instant de perdre leurs fonctions et leur sakdina ; les officiers  revenus du Laos n’avaient pas reçus leur part de butin, l’armée de l’Est n’avait eu droit à un accueil triomphal. On disait même que la reine avait été battue car elle était intervenue en faveur d’un prêtre défroqué.


Taksin avait perdu sa légitimité et beaucoup espérait son remplacement. Matthieu l’avait retrouvé changé à son retour du Laos. Il était maigre à faire peur. Il jeunait pendant des jours après s’être emporté, et il s’emportait souvent. Il lui avait fait part de complots qui se tramaient, que l’on avait offert le trône à Duang qui avait refusé, mais pour combien de temps, lui avait-il dit. (p. 364)


Il se sentait seul  et menacé. Il avait confié sa sécurité à des farangs.


1782. La fin de Taksin.


Les deux derniers chapitres (24 et 25) vont se situer entre le début février et le début d’avril  1782.

Depuis deux ans, la situation n’avait fait qu’empirer. Les mandarins, l’armée et le peuple subissaient en silence les brimades et tyrannies du roi, toujours dans ses dévotions successives en compagnie de deux ou trois bonzes et astrologues, ou apparaissant  pour proclamer « un nouvel impôt pour telle et telle confrérie de marchands ou guilde d’artisans », une nouvelle taxe, une nouvelle exécution. Les crises se multipliaient.


Un mois environ après la cérémonie d’accueil des deux statues de Phra Bang et du Bouddha d’émeraude, Taksin dans une crise avait décapité son coiffeur et son assistant pour un cheveu plus long que l’autre. Il s’en prit même à son fils, l’héritier, qui avait été choqué par la scène et l’avait exprimé. « Le Prince se vit donner cent coups de rotin, sa résidence fut détruite jusqu’aux fondations, son jardin labouré, on le dépouilla de tous ses titres et de toutes ses rentes et sakdina. Le royaume était désormais sans héritier. (p.369).  « Les rumeurs de la  folie du roi se multipliaient partout. »


Le Vietnam choisit ce moment pour marcher contre le Cambodge. 


Taksin ne réagit pas de suite, plus préoccupé par ses ambassades chargées de présents coûteux auprès de la Cour de Chine et l’espérance d’épouser une princesse chinoise.

 

princesse chinoise 26

 

Et puis en un jour, en une séance du Conseil, il décida enfin de rendre son titre à son fils, et d’envoyer Chrakri avec l’armée de l’Est au Cambodge.

Avait-il retrouvé ses esprits ? Non, quelques semaines  plus tard, il avait fait exécuter « avec une cruauté raffinée » une de ses concubines, et le mage Mahada d’Ayutthaya,  qui lui avait vendue une eau miraculeuse,  qu’elle lui avait fait boire.


Et il y avait eu la rébellion d’Ayutthaya et la trahison de Phra Sun.


Taksin avait envoyé un nouveau gouverneur à Ayutthaya « chargé de traquer tous les bonzes qui pourraient contester son pouvoir. » (p. 371) Mais  celui-ci avait été accusé « de piller les temples sous prétexte de lever l’impôt ». Taksin avait alors « dépêché un de ses mandarins, Phra Sun, pour l’arrêter ». Mais loin de mater la révolte, Phra Sun en profita pour organiser des troupes et marcher sur la capitale.

Mais Taksin, loin de réagir,  refusa à son chef de sa garde d’intervenir pour donner à son peuple « qui l’adorait » l’occasion de défendre leur roi et de prouver leur loyauté. Il eut droit à une révolte populaire et une petite révolution de palais.


La fin du règne de Taksin.


En effet, les balons chargés de paysans venus d’Ayutthaya, les artisans, des bonzes mêmes chargèrent le palais qui n’était défendu que par 36 chrétiens. L’assaut qui vint mettre fin au règne de Taksin ne  fit que huit victimes, huit soldats chrétiens et quelques assaillants.


Taksin avait été arrêté. Il avait accepté de confier la couronne à son fils et décidé de prendre la robe de moine. Phra sun revendiquait aussi la couronne.  On avait envoyé des messagers au Cambodge pour faire revenir Chakri.

Chraki avait « accepté « la couronne. Il régnait désormais sous le nom dynastique de Phutthayotfa. La prédiction s’était réalisée.

               

Il fallait désormais régler le sort de Taksin. « Comme pour le Prince Thepiphit, la Loi Palatine du roi Trailok dicta les moindres détails de l’exécution de sa majesté Taksin ». il fut enfermé dans un sac de velours pourpre, et battu à mort à coups de batte de bois de santal.                                                                                                                                                                                 

 

« Taksin n’était plus. » Le règne de Rama 1er commençait.    

 

 

                                                                                                                                           

 

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*Plon, 2007.

Le livre comporte 587 pages et  25 chapitres.

 

L’auteur.

Née à Trieste, de père américain et de mère française, Claire Keefe-Fox a vécu entre les Etats-Unis, la Suisse, la France et l'Italie.
Interprète, a été directrice de l’Alliance française de Bangkok.

Elle a déjà publié « Le Ministre des moussons, Plon, 1998,  et « L’atelier d’éternité », Plon, 2002


** Sources de Claire Keefe-Fox, p. 383.


***Taksin, bipolaire ?


Le trouble bipolaire (ou trouble maniaco-dépressif1, anciennement classifié sous les termes de psychose maniaco-dépressive1 (PMD) ou maladie maniaco-dépressive (MMD)) est un diagnostic psychiatrique décrivant une catégorie de troubles de l’humeur définie par la fluctuation anormale de l’humeur, oscillant entre des périodes d'élévation de l'humeur ou d'irritabilité (manie ou dans sa forme moins sévère d'hypomanie), des périodes de dépression et des périodes euthymiques. Plus rarement le trouble bipolaire peut se caractériser par une phase maniaque sans présence de phase dépressive. Les individus souffrant de trouble bipolaire peuvent également faire l'expérience d'épisodes mixtes durant lesquels les symptômes de manie ou d'hypomanie tel que l'excitation par exemple et les symptômes de dépression tel que la tristesse sont ressenties en même temps. Ces événements sont souvent entrecoupés par des périodes de stabilité. Chez certains individus, la dépression et l'excitation peuvent rapidement alterner. Un état maniaque très intense peut conduire à des symptômes psychotiques tels que les délires et les hallucinations.(wikipédia)

 

bipolaire refinal

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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