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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 00:10

12. Les relations franco-thaïes :

La 1ère ambassade de Louis XIV, vue par Mme Pensri Duke, une historienne thaïe des années 1960.

 

Mme Pensri Duke, docteur de l’Université de Paris–Sorbonne, a été responsable du département de l’Université de Chulalongkorn , et a dirigé par ex.  le 7 ème Congrès des historiens d’Asie à Bangkok en août 1977, sous les auspices du gouvernement royal. Autant dire qu’elle est ou fut une « autorité » reconnue.

 

Mme Pensri Duke dans son livre intitulé :

Relations entre la France et la Thaïlande (Siam) au XIXème siècle d’après les archives des affaires étrangères, (Distr. Librairie Chalermnit, BKK, 1962), commence curieusement par sa version de la 1ère ambassade de Louis XIV :

 

ambassade-recue-versailles-« Premier contact avec la France au XVIIème siècle »

 

« C’est au XVIIème siècle que se nouèrent les premières relations entre la France et le Royaume de Thaïland.

 

La Cour d’Ayudhia désira une politique de rapprochement avec Louis XIV. Une ambassade thaïe fut reçue en 1684 à la Cour comme en fait foi une médaille de bronze qu’on peut voir encore au Palais de Versailles.

 

Un traité de commerce fut conclu en 1685 entre la France et la Thaïlande : des missionnaires français partirent pour la Thaïlande dans le but de convertir au catholicisme non seulement les habitants, mais encore leur Roi.

 

Cette première prise de contact ne fut pas suivie d’effets très heureux. Louis XIV qui ne rêvait que conquêtes forma le projet de s’emparer de la Thaïlande et d’y établir sa domination. Le premier ministre Constantin Faulcon, d’origine grecque, ne pensant qu’à son intérêt, proposa aux Français de leur remettre la forteresse de ce qui serait plus tard Bangkok et qui était la clef de la pénétration dans tout le Royaume .

 

En 1688, le peuple Thaï mécontent, se révolta, Faulcon fut mis à mort et les Français durent quitter le pays.

 

L’esprit de méfiance qui régna à la Cour de Thaïlande contre la France après cette première expérience, et les troubles intérieurs du pays expliquent que les relations diplomatiques entre les deux royaumes furent interrompues pendant près de deux siècles  ».

                                               _________________________

 

Il m’a paru intéressant de recopier cette page d’une historienne thaïe, qui plus est, docteur de la Sorbonne, présentant sa vision « thaïe » des « premières relations entre la France et le Royaume de Thaïlande », non seulement partiale, pour le moins tronquée, voire fausse. Volontairement ?

 

On peut remarquer que Mme Duke n'évoque qu’une seule ambassade.

Elle  « oublie » la 2ème ambassade de La Loubère reçue par le Roi Naraï le 2 novembre 1687.

ambassade-du-siamElle oublie qu’en 1678 le Roi Naraï avait déjà envoyé une Ambassade qui malheureusement, avait disparu en mer. Elle n’évoque pas le 1er contact qui a eu lieu en 1662 entre la Cour et Mgr Pierre Lambert de la Motte  accompagné de deux missionnaires, qui autorise l’installation des missionnaires et la liberté de culte, que Mgr Pallu  remet une lettre du pape Clément IX et de Louis XIV, au roi Naraï le 18 octobre 1673.

« Un traité de commerce fut conclu en 1685 entre la France et la Thaïlande : des missionnaires français partirent pour la Thaïlande dans le but de convertir au catholicisme non seulement les habitants, mais encore leur Roi ».

 

Or, le traité de 1685 stipule que les missionnaires sont libres de convertir et que les convertis seront protégés. Mieux, déjà un séminaire fonctionne, des églises et chapelles assurent le culte sans problème.

 

« Louis XIV qui ne rêvait que conquêtes forma le projet de s’emparer de la Thaïlande »

 

Or Louis XIV envoie une deuxième ambassade pour répondre à une demande explicite du roi Naraï. Certes le nombre de 650 soldats semble sujet à polémique sur leurs intentions. Le romancier Axel Aylwen dans son roman « Le faucon du Siam » défend la thèse d’une conquête annoncée. Mais on n’oublie pas que le roi Naraï  avait déjà nommé le Comte de Forbin « maréchal » de son Armée lors de la première ambassade. De plus, l’attitude du général Desfarges, « fuyant » lors de la révolution de 1688, sans combattre, ne montre rien d’un  « conquérant ». Cela ne veut pas dire, que sans la « révolution » de 1688, Louis XIV n’aurait pas eu des velléités de « conquête ».

 

audience-des-ambassadeurs-d« Le premier ministre Constantin  Faulcon, d’origine grecque, ne pensant qu’à son intérêt, proposa aux Français de leur remettre la forteresse de ce qui serait plus tard Bangkok et qui était la clef de la pénétration dans tout le Royaume »

 

Mme Duke oublie de mentionner que la forteresse était déjà occupée par les Portugais, que des Maures et des Chinois composaient la garde royale… que Faulcon ne pouvait rien proposer sans l’ordre du Roi Naraï, véritable despote (au sens grec). Et on a vu qu’il ne fut pas difficile à Phetratcha de faire fuir les Français. 

 

« En 1688, le peuple Thaï mécontent, se révolta, Faulcon fut mis à mort et les Français durent quitter le pays . »

 

Même écrit en 1962, Mme Duke n’ignore pas le pouvoir absolu du roi Naraï, l’influence des grands mandarins et des dignitaires bouddhistes. Elle  sait que le « peuple » n’a aucun pouvoir, qu’il est soumis à 6 mois de corvée par an, et qu’un tiers de la population est composée d’esclaves …

Elle ne peut ignorer le coup d’Etat de Pitratcha qui exécuta les deux frères du roi, successeurs de la Couronne, et le fils adoptif  du Roi, et qu’il attendit la mort du roi  Naraï très malade, pour se proclamer roi.

 

 

Narai-1Le dernier paragraphe surprend par sa « simplicité » explicative :

 

«  L’ esprit de méfiance qui régna à la Cour de Thaïlande contre la France après cette première expérience , et les troubles intérieurs du pays  expliquent que les relations diplomatiques entre les deux royaumes furent interrompues pendant près de deux siècles  ».

 

On ne dira pas qu’en fait, le fils de Pitracha devenu roi en 1703 tenta en vain de reprendre contact avec Louis XIV  et que le  Siam ensuite n’ eût plus aucune relation diplomatique avec tout l’Occident jusqu’aux années 1840 (En 1840, le Siam fit des « avances » à Guizot qui n’y répondit pas).

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Les relations franco-thaies
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commentaires

Guy 27/01/2011 01:44



    Chapeau, plus prés de ce que j'ai lu sur Faulcon, excellent travail.



alainest 03/01/2011 11:34



Mais ou vont ils cherché tout cela ? en tout cas je prend plaisr à lie les articles de mes amis hostoriens


Alain