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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 00:02

numismatiaueLa philatélie et la numismatique volent au secours des « gloires nationales » (1) !

Il n’est pas aisé de faire le portrait d’un roi de droit divin (2), bien que, nous l’avons vu, certains rois d’Ayutthaya aient eu droit à quelques critiques de la part des chroniqueurs siamois, alors que d’autres étaient mis en avant par la propagande nationaliste.

Nous venions de terminer notre article (3) sur la statue du roi Anouvong inaugurée en novembre 2010 à Vientiane  par le président de la République démocratique des peuples du Laos, pour rappeler la nécessité de maintenir l’indépendance du pays et de résister aux puissants voisins thaïlandais, chinois et vietnamien. Nous découvrions alors que la même année, le 21 juillet 2010, un timbre commémoratif et une monnaie en argent avaient été émis pour  mettre à l’honneur le roi Rama III, qualifié de « père du commerce thaïlandais » (4).


La présentation publicitaire de ces émissions rappelait de façon évidemment angélique que :


« Rama III, le troisième de la dynastie Chakri, s’était personnellement engagé à régler tous les problèmes pouvant subvenir dans le commerce international. Il avait même, dit-on, promu de nouveaux produits pour répondre à la demande du marché international, et développé le commerce avec les nations étrangères.

Les profits réalisés servirent à l’administration de son royaume, aux bonnes œuvres et le reste fut mis dans un « sac rouge » en prévision d’une future rançon exigée par un ennemi futur.

Le libellé précise même que cette somme servit au roi Chulalongkorn à payer la rançon aux pays occidentaux et sauver ainsi le pays de la colonisation, afin qu’il puisse vivre en paix sous la souveraineté de leur roi (5).

 

1282214200-thailand-stamp-270.jpg

 

Ainsi Rama III, mérite bien d’être considéré comme « le père du commerce thaïlandais » tant sa vision du mondelui a donné perspicacité et clairvoyance dans le commerce international. (Cf. la version anglaise en note 6)


Nous ne ferons pas de commentaires, même si W. F. Fella dans le livre qu’il a consacré à Rama III prétendait que  « Sous l’effet d’une crise conjoncturelle, l’administration de Rama III qui avait donc par le traité de 1826, laissé augurer aux Anglais des réformes favorables à leur négoce, a  bien renoncé à ses monopoles. Mais ce fut pour la remplacer par de très lourdes taxes sur le commerce qui participaient d’une politique générale de fermeture du pays. » (7).


Le roi Rama III manifestera clairement sa position, nous l’avons dit, en refusant de recevoir et de négocier en 1850, avec M. Ballestier, l’ambassadeur américain, ainsi que sir James Brooke, le plénipotentiaire de la reine Victoria (8).


Mais en 2010, cela était bien loin, et le roi Rama III était devenu le « père du commerce thaïlandais » et 2010 était le 150ème anniversaire de cette paternité ?


De même qu’il est pour Pariya Subpavong, un roi bouddhiste exemplaire, dans son étude  « The influence of bouddhisme on political thought of King Rama III ». Il estime même que le bouddhisme inspira toute sa politique, sa gouvernance du royaume. Le roi appliquait la doctrine, en respectait les préceptes, était charitable, construisait des temples, aidait la communauté des moines à assurer sa sérénité. Il fit tout pour restaurer et diffuser la science et les connaissances qui ont contribué à l’identité d’une culture thaïe authentique  (sic).


Les chroniqueurs des rois d’Ayutthaya n’avaient-ils pas rappelé pour chacun d’entre eux, qu’ils protègent et soutiennent la Sangha (communauté religieuse des bonzes), qu’ils construisent temples et statues de bouddha, accomplissent les pèlerinages; qu’ils sont protégés par des éléphants blancs, qui leur donnent puissance et prestige, et les font craindre de leurs ennemis, etc… (9).

 

Larousse en tous cas estime que le roi Rama III « était soucieux de préserver les connaissances traditionnelles,fit graver sur des tablettes scellées aux murs du Wat Pho les principales œuvres de la littérature. »

watpho.jpg


En 2010 donc, les deux ennemis Anouvong, le roi de Vientiane et Rama III, le roi du Siam étaient donc remis à l’honneur, pour des raisons qui nous échappaient quelque peu (9 bis).


ANOUVONG.jpg


Alors, « père du commerce siamois », « protecteur des poètes », « fervent bouddhiste », « homme de paix » ? Tous ces qualificatifs sont à regarder cum grano salis (10).


En guise de conclusion, ejusdem farinae, nous nous sommes amusés à feuilleter les deux derniers catalogues de l’année 2013 (septembre-octobre et novembre décembre) ou, au milieu de commémorations d’événements historiques ou de personnages célèbres (11) nous avons relevé la publication le 8 novembre 2013 d’un timbre célébrant le 120ème anniversaire de la naissance de Rama VII dans les termes suivants :


«  Sa Majesté le roi Prajadhipok (Rama VII) est le dernier roi à avoir dirigé la Thaïlande en monarque absolu et aussi le premier à avoir conduit le pays vers une démocratie moderne …Il abandonna ses prérogatives et accorda une constitution avec l’objectif de protéger les intérêts de la majorité du peuple ».

 

rama-7.jpg


 C’est une façon de voir l’histoire ! Nous y reviendrons évidemment et d’abondance  lorsque nous serons en 1932 !


 

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(1) Voir en particulier notre article 14  « Les nouveaux Mythes thaïs : Les héros nationaux ».


(2) Ce n’est qu’à partir de 1874 (loi du 8 mai 1874 sous le règne de Rama V) que le Siam connut un embryon de constitution, le roi exerçant le pouvoir législatif en commun avec le « Conseil d’état suprême » et avec son « Conseil des ministres ». Ces conseils sont présidés par le roi mais les participants n’y ont pas droit de vote. Ils sont d’ailleurs choisis par le roi et composés le plus souvent de princes de la famille royale. Tous les postes de quelque importance sont donc occupés par ces princes, ayant le plus souvent rang de « Chao phraya ». Rama Ier a eu 42 enfants, Rama II en a eu 73 et Rama III pour nous en arrêter à lui, en a eu 51, tous ayant évidemment leur propre progéniture. Le monarque n’a donc pas de difficultés pour attribuer à ses enfants légitimes ou pas, à ses frères ou demi-frères,  à ses cousins ou demi-cousins, à ses neveux ou demi-neveux les rênes du pouvoir. Un réservoir inépuisable …

A titre de comparaison (il y avait alors environ 6 millions d’habitants au Siam), une promotion de l’ENA en France (60 millions d’habitants) représente par an une centaine de sortants dont tous, loin de là, ne font pas carrière dans la très haute administration, un sous-préfet à Forcalquier,


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ce n’est pas le chef de cabinet du ministre des affaires étrangères. Et comment cette grande famille est-elle rémunérée ? Voir (et restons-en là) notre observation à la fin de la note 5.


Nous trouvons dans le célèbre « Almanach de Gotha » à partir de 1879 seulement et pour les années suivantes, la longue liste de tous les « chaophraya » qui occupent les postes les plus importants du royaume, tous les postes administratifs à l’intérieur et tous les postes diplomatiques à l’étranger.

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(3) Notre article 119 « Le roi Anouvong, le dernier roi de Vientiane, héros national ? ».


(4) Les postes royales et ce qui correspond à notre administration des « monnaies et médailles » diffusent tous les deux mois un bulletin qui n’a pas valeur de livre d’histoire, annonçant leurs émissions en donnant quelques précisions sur le sujet (l’institution, les personnages ou le monument …) qui sera ainsi honoré.

 

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Les vignettes postales n’intéressent que les collectionneurs et ne sont pratiquement jamais utilisées au quotidien sur les enveloppes, les monnaies, en général en argent, n’ont pas cours légal, sont d’ailleurs vendues bien au delà de leur valeur faciale et n’intéressent que les spéculateurs. La pièce de 20 baths susdite était mise en vente 300 baths.


(5) La question est effectivement posée de savoir comment le Roi Rama V avait payé l’indemnité de 3 millions de baths au profit de la France à la suite du traité de 1893 consécutif à l’incident de Pak nam ». L’indemnité a bien été payée et déposée à la Caisses des dépôts et consignation (sa répartition entre les bénéficiaires éventuels a donné lieu à des batailles judiciaires sanglantes, nous y reviendrons un jour).

Victoire militaire pour les Français

 

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dont les canonnières menaçaient le palais royal défendu par l’amiral danois qui se faire appeler « de Richelieu » (voir notre article sur le dit : « Monsieur Duplessis de Richelieu, commandant en chef de la marine siamoise en 1893 ». Nous avions d’ailleurs omis de préciser que son gouvernement pris fort mal la chose et le radia des cadres de la marine danoise pour avoir fait campagne contre la France). Mais victoire à la Phyrrus pour le « parti colonial » français qui considérait que la France aurait du profiter de sa victoire militaire pour occuper tout le « Laos siamois » c’est-à-dire les provinces laos de la rive droite du Mékong. Victoire politique pour les siamois qui considèrent que le roi sut habilement négocier en sauvegardant la rive droite du Mékong ?

 

RAMA V

Comment le roi a-t-il payé l’indemnité ? Question oiseuse ! Il n’y a pas de budget au Siam. N’oublions pas que nous sommes sous un régime de monarchie absolument absolue. Pour ne reprendre que les chiffres de 1910 (ceux des années antérieures sont plus ou moins similaires), le budget annuel des dépenses est de 66 millions de baths pour des recettes à peu près équivalentes, Au poste des dépenses, le « chapitre liste civile » représente 7,5 millions de baths, près de 12 % du budget. « Liste civile » ce ne peut être que le chiffre destiné à alimenter les caisses personnelles du roi. Le même budget (mais aussi celui des années précédentes) mentionne 600.000 baths de « dépenses extraordinaires », ce qui semble correspondre à ce que nous appellerions les « fonds secrets » qui sont probablement à ajouter aux sommes attribuées au monarque à sa discrétion. La cassette royale, c’est trois fois le budget de la Justice et la moitié de celui des armées !


Budget


Il est évident que le Roi n’a eu aucune peine à trouver les 3 millions de baths de la fameuse indemnité.


Monseigneur Pallegoix nous a appris avec force détails (cf. notre article précédent) les postes des ressources du budget siamois mais ne nous a rien appris sur les dépenses.


Nous connaissons, toujours par l’intermédiaire de l’ « Almanach de Gotha » le « budget » du Siam mais toutefois de façon précise à partir de 1894 seulement. Indépendamment de la « liste civile » et des « dépenses extraordinaires » qui ne concernent que l’escarcelle du monarque, il est probable que la rémunération des princes de haut rang apparaît dans les postes « Intérieur, guerre, affaire étrangères, justice, finances etc… ». Pour ceux qui ne sont pas des « chaophraya » mais de plus modestes « phraya », peut-on retenir l’affirmation selon laquelle « n’ayant qu’une solde nominale, ils s’approprient frauduleusement la plus grande partie des revenus » ?


(6) King Nang Klao (Rama III), the father of Thai Trade Commemorative Stamp. 21/07/ 2010


« King Nang Klao Chao Youhua, the third king of the Chakri Dynasty, kept himself busy with things pertaining to incidents and mechanics related to international trade. He had the production of new merchandise modified in accordance with the needs of the world market and promoted trade with foreign countries. The profit obtained from the trade was given to his father to be allocated for use in administration, charity and the rest was saved in the « red sack », which he interned to use for « the country’s ransom ».

The sum benefitted the country during the Critical Incident in the reign of King Chulalongkorn when it was paid as ransom to the Western Powers and thus saved the country from being colonized and allowed the Thai people to live in peace under the sovereignty of their king. The King’s world view provided him with a farsightedness in trade transactions and the  pseudo-name, « The Father of Thai Trade» is thus appropriate to him in every way ».


(7) The influence of bouddhisme on political thought of King Rama III”, de Pariya Subpavong. (Etude en thaï, mais résumé en anglais), voir notre article 121 : «  Les revenus du roi Rama III ? (1824-1851) ».


(8) Mais Rama III était probablement aussi conscient de ce qu’avait « rapporté » à la Chine son ouverture au commerce anglais (et américain) ce qui peut facilement expliquer ses réticences… La première « guerre de l’opium », honte de la politique coloniale anglaise, a commencé en 1839 et s’est terminé trois ans plus tard.


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(9) Voir nos articles 92 et 93 sur « les légitimations des rois ».

 

(9 bis) Nous venons d'apprendre (se non e vero ?) que c'est un descendant direct du roi Anouvong, Mr Norkham (vivant présentement en Isan) qui aurait servi de modèle à la statue du roi son aïeul au 6ème degré ?

 

ANOUVONG-JUNIOR.jpg

source :

http://khampoua.wordpress.com/2013/06/05/king-anouvong%E2%80%99s-descendant-is-living-face-of-history/

Si l'on considère que le dernier roi du Laos, Savang Vatthana a été, avec toute sa progéniture, massacré « dans un camp de rééducation », il faut en déduire que Norkham, sujet thaï vivant à Sisaket, est le monarque « légitime» du Laos. 


(10) Devons nous jeter la pierre aux Siamois ? On continue à Ajaccio à chanter l’ « Ajaccienne » : « L'enfant prodigue de la gloire
Napoléon, Napoléon
 », pourtant responsable direct ou indirect de quelques millions de morts européens (dont au moins un de français) 

Napoleon.jpg

 

ou apprendre dans nos écoles les vertus du « bon roy Henri IV »

 

Henry-4.jpg

 

qui passa sa vie à trahir la foi jurée la veille. C'est notre roi préféré qui pourtant possède également une face sombre de massacres qui est tombée dans les oubliettes de l'histoire.


(11) Par exemple, liste non exhaustive, centenaire de la naissance du patriarche suprême, Nyanasamvara, morts quelques jours après,

 

3 octobre 2013

 

centenaire de la création de l’état civil par Rama VI en 1913,

 

Etat civil

70ème anniversaire de la création de l’Université Silapakorn, placée sous la protection du Dieu Ganesh, Dieu de la science, des artes et des techniques


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40ème anniversaire du soulèvement populaire du 14 octobre 1973,


14 ocotobre

 

100ème anniversaire de la création  de la première cimenterie au Siam, toujours à l’instigation de Rama VI,

 

cimenterie

sans oublier naturellement, le 5 décembre comme tous les ans, un timbre célébrant l’anniversaire de SM le roi.

 

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