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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 23:02

751.jpgRama IV en arrivant au pouvoir en 1851 avait pu mesurer le pouvoir et les menaces des puissances occidentales, aussi avait-il choisi de négocier et de signer des traités « d’amitié »  de commerce  et de navigation avec la Grande Bretagne en 1855, et en 1856 avec les Etats-Unis et la France, à laquelle il accordait des mesures favorables au commerce, la création d’un consulat, la protection des Français résidant au Siam, et  la liberté religieuse aux missionnaires. (Cf. notre article 129 sur ce traité)

Mais il savait également qu’il devait mener une diplomatie capable de le protéger des menaces coloniales de ces pays.

 

Le contexte géopolitique. 

 

Le Royaume-Uni était installé au sud de son pays, avait défait une seconde fois les Birmans et avait annexé la basse-Birmanie en 1852.

 

premier consulat anglais

 

Ce même  Royaume-Uni s’était mis aux côtés de la France pour attaquer la Chine en 1856 et avaient pris Pékin le 13 octobre 1860, ce qui signifiait la fin de la puissance de l’Empire chinois. (La Chine était le seul pays dont le Siam reconnaissait la suzeraineté).


 prise de pekin

 

Rama IV ne pouvait qu’être inquiet de l’attitude de la France, qui après le traité du 15 août 1856, n’avait pas répondu à sa demande d’envoi d’ambassade et ne l’avait pas remercié pour les présents envoyés. Surtout que le 9 juillet 1859 la France prenait Saïgon.


prise de saigon

 

Certes, les relations vont tenter de s’apaiser quelque peu au niveau « symbolique », avec  l’envoi de l’ambassade thaïe le 23 novembre 1860 et sa réception par Napoléon III le 27 juin 1861, mais Rama IV ne peut ignorer ce qui se passe au Vietnam. Il  a appris qu’en  février 1860, l’amiral Charner,


charner 1797 1869

 

 

de retour de Chine, entre en rade de Saigon avec soixante-dix bâtiments, une brigade d’infanterie, douze compagnies de marins et des chasseurs d’Afrique,

 

chasseur d'afrique

et disperse sans difficultés, les 24 et 25 février, les troupes vietnamiennes du maréchal Nguyen Tri Phuong ;

 

Nguyen tri ophong

 

qu’en 1862, alors que ses forces sont dispersées et détruites en Cochinchine, l’empereur Tu Duc

 

Tu Duc

 

doit faire face au Tonkin à une révolte qui le contraint à traiter avec les Français. Un accord est conclu à Saigon le 5 juillet 1862. Le souverain annamite reconnaît aux missionnaires la liberté de prêcher la religion catholique et autorise l’ouverture de trois ports au commerce français. Il abandonne par ailleurs en pleine propriété au vainqueur les provinces de Bien Hoa, Gia Dinh et Vinh Tuong, c’est-à-dire toute la moitié orientale de la Cochinchine, ainsi que l’île de Poulo Condore. (**Cf. en note la chronologie)


 poulo condor

 

Par ce traité du 5 juillet  1862, l’Annam cédait également ses droits sur le Cambodge à la France qui devenait ainsi partie prenante dans le conflit séculaire entre le Siam et l’Annam.  

 

C’est dans ce contexte que lSiam tente de maintenir sa suzeraineté sur le Cambodge et le Laos.

 

Après la mort du roi de Cambodge en 1860 et la « guerre » de succession entre les trois fils, l’armée royale siamoise rétablit l’ordre et installe le roi désigné Norodom,


Norodom

 

signifiant bien sa volonté de maintenir sa suzeraineté sur ce pays. Le Contre-Amiral Bonard,

 

Bonard

 

après avoir conclu un traité avec le gouverneur de Hué, reconnaissait d’ailleurs dans une lettre à son ministre « l’occupation de fait du Royaume de Siam (sur) presque tout le Cambodge et le Laos » (cité par Duke*).

 

Mais le ministre français des affaires étrangères Walewski

 

300px-Comte Walewski

 

verrait bien la France former au Cambodge « une colonie dans cette magnifique région » (lettre citée par Duke). La France empêtrée dans son expédition mexicaine, envoie des directives contradictoires au Contre-Amiral de la Grandière.

 

amiral de la grandiere

Celui-ci avec la prudence et l’attentisme requis réussit néanmoins à conclure un traité le 11 août 1863, qu’on pouvait lire comme un acte de protectorat accordé par la France, et surtout le refus d’ « admettre les prétendus droits de la Cour de Siam à une immixtion quelconque dans les affaires de ce royaume » (lettre citée par Duke).

 

« Par ce traité, les Français exigent du roi du Cambodge qu'il ne reçoive aucun ambassadeur ou consul étranger sans l'avis des autorités protectrices qui lui accordent en contrepartie assistance dans le maintien de l'ordre intérieur et face aux agressions externes. La présence française demeure discrète, un représentant français est nommé à Udong, alors capitale du royaume,


Oudong02

 

pour veiller au respect des clauses de l'accord, quelques garnisons françaises sont disséminées le long du Mékong, artère vitale du pays tant du point de vue économique que politique. »

 

Le roi Mongkut n’accepte pas ce traité et fait signer à Norodom un traité secret le 1er décembre 1863 qui infirmait le traité franco-cambodgien.


Le traité secret une fois connu devait une fois de plus amorcer une nouvelle  étape dans les « négociations »  franco-thaïes au sujet du Cambodge. La France bien sûr le déclare nul et non avenu. Rama IV invite le roi Norodom à se faire couronner à Bangkok le 3 mars 1864. Les Français occupent alors le palais royal d’ Udong et font hisser le drapeau français. Le roi du Cambodge craignant une occupation de son pays revient alors dans sa capitale le 17 mars 1864 et s’y fait couronner le 3 juin 1864.


Le 14 avril 1865, Aubaret, Consul de France à Bangkok, alors qu’une canonnière française est dans les  eaux du Ménam, arrive à conclure un «arrangement» avec le Kalahom (1er ministre thaï) qui est censé régler la « question » du Cambodge. Mais le ministre français de la marine et des colonies conteste l’article 4 qui reconnait une suzeraineté thaïe sur le Laos.

 

Des négociations difficiles autour de l’article 4.


Les négociations devaient une fois de plus reprendre, surtout que Rama IV revendiquait toujours Battambang et Angkor comme provinces siamoises. Dans ce jeu diplomatique complexe, il était difficile aux uns et aux autres de se positionner. Ainsi Rama IV, fort de l’appui anglais, pouvait se croire autorisé à résister aux revendications françaises, mais l’annexion proche de la Birmanie  par les Anglais, l’obligeait à reprendre les pourparlers avec Paris. Mais les négociations n’évoluent pas et le 1er ministre siamois refuse même officiellement, le 13 décembre 1866, la modification de l’article 4, concernant le Laos et la délimitation de ses frontières par rapport au Mékong.

 

Dès lors « la brouille » diplomatique reprenait.

 

Les procédés utilisés par le consul français Aubaret amenèrent même Rama IV à envoyer une ambassade à Paris, qui arrive en avril 1867. Elle fut reçue par Napoléon III. Le premier ambassadeur thaï put remettre directement à l’Empereur la supplique de Rama IV. Les pourparlers pouvaient recommencer. Ils durèrent 4 mois.

 

Le Cambodge était secoué par les révoltes de l'achar Sua (1864-1866) et de Poukombo (1865-1867) contre les occidentaux et contre le souverain qui les avait accueillis. Les insurgés remportent succès sur succès, les troupes royales sont malmenées, il s'en faut de peu qu'Udong ne tombe aux mains des troupes de Poukombo et tout l'est du pays est gagné à la révolte. L'Amiral de Genouilly

 

amiral de genouilly

 

fit savoir à ses autorités de tutelle, qu’il n’avait pas les moyens d’intervenir, ni de s’emparer de Battambang et d’Angkor.

 

Dès lors, le traité du 15 juillet 1867 pouvait être signé dans un compromis acceptable. Il sera ratifié le 24 octobre.

 

La France conservait le Protectorat sur le Cambodge et la Thaïlande obtenait la propriété des deux provinces cambodgiennes de Battambang

 

battabang

 

et de Siem Reap/ Angkor. Le traité comprenait  aussi un accord commercial et prévoyait des modalités de libre circulation. (L’article 6 autorisait les bâtiments sous pavillon français à naviguer librement sur le Mékong et le grand lac Tonlé-Sap).


lac

 

Cette période de 1856 à 1867 avait montré le roi Rama IV conscient des forces en présence et essayant d’agir dans un difficile équilibre entre l’Angleterre et la France, mais malheureusement sans l’atout nécessaire d'une armée puissante. Il réussit quand même à sauver sa suzeraineté sur le Laos et obtenait (ou gardait ?) les provinces de Battambang, Siem Reap et Sisophon.

 

Il avait démontré des qualités exceptionnelles. Malheureusement, il mourut l’année suivante, le 1er octobre 1868, d’une fièvre contractée lors d’un voyage « scientifique » d’observation d’une  éclipse du soleil qu’il avait prévue.


 

_____________________________________________________________________

 

Notes.

 

*Mme Pensri Duke, Relations entre la France et la Thaïlande (Siam) au XIXème siècle d’après les archives des affaires étrangères, Distr. Librairie Chalermnit, BKK, 1962


 livre

**Rappel d’une chronologie.

http://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_vietnam_le_siecle_de_la_colonisation_francaise.asp 

 

1848-1883 : Règne de Tu Duc. Il est hostile aux étrangers et aux missionnaires chrétiens et entend s’appuyer sur la Chine sans mesurer l’extrême faiblesse de celle-ci.


1858 : À la suite du martyr de l’abbé Chapdelaine au Kouangsi


chapdelaine

 

et de celui de plusieurs dominicains espagnols au Tonkin, la France et l'Angleterre décident d’agir contre la Chine et, en mai, un corps expéditionnaire allié s’empare des forts défendant le Pei Ho (la rivière qui se jette dans le golfe du Petchili)

 

Peiho

 

et ouvre ainsi la route de Pékin.

 

prise de pekin

 

L’empereur chinois préfère traiter et les forces du contre-amiral Rigault de Genouilly devenues disponibles sont dirigées vers les côtes d’Annam. Formée de treize bâtiments français et d’un aviso espagnol venu des Philippines, la flotte arrive devant Tourane


tourane

 

(Danang) le 31 août 1858. Contrairement à ce qui s’était passé en Chine, l’amiral ne peut remonter la rivière de Hué et se refuse, en raison de la faiblesse relative de ses effectifs, à prendre le risque d’une marche par voie de terre contre la capitale annamite.


Février 1859 : Profitant de la mousson d’hiver, l’amiral Rigault de Genouilly dirige sa flotte vers la Cochinchine, remonte la rivière de Saigon et prend d’assaut la citadelle le 17 février. Novembre 1859 : L’amiral Page, qui remplace Rigault de Genouilly, propose à la cour de Hué une paix n’impliquant aucune cession territoriale mais la simple installation d’un chargé d’affaires et de trois consuls. Convaincu que ces demandes modérées ne faisaient que témoigner de la faiblesse des envahisseurs, le souverain annamite refuse les propositions françaises.


1860 : Alors que l’amiral Page est parti rejoindre l’expédition franco-anglaise engagée contre la Chine – qui aboutira à la prise de Pékin et au sac du Palais d’été – la garnison de Saigon résiste victorieusement aux assauts vietnamiens.


Février 1860 : L’amiral Charner, de retour de Chine, entre en rade de Saigon avec soixante-dix bâtiments, une brigade d’infanterie, douze compagnies de marins et des chasseurs d’Afrique, le tout appuyé par une puissante artillerie. Il disperse ainsi sans difficultés, les 24 et 25 février, les troupes vietnamiennes du maréchal Nguyen Tri Phuong.

 

Nguyen tri phong photo


1862 : Alors que ses forces sont dispersées et détruites en Cochinchine, l’empereur Tu Duc doit faire face au Tonkin à une révolte qui le contraint à traiter avec les Français. Un accord est conclu à Saigon le 5 juillet 1862. Le souverain annamite reconnaît aux missionnaires la liberté de prêcher la religion catholique et autorise l’ouverture de trois ports au commerce français. Il abandonne par ailleurs en pleine propriété au vainqueur les provinces de Bien Hoa, Gia Dinh et Vinh Tuong, c’est-à-dire toute la moitié orientale de la Cochinchine, ainsi que l’île de Poulo Condore. Il était ainsi contraint d’accepter des conditions autrement dures que celles qu’il avait refusées en 1860. Conclu le 14 avril 1863, le traité de Hué confirme l’accord de Saigon de l’année précédente.


1862-1879 : Période dite du « gouvernement des amiraux », ceux-ci se trouvant investis du gouvernement de la Cochinchine française. La Marine joue alors un rôle déterminant dans les débuts de la colonie. Dès 1862, c’est autour d’un missionnaire, le père Legrand de La Liraye, responsable d’un Bureau de renseignement sur les coutumes et les institutions indigènes, que se réunissent de jeunes officiers qui apprennent la langue locale, se consacrent à la pacification du pays en luttant contre les pirates et s’efforcent d’administrer le territoire sous autorité française. Ils font fonction d’officiers des affaires indigènes et recrutent des auxiliaires autochtones dont ils contrôlent l’action. À partir de 1873, la Marine établit un collège de stagiaires où ces officiers sont formés à leurs nouvelles fonctions, sous l'autorité du lieutenant de vaisseau Luro, chargé d’un cours « d’administration annamite ».

Mai 1863-avril 1868 : L’amiral de La Grandière exerce les fonctions de gouverneur de la Cochinchine et  l’étend vers l’ouest avec l’annexion, en juin 1867, des trois provinces de Vinh Long, Soc Trang et Chau Doc occupées dès mars 1866.

 

Par le traité du 5 juin (ou 7 juillet ?) 1862, l’Annam cédait ses droits sur le Cambodge à la France qui devenait ainsi partie prenante dans le conflit séculaire entre le Siam et l’Annam, qui devait aboutir en 1863 à l’établissement du protectorat français sur le Cambodge.


Juin 1863 : Arrivée en France d’une ambassade annamite conduite par le mandarin Phan Tanh Gian.

 

Phan than gian

 

Il est très bien reçu par Napoléon III, d’autant que l’un des officiers du corps expéditionnaire, le lieutenant de vaisseau Aubaret, fait valoir l’intérêt pour la France de respecter l’intégrité territoriale du Vietnam et de se contenter du contrôle de quelques ports et d’un protectorat très souple.


Mai 1864 : Nommé consul à Bangkok, Aubaret se rend à Hué pour négocier avec Tu Duc, le souverain annamite, une éventuelle rétrocession des provinces cochinchinoises mais, une fois de plus, son interlocuteur interprète comme un aveu de faiblesse les propositions françaises et ne les retient pas ; comme dans le même temps tout un courant se développait en France en faveur d’une exploitation coloniale du sud de l’Indochine (il s’exprime à travers la publication par le lieutenant de vaisseau Rieunier – sous le pseudonyme d’Abel – de La question de la Cochinchine du point de vue des intérêts français), il apparut que l’opposition de la cour de Hué rendait impossible toute présence limitée.


4 novembre 1864 : Le ministre de la Marine Chasseloup-Laubat

 

-Chasseloup-Laubat, Prosper - 1

 

remet à Napoléon III un rapport qui conclut à la nécessité de conserver la Cochinchine. Les perspectives d’une rétrocession s’éloignent ainsi définitivement.


Janvier 1865 : Ratification par la France du traité de Hué.


 

Cf. aussi : « Le Cambodge et la colonisation française, Histoire d'une colonisation sans heurts (1897-1920) » d'Alain Forest, l'Harmattan.

 

Et le traité Franco-Siamois, Le Myre de Vilers, Revue des Deux Mondes tome 12, 1902

 

fin-copie-1.jpg

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