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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 23:04

titreLe roi Chulalongkorn, en prenant le pouvoir le 16 novembre 1873 n’ignore rien des menaces coloniales des Anglais et des Français. Il connait les traités  signés avec les Anglais en 1855, les Français en 1856 et en 1867. Certes son père avait réussi à sauver sa suzeraineté sur le Laos et garder les provinces de Battambang, Siem Reap et Sisophon, mais les Anglais et les Français étaient toujours là. De plus les traités avaient accordé bien des privilèges à ces puissances à l’intérieur même du pays siamois en terme de commerce, de libre-circulation, d’extra-territorialité, de « privilège de juridiction » qui nous avait amené à nous interroger sur une forme de colonisation intérieure.*  


 exterritorialit2

 

Nous avions vu dans l’article précédent que les Anglais intervenaient dans la politique intérieure du pays, comme lors de la confrontation armée entre le roi Chulalongkorn et le second roi, le Prince Wichaichan  (frère du roi Mongkut)

 

wichaichqn 3

en décembre-février 1875, qui  avait vu la venue et l’intervention du gouverneur anglais « des Etablissements des Détroits » arrivé à Bangkok le 18 février pour qu’une issue soit trouvée le 25 février 1875.

 

 

Detroits 5 

L’emprise de l’Angleterre sera telle, que Jules Harmand, consul à Bangkok de 1881 à 1883


jules harnand 4

 

s’en inquiétera auprès du quai d’Orsay : « Les Anglais établis à Xieng Mai (Chiang Mai) seraient bientôt en effet, au moins moralement, les maîtres de la vallée du Mékong et de l’importante position de Luang Prabang. Coupés ainsi du grand fleuve indochinois, menacés comme nous le sommes en outre de voir si l’on ne se préoccupe pas plus activement du Siam, l’Angleterre va  accaparer le protectorat de ce royaume … ».**

 

Dans  les années 1880 le roi Chulalongkorn se voit donc entre deux puissances rivales expansionnistes.

 

L’Angleterre poursuit pas à pas ses interventions en Malaisie, après avoir signé un traité en 1874 avec le sultanat de Perak,

 

PERAK 5

 

et  annexé la Birmanie en 1886 pour en faire une province de l’Inde.

 

La France avait obtenu le Protectorat sur l’Annam le 6 juin 1884.

 ANNAM 6

« La France se « substituait » à l’Annam pour revendiquer « ses » droits sur le Laos. Il est vrai que de puissants intérêts étaient en jeu. Une nouvelle lutte allait s’engager jusqu’en 1893, mettant face à face deux grands « diplomates » : le Prince Devawongse, ministre des affaires étrangères siamois, et Pavie, à la carrière « fulgurante » : employé des postes et télégraphe, vice-consul, explorateur pendant cinq ans au Cambodge, et ministre-résident de France au Siam. (Cf. son portrait dans l’article suivant)

 

PQVIE 7

 

Les incursions des Hôs au Tonkin et au nord-Laos en 1885, allaient déclencher un processus. Une expédition militaire thaïe les repousse victorieusement. Pavie, nommé en novembre 1885 vice-consul de Luang Prabang, y voit arriver le général thaï en vainqueur le 10 février 1887. Mais le 7 juin, alors que les troupes thaïes se retiraient, 600 Pavillons noirs attaquaient Luang Prabang.


 

pavillons noirs 8

 

Pavie avec ses Cambodgiens arrivent à sauver le vieux roi Ong Kham et se réfugient à Packlay le 15 juin 1887. Rama V en conclut que le vieux Roi ne pouvant se défendre passait sous son  administration directe et envoie une 2ème expédition pour installer son fils. La France, prévenue, envoie une expédition depuis le Tonkin et propose aux Thaïs, l’envoi réciproque d’un commissaire avec deux topographes.

 

Pavie est nommé par les deux gouvernements en octobre 1887 avec trois agents thaïs,  pour établir une carte de la région et le tracé des frontières. Mais Pavie, en six mois, va en fait, pacifier un territoire de 87 000 km2, « explorer » la rivière noire et collecter chroniques et  annales.

 

Les conflits sont alors multiples entre la France et les Thaïs  concernant « les  frontières », comme celles de Tran Ninh et de Kammon et la rive gauche du Mékong, Chacun bien sûr usant d’« arguments » contradictoires et assurant sa « présence » dans les terrains respectifs « occupés », ainsi les Thaïs à Luang Prabang par exemple. Pavie n’ayant pas les troupes suffisantes pour réagir, propose un statu quo au prince Dévawongse avant de repartir en France pour cinq mois (juin 1889- retour Bangkok  30 octobre1889) et d’établir avec son ministre des affaires étrangères et le Sous- Secrétaire d’Etat des Colonies un plan d’action qui ne laissait aucun doute sur la détermination coloniale de la France.

 

Dès le 20 décembre 1889, Pavie reçoit l’accord  du Roi et du Prince Dévawongse pour une 2ème mission sur la suite des délimitations des frontières. Aucun n’est dupe et va chercher à consolider ses positions. Ainsi par exemple,  « Pavie forma sur la rive droite du Mékong des détachements qui seraient prêts », « Du côté thaï, l’occupation des postes militaires se multiplia du nord au sud, entre le Mékong et la Cordillère d’Annam […] construisant des postes et des fortins » (Duke, op. cité. )***

 

Les conflits sévères vont de nouveau éclater dès 1891 : le conflit de Bang Bien (mai 1891), l’affaire Douthène (avril 1892), des conflits mineurs, des « échauffourées » le long du Mékong  et des échanges épistolaires « agressifs ».

 

Le 29 février 1893, le Parlement français exprime de façon nette sa revendication sur la rive gauche du Mékong. Une lettre du ministre des affaires étrangères du 4 mars 1893 peut être lue comme un ultimatum  par les Thaïs.

Le Prince Dévawongse ne peut plus que  proposer le 14 mars un modus vivendi  en trois articles. Pavie répond négativement le 17 mars 1893.

 

La France est prête pour l’action.

Le gouvernement français, le Gouverneur de l’Indochine, la presse de Saïgon, Pavie et même l’évêque de Bangkok pensent déjà au Protectorat futur sur le  Siam. Le Prince va encore chercher une entente, envoyer des  « protestations », mais il se sait lâcher par la Grande Bretagne.

C'est un vrai traumatisme pour la Cour thaïe.

 

Le 29 juin 1893 les troupes françaises occupent l’île de Samit et la France  exige le règlement de tous les différends. Trois colonnes partent de Saïgon… le chef Gros meurt lors d’un accrochage

 

Les Siamois font le blocus du Chao Praya… la France envoie le 13 juillet 1893 l’aviso l’Inconstant, le J. B. Say et le Comète qui forcent le blocus (« l’incident » de PAKNAM, selon l’Ambassade de France à Bangkok)


PaknamIncidentMap2 9

 

… le J. B. Say est coulé…

 

JB SAY 10

 

Le 20 juillet Pavie remet un ultimatum en 6 articles, avec réponse imposée dans les quatre jours et menace de son départ sur le navire « Forfait », en cas de refus. La réponse du Prince est jugée insuffisante. Pavie monte sur le « Forfait ».

 

Le roi Rama V accepte alors sans réserve les conditions de l’ultimatum le 29 juillet 1893.

 

Un Traité de 10 articles et une convention sont signés le 3 octobre 1893.

 

L’Article 1 était le plus important : « Le Gouvernement siamois renonce à toute prétention sur l’ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et sur les îles du fleuve ».


rive gquche 11

 

L’Article  2  portait sur « L’évacuation des postes siamois établis sur la rive gauche du Mékong… ». Des indemnités importantes devaient être payées…

 

La convention réglait des conflits spécifiques antérieurs comme l’évacuation de postes militaires, fortifications le long du Mékong, le jugement des auteurs  des attentats de Tong-Xieng-Kham et de Kammoun, la libération des détenus français, Annamites, et Laotiens désormais sous la protection de la France…

Ce fut un véritable choc. (D’après notre article 24 «  Le traité de 1893. ») ***

 

« La signature du traité de 1893 avait plongé la Cour du Siam dans une « véritable crise intérieure » (Duke, op. cité).

 

Le refus de l’Angleterre d’aider la ligne soutenue par les pro-anglais, les attaques ouvertes du parti nationaliste contre les « conseillers » européens du Roi, l‘ultimatum français, le blocus, la signature du Traité avec pour la première fois une menace sur l’indépendance du Pays, les visées coloniales des deux superpuissances, ne pouvaient déboucher que sur une période incertaine, troublée, très « active »au niveau diplomatique.

 

Il faudra en fait dix ans pour régler les problèmes et les différends issus de  ce traité et de la convention de 1893.

 

Pendant cette période, le « combat diplomatique » fut incessant, implacable, acharné, quotidien ; chacun défendant son point de vue avec opiniâtreté… La convention stipulait de régler les « affaires » de Kammon, de Tong Xieng Kham par exemple, mais les « problèmes »  territoriaux demeuraient, comme ceux de Luang Prabang. L’abandon de la rive gauche du Mékong par les Thaïs ne leur donnait pas de droit la rive droite. L’article 3 pouvait aussi être lu par les Thaïs comme une menace d’annexion de Battambung et de Siem Reap.

 

De nombreux incidents comme Paklay en mars 1895 et Nong Khaï, Oubon,  envenimèrent durablement les « négociations ». Les accords douaniers et commerciaux débouchaient souvent sur des conflits à régler au « plus haut niveau », et il y avait les problèmes épineux des populations.

 

Le traité donnait un droit de protection consulaire aux Français mais aussi  à ceux qui dépendaient du « Protectorat français » comme les Annamites, les Laotiens, les  Cambodgiens. De plus, le Consulat français proposait aussi aux Chinois et aux Japonais de s’inscrire. La France voulait aussi  « obtenir le rapatriement des populations autrefois transplantées ». (« transplantés » comprendre captifs et esclaves ramenés lors des guerres). (Duke, op. cité)

 

Les discussions ne pouvaient être que vives, l’entente impossible ; surtout que les Thaïs considérant  comme Siamois ceux qui étaient sur leur sol depuis 10 ans.

 

Le Roi décide alors, en 1897, de régler lui-même ces questions, et part en Europe pour consulter et évaluer ses soutiens et fait un tour des capitales : Russie, Allemagne, Angleterre. Il est reçu en France en septembre 1897 par le Président Félix Faure

 

felix faure 12

 

et le ministre des Affaires étrangères. (Nous consacrerons un article à ce voyage de 1897 en Europe du roi Chulalongkorn, à partir du livre publié par le CES de l’Université de Chulalongkorn, 2003)

 

Les négociations se poursuivent à Paris en novembre 1898 entre Phya Surya (ministre thaï à Paris) et Defrance (Consul à Bangkok), et le 13 mars 1899 entre l’envoyé spécial du roi de Siam Phya Sri Sahadeb à Saïgon avec le gouverneur général d’Indochine Paul Doumer. Celui-ci est reçu à Bangkok, le 21 avril 1899 par le Roi qui, satisfait, peut écrire : « le seul gentilhomme français qu’il ait jamais vu » (Duke, op. cité). Mais aucun accord n’est encore en vue puisque Defrance est envoyé à la Cour pour négocier avec  le Prince Dévawongse sur ces mêmes  questions du droit de Protection française, de Luang Prabang, et de la zone des 25 km.

 

Le 28 février 1900 le Prince reconnait qu’il n’y a pas d’entente. Une rupture des négociations s’ensuivit de 1900 à 1902. L’échec était patent après sept ans de négociations avec la France.

 

Le Roi, aurait pu être rassuré pour l’indépendance de son pays  par la Déclaration anglo-française du 15 janvier 1896, établissant leur zone d’influence au Siam et garantissant une zone tampon, dans le bassin de la Ménam, et par ses nouvelles alliances avec les Japonais ((traité du 25 février 1898), son rapprochement avec les Allemands… 

 

Mais il était informé que même au sein du Parlement français  le ministre des affaires étrangères était attaqué, le parti colonialiste très influent, une partie de la presse virulente. Les pourparlers reprennent à Paris en 1902. Le ministre français des affaires étrangères Delcassé


delcass2 13

 

propose le 7 octobre 1902 la signature d’une convention destinée à régler les difficultés d’interprétation du traité de 1893. Mais il n’est pas soutenu au Parlement. Le parti colonial à la Chambre, le Comité Asie française, la presse de gauche, L’Echo de Paris, L’Intransigeant se font entendre…

 

Il propose alors  à Phya Surya dans un mémorandum du 13 mai 1903, une nouvelle base de discussion qui devait aboutir à la signature de la Convention du 13 février 1904 (ratifiée en décembre 1904). ( Intitulée « Convention entre la France et le Siam modifiant les stipulations du traité du 3 octobre 1893, concernant des territoires et des autres arrangements signé à Paris le 13 février 1904)


Le Siam, selon des sources diplomatiques françaises, avait fait toutes les concessions possibles (lettre de Boissonnas à Delcassé, in Duke). Le Bangkok Times indiquait bien comment la France et l’Angleterre s’étaient « appropriés de vastes territoires,  arrachés morceaux par morceaux au patrimoine thaï » (Duke***).  

 

Mais le rapprochement franco-anglais qui devait aboutir, le 8 avril 1904,  à « L’entente cordiale »

 

entente cordiale 14

 

ne laissait plus de choix au Siam. Les zones d’influence avaient été nettement précisées, des cartes établies, des engagements pris.

 

La Convention du 13 février 1904 (ratifiée en décembre 1904) de 13 articles établissait un nouveau cadre de « travail » très important, comme la délimitation des frontières entre le Siam et le Cambodge (article 1), de Luang Prabang (article 2), entre le Siam et l’Indochine française (article 3). Le Siam renonçait à sa suzeraineté sur Luang Prabang et la rive droite du Mékong (article 4), Les troupes françaises devaient quitter Chantaboun (article 5). Elle comportait des dispositions « commerciales » sur les futurs ports, canaux, chemins de fer et  précisait, une fois de plus, la juridiction et la protection des Français.

 

Le travail de délimitation de frontières fiables débouchait sur des questions vitales d’échanges de territoire (comme par exemple : la question de Trat, les limites entre Pursat et Battambang, le territoire de Dan Saï…). On peut se douter que chaque parcelle fut de part et d’autre âprement débattue, négociée entre les différents acteurs nationaux, partisans coloniaux, idéologiques… En novembre 1906, le nouveau Président du Conseil Clémenceau autorisait les nouvelles négociations, qui pouvaient reprendre et aboutiront  au Traité du 23 mars 1907.

 

Le Traité du 23 mars 1907. (Ratifications échangées à Paris, le 21 juin 1907)

 

Le traité comportait 9 articles.


Le gouvernement siamois cédait à la France les Territoires de Battambang, Siemréap et Sisophon (article 1). Le Gouvernement français cédait au Siam les Territoires de  Dan-Sai et de Trat (article 2). Une commission mixte était établie chargée de délimiter les nouvelles frontières dans un délai de 4 mois  (article 4). Les articles 5 et 6 établissaient les statuts juridiques des Asiatiques sujets et protégés des Français. L’article 8 précisait qu’en cas de difficulté d’interprétation, seul le texte français ferait foi. » ( D’après notre article 27. Les relations franco-thaïes : Le Traité du 23 mars 1907)

 

Le roi Chulalongkorn  effectuera en 1907 son second voyage en Europe à cette occasion.

Le voyage durera 8 mois de mars à novembre, avec la raison officielle d’aller rendre visite à ses fils étudiants en Angleterre. Il visitera en France Strasbourg, la Cote d’Azur, Paris, Versailles, où il fit  réaliser sa statue équestre, qui devait être exposée le 11 novembre 1908 à Bangkok, pour les 40 ans de son règne.

Le Roi écrivit des lettres à sa fille la Princesse Niphanoppadon durant tout son périple.

 

Nibha Nobhadol 16

 

Sur cette visite, le Roi nous laisse un témoignage sur le voyage, les pays traversés, la vie quotidienne, les modes de vie … Il livre ses impressions mais également ses critiques personnelles. Ces lettres ont été publiées dans un recueil sous le titre de Klai Ban.**** (Un article y sera consacré)

 

                                                           --------------------------

 

Le Siam venait de perdre sa suzeraineté sur le Laos et le Cambodge et dut aussi affronter l’Empire britannique au Sud à propos de ses quatre territoires « malais » (Kedah, Perlis, Kelantan, et Trengganu).

 

Rappel.

Rama II avait envahi le Kedah en 1821, pourtant soumis aussi au sultanat d’Aceh, et avait créé le sultanat de Perlis.

Le colonisateur britannique, en conflit avec les Birmans (1824-1826)  avaient dû attendre leur 1ère victoire de 1826 contre ceux-ci avant de conclure un traité le 20 juin 1826 avec les Siamois, négocié par le capitaine Burney (Henry Burney deviendra le premier résident anglais à Ava en 1830 et ambassadeur auprès de la Cour du Siam.). Un traité de 14 articles, avec en annexe un accord commercial de 6 articles, « reconnaissait la souveraineté siamoise sur les quatre Etats malais septentrionaux de Kedah, Kelantan, perlis, et Terengganu, et la souveraineté britannique sur l'île de Penang. Le traité garantissait par ailleurs la liberté du commerce britannique au Kelantan et Terengganu contre toute ingérence siamoise. Les États malais concernés n'étaient pas représentés dans cet accord. » (Cf. notre article 118. La politique étrangère de Rama III, 1824-1851)


Mais ensuite l’administration britannique avait réussi  à placer un résident auprès des sultans des États du Sud, puis de ceux du Nord, alors en principe vassaux du Siam. Le résident général, sir Frank Swettenham,

 

sweten;qchin 17

 

avait créé une « Fédération de Malaisie » en 1891.


La Déclaration anglo-française du 15 janvier 1896, établissant leur zone d’influence au Siam et garantissant une zone tampon, renforcé par « L’Entente Cordiale » franco-anglaise du 8 avril 1904, laissaient l’Empire britannique libre d’agir dans « sa zone d’influence malaise ».

 

Là encore, le roi Chulalongkorn fut « contraint » de signer le traité de Bangkok du 10 mars 1909 avec le Royaume-Uni.

 

Par ce traité, le Siam renonçait à ses prétentions sur les États de Kedah, Kelantan, Perlis, et Terngganu. Perlis avait été séparé de Kedah et érigé en sultanat par les Siamois.

 

En revanche, le Siam gardait la souveraineté sur une région qui sont toujours les provinces actuelles de Narathiwat (Manara en malais), Pattani (Patani), Satun (Satul), Songkla (Singgora), et Yala (Jala). La région de Satun, de population à majorité thaïe avait été séparée de l’Etat malais de Kedah.

 

 

Le Siam avait perdu sa suzeraineté sur le Laos et le Cambodge, et sur quatre territoires « malais » (Kedah, Perlis, Kelantan, et Trengganu) (1909), mais avait conservé son indépendance. Le Siam entrait dans une nouvelle période de son Histoire.

 

 

Le roi Rama V, après 42 ans de règne, allait décéder un an et 7 mois plus tard, le 23 octobre 1910.  


 

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*Cf. A 38. « La Thaïlande n’a jamais été colonisée ? » http://www.alainbernardenthailande.com/article-a38-la-thailande-n-a-jamais-ete-colonisee-vous-en-etes-sur-81581652.html) 

 

Avant 1907, les Français avaient 30 000 « protégés » au Siam, dont 10 000 à Bangkok, qui échappaient ainsi aux lois locales, à l’impôt, au service militaire, etc.

 

**Cité dans le site Pavie http://pavie.culture.fr/rubrique.php?rubrique_id=37

 

*** Reprise de l’article 24. « Les relations franco-thaïes : Le traité de 1893. »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-24-les-relations-franco-thaies-le-traite-de-1893-66280285.html

 

Cf. dans le site Pavie,  les conséquences du traité de 1893.


« La crise de 1893 va modifier les relations franco-siamoises. La perte de ses droits par le Siam sur les territoires de la rive gauche du Mékong va entraîner des changements politiques. Le roi accélère sa grande réforme administrative et demande l'appui de l'Angleterre. L'intervention anglaise dans le conflit opposant le Siam à la France permet la signature de la convention de 1896, entre la France et l'Angleterre, qui garantit l'indépendance et l'intégrité du Siam.

La cour de Bangkok fait l'objet de descriptions dans les journaux de Pavie et de ses compagnons, témoins de la lutte de pouvoir qui déchire la famille royale. En effet contrairement aux usages des pays d'Asie où la couronne revient au frère, le roi du Siam veut faire lui succéder son fils aîné. Il écarte donc ses frères et demi-frères : les uns sont pourvus d'une charge lucrative, « les autres d'une mission soit à l'intérieur pour aller juger les contestations susceptibles de compenser amplement les fatigues du voyage, soit à l'extérieur pour aller étudier l'organisation administrative et politique des provinces soumises à la domination d'une puissance européenne, études que le trésor royal rémunère largement ». A la cour ne restent que ceux qui ont des charges ministérielles, comme le Ong Noï, le plus jeune frère du roi, commandant en chef des troupes, et le prince Devawongsé, ministre des affaires étrangères de 1885 à 1923, le plus proche conseiller du roi et le principal adversaire de Pavie. »

Sur le prince Devawongse :

« Le prince Devawongse plutôt chinois que siamois d'origine a cette intelligence vive mais sans profondeur de certains annamites (Petrusky par exemple). Il est habile à tous les jeux ; en le montrant il pense qu'on observera que cette habileté en indique d'autres. Des considérations sérieuses ne prennent pas toujours son attention, tandis que d'autres insignifiantes le feront hésiter, modifieront ses décisions. Profondément fourbe, le mot doit être souligné, son visage imberbe souriant, les jeux de sa physionomie tour à tour calme, enjouée, son air modeste, effacé, l'aident singulièrement à duper ceux sans défiance. S'il ne réussit pas à convaincre, s'il échoue dans la discussion, s'il n'est plus maître de cette physionomie, la colère ou le dépit s'y laissent voir tout aussi bien que l'inquiétude ou la crainte. Bien convaincu d'une supériorité que les autres princes ne contestent pas, d'une vanité extrême, il s'ingénie à trouver d'autres solutions que celles, si sages qu'elles soient, qu'on lui propose ; depuis 10 ans qu'il est au pouvoir sa volonté a été faite et toujours trouvée bonne, les louanges des Européens ne lui ont pas manqué. »

http://pavie.culture.fr/rubrique.php?rubrique_id=37

 

****http://www.expatriation-en-thailande.com/chulalongkorn-les-impressions-du-roi-de-siam-sur-le-paris-de-la-belle-epoque/

 

qui signale le mémoire de maitrise présenté par Vasina Anchalisangkas, département de français de l’Université Silpakorn de Bangkok.

 

Cf. aussi  notre article A90. « Les dessous des traités de 1902 et de 1904 entre la France et le Siam. »

 

 

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