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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 23:02

titrePar lui-même. (Suite)


Nous poursuivons  notre lecture linéaire de la correspondance du roi Chulalongkorn, intitulée « Premier voyage en Europe du roi Chulalongkorn. (1897) », en abordant la Pologne. (5. Russie (Pologne) : 2-4 juillet. 6. Russie : 5-11 juillet)

Un court télégramme expédié du Danemark le 2 juillet 1897  annonce son débarquement à Amalienborg, et l’accueil du roi et de la reine ainsi que le dîner royal qui aura lieu le soir ; qui est suivie d’une longue lettre expédiée le même jour de Lazienki, Varsovie.


 Danois.jpg

 

Le roi raconte essentiellement la revue effectuée avec le Gouverneur général de différents régiments, le défilé, et les différentes démonstrations de cosaques à cheval, qui montrent leur habileté, leur adresse qu’il admire : « Leur adresse à cheval nous rappelle les spectacles du cirque. Les cavaliers que j’ai vus dans le monde n’ont rien d’égal à ces cosaques. Ils méritent vraiment qu’on les loue et s’effraient d’eux. » Il décrit ensuite le palais du roi de Pologne où réside le Gouverneur général,


PALAIS-VQRSOVIE.jpg

 

où il distingue « la chambre où avait logé Napoléon Bonaparte, avec son portrait bien différent de ceux qu’on a peint en général ». Ce palais lui fait penser à celui de Bang Pa-In qui (lui) manque. (Situé près d’Ayutthaya)

 

ban-pan.jpg

 

Il évoquera ensuite une visite l’après-midi de parcs et de deux châteaux.

 

Mais sa lettre est entrecoupée d’une réflexion sur les nobles, qui sont ici différents des nobles siamois, « au nez en l’air », qui « n’ont jamais rien à faire dans ce monde, sauf manger, se promener, s’amuser sans jamais savoir penser au travail ». (Cf. le 26 juin, où il faisait une violente critique des dignitaires autrichiens ; et le 29 juin sa critique des princes occidentaux qui « n’ont rien de merveilleux »),  et plus loin, il poursuivra avec une observation sur les juifs riches, chassés de Saint-Pétersbourg, qui vivent « dans une partie exclusive de la ville ».


 JUIFS

 

Plus curieux : il se dit rassuré  par « la dispute » (c’est son mot) rapportée par la presse, entre le Siam et la France ; « on m’a clarifié que c’était faux » ! (Qui est ce « on » ?)

 

Le télégramme suivant expédié le 3 juillet de Bangkok par le prince Devawongse semble apporter des éléments de réponse.

(Une note nous dit que certains endroits étaient en blanc, pour ne pas dire qu’ils étaient censurés, et rendent ce télégramme parfois incompréhensible.)

 

(Rappel. Cf. supra. Télégramme du roi du 30 juin, adressé au prince Damrong, concernant une affaire d’importance au Siam : « J’ai appris  que nous avons attaqué un village à l’intérieur du territoire français et qu’un prêtre a été tué. » et dans lequel, il va déléguer ses pouvoirs au Prince Damrong, à Phrom Buri et au prince Devawongse pour établir la défense du Siam.)

 

Le prince signale que « l’affaire » est arrivée le 18 mars, lors d’une arrestation d’un Chinois, à Muang Pachin, un prêtre français d’origine asiatique, est arrivé et a mis le feu au Bureau du Revenu, et nos soldats n’ont fait que se défendre. Le nombre de morts et de blessés est censuré. Ensuite, le Prince informe le roi que tout s’est arrangé et qu’il a envoyé toute la correspondance pour sa majesté à la Légation à Paris. Le consul de France à Bangkok d’ailleurs, dit-il, nous a communiqué l’accord de l’Evêque pour un compromis. Le prince poursuit afin  de rassurer le roi, en l’assurant que toutes ses instructions reçoivent toute son attention et qu’il ne devrait plus y avoir de problèmes au Siam ! (Quel optimisme !)

(Il est à noter que Raphaël Réau n’évoque pas cette affaire. Cf. 144)

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Le voyage se poursuit en Russie.


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Le télégramme suivant est daté du 5 juillet 1897 de Peterhof. Le roi raconte à « sa majesté la Reine régente, sa joie d’avoir eu une audience amicale  avec la famille du Tsar, avec la Tsarine Mère et les grandes duchesses, et il énumère ensuite son programme : le dîner avec le Tsar et la Tsarine et la famille royale, signalant les politesses échangées, ensuite la visite aux Ducs; celles du lendemain, avec un entretien très satisfaisant avec le comte Muravyov,

 

Nikolay-Muravyov-Amursky.png

 

le dîner de gala avec présentation de tous les ministres, la promenade avec le Tsar où ils ont pu discuter pendant deux heures en tête-à-tête, mais sans qu’on apprenne le sujet de leur discussion. Bref, il est heureux et n’hésite pas à dire : « Je regarde ce voyage en Russie comme l’un des grands plaisirs et bonheurs de ma vie. »

 

(Il est vrai que dans le télégramme, on apprend que le Tsar est déjà venu à Bangkok et que le grand-Duc Alexandria Michalovitch allait s’y rendre prochainement. Précédemment, le roi avait évoqué l’aide que le Tsar pouvait apporter dans ses négociations avec Paris. (Cf.supra ; la lettre du 13 juin 1897))

 

Le télégramme suivant daté également du 5 juillet et est adressé au prince Devawongse ; il  nous informera sur l’aide qu’a accepté de jouer le Tsar pour améliorer les relations du Siam avec la France, via les ambassadeurs de France à Moscou et de Russie à Paris. Mais le roi n’est pas dupe des « mensonges » (c’est son mot) du ministre des affaires étrangères français qui veut faire croire que c’est le roi qui n’accepte pas de venir.

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Suède-Norvège. (15-19 juillet)

 

Le roi envoie une très longue lettre le 18 juillet à « sa chère Lek » depuis Solleftéa, situé au Nord de la Suède, qu’il a atteint après un jour et demi de bateau.

 

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On y apprend que son voyage a commencé il y a 103 jours et que « ce n’est même pas encore la moitié du temps prévu ». Il raconte son périple en bateau marqué par un malaise physique et au fait que des passagers saouls ont dansé jusqu’à 3-4h l’empêchant de dormir. Il décrit ensuite longuement les grandes forêts de conifères, avec leurs scieries mécaniques, et partage les émotions ressenties face aux différentes couleurs et lumières du soleil aux  différentes heures du jour, pour revenir sur ces douleurs atroces la nuit venant.

 

Il poursuit  en racontant un incident à Stockholm, où il dut feindre l’ivresse lors d’un banquet, dit-il, avec le roi qui était saoul.

De retour dans sa chambre, le prince hériter suédois entra et pour avoir une contenance, le roi Chulalongkorn prit des photos qui, par hasard dit-il, représentaient toutes les favorites du Roi. Le prince discuta alors et lui confia qu’il en avait aussi et lui demanda s’il avait aussi d’autres femmes. Ce qu’il admit. Le prince lui montra des photos de femmes nues, partit et revint plus tard et lui demanda trois photos pour les femmes de chambre de sa mère ! Le roi feignit la connivence, se tapant mutuellement tout le temps sur l’épaule.  Et il dit alors que cela lui rappelle une autre scène où il était en compagnie du roi des Belges qui lui aussi s’amusait en ivrogne, et avec lequel il avait plaisanté, s’injuriant presque.

 

(Faut-il le croire ou craint-il que la Reine l’apprenne par ailleurs ? De plus il faut savoir que le roi des Belges –dont il recherche la caution – n’était pas connu que pour simuler l’ivresse. Rappelons-nous le 3 ème serment du roi Chulalongkorn (Ne pas être ivre ?) fait avant son départ dans la salle du Trône)

 

Un roi qui ne manque pas d’humour.


Et puis sans transition, le roi passe au lendemain, chez le prince héritier (Gustave, plus tard Gustave V de Suède),

 

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« s’enquérant des affaires de Norvège ». Il lui répondit que la situation était préoccupante, la Norvège désirant une République et se préparant à se révolter. La discussion se poursuivit alors sur les capacités du Siam à devenir « aussi capable qu’eux » selon le Prince. Le roi répondit que ce temps était encore lointain ; le prince alors lui  confia alors que son père avait dit la même chose se référant au fait que le roi Chulalongkorn avait envoyé tous ses enfants dans toutes les cités européennes, et au fait que les Norvégiens avaient des faiblesses avec l’alcool, contrairement aux Siamois. Le roi répliqua que s’ils avaient beaucoup appris en Europe, ils avaient aussi appris à boire comme les Occidentaux et qu’il avait fait rire tout le monde avec sa réplique.

Ensuite, il termine sa lettre sur la cuisine, sur les mets reçus, sur les repas qui le rendent malade, sur le fait que la reine ne doit pas s’inquiéter s’il revient amaigri ; il lui suffira au retour de sept jours de bons plats pour « s’engraisser ».

 

Buts et premier bilan de son voyage.

Quatre jours plus tard, le 22 juillet, le roi depuis son yacht, le Maha Chakri en mer Baltique, rappelle « à sa chère Lek » les buts de son voyage et en fait un premier bilan. Je me suis proposé, dit-il, « de connaître : La vie des Européens ; Leurs revenus et d’où ils viennent ;

Leur puissance pour éventuellement attaquer et combattre l’ennemi ; et

Ces divertissements si variés. »

 

On peut noter que curieusement, le roi ne fait pas référence à la politique, aux négociations à mener face aux menaces anglaises et françaises sur le Siam, et des appuis à chercher auprès des autres pays européens.

 

Il avoue ensuite n’avoir rien lu sur ces questions avant son départ, et que ce qu’il a appris est sommaire et superficiel.

Ainsi, s’il sait comment se comportent les nobles, les roturiers et les plébéiens, il ne sait rien sur les bourgeois qu’il a rarement rencontrés. Sur les revenus, il n’a que des  « constatations superficielles » ; Sur leur puissance, il ne peut « décrire quoi que ce soit » ; Et sur les divertissements, il n’a connu que ce qui lui a été réservé. Il regrette de ne pouvoir citer aucune pièce de théâtre. La seule utilité, dit-il, concerne les affaires d’Etat, mais il ne nous en dira rien.

Ensuite il revient longuement sur les connaissances qu’il a acquises en Italie, en Autriche, en Russie et en Suède, concernant essentiellement les rois et les reines, et quelques princes, ducs, comtes et leurs épouses des familles royales.  Il en dresse un portrait moral et physique, et n’oublie pas de les juger, d‘exprimer son admiration et les défauts de certains. Il indique aussi que « les relations entre princes et plébéiens se font différemment dans chaque pays, en donnant quelques exemples. Ainsi, en Italie, « on respecte grandement les princes, mais avec une certaine liberté » ; en Russie, « tous portent envers le Tsar une crainte que je n’ai jamais vue ailleurs aussi grande, voyant en lui un Dieu plutôt qu’un humain » ; en Suède, le peuple « jouit d’une liberté plus grande même que les Italiens », rajoutant « ce qui me semble suggérer que ce pays est déjà un peu une république » ( !).

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Une longue lettre du Danemark du 27 juillet 1897, écrite à bord du Maha Chakri, estuaire de Kiel, à « sa chère Lek ». (10 pages ; pp. 227 à 237).

 

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Il décrit tout d’abord son accueil le 23 par le roi et la reine (qui l’ « ont choyé comme si il était leur enfant chéri ») ; la rencontre amicale avec la famille royale ; qu’il connaissait déjà, la présentation des ministres et des diplomates étrangers ; la revue des militaires. Ensuite il passe à son installation au palais, évoque sa chambre, les serviteurs déférents et serviables, les membres de sa famille qui ont dormi  au palais.

 

Et puis, il compare les révérences des femmes dans plusieurs pays, évoque le palais où il est installé, signale une visite chez le roi et la reine, contente de le voir et qui l’embrasse sur les deux joues, et passe ensuite d’un sujet à l’autre :

une promenade, un déjeuner avec la famille royale, la visite d’un musée et d’une manufacture royale de porcelaine, l’achat de figurines, visite d’une brasserie, et d’une parcelle de l’Etat avec petits pavillons et petits potagers devant, grand diner le soir, remarque que la coutume d’accorder la préséance des fils sur les frères, présentation du plan de table, discours du roi de Danemark pour remercier le roi Chulalongkorn des charges confiés à des citoyens danois comme Richelieu et la possibilité de devenir fonctionnaires suivi du remerciement du roi Chulalongkorn pour l’accueil de ses fils, Chira, Klang et Bin.

Il poursuit sur « l’acharnement » de la reine de vouloir parler politique, et qui voulait savoir si celui-ci avait rappelé à l’Empereur d’aider George de Grèce,

 

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et la reine se répétant, obligeant le roi presque à hurler, car elle était dure d’oreille, le mettant mal à l’aise, car elle exprimait son mécontentement sur Nicky (1),

 

Nicolas

 

et insultait l’Allemagne devant l’ambassadeur d’Allemagne présent. « La galère », dit-il, et poursuivit avec le roi qui n’apprécia pas les photos que l’Empereur lui avaient données, etc … 

Et puis suivent encore de nombreuses pages, où le roi Chulalongkorn passe encore d’un propos à un autre, sur une ballade en train effectuée le lendemain à  Fredericks Borg,

 

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le séjour au  palais, l’évocation des chambres, d’un tour du château, avec les hommes qui embrassaient et batifolaient avec les femmes, la ballade dans le jardin ; l’attention du  roi qui distrayait les autres pour le roi Chulalongkorn puisse uriner sur un arbre (c’est son mot), la joie de gambader avec lui, et puis le retour en train ; une petite scène entre le roi et la reine  à propos de la cigarette et d’un mégot tombé sur la robe, et d’une autre scène à propos de fleurs. Et puis un autre départ en train vers Berdorf, avec encore des petits faits du quotidien : les  trois enfants de la princesse Marie (femme du prince Valdemar)


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qu’il faut débarbouiller ; une partie de cartes avec le roi et la reine, une discussion avec Sawad de minuit à 1 heure ; pour poursuivre le 25 avec une  ballade sur le bateau royal Dannebrog, et évoquer la mauvaise humeur de Marie, et son bonheur d’être à ses côtés ; comment elle lui a pelé un fruit, comment il la fait rire, comment elle lui a tendu la joue pour recevoir une bise, l’a invité le lendemain à Tivoli, qui est un parc d’attraction où ils se sont amusés « comme le fait le petit peuple » ;

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pour de nouveau le 26 rappeler quelques moments de sa journée avec deux visites, la promenade dans un jardin, le déjeuner avec le roi et la reine sur le bateau, et la prise de photos de famille, et la distribution de photos de sa chère Lek, qui a beaucoup de succès. Ensuite la lettre vire aux compliments (« Le roi et la reine m’ont confié qu’ils m’aimaient beaucoup. ») et à l’amical soutien que plusieurs membres de la famille royale proposent au roi et au Siam, au cas où celui-ci serait en difficulté. « Ils m’ont tous porté aux nues », est-il heureux de dire,  pour enchaîner sur une promenade en bateau à vapeur, et des achats qu’il a effectués pour ses enfants, à savoir des objets en miniature, « un petit fauteuil à bascule pour lad Lek, un autre pour lad Noi », et d’autres en cristal, qu’il prévoit d’acheter bientôt quand il sera en Angleterre.

 

(On peut noter que le roi Chulalongkorn est un vrai passionné de photos (Il terminera même sa lettre en informant la reine qu’il lui a envoyé des photos prises à Copenhague), et d’achats en tout genre).


Enfin, nous apprenons en fin de lettre qu’il  a reçu les 22, 23 et 24èmes lettres de la reine à Copenhague et les 25 et 26èmes sur le bateau avant d’appareiller pour l’Angleterre qu’il atteindra dans quelques jours, dit-il.

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Deux lettres d’Angleterre. (30 juillet au 21 août)

 

De la lettre du  27 juillet expédiée du yacht Maha Chakri, en mer Baltique, nous passons à la courte lettre du 30 juillet, expédiée du palais de Buckingham.

Mais curieusement, au lieu d’avoir droit, comme pour les autres pays, à la description de l’arrivée en Angleterre, l’accueil royal, les réceptions, les visites, nous avons droit à l’information que le roi Chulalongkorn, a été ordonné « Hadg, prêtre dans l’ordre des xénophiles » (sic), que son ordination a été tenue en l’église du palais de Buckingham, en présence de son précepteur, le duc de Cambridge,

 

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et le témoin de son serment, le Duc de Teck,

 

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et qu’il a suivi un rite religieux à 17 heures, « comme le veut la coutume  » ! (2)

 

Et ensuite dans la lettre du 8 août 1897, que le roi écrit « à sa chère Lek » depuis Abbeye Welbeck Worksop, Angleterre,

 

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il  y exprime surtout sa fatigue, occupé qu’il est, depuis qu’il a quitté le Palais de Buckingham,  à aller d’un endroit à un autre fort éloigné, et le manque de temps pour lui répondre. Il signale un accueil par le duc de Portland « dans la meilleure tradition anglaise ». Il lui avoue également qu’il ne sentait pas bien à Londres (fatigue, ennuis d’estomac), et il termine sur un énigmatique (pour nous) : « je joue le grand patriarche qui préside le groupe de  haut clergé composé des membres suivants : » et huit personnes siamoises sont nommées.

 

Et curieusement encore, la lettre suivante est envoyée d’Allemagne, de Dresde, le 24 août 1897.

 

Il est à noter que nous n’avons ici que deux lettres d’Angleterre, sans aucune référence  aux entretiens avec la Reine Victoria

 

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et  les autorités anglaises,  alors que le roi Chulalongkorn accordait une grande importance à cette étape de son séjour européen qu’il a effectuée du 30 juillet au 21 août. La censure est sûrement passée par là, non ?

 

Allemagne : 22 août-6 septembre, (4-9 octobre, incognito).

 

Télégrammes du 24 août de Dresde ; du 28 août de  Postdam, du 30 août de Schwerin, et une longue lettre le 5 septembre de Essen, et une autre non datée et arrivée au même moment.

 

Un roi déçu ?


Le 1er télégramme de Dresde est adressé cette fois-ci « A sa Majesté la reine régente ». Le ton y est « diplomatique » et annonce l’accueil reçu et salué par « l’armée, l’Empereur, le prince Georges, le prince héritier, et son fils » ; avec  l’Empereur lui ayant « exprimé son amitié » ; le déjeuner qui a suivi (sans rien en dire) ; les remerciements, la remise de décorations réciproques ; et le « grand dîner de gala et une magnifique représentation théâtrale » qui auront lieu le soir. (Qu’il n’a pas encore vue)

Le télégramme suivant du 28 août est de la même veine et est également adressé  « A sa Majesté la reine régente », sans aucun sentiment exprimé si ce n’est les amabilités d’usage. Il donne son programme du 27 août avec à  9 h, une couronne  déposée sur la tombe de l’Empereur Frederik,

 

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la rencontre avec l’Empereur et la famille impériale (sauf le prince héritier, précise-t-il) ; puis l’assistance à un entraînement militaire avec chants ; une nouvelle décoration reçue (seul le prince Bismarck l’a reçu à ce jour, dit-il) ; puis retour à Berlin pour le déjeuner au palais royal ; suivi de visites de palais (il ne donne le nom d’aucun) ; une nouvelle couronne déposée cette fois-ci sur la tombe de l’empereur Guillaume ;

 

tombe-GI.jpg

 

somptueuse réception officielle avec discours ; présentation du nouvel ambassadeur d’Allemagne au Siam, à qui « j’ai parlé des diverses questions qui peuvent par moment poser des problèmes. L’Empereur lui a dit « d’agir avec prudence afin qu’il y ait pas de conflit entre son pays et le nôtre ». Ensuite, il signale un télégramme gentil et amical du Tsar de Russie.

 

On se  souvient que Réau dans sa lettre du 4 février 1897 avait dit « Le Siam est tout troublé par des menaces de guerre. Le ministre allemand a été arrêté et battu par la police. Les Américains envoient un second cuirassé ». (Cf. article 144)

 

Le court télégramme du 30 août de Schewerin est du même jus : accueil : « excellent » ; population : « en liesse » ; banquet : « en mon honneur » ; avec des phrases toujours aussi ternes que « Aujourd’hui, je visiterai plusieurs sites. Ce soir, j’irai au théâtre ».

 

La déception du roi sur la politique étrangère menée.

Enfin, le 5 septembre, on retrouve notre roi qui s’adresse « à sa chère Lek » d’Essen, en deux lettres qui cette fois-ci, -et ce qui  est rare- parle de politique.

Il exprime à sa femme sa profonde déception et sa colère (« je manque de perdre la tête ») contre ses ambassadeurs en Europe, et contre la politique menée jusqu’à présent :

Nos ambassadeurs ?

 

« Avec ce genre de diplomatie en Europe, le travail qu’on fait ne sert à rien ; tous les documents qui leur ont été envoyés, vous devez comprendre, personne ne les regarde. »


Ils sont ignorants, rajoute-il, et les gouvernements étrangers ne bougent pas du fait de notre peu d’importance. Seuls, estime-t-il, Krom Luang Dewawongse et Krom Damrong  pourraient bien remplir cette tâche, mais ils sont nécessaires aux affaires intérieures.

 

Notre politique suivie ?


Le roi vient de prendre conscience, après ses entretiens avec le Tsar, le comte Muravyov (ministre russe des affaires étrangères), Lord Salisbury (premier ministre d’Angleterre),

 

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M. Curson (ministre anglais des affaires étrangères),

 

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et l’Empereur d’Allemagne,

 

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que les Nations européennes l’ont « endormi »  avec de belles paroles, et qu’il ne croyait plus, malgré leurs promesses, qu’ils interviendraient au cas où son pays perdait son indépendance.

« Etant donné que notre Etat est indépendant, il serait approprié que nous parlions nous –mêmes. » Et il rajoute : « Ce fait a été saisi jusqu’avant-hier. »

Et désormais, il sait (certains lui ont dit aussi), que le Tsar n’acceptera pas le rôle d’arbitre.

Il termine sa lettre sur une belle déclaration d’amour pour sa patrie et sa chère Lek qui seules importent, sont « utiles », et non « tout le reste (qui) semble de peu de substance : plaisirs, grandeur, beauté, richesse, prospérité ». Et il lui conseille de montrer cette lettre à Krom Luang Dewawongse et Krom Damrong, soulignant ainsi l’importance de cette prise de conscience politique.

 

La lettre suivante, arrivée en même temps, est essentiellement consacrée à Von Seldenek, l’ambassadeur allemand nouvellement nommé au Siam.

 

Le roi évoque un entretien avec l’Empereur où il se serait plaint des ambassadeurs allemands précédents, bien souvent hostiles. Celui-ci l’aurait rassuré en ayant donné à son ambassadeur des recommandations spéciales.

 

Le roi confie alors qu’il a été touché par l’Empereur par des propos que lui aurait dit le Tsar concernant « l’indépendance du Siam (qui) ne sera pas perdue ni rompue ». Et puis, il fait un distinguo entre le Tsar, pour qui il éprouve de la déférence et l’Empereur qui ne lui « parait pas extraordinaire » ; surtout dit-il que celui-ci n’a agi pour le Siam que pour plaire au Tsar et pour les intérêts mutuels du moment. (confirmé, dit-il, par un entretien avec le prince Bismarck).


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Il revient ensuite sur l’ambassadeur allemand, qu’il a rencontré à quatre reprises ; et qui s’est bien comporté et lui parait intelligent bien que son visage semble triste et dépourvu de dignité, avec son nouvel uniforme de promu. Mais le roi Chulalongkorn rappelle « à sa chère Lek » qu’il ne faut jamais  oublier qu’il représente aussi celui qui l’envoie, et qu’il faut à ce titre bien l’accueillir et qu’elle transmettre aussi ce message à Krom Luang Dewawongse et Krom Damrong.

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Hollande. (11. 7-9 septembre.)

 

Une seule petite lettre de Hollande, celle du 7 septembre du palais Het Loo, adressée « à sa chère Lek », à qui il dit qu’il vient de quitter le grand palais de la Haye pour arriver au palais Het Loo,

 

HET-LO.jpg

 

après avoir été reçu par les deux reines à la gare. Ils ont pris le thé ensuite et sont allés se promener ensemble en voiture, en conversant agréablement.

Il fait après un bon portrait de la Reine régente (parle bien l’anglais, loquace, pertinente, intelligente), ainsi que celui de l’enfant (la seconde reine), (souriante, joviale, l’air naïve, maladroite).

Voilà c’est tout. Une fois de plus, on n’apprendra rien des conversations tenues.

 

Aucun courrier de la  Belgique : 9-11 septembre (21 août, 2-4 octobre, incognito).

 

Et une seule lettre depuis Paris, mais relatant  le 11 et le 12 septembre 1897. (11-17 septembre, (10-14, 26 octobre, incognito). Elle est adressée « à sa chère Lek ».

 

Nous serons déçus, car nous n’aurons aucune information concernant les négociations pour résoudre le conflit entre le Siam et la France.

 

Or précédemment, nous nous souvenons par sa lettre du 13 juin 1897 postée depuis Florence que: « Mon seul souci concerne l’Angleterre et la France, qui, toutes deux se préparent à régner en maître sur notre sol ». Mais il distinguait néanmoins l’Angleterre de la France ; en exprimant  l’espoir d’obtenir un accord proche avec l’Angleterre, alors qu’il voyait « une pierre d’achoppement plus redoutable » avec la France avec surtout « la question de l’immatriculation des sujets sous contrôle français. »

Alors que dit-il dans cette lettre ?

 

Le roi arrive donc  le 11 à Paris avec une grande angoisse. (« Depuis mon départ du Siam, je n’ai jamais autant souffert d’angoisse. »)

 Et il est étonné par l’accueil (« excellent, on peut le dire. ») reçu à la gare  « pompeusement décorée », en présence du Président Félix Faure avec un grand nombre de militaires et une foule criant : « Vive Félix Faure ! Vive le Président ! Vive le Roi du Siam ! ». Il ne l’explique que par le désir de « faire plaisir au Tsar puissant ».

 

Ensuite il va  distinguer Félix Faure de Hanotaux (ministre des Affaires étrangères) ; voyant en Félix Faure, un homme qui parle anglais avec lui, un homme « beau et élégant », gracieux dans ses gestes et ses paroles,

 

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alors qu’Hanotaux lui parait orgueilleux.

 

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Mais le roi  reconnait qu’il l’a négligé, et ensuite a fait un impair en lui disant, arrivé à la voiture, « qu’il n’avait pas à (l’) accompagner plus loin. »


Bref, on sent bien le roi anxieux ; et rassuré quand le Félix Faure le remercie d’être venu, sur le chemin vers l’hôtel, et l’assure qu’ils trouveront ensemble les moyens de s’entendre. Le roi lui exprimera alors son désir de devenir ami de la France ; qu’il l’avait fait savoir au Tsar de Russie, et que celui-ci pouvait en témoigner. Félix Faure confirma « que le Tsar lui avait mentionné », et il y eut ensuite des amabilités échangées. (Invitation de son fils Chira en France, prise de nouvelles de son fils To. Promesse du roi d’envoyer « quelqu’un étudier à Paris. »)

Il termine sa lettre en disant qu’il est allé remettre sa carte de visite à Félix-Jules Méline. (Président du Conseil des ministres de1896 à 1898) (3).

 

Cette lettre se poursuit avec le 12 septembre, où il dit qu’il va raconter les événements du jour à savoir : le fait qu’il a mal dormi à cause d’une fenêtre dont on a n’avait pas tiré le rideau ; qu’il a servi de guide pour son groupe pour la visite de l’Hôtel des Invalides où il surtout remarqué les vieux soldats malades,

 

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l

le tombeau de Napoléon Bonaparte, la cuirasse de l’Empereur chinois prise lors du sac de Pékin ; l’amusement éprouvé à la Tour Eiffel ; 

 

Le roi fait dessiner sa silhouette par Clément Boulanger :

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la course de chevaux l’après-midi, où l’attendaient le Chef du Conseil des ministres et le ministre des Colonies (André Lebon).

Mais le roi confie que le général qui l’accompagne lui a demandé s’il était fatigué et qu’il n’a pas pu « lui répondre que c’était à cause de (ses) inquiétudes pour les conférences ». Toutefois, il poursuit en disant qu’il est bien malade (haut niveau de gaz dans l’estomac et genoux endoloris), et qu’il s’inquiète « que cela ne devienne aussi grave qu’en 1893». 


Pour revenir sur la presse, la France et son peuple.

 

Il a le sentiment que la presse n’est pas négative à son égard, sans aller jusqu’à dire « que tout aille bien ». (Cf. l’article à suivre « 150. La visite du Roi Chulalongkorn à Paris en 1897 vue par la presse française. »)

 

Il a aussi le sentiment que le peuple français n’est pas fâché contre les Siamois, mais que c’est un peuple qui agit « selon ce que leur chef lui dicte » ; c’est un peuple passionné, qui s’emporte si on l’incite et qui s’exprime « avec enthousiasme en gesticulant ».

 

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Il reconnait à la fin de sa lettre que la France est « un pays magnifique. On n’en trouve rien de comparable. Il mérite d’être appelé paradis » et qu’il prendrait grand plaisir à y rester, s’il « était venu comme une personne ordinaire. » Il reconnait aussi qu’il a été bien accueilli mais qu’il a hâte de rentrer.

 

Accolqde

 

La dernière lettre du livre sera datée du 26 octobre 1897 de l’Hôtel de Paris à Monte Carlo, et adressée « sa chère Lek », soit un mois et demi après la précédente (12 septembre).

L’itinéraire annoncé étant : « 14. Espagne : 15-20 octobre. 15. Portugal : 21-23 octobre. 16. Monte Carlo 26 octobre. »

 

En fait cette lettre évoque le voyage effectué de Paris à Monte Carlo (« ce pays se trouve sur ma route »), (14 au soir) vers Irun, et ensuite le site royal de Saint-Laurent-de-L’Escurial, (situé à 45 kilomètres au nord-ouest de Madrid) et Madrid le 16, avec le départ le 19 pour Lisbonne (atteint le 21), et le départ du 23 au soir vers Naples …

 

Le roi craignant les accusations (jouer, boire, despotisme cruel).

 

Arrivant à Monte Carlo, le roi craint qu’on l’accuse de « jouer à l’argent » et de boire. Il rajoute « si certains de ma suite s’y mêlaient de jouer, je serais alors accusé d’y jouer moi-même ».


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ll poursuit en évoquant une fausse accusation subie à Lisbonne, où on a colporté la rumeur qu’il aurait ordonné l’exécution de Bra Indradjej. (« il aurait fait quelque chose pour laquelle j’aurais ordonné son exécution ».) Or, dit-il, « La raison en est que son visage était très pâle après avoir accompli plus de quarante visites aux toilettes. ».


Et puis, le roi partage quelques traits marquants de son bref séjour à Monte Carlo :

la visite du casino et quelques observations sur les paris de jeux de carte ; un repas pris à l’hôtel de Paris ;

 

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l’accueil par le gouverneur et le gouvernement, le Prince étant en croisière (4).

 

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Il se plaint du voyage en train («terrible», dit-il) avec l’arrivée le 15 au matin à Irun, où on lui offre un banquet pour repartir en train et poursuivre le 16 à l’Escurial, « « une grande ville où se situent le palais et contiguë à celui-ci l’église Saint Laurent sépulture de tous les rois d’Espagne. », où il est allé rendre hommage à la tombe du roi Alphonse XII,

 

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et continuer sur Madrid, où il a été accueilli magnifiquement à 14h30. Mais dit-il, je vais plutôt vous parler de la Reine.

 

Le roi sensible à l’intelligence des femmes et ici des reines et à leur beauté.

En effet, le roi avoue qu’il ressent pour la reine du Portugal, la même affection que pour la reine d’Italie et l’impératrice Marie. Il la décrira (bonne, généreuse, attentive, jouant un rôle essentiel pour l’Espagne), et aura un coup de cœur aussi pour le petit roi (le futur Alphonse XIII).

 

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Il est marqué ensuite par une corrida. « C’était effrayant aussi bien pitoyable ». Il manifeste sa pitié pour les chevaux (« sept chevaux sont morts contre seulement quatre taureaux abattus »), son écœurement face à leurs entrailles.

 

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Mais il gardera un bon souvenir de l’Espagne ; ses jours n’y ont été « que joie et confort », avec un programme si chargé qu’il regrette de ne pas avoir eu le temps de le raconter.

 

Ensuite le roi quitte Madrid le 19 vers 8h du soir pour n’atteindre Lisbonne que le 21, où il fut reçu par le roi, pour subir une procession qui lui fait penser à une procession de funérailles à Sanam Luang, mais par contre ensuite, il a été enchanté quand le roi lui a présenté sa femme Amélie : « Quelle beauté, dit-il « Bien plus qu’on puisse s’imaginer ».

 

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Il appréciera moins ensuite l’heure du dîner prévu pour 20h et commencé à 22h30, ni l’attitude de la reine narguant le roi « avec fureur ».

Le lendemain, après la visite de plusieurs églises, il fut de mauvaise humeur en devant se défendre auprès « d’une horde de femmes » au palais de reine, de la rumeur de l’exécution de Braya Indradej.

Il repartit le 23 à 11h du soir, avec le roi qui arriva juste à temps pour le saluer et des soldats qui durent courir pour lui présenter les armes. Si vous ajoutez ensuite un train qui a failli dérailler et qui resta bloqué pendant 9 heures, vous comprendrez que le roi Chulalongkorn estima  qu’ « au Portugal, tout va mal ». Surtout que le voyage fut interminable (du 19 au soir au 26 à 15h !) jusqu’au retour à Monte Carlo. Il s‘est senti « comme un prisonnier » et faillit, dit-il, « mourir de souffrance ».

 

Ainsi s’achève les correspondances du roi Chulalongkorn, tiré du livre « Premier voyage en Europe du roi Chulalongkorn. (1897) », publié en 2003 par le Centre d’Etudes Européennes de l’Université de Chulalongkorn.

 

Il poursuivra son voyage vers Naples ……….

 

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Nous avions désormais suffisamment d’éléments pour vous proposer « notre » portrait du roi Chulalongkorn en Europe en 1897.


Mais auparavant, nous allons relater dans l’article suivant « La visite du Roi Chulalongkorn à Paris en 1897 vue par la presse française. »

  

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*In « Premier voyage en Europe du roi Chulalongkorn » (1897) », page LIII.

1.Italie : 14-18 mai ; 1er-7 juin  (8-7 juin, 27 octobre-2 novembre, incognito). 2. Suisse : 17-31 mai. 3. Autriche –Hongrie (Autriche) : 20-24 juin. 4. Autriche-Hongrie (Hongrie) : 26 juin-1er juillet. 5. Russie (Pologne) : 2-4 juillet. 6. Russie : 5-11 juillet. 7. Suède-Norvège : 15-19 juillet. 8. Danemark : 23-26 juillet, (19-22 juillet, incognito). 9. Grande-Bretagne : 30 juillet-21 août, (17 septembre-2 octobre, incognito). 10. Allemagne : 22 août-6 septembre, (4-9 octobre, incognito). 11. Pays-Bas : 7-9 septembre. 12. Belgique : 9-11 septembre (21 août, 2-4 octobre, incognito). 13. France : 11-17 septembre, (10-14, 26 octobre, incognito). 14. Espagne : 15-20 octobre. 15. Portugal : 21-23 octobre. 16. Monte Carlo 26 octobre.

 

 

Notes


(1) Nicolas II dans l’intimité familiale.


(2) Il s’agit de toute évidence d’une invitation dans une loge maçonnique qualifiée pompeusement de « xénophile »,

 

loge

 

ce mot est le contraire de « xénophobe », il est effectivement utilisé en anglais avec tout simplement le sens de « philanthrope », il est inusité en français. De nombreuses loges maçonniques portent le nom d’ « amis de l’humanité », « philanthropes » etc…

 

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De tous temps et encore, tous les membres de la famille royale anglaise et tous les dignitaires de l’église anglicane appartiennent à la franc-maçonnerie anglaise. Il n’y a donc rien d’extraordinaire à ce que cette loge « ouverte » (acceptant un invité non « initié ») se soit tenue dans la chapelle royale. La terminologie utilisée par le roi était-elle bonne ou la traduction ne l’est-elle pas ? Une séance en loge commençant toujours par des invocations à l’ «être suprême », une espèce de Crédo,


François

 

le roi a pu s’imaginer se trouver au centre d’une cérémonie religieuse au milieu de « frères » dont la tenue rituelle pouvait lui faire penser à des ornements sacerdotaux ? Quant au titre de « Hadg », il y a probablement erreur de transcription du roi, peut-être lui a-t-on conféré à titre honorifique évidemment, le titre de « Arche royale », le grade le plus distingué de la maçonnerie anglaise, en anglais « royal ark » qu’il a transformé en Hadg ?

Le Duc de Teck était un Wurtembourgeois n’ayant aucun avenir dans son duché puisque issu d’un mariage morganatique, le duc de Cambridge était hanovrien, tous deux venus chercher fortune en Angleterre, sont proches cousins de la reine Victoria qui en fit des Ducs. N’oublions-pas que la maison qui règne sur l’Angleterre et que se qualifie de « Windsor » est en réalité hanovrienne.

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(3) Il ne lui a évidemment pas « remis » sa carte ce qui selon les usages de l’époque aurait constitué tout simplement une provocation au duel, mais « fait remettre », ce qui équivaut à rendre une visite en se dispensant de le faire, toujours selon les mêmes bons usages, un moyen considéré comme cavalier pour se débarrasser d’une corvée.

 

(4) l’absence du Prince Albert était-elle « diplomatique » ? Il ne résidait jamais sur son rocher et par ailleurs, il était considéré dans le beau monde du Gotha, à la suite d’une série ininterrompue de scandales familiaux nauséabonds, comme malséant de le fréquenter.

 

Florestan

 

L’empereur François-Joseph d’Autriche, à l’occasion d’un voyage sur la Riviera, dut faire un détour pour ne pas avoir à passer sur ses terres et devoir lui faire l’hommage d’un salut.

 

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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