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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 23:02

titreNous vous proposons un portrait du roi Chulalongkorn d’après ses propres lettres publiées en 2003 dans « Premier voyage en Europe du roi Chulalongkorn. (1897) », par le Centre d’Etudes Européennes de l’Université de Chulalongkorn.*

Ces lettres du roi permettent à chacun d’approcher son sens politique, ses jugements de valeur, son savoir-vivre, ses intérêts pour la « modernité », sa curiosité incessante,  ses goûts en matière d’art, sa manière de se comporter avec les rois, les dignitaires, les femmes … On rencontre un roi qui reste roi, qui sait apprécier le « progrès » européen, mais qui  en voit aussi les limites, sans oublier le mode de vie siamois ; un roi qui exprime franchement ses critiques sur les pays et les gens rencontrés mais aussi ses espoirs et ses craintes, ses faiblesses, ses maladies … et ses tendres sentiments pour la reine Régente Saowapha Phongsri. Bref, un roi et un homme dans toutes ses dimensions.

epouse

 

A cette époque, le roi craint, nous l’avons vu**, de perdre l’indépendance de son pays sous les appétits coloniaux de la France et de l’Angleterre, surtout depuis la signature du traité de 1893. Il le dit : « Mon seul souci concerne l’Angleterre et la France, qui, toutes deux se préparent à régner en maître sur notre sol ».

Le combat diplomatique est âpre, implacable, quotidien. Le roi Chulalongkorn estime sûrement que la meilleure stratégie est de faire reconnaître le Siam comme une nation digne de ce nom, une nation « moderne ». Il a réorganisé l’Etat, entrepris de grandes réformes (administrative, judiciaire, financière, éducationnelle, mis fin à l’esclavage, etc) et a compris la nécessité d’établir des frontières délimitées et reconnues.


frontières

 

Il décide en 1897 d’aller en Europe pour contribuer à régler les conflits et évaluer ses soutiens, et dit-il, pour connaître la vie des Européens, la source de leurs revenus, les moyens de leur puissance, sans oublier leurs divertissements.

 

Un roi qui reste roi.


Un roi politique.

Le roi Chulalongkorn a bien préparé son voyage en Europe via ses légations siamoises à Berlin, Paris

 

légation

Légation du Siam, 14 avenue d'Eylau

 

et Londres qui lui confirment les rendez-vous royaux prévus, mais il se dit prêt à changer d’itinéraire en fonction de la situation.

Certes les lettres s’attardent sur les festivités officielles, mais ici ou là, il ne peut cacher ses inquiétudes et ses espoirs quant au sort du Siam.

Il ne va pas oublier  au milieu des « plaisirs et agréments » son « souci » concernant l’Angleterre et la France, et les rapports de ses conseillers juridiques indiquent l’espoir de signer un accord prochainement avec l’Angleterre sur « la question territoriale », mais la crainte que cela risque de trainer en longueur avec la France.

Il ne verra d‘issue à ce conflit que par l’entremise du Tsar de Russie, qui effectivement lui confirmera maintes et maintes fois son appui,

 

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Saint Petersbourg, 5 juillet 1897

 

mais le roi exprimera parfois  ses doutes sur la situation et sollicitera les conseils de la reine et du Conseil siamois,

Il se tient évidemment informé de ce qui se passe au Siam et donne ses instructions, en fonction des télégrammes reçus, à la reine régente et aux princes Dewawongse et Damrong. Toutefois il laisse toute liberté à la reine de publier tout ou partie de sa correspondance d’Europe, pour « l’instruction de son peuple bien aimé » en lui laissant « le pouvoir de choisir les télégrammes qu’elle trouve publiables au mieux de nos intérêts ». Bref un roi conscient des intérêts en jeu, mais qui ne pourra cacher sa déception.


Un roi déçu.

Le roi va exprimer sa déception sur la politique étrangère menée et même sa colère contre ses ambassadeurs en Europe. « Avec ce genre de diplomatie en Europe, le travail qu’on fait ne sert à rien ; tous les documents qui leur ont été envoyés, vous devez comprendre, personne ne les regarde. » Ils sont ignorants, rajoute-il, et les gouvernements étrangers ne bougent pas du fait de notre peu d’importance. Seuls, estime-t-il, Krom Luang Dewawongse et Krom Damrong pourraient bien remplir cette tâche, mais ils sont nécessaires aux affaires intérieures.

 

Le roi vient de prendre conscience, après ses entretiens avec le Tsar, le comte Muravyov (ministre russe des affaires étrangères),

 

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Lord Salisbury (premier ministre d’Angleterre),


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M. Curson (ministre anglais des affaires étrangères), et l’Empereur d’Allemagne,


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que les Nations européennes l’ont « endormi »  avec de belles paroles, et qu’il ne peut plus les croire malgré leurs promesses.


 Bismark 2 9 97

Avec le prince Bismark le 2 septembre 1897

 

Il ne sera pas déçu par contre par sa rencontre avec le pape.


Le roi et la tolérance religieuse.

Lors de son voyage le roi s’est dit honoré d’avoir rencontré le pape. Il manifestera à cette occasion une grande tolérance religieuse, non sans lui cacher certaines récriminations.

Il évoquera un long passé d’amitié bien qu’interrompu parfois, la bonne relation de son père avec le précédent pape et lui assurera que les catholiques en son royaume recevaient le même soutien et la même protection que les bouddhistes. Il ne cachera pas au pape les difficultés qu’il avait parfois avec certains prêtres ; difficultés qu’il attribue à leur origine sociale. Le pape répliquera que ses consignes étaient pourtant claires et qu’il s’attachait à ce que les prêtres et laïcs soient respectueux des rois dans les pays desquels ils prêchaient leur foi.

 

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Ils discuteront sur la nécessité de leur entente et évoqueront les moyens d’y parvenir ; le pape conseillant l’envoi d’un émissaire attaché au Vatican. Le roi fera un portrait positif du vieux pape Léon XIII, qui suscite beaucoup « d’admiration et de confiance », et il ira rendre visite au cardinal Rampola, avant de quitter le Vatican.

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Le roi priera la reine de « rapporter ses propos aux membres du Conseil d’état et aux ministres, car ces pourparlers concernent également les affaires d’état. »

Le roi avait bien saisi l’importance politique du pape en Europe et le pouvoir de l’Eglise catholique.

Un roi conscient de son rang, sensible aux réceptions royales, attentif au protocole.

Le roi est sensible évidemment à l’accueil reçu dans les différentes cours européennes, aux marques de sympathie exprimées par ses hôtes royaux et princiers ; les messages, les cadeaux échangés … qui font de lui un roi reconnu par les autres rois, « un membre de la famille » dira même l’Empereur d’Autriche-Hongrie.


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Il est attentif au protocole, il en connait l’importance. Ainsi, lors de l’audience papale, il apprécie que le pape lui ait proposé un siège aussi haut que le sien, ou il est heureux que son fils, le prince héritier, ai eu  l’honneur d’être placé à la troisième place au côté de la Reine Victoria lors de son jubilé,

 

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et près de l’impératrice Frederica. Il estime par contre que le protocole est trop « démesuré » à la cour d’Autriche-Hongrie : « Tout devait se dérouler scrupuleusement à la minute prévue dans le programme, jamais avant ni après », « avec des officiers qui y veillaient, avec arrogance et montre en main ».

Il sait que chaque cour a une étiquette, des usages ; aussi  se tint-il, à genoux, tête inclinée, pour saluer les morts illustres de la crypte royale d’Autriche.

 

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Il sait que chaque prince, chaque dignitaire doit tenir son rang et « être des modèles » ajoute-t-il ; mais il n’apprécie pas leur sans-gêne, qu’ils « boivent, s’amusent avec les femmes ou tuent pour leur plaisir », ou comme les nobles russes, aient le « nez en l’air », et « n’ont jamais rien à faire dans ce monde, sauf manger, se promener, s’amuser sans jamais savoir penser au travail ». Il n’épargne pas ses propres officiers  bruyants, agités, qui ne s’intéressent à rien, même pas aux cérémonies.

Ils sont, dit-il, comme les roturiers, ils ne voient pas ce qui est important : « ils trouvent bien médiocres quelqu’un de bien élevé et trouvent sans importance une chose bien importante (…) tandis que ce qui mérite attention, il ne le voit pas du tout. » Quant à ses serviteurs, ils sont « d’une ignorance crasse », et « frustes », qu’il en a honte.

Un roi donc, conscient de sa valeur et des valeurs qu’il faut défendre.

Le roi tient son rang, et se sent à sa place parmi les rois européens, car il est conscient de sa valeur et des valeurs qu’il faut défendre. Il n’hésite pas à dire qu’il a impressionné les cours d’Europe par son aisance, son calme, son allure de douceur et d’amabilité, « une grâce qui inspirait du respect ».

Un roi conscient de ses limites.

Ainsi, s’il sait comment se comportent les nobles, les roturiers et les plébéiens, il avoue ne rien savoir sur les bourgeois qu’il a rarement rencontrés.

De même, s’il se proposait  de connaître lors de ce voyage la vie des Européens, l’origine de leurs revenus, leur puissance et leurs divertissements ; il constate que sur les revenus, il n’a que des  « constatations superficielles » ; Sur leur puissance, il ne peut « décrire quoi que ce soit » ; Et sur les divertissements, il n’a connu que ce qui lui a été réservé. Il regrette par exemple  de ne pouvoir citer aucune pièce de théâtre.

Ensuite il revient longuement sur les connaissances qu’il a acquises en Italie, en Autriche, en Russie et en Suède, concernant essentiellement les rois et les reines, et quelques princes, ducs, comtes et leurs épouses des familles royales. Il en dresse un portrait moral et physique, et n’oublie pas de les juger, d‘exprimer son admiration et les défauts de certains. Il indique aussi que « les relations entre princes et plébéiens se font différemment dans chaque pays, en donnant quelques exemples. Ainsi, en Italie, « on respecte grandement les princes, mais avec une certaine liberté » ; en Russie, « tous portent envers le Tsar une crainte que je n’ai jamais vue ailleurs aussi grande, voyant en lui un Dieu plutôt qu’un humain » ; en Suède, le peuple « jouit d’une liberté plus grande même que les Italiens », rajoutant « ce qui me semble suggérer que ce pays est déjà un peu une république » ( !).

 

Toutefois le roi est conscient des préjugés culturels. Ainsi regarde-t-il un ballet censé être aux couleurs thaïes, qu’il remarque que : « L’image que les Occidentaux ont de nous est aussi caricaturale que celle que nous avons d’eux comme en témoigne l’œuvre épique Bra Abhaimani. »


Mais c’est aussi un roi curieux, ouvert, avec des centres d’intérêt très divers.

On lui a certes à chaque étape  préparé de nombreuses visites : palais, églises, musées, bibliothèques, jardins et parcs, manufactures, etc,  mais il s’intéresse aussi à l’urbanisme, à la « modernité » (égouts, éclairage au gaz, eau courante), comme à l’élevage (il veut importer un taureau au Siam) voire même aux mécanismes d’horloge. Il est sensible à la beauté des paysages rencontrés, sait partager sa satisfaction par exemple d’avoir goûté et apprécié pour la première fois du raisin.

Chulalongkorn décrit donc ce qu’il voit, ce qu’il sent, goûte, admire, l’étonne, en comparant parfois avec ce qui existe au Siam, sur des sujets aussi divers que  l’architecture, les peintures, les livres, l’habillement, la chanson, la « modernité », les us et coutumes, avec référence à l’histoire parfois (Napoléon qu’il semble admirer).

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L’humour.


Mais le ton sérieux n’empêche pas l’humour de s’exprimer parfois. Ainsi il nous dit qu’il a bien vu qu’au concert, les  spectateurs viennent certes pour la qualité de la musique, mais aussi pour la beauté des filles et pour « se regarder les uns les autres».

Le roi manifestera souvent son « esprit ». Ainsi par exemple, discutant avec le prince héritier de Suède « des affaires de Norvège », celui-ci  lui répondit que la situation était préoccupante, car la Norvège désirait une République et se préparait à se révolter. La discussion se poursuivit alors sur les capacités du Siam à devenir « aussi capable qu’eux » selon le Prince. Le roi répondit que ce temps était encore lointain, même s’il avait envoyé tous ses enfants dans toutes les cités européennes. Certes ils avaient beaucoup appris mais ils avaient aussi appris à boire comme les Occidentaux. Le roi confiera qu’il avait fait rire tout le monde avec sa réplique.


Un roi féru d’art.


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« Tout au long de mon séjour ici (Italie), je ne rencontre que peintres et sculpteurs, tant les œuvres d’art me réjouissent depuis toujours ». Il veut explicitement rendre compte de ce patrimoine ; il parle de « trésors », de « merveilles », évoque la renaissance, la « longue tradition d’art et de chefs d’œuvres qui remontent à plus de mille ans» ; est attentif au travail des deux peintres qu’il a sollicités. Il s’arrête sur les prix, donne des exemples.

 

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Le roi va partager avec la reine cette passion de l’art italien, rendra compte des tableaux et des sculptures  de lui et de la famille royale qu’il a fait réalisés ou qui sont en cours ; comme il évoquera très souvent son autre passion pour les photos. Le roi aime donc sa représentation sous les différentes formes artistiques (tableaux, statues, photographies).


photo

 

Le prestige royal.


Chulalongkorn aime le luxe, les bijoux, mais comme tous les rois européens.

 

bijoux bons

 

Nous n’oublions pas que ce goût exprimé pour le luxe, les bijoux, doit se comprendre dans le faste royal nécessaire à l’exercice de la fonction surtout quand elle se légitime par le divin. La magnificence, la grandeur, le précieux doivent se refléter dans la vie du roi, son palais, ses vêtements, ses parures … Le faste se manifeste aussi dans le don, l’échange de cadeaux entre rois et princes.

Reine

Ainsi le roi Chulalongkorn s’attardera très souvent sur les bijoux, les pierres précieuses, les objets de luxe qu’il a offert, reçus, achetés, comme ceux semblables à  la parure de reine d’Italie composée de perles et de diamants, d’une longue chaînette de montre revenue à la mode, de trois perles « dont l’une d’une beauté sublime, à un prix exorbitant », de bracelets, de broches … qu’il va envoyer à la reine. Ou bien encore le cadeau de la Reine d’Italie qui lui a offert son propre bracelet d’onyx entouré de diamants. Il y en aura d’autres.

Ses goûts lui ont donné une expérience qui lui permet d’apprécier par exemple des habits impériaux qui datent de Charlemagne, et des sceptres et épées de l’Empereur ornés de pierres précieuses (« pas aussi magnifiques que les nôtres », ajoute-t-il), ainsi que les bijoux des  reines avec leurs parures de  diamants, d’émeraudes, de perles …

Un roi amoureux, galant, sensible à la beauté et l’intelligence des femmes.

Le roi n’aura de cesse au cours de son voyage d’exprimer son amour à la reine régente, « sa chère Lek ». Il aura toujours les mots tendres qui conviennent et aussi lui manifestera sa confiance dans la conduite des affaires du royaume. Mais il sait que la confiance est réciproque et il peut librement lui parler des femmes qu’il rencontre, de leur beauté ou de leurs travers ; il peut avouer avoir de l’affection pour la reine d’Italie, l’impératrice Marie et la reine du Portugal. Il apprécie leurs talents,  comme la reine d’Italie qui bien que ravissante, « dirige en fait les affaires de l’Etat », et il ajoutera « je dirais volontiers qu’elle vous ressemble beaucoup » !


Mais le roi n’en est pas moins homme et est sujet à la maladie et à certains petits travers.

Lors de son voyage, le roi ne cache pas à « sa chère Lek » ses souffrances ; ainsi en Autriche, croit-il sa dernière heure arrivée, avec une sciatique et une toux qui l’empêchent de dormir ; En France, il est bien malade (haut niveau de gaz dans l’estomac et genoux endoloris), qu’il s’inquiète « que cela ne devienne aussi grave qu’en 1893». Mais à chaque fois, il précise qu’il a, malgré tout, assister aux cérémonies prévues.

 

L’ivresse ? Le jeu ?


Certes le portrait est positif, mais nous n’oublions pas qu’il est réalisé à partir de ses lettres, et que certaines ont été censurées. Toutefois, certains traits plutôt négatifs ou étonnants ont pu passer cette censure.

Les données.

Ainsi ce fameux serment que le roi Chulalongkorn doit prêter avant son voyage en Europe,  devant  l’Assemblé du haut clergé, en présence de la reine Régente,  le 21 mars 1896, dans la Salle du Trône pour, dit-il, apaiser « l’inquiétude de Krom Muen », où il s’est engagé à rester fidèle à Bouddha et à son enseignement, à ne pas avoir de rapport sexuel, et à ne pas s’enivrer pour rester digne.

On peut pour le moins se demander pourquoi Krom Muen était inquiet.

Une anecdote rapportée par le roi Chulalongkorn nous dit qu’il dut feindre l’ivresse lors d’un banquet à Stockholm avec le roi suédois qui était saoul, et que cela lui rappelait une autre scène où il était en compagnie du roi des Belges qui lui aussi s’amusait en ivrogne, et avec lequel il avait plaisanté, s’injuriant presque.

 

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Le problème est que le roi des Belges n’était pas connu pour sa tempérance.

Poursuivant l’anecdote, le roi Chulalongkorn, de retour dans sa chambre, nous dit encore que le prince hériter suédois entra et pour avoir une contenance, le roi Chulalongkorn prit des photos qui, par hasard dit-il, représentaient toutes les favorites du Roi ; poursuivant, le prince héritier lui montra des femmes nues !

 

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Par hasard ?

De même arrivant à Monte Carlo, le roi craint qu’on l’accuse de « jouer à l’argent » et de boire. Il rajoute « si certains de ma suite s’y mêlaient de jouer, je serais alors accusé d’y jouer moi-même. »

 

Sem Le Rire 1900 (Monaco)

 

Le roi victime de calomnies ? Ou un petit penchant pour la divine bouteille et le jeu ?

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Quoi qu’il en soit, la lecture des lettres d’Europe du roi Chulalongkorn publiées permettront à chacun de faire un portrait du roi. Nous avons vu un roi attachant, conscient de sa mission pour défendre son pays, ouvert et curieux à la « modernité » européenne, évaluant ce qui peut être importé sans oublier les valeurs siamoises, un roi exigeant envers lui-même et les autres, intraitable avec le laisser-aller, critique, lucide et conscient de sa valeur, de son rang, mais respectueux des usages et des coutumes européens ; un roi mondain, charmant, galant, surtout envers les belles femmes et les femmes de « caractère ». Un roi cultivé, féru d’art, passionné par la sculpture, la peinture, la photographie, la beauté des bijoux. Un roi aimant sa femme, la reine Régente Saowabha Phongsri,

 

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et ses enfants.

 

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Un roi exceptionnel auquel on peut bien pardonner quelques petits défauts, non ?  Et croire, comme il l’avoue dans une lettre, que seuls lui importent son amour pour sa patrie et sa chère Lek et non « tout le reste (qui) semble de peu de substance : plaisirs, grandeur, beauté, richesse, prospérité ».

 

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*Cf. Les deux articles 148.1 et 148.2 sur la lecture de sa correspondance (59 lettres ou télégrammes) dont une partie a été publiée en 2003 par le Centre d’Etudes Européennes de l’Université de Chulalongkorn, et intitulée « Premier voyage en Europe du roi Chulalongkorn. (1897) ».


** Cf. 134. « Le roi Chulalongkorn. (Rama V) (1868-1910) » et 135. « La politique étrangère du roi Chulalongkorn. »


***d’Italie,Suisse,Autriche,Hongrie,Russie,Pologne,Suède,Norvège,Danemark,Grande-Bretagne, Allemagne,Pays-Bas, Belgique, France, Espagne

 

 

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