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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:02

 titre-copie-1.jpgIntroduction ?

Dans le sens ici de proposer un plan, des chapitres, des caractéristiques qui « définissent » le mieux le règne du roi Rama VI, pour ensuite les reprendre, les développer, au fur et à mesure de nos découvertes sur internet (dont l’accès à la BNF).

Ainsi vous pouvez tomber sur un article de Jean Baffie, intitulé « Un règne de transition encore trop peu étudié » évoquant le roi Rama VI.* Vous y apprenez que « le règne du roi Vajiravudh (Rama VI, 23 octobre 1910 - 26 novembre 1925) a assez peu intéressé les chercheurs thaïlandais et étrangers », que même  Walter F. Vella, celui qui a écrit en 1978 le livre sur Rama VI que « certains considèrent peut-être comme le travail définitif »**, « Chaiyo! King Vajiravudh and the development of Thai nationalism » n’a pratiquement utilisé que des  documents en langue thaïe, et très peu de sources en langue occidentale, et un seul témoignage en français***.

De même  l'autre  synthèse  sur la vie et le mode de gouvernement du roi Vajiravudh de Stephen L. W. Greene, (Absolute Dreams, Thai government under Rama VI, 1910-1925), publiée en 1999, 

 

absolute dream

 

est essentiellement  fondée  sur les archives  et publications en langue thaïe, et ne comporte aucune référence en langue française. Même les éminents spécialistes français résidents au Siam à l’époque, Camille Notton,  alors vice­ consul  à Chiang  Mai, et surtout  George Cœdès, conservateur  en chef à la Bibliothèque  nationale, n’ont rien laissé sur Rama VI, tout occupé à leurs travaux sur l’histoire ancienne. Aussi Baffie est-il satisfait de pouvoir présenter les « Notes de voyage sur le Siam » de Louis Finot, Causerie faite à la Société de Géographie de Hanoi le 11 Mars 1924. (Que nous vous présenterons également)


Louis Finot portrait

 

Nous avions donc là trois sources, dont deux nécessitaient des commandes, avec les difficultés d’usage (prix, délai) qui nous en interdisaient l’accès. La causerie de Finot était, elle,  accessible.

Certes, nous avions déjà rencontré Rama VI dans nos articles antérieurs (Cf. l’article précédent), qui nous indiquait : l’importance de sa formation en Angleterre, à la fois pour sa culture, son goût pour le théâtre et les arts, et pour la politique qu’il va mener (modernisation du pays, quelques formes d’occidentalisation, réformes, grands travaux, introduction d’un scoutisme nationaliste) ; la poursuite du nationalisme initié par son père, à  la fois pour faire face aux puissances coloniales et aussi pour contenir la vague d’immigration chinoise (Cf. un  nationalisme antichinois). On apprit également qu’il dut subir un coup d’Etat en 1912

 

coup d'etqt 1922

 

et que sa décision de participer à la première guerre mondiale auprès des Alliés aura des conséquences importantes pour l’intégrité et l’indépendance du Siam (Traité de Versailles,

 

Traité de versailles

 

la création de la SDN).

 

société des nations

On avait vu aussi des critiques sur son style de vie, voire sa proximité avec ses « favoris » (euphémisme pour ne pas évoquer son homosexualité présumée ?) :

 

 

« Les putschistes de 1912, (la 1ère tentative avortée  pour installer une République) disions-nous,reprocheront au Roi de consacrer trop de temps à la littérature avec ses « favoris » et de vivre « luxueusement à « l’occidental » tout en invitant ses sujets à être « austères » et « nationalistes » ». Inthano Theeraphong, dans sa thèse estimait même : « Vajiravudh, roi par hasard, écrivain par vocation ». (Nous vous présenterons cette thèse****)


Nous avions déjà là des pistes sérieuses.


Wikipédia en français*****, très laconique en une demie-page, ne nous apportait rien.


Wikipédia en anglais était plus conséquent et proposait : 1 Education 2 Accession and early reforms 3 Incident of Bangkok Era 130 4 Administration, Economy, and Infrastructure 5 World War I and Nationalism 6 Financial crisis 7 Marriages 8 Succession Law 9 Further financial problems and Death 10 Vajiravudh as a writer 11 Titles and styles 12 Ancestors.


Education.


Le prince Vajiravudh  est né le 1er janvier 1881 et est le fils de la reine Saovabha, l’une des quatre reines. Il est le demi-frère du prince héritier Vajirunhis.

 

Vajirunis

 

Il deviendra le prince héritier en 1894  à la mort de son frère sur décision de son père sans que cette transmission suscite la moindre difficulté.

Il est éduqué au Palais royal et va poursuivre son éducation en Angleterre en 1898 au Collège Militaire Royal de Sandhurst ;

 

sandhurts

 

en 1899 il étudie la loi et l’histoire à la Christ Church d’Oxford.

 

oxgord

 

Une appendicite l’aurait empêché d’en sortir diplômée en 1901. Il serait resté en Europe à la demande de son père pour assister au couronnement du roi Edward VII en mai 1902

 

Edouard VII

 

et à celui d’Alphonse XIII le 9 août 1902.


Alphonse XIII

 

 

(Nous disposons des 8 lettres que le Prince a écrites à cette occasion. Nous y reviendrons, ainsi que sur cette formation londonienne.)


Le roi revient au Siam en 1902. Il devient régent du royaume en 1907 lors du second séjour en Europe du roi Chulalongkorn en 1907. Wikipédia ne retient lors de sa régence que la supervision de la statue équestre du roi Chulalongkorn !

 

Statue equestre

 

Le roi Chulalonkrorn meurt le 23 octobre 1910. Vajuravudh lui succède. Avant même son couronnement, il réorganise l’armée, les académies militaires, attribue à son oncle le Prince Surawongse -pour la première fois au Siam- le grade de général.


General

 

Son premier acte en tant que roi est de construire le Collège des pages royales conçu pour y recevoir une éducation sur le même modèle qu’Eton et Harrow. Le roi définira lui-même définira le profil attendu. (Nous l’évoquerons).

En 1911, il va créer le mouvement des scouts (les « enfants tigres »), qui deviendront adultes les « Tigres sauvages ».

 

scouts-2.jpg

 

Le roi en définira le modèle, leur rôle ;  qui aura une place dans sa politique intérieure, puisqu’ils deviendront sa « garde prétorienne ».


pretoriens

 

Certains  des putchistes de 1912 y verront même un moyen d’écarter les militaires.


Plus tard, il va aussi fonder – sur ses propres fonds - une école d’administration pour les futurs fonctionnaires (Chulalongkorn Academy for Civil Officials) et l’Université Chulalongkorn. En 1912, il va aussi créer le premier hôpital public, l’hôpital Vajira, et le second en 1914, l’hôpital Chulalongkorn.


Nous présenterons également son couronnement, le 11 novembre 1911 qui a vu arriver d’Europe et du Japon des invités princiers.


couronnement

 

En ce début de règne, on voit un roi qui  a des idées assez précises  sur l’éducation de l’élite, la formation de ses fonctionnaires, de sa jeunesse. Un roi qui à travers la création institutionnelle des scouts va mettre en œuvre une idéologie qu’il nous faudra tenter de définir ; et mettre en place une garde « prétorienne » pour  se protéger d’une armée au sein duquel une contestation apparaît. (Cf. le coup d’Etat raté de 1912 (wikipédia parle d’ « incidents » !) Cf. notre article A86. Le coup d’Etat manqué de 1912 ?***) (Mériterait un autre article ?)


Un roi qui veut prendre en main son administration. (Il écarte le puissant prince Damrong. Il sera démis de son poste de ministre de l’intérieur en 1915)

 

Damrong 

 

Mais une image qui ne colle pas avec les critiques des putchistes de 1912 qui tenteront de le renverser en lui reprochant de « consacrer trop de temps à la littérature avec ses « favoris » et de vivre « luxueusement à « l’occidental » tout en invitant ses sujets à être « austères » et « nationalistes ».

 

 Administration, Economie, et infrastructures.


Rama VI hérite du système administratif de son père. Il prend conscience qu’il est pris en charge par de « vieux aristocrates » mis en place par son oncle, le prince Damrong, ministre de l’intérieur. Il va  alors vouloir reprendre le contrôle de son administration en réformant le système des monthons avec des régions gouvernées par des Uparaja (vice-roi) directement sous son contrôle, et qui auront tout pouvoir  administratif et le contrôle absolu des gouverneurs et de tous les intendants des monthons.


Infractructures.


Rama VI va poursuivre le développement des infrastructures initiées par son père, malgré la crise financière qui touche le royaume.

 

crise-bancaire

Il devra faire néanmoins un  emprunt à la fédération malaise pour prolonger la ligne de chemin de fer au Sud. En 1915, il visitera les provinces du Sud et ira lui-même vérifier l’état des travaux. La gare centrale sera édifiée à Hua Lamphong.


gare

 

En 1916, il placera son demi-frère, le prince de Kampangpetch à la tête des chemins de fer. La ligne ferroviaire atteindra Narathiwat et sera prolongée au Nord et à l’Est. Elle atteindra Chiangmai en 1922, pendant qu’à Bangkok commencera la construction du pont Rama VI.

 

Pont rama VI

(Un article plus précis s’impose.)


Economie et la « question chinoise ».


Déjà en 1913 le Siam était touché par une crise financière avec la banqueroute de la chinoise-siamoise banque.

En 1917, la valeur des pièces en argent  coûtait cher au gouvernement (spéculation) qui dut se résoudre à l’alliage, puis à l’interdiction de son exportation et enfin en 1918 à son remplacement par du papier monnaie.

La fin de la 1ère guerre mondiale causa de sérieux problèmes économiques à  de nombreux pays.


Au Siam en 1918-1919, la crise financière fut intensifiée par la « crise du riz » provoquée par le stockage du riz réalisé par les marchands chinois l’achetant en vue de l’exporter à Singapour qui était alors le plus grand marché de la Région. Cette spéculation ne pouvait que provoquer la hausse des prix et le mécontentement des habitants des villes et surtout de Bangkok. Le gouvernement fut contraint de taxer le riz à l’exportation avec les réactions prévisibles des traders chinois, et d’imposer une nouvelle taxe qui s’appliquait même à la famille royale. (En 1923, le gouvernement dans sa recherche de capitaux fut contraint de créer une banque.) Cette taxation fut même la cause d’une révolte à Pattani en 1922 qui fut « réglée » par le régiment de Nakorn Sri Thammarat.


Ce contexte explique peut-être la propagande antichinoise qui se développa, et les mesures prises contre eux. (Refus de les anoblir, accès très limité à l’administration). Elle prenait place dans la politique nationaliste qui mettait en avant le principe de la Thaïness. (Cf. aussi A162. De l’usage des étrangers dans un processus de construction nationale en Thaïlande).


Nous consacrerons un nouvel article au nationalisme affiché de Rama VI.


En tout cas, en 1924, le gouvernement dut faire un emprunt aux Anglais, renvoyé de nombreux fonctionnaires, fusionner des administrations en Province pour réduire les coûts, et en 1925 fut même contraint de dissoudre le régiment de Nakorn Sri Thammarat.


Mais le grand succès politique de Rama VI fut sa participation auprès des alliés à la victoire lors de la 1ère guerre mondiale.


« Le traité de Versailles lui avait donné le droit de confisquer tous les avoirs allemands au Siam, de renégocier et d’obtenir l’abrogation du droit d’exterritorialité « extorqué » par les super puissances franco-anglo-américaines et de retrouver la mainmise sur ses douanes, dénonçant ainsi (indirectement) les traités inégaux qui avaient été arrachées à son père sous la menace coloniale. De plus, en devenant membre fondateur de la Société des Nations en 1920, Rama VI assurait à son pays une garantie internationale pour l’indépendance et  l’intégrité du Siam. 

(Nous reprendrons notre article « 28. Les relations franco-thaïes : La première guerre mondiale ».)


germania.jpg

 

Rama VI, écrivain, traducteur, journaliste, promoteur de la littérature au Siam.


Au succès diplomatique et politique de la victoire de 1918, il faudra faire le point sur le Rama VI, auteur d’articles, de poèmes, de nouvelles, de théâtre,  traducteur ( trois pièces de Shakespeare, de Hercule Poirot d’Agatha Christie’s, du « Scorpion d’or » de Sax Rohmer), réalisant des adaptations en anglais et même en français (Le roi avait appris également le français en Angleterre avec un professeur particulier), écrivant des nouvelles policières en créant un personnage s’inspirant de Sherlock Homes de Sir Arthur Conan Doyle’s Déjà, dès sa formation en Angleterre, il avait déjà écrit une quarantaine de poésie en anglais et en français, 25 pièces de théâtre en anglais … (Cf. Inthano Theeraphong****)


Un roi connaissant la littérature sanscrite et hindoue également, traduisant de multiples histoires tirées du Ramayana et du Mahabharata, et écrivant des pièces qui en sont inspirées. Il décidera même que désormais tous les rois de l’ère Rattanakosin  seraient désignés par le nom de Rama. Il devenait ainsi Rama VI.

 

fin

 

Les deux symboles de la dynastie, le trident et le disque

 

Outre son propre travail d’écrivain, nous verrons que le roi Rama VI va jouer un rôle fondamental dans la promotion de l’importation des formes littéraires occidentales au Siam et de la littérature siamoise. Ainsi par exemple en 1914, il va créer la Société de littérature, organisant, institutionnalisant la littérature au Siam ; en 1918 Louise Pichard-Bertaux signale également que le roi Rama VI encouragera les publications littéraires et qu’il fondera l’hebdomadaire Dusit Samit, dans lequel il laisse place à la liberté d’expression des auteurs. Des textes littéraires ainsi que de nombreuses satires humoristiques sont publiés dans ce magazine qui paraîtra jusqu’en 1921.» (p.46 in « Ecrire Bangkok : la ville dans la nouvelle thaïe contemporaine,  Connaissances et Savoirs, 2010.)


Inthano Theeraphong, avec sa thèse sur «  L’influence occidentale sur le développement du théâtre siamois » nous aidera à mesurer l’ampleur de son talent d’écrivain. **** Trouverons-nous l’une de ses œuvres traduites en français ?


Et nous n’oublions pas le journaliste nationaliste virulent, auteur de multiples articles non seulement dans son journal, le Dusit Samit mais aussi dans le หนังสือพิมพ์ไทย nangsuphimthai (tout simplement « le journal thaï »)

 

Nangsupimthqi

 

ou encore le Siam Observer,

 

siam observer

 

journal fondé au début du XXème dans lequel il avait probablement des intérêts financiers, sous son nom de plume de อัศวพาหุ Atsawaphahu (que l’on peut traduire par « le cheval qui fait peur »).

 

asqwqpqhu


                                               ______________________

 

Notre introduction se proposait de trouver des pistes de recherche, des « sujets » caractérisant au mieux le règne de Rama VI. Nous avions avec sa formation anglaise, son accession au trône, ses conceptions idéologiques (le modèle de l’élite anglaise, les scouts et le paramilitaire), l’opposition et le coup d’Etat manqué de 1912, la virulence de son nationalisme (la thaïness),  sa politique intérieure (prise en main de son administration, le nouveau système des monthons, les grands travaux),  les réformes  de modernisation (initiateur du système de romanisation du thaï, créateur de l’état civil), la crise financière et économique, la 1ère guerre mondiale et les retombées bénéfiques du traité de Versailles de 1919, et son œuvre écrite … nous avions, disions-nous,  de quoi poursuivre notre quête. Et d’écrire une nouvelle page de « notre histoire de la Thaïlande.


 

________________________________________________________________

 

*Citer ce document / Cite this document : Baffie Jean. Présentation : Un règne de transition encore trop peu étudié. In: Aséanie 11, 2003. pp. 157-162.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/asean_0859-9009_2003_num_11_1_1777


**VELLA, Walter F. 1978 -  Chaiyo! King Vajiravudh and the development of Thai nationalism,  Honolulu, The University of Hawaii Press, 348 p.

***Le guide publié à Hanoi, en 1925, par Henri Cucherousset,  directeur de L'Éveil  économique  de l'Indochine


GREENE,Stephen Lyon Wakeman 1999 -  Absolute  Dreams.  Thai goverment  under Rama  VI, 1910-1925,  Bangkok, White Lotus, 224 p.


Finot Louis, « Notes de voyage sur le Siam » (Causerie faite à la Société de Géographie de Hanoi le 11 Mars 1924) In: Aséanie 11, 2003. pp. 163-183.


**** Inthano Theeraphong, « L’influence occidentale sur le développement du théâtre siamois. Le cas du roi Vajiravudh (1910-1925) », thèse soutenue le 23 juin 2013 à l’INALCO.


*****Wikipédia français : Le roi  Vajiravudh (1er janvier 1881 — 25 novembre 1925), nom dynastique Rama VI (Phrabat Somdej Phra Mongkut Klao Chaoyuhua en thaï : พระบาทสมเด็จพระมงกุฎเกล้าเจ้าอยู่หัว) fut roi du Siam (Thaïlande) de 1910 à sa mort. Il succède à son père, le roi Rama V, plus connu sous le nom de Chulalongkorn. Vajiravudh s'efforce de continuer l'œuvre de modernisation de son prédécesseur et contribue à mettre en avant des idées nationalistes. Durant son règne, il poursuit la démocratisation des institutions et réussit à tirer profit de la Première Guerre mondiale en s'y engageant au moment opportun.

Le calendrier est réorganisé sur le modèle occidental ; un nom de famille est créé et attribué à chacun. L'école est rendue obligatoire en 1921. En 1917, Rama VI fonde l'université Chulalongkorn, une des plus réputées du pays.

Homosexuel excentrique, entouré de nombreux favoris, Rama VI n'aurait sans doute pas accédé au trône si son père Rama V n'avait introduit le principe de primogéniture. Amoureux des arts, il composa de nombreuses œuvres de prose, de poésie et de théâtre, ainsi que trois traductions thaïes de pièces de Shakespeare3.

Son frère cadet lui succéda sous le nom de Rama VII.

Autre  présentation dans wikipédia : Rama VI (1881-1925) Article détaillé : Rama VI.

Second fils de Rama V, Vajiravudh, nommé aussi Mongkut Klao, régna du 23 octobre 1910 au 26 novembre 1925. Il fut élevé en Angleterre et fit ses études à l’université d’Oxford. Homosexuel excentrique, qui s'entourera de nombreux favoris, il n'aurait sans doute pas accédé au trône si son père n'avait introduit le principe de primogéniture. Son règne fut marqué par de grandes réformes éducatives, comme l’école obligatoire. Il dut faire face aussi à la première tentative de coup d’État : en 1912, des officiers tentèrent, sans succès, de renverser la monarchie. En 1918, il envoya 1 300 hommes combattre en France, prouvant ainsi son soutien aux Alliés. Il mourut le 26 novembre 1925, à 44 ans, après seulement 15 ans de règne. Il eut une fille, née deux heures seulement avant sa mort.


Autre présentation de Rama VI. « L’éclat mitigé de Vajiravudh » de Bottu


Le successeur de Chulalongkorn, Vajiravudh (Rama VI), inaugura son règne (1910-1915) par un splendide couronnement. Eduqué à Oxford et complètement anglicisé, il voulut moderniser le Siam par des réformes inspirées de l'Occident, qui transformèrent la société en profondeur. Dans le domaine des mœurs, un de ses premiers édits, de 1913, ordonnait à ses sujets d'adopter des noms de famille. En l'absence de tout système de clan ou de caste, la généalogie n'était pas une science développée en Thaïlande. Autrefois, seuls les prénoms étaient employés, pratique que le roi considérait comme non civilisée. Le roi plongea d'abord le peuple dans le désarroi, surtout à la campagne. Vajiravudh attribua lui-même les patronymes à des centaines de familles.

Pour simplifier les titres à rallonge de ses ancêtres vis-à-vis des étrangers, il choisit un nom, «Rama» devant désigner tous les membres de la dynastie Chakri, suivi du numéro de leur règne. C'est ainsi qu'il se proclama Rama VI. Il légiféra même dans le domaine des Grâces, et imposa un nouveau canon de beauté féminine, plus occidentalisé. Les femmes avaient l'habitude de couper leur chevelure presque à ras. Il les encouragea à se laisser pousser les cheveux et à remplacer leurs dhotis (ou pantalons de golf), par le panung (sarong de style thaï).
L'éducation primaire devint obligatoire dans tout le royaume et les écoles pour les deux sexes se multiplièrent. L'université de Chulalongkorn fut fondée en 1917 en mémoire de son père.

En politique, il mit ses talents d'écrivain et de dramaturge au service de l'idée nationale. Ses pièces glorifiaient les légendes et les héros de l'histoire thaïe. En outre, il écrivit, sous un pseudonyme, des essais célébrant les mérites de la nation thaïe.
Quand la Première Guerre mondiale éclata, le Siam resta neutre. Le 22 juillet 1917, Vajiravudh se rallia finalement aux Alliés et envoya un petit corps expéditionnaire en Europe, ce qui permit au Siam de mieux se faire connaître à l'étranger et de faire partie de la Ligue des Nations.

Le drapeau thaï, un éléphant blanc sur fond muge, fut hissé parmi d'autres à Versailles, mais le pachyderme fut pris par mégarde pour un petit animal domestique. L'incident affecta profondément le roi, qui décida de changer les couleurs du drapeau en bandes rouges, blanches et bleue représentant la nation, la religion et la monarchie, bases de la Thaïlande moderne.

Le caractère particulier de Vajiravudh lui faisait préférer aux conseils les entretiens en tête à tête avec ses ministres. Ce qui valut à son régime d'être critiqué pour son autocratie et son manque de coordination. Les membres de sa famille se plaignaient en outre de ne pas voir suffisamment un souverain qui goûtait davantage la compagnie de ses courtisans, pour qui il se montrait d'une générosité extrême. Ses extravagances vinrent rapidement à bout des réserves constituées par Chulalongkorn. A la fin de son règne, le Trésor dut même combler les déficits occasionnés par les dépenses personnelles du roi.

Vajiravudh se maria tardivement. Son unique enfant, une fille, naquit la veille de sa mort. Son jeune frère, Prachathipok, qui lui succéda, dû affronter les conséquences d'un règne brillant mais critique.

 

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