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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:47

PereTachardLe Pére Tachard au Siam, une  sacrée épopée.

Né en 1651 à Marthon, près d’Angoulême, le Père Tachard outre un excellent mathé-maticien (discipline qu’il enseigne dans la Compagnie de Jésus), s’avère être un grand voyageur. Dès 1680, on le trouve aux Antilles avec d’Estrée, (tout comme le Chevalier de Forbin.) Lorsqu’il s’embarque avec le Chevalier de Chaumont en 1685, il accomplit son premier voyage en Orient, voyage qui sera suivi de quatre autres.


Il  Il est donc de la 1ère Ambassade de Monsieur de Chaumont et de M. l’abbé de Choisy, avec cinq jésuites mathématiciens qui doivent continuer sur la Chine, auprès de l’empereur Khang Xi (après un départ en juillet 1986 du Siam et un naufrage au large du Cambodge, ils  reviendront au Siam pour repartir en juin 1687 et arrivés enfin en Chine en février 1688). Les remarques du Comte de Forbin dans ses Mémoires présentent bien le caractère, l’ambition, la détermination du Père Tachard pour la Compagnie de Jésus et la France accessoirement : 

 

« Monsieur de Chaumont et M. l’Abbé de Choisy, à qui cette affaire avait été communiquée, ne la jugeant pas faisable, ne voulurent pas s’en charger. Le Père Tachard n’y fit pas tant de difficulté. Ebloui d’abord par les avantages qu’il crut que le roi retirerait de cette alliance,  (…) avantages... qu’une garnison française à Bangkok assurerait aux missionnaires pour l’exercice de leur ministère, flatté enfin par les promesses de M. Constance qui s’engagea à faire un établissement considérable aux Jésuites, à qui il devait faire bâtir un collège et un observatoire à Louvo […]

Innocent-IIIDe retour à Paris, le Père Tachard joue à merveille le rôle que Phaulkon attendait de lui ».

On peut se douter que les jugements portés par les différents acteurs seront alors très divergents. Il croit aux propositions de Phaulkon (Cf. portrait traité dans ce blog). Et il  n’hésitera pas à accuser le Chevalier de Chaumont  d’avoir failli dans son ambassade.


De retour à Paris, le Père Tachard joue à merveille le rôle que Phaulkon attendait de lui.  Il devient même l’interlocuteur privilégié du marquis de Seignelay, ministre de la marine, pour tout ce qui touche aux affaires de Siam. Il est le principal artisan de l’ambassade suivante.


Il retourne donc au Siam en 1687 avec la 2ème ambassade, l’ambassade Céberet – La Loubère. Mais là encore, il suscite « malentendus et frictions » de la part des ambassadeurs tant il semble vouloir mener des « négociations  secrètes ». Mais nul n’est dupe : « Il semble que le jésuite s’octroie volontiers des missions diplomatiques que personne ne songe à lui confier, et se charge de négociations obscures contre l’avis même de Versailles. Cette expédition n’est qu’une suite de malentendus et de frictions entre les ambassadeurs en titre et le Père Tachard, investi de secrètes instructions. »

Mais ses rapports privilégiés avec Phaulcon lui permettent de repartir du Siam avec le titre d’ambassadeur extraordinaire du roi de Siam, avec sa suite de mandarins et une lettre du roi Naraî pour Louis XIV. Même jésuite, il pouvait en tirer une légitime fierté.

 

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Raphaël Vonsuravatana in Guy Tachard ou la Marine Française dans les Indes orientales (1684-1701) raconte cette épopée dont nous donnons ici les principaux éléménts :


tachardBIl arrive donc le 26 juillet 1688 en France avec la délicate mission de faire accepter sa version des faits. Le ministre de la Marine avait été ébranlé par les critiques de Laloubère et surtout celle du chevalier de Forbin, qui on s’en souvient, n’avait pas hésité devant le roi Louis XIV lui-même à déclarer : « Sire, le Royaume ne produit rien et ne consomme rien ».

 

Il obtient néanmoins, grâce à ses appuis, l’autorisation de se rendre à Rome et de rencontrer le général des Jésuites. Il reçoit du Pape Innocent III  l’autorisation pour les Jésuites de se rendre dans les Indes.

 

Fort de cet « appui », il contribue à obtenir la ratification par Louis XIV, le 1er mars 1689, d’un traité militaire avec le Siam, l’envoi d’une escadre commandée par Duquesne-Guitton et des instructions pour que François Martin installe la capitale de la Cie des Indes de Pondichery à Mergui (Bangkok). En un an, Tachard avait  donc encore montré une opiniâtreté hors du commun et accomplit un véritable exploit « diplomatique ».

 

(Beaucoup estiment que ce troisième voyage au Siam du Père Tachard était accompli à son initiative personnelle et tout à fait officieux. Il est fort peu problable qu’il ait été porteur d’une lettre de Louis XIV).

 

Malheureusement, les débuts de la guerre d’Augsbourg et les nouvelles velléités anglaises retardèrent le départ de l’escadre. Pire, on apprit en novembre 1689 la Révolution du Siam (Cf. 13 : récit dans ce blog), la mort de M. Constance et la répression des missionnaires et des  chrétiens.


eclipse1688En 1690, malgré la révolution, le Père Tachard ose son troisième voyage, - sans aucune mission officielle - mais reste aux portes du Siam, attendant vainement depuis Pondichéry une autorisation de Pretatcha pour débarquer - autorisation que ce dernier n’est pas pressé de lui accorder - . Cette attente est de toute façon déçue suite à la prise de Pondichéry par les Hollandais et le Père Tachard se voit contraint de revenir d’urgence en France

Tous les efforts de  Tachard étaient réduits à néant, mais c’était sans compter sur son obstination. Il  arracha l’accord du Ministre de la marine  qui donnait néanmoins comme nouvel objectif à l’escadre de Duquesne-Guitton de faire « la course » aux navires ennemis anglais et hollandais. L’escadre leva l’ancre le 24 février 1690.


Tachard ne pouvait pas soupçonner qu’il lui faudrait 9 ans, oui, j’ai bien dit 9 ans pour arriver au Siam.


magasin-pondichery-cie-indeOn peut se douter que nous ne pouvons rendre compte de tous les épisodes de cette aventure extraordinaire.

Il faudrait raconter le fiasco de cette escadre qui arrivée le 11 août 1690 à Pondichéry retourna en France le 21 janvier 1691 sans aucune victoire, une prise sans marchandises, en ayant échoué un navire, endommagé gravement un autre et perdu plus de 100 hommes de maladies tropicales… et bien sûr sans avoir approché le Siam et donc y amené Tachard.


Celui-ci se retrouvait donc en janvier 1691 à Pondichéry et la Cie des Indes  ne pouvait lui assurer un passage sur le Siam. Tachard renvoya alors sur un bateau indien les mandarins siamois de sa suite avec une lettre pour Kosa Pan, le nouveau 1er ministre, qu’il avait connu comme 1er ambassadeur siamois en France. (Ces mandarins étaient à l’origine trois. Il s’agissait de Okhun Pipit, Okhun Chamnan et Okhun Vicet, que l’expédition Céberet – La Loubère avait ramenés comme ambassadeurs en France. Okhun Pipit était mort pendant le voyage de retour au Siam qu’il avait accompagnés en France et à Rome).

La réponse arriva en janvier 1692 avec un accord de Kosa Pan. Encore fallait-il trouver un navire français. Il attendit toute l’année en vain; Pire, Pondichéry subit un blocus hollandais en août 1683 et capitula le 7 septembre 1693. Tachard est prisonnier et est ramené en Europe et libéré en août 1694.


Loin de renoncer, Tachard repart en mars 1695 avec une  escadre commandée par Serquigny. Malheureusement, il tombe sur des pilotes médiocres qui sont en vue des  côtes arabes au lieu de la côte occidentale indienne… Goa, le 21 décembre, Surate au mois de janvier… Laissons là cette escadre qui ne brilla guère. Le Père Tachard dut se débrouiller pour, par petites étapes parvenir à Calicut… Chandernagor…. arriver  ENFIN à Bangkok… en février 1697 !!! (il était parti de France le 24 février 1690 !!!).


Il écrivit à la Cour du Siam qui refusa de le recevoir, prétextant qu’il était arrivé sur un bateau étranger et qu’il ne pouvait prétendre être reçu comme un ambassadeur. Il dut repartir sur Pondichéry !!!

Au mois de septembre 1698 arrive une nouvelle escadre commandée par Desaugiers au bord  de l’embouchure du Gange. Tachard toujours aussi entêté obtient un navire, le Castricum, qui le conduit à Bangkok en novembre 1698.

C’était son 4ème voyage

Kosanpan-1L’ accueil est très différent. Les Siamois craignant une attaque future préfèrent envoyer une escorte et des éléphants pour conduire  le Père Tachard (en 2 mois) à la Cour à Mergui.  Mais arrivé en décembre, il fut très mal accueilli. Entretemps les Siamois avaient appris l’échec de l’escadre Desaugiers et obtenu l’appui des Hollandais. Le Père Tachard, arrive quand même, à force de ténacité  à obtenir après un mois de démarches, une audience royale le 29 janvier 1699 !!! Tachard remet alors au Roi la lettre de Louis XIV, vieille de... 10 ans !!!

Il reçut des mains du 1er ministre,  une lettre « de pure politesse » du roi de Siam pour Louis XIV, sans avoir pu discuter des affaires politiques et encore moins des futures relations franco-siamoises. Il semble que malgré l’échec, il  avait pu forcer le respect. Est-ce ainsi qu’il faut peut–être comprendre l’audience de congé accordé par le Roi. Mais le charme est rompu ; peu de choses subsistent des splendeurs qu’il avait connues quatorze ans auparavant (il peut tout de même rencontrer lors de ce séjour Mme Constance, toujours détenue en captivité).


Il est à Pondichéry en avril 1699 et en France en mai 1700.  On revoit le Père Tachard à Versailles en juin 1700. A-t-il remis la lettre du Roi de Siam à Louis XIV ? Nous n’avons pas lu de témoignages qui le confirment. Connaissant le personnage, je n’en doute pas, surtout, qu’il s’obstina encore et usa de toutes ses forces pour un nouveau PROJET prévoyant de reprendre Bangkok et détaillant même les forces et les moyens  nécessaires. Mais faute d’interlocuteur influent à la Cour il dut renoncer à son projet en décembre 1700 dans l’indifférence générale.

Il ne pouvait prévoir que les relations entre la France et le Siam seraient rompues pour cent cinquante ans.

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Le Père Tachard repartit pour les Indes en avril 1701. C’était son 5 ème voyage ( !!!). Une nouvelle aventure commençait … Il  mourut à Chandernagor en 1712.

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Sources :

. Un site remarquable sur cette période : Mémoires de Siam

  Chevalier Alexandre de Chaumont, Relation de l'ambassade de Monsieur le chevalier de Chaumont à la Cour du Roy de Siam, 1686.

  Abbé François-Timoléon de Choisy, Journal du voyage de Siam fait en 1685 et 1686, Paris, S. Mabre-Cramoisy.

  Claude de Forbin, Voyage du comte de Forbin à Siam, suivi de quelques détails extraits des Mémoires de l'Abbé De Choisy (1685-1688), Bibliothèque des chemins de fer, deuxième série Histoire et voyages, Paris, Librairie de L. Hachette & Cie, 1853

  Guy Tachard, Voyage de Siam, des Pères Jésuites, Envoyez par le Roy aux Indes & à la Chine. Avec leurs Observations Astronomiques, Et leurs Remarques de Physique, de Géographie, d’Hydrographie, & d’Histoire et Second Voyage du Père Tachard et des Jésuites envoyez par le Roy au Royaume de Siam, contenant diverses remarques d'histoire, de physique, de géographie, et d'astronomie, 2 vol., Paris, Arnoult Seneuze & Daniel Horthemels, 1686. Cette relation donne de précieux renseignements sur les mœurs, les coutumes, la politique et l'histoire naturelle du royaume de Siam.

 

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