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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 00:02

titre-2La mémoire des migrations anciennes des Tai est sujette à des « reconstitutions » plus qu’approximatives, ne serait-ce que par la diversité et le nombre des populations de langues tai*. On ne saura jamais quel est le premier muang tai qui est arrivé sur le territoire de ce qui sera le Siam. On ne saura jamais dénombrer les vagues successives de leurs migrations, ni dater les premières installations. Stéphane Dovert** avoue même « Entre le XIe et le XIIIe siècle, les empires de Pagan (Birmanie), du Champa, et d’Angkor dominent l’Asie du Sud-Est. On n’y trouve toujours guère de trace des Tai, sauf à travers la présence d’esclaves de cette communauté à Pagan ou au Champa».


Toutefois différentes chroniques et sources épigraphiques relatent qu’en 1220 ( ?) les habitants de Sukhotai chassent le gouverneur khmer, qu’en 1238 le roi Si Intharathit fonde le premier royaume tai de Sukhotai***,

 

royaume de sukothai

 

et qu’en 1262, le roi Mangrai fonde à Chiang Raï, le royaume de Lan na. On peut se douter que la formation de ces « royaumes » s’est réalisée après de multiples étapes, où la géopolitique des muang a joué un rôle essentiel.


1/ Chaque muang, nous l’avons dit,  est un système hiérarchisé politico-religieux. Chaque muang, en fonction de  sa taille est, soit   le centre, soit dans un rapport de vassalité(s) ou d’allégeance(s), plus ou moins autonome, selon la distance par rapport au centre. (Si le centre faiblit, il peut se placer sous la protection d’ autres muang, soit s’ intégrer dans 2 , 3 réseaux hiérarchiques (sous la tutelle de 2 ou de 3 chefs) ). (On peut donc repérer au moins 3 hiérarchies : La hiérarchie politique et religieuse à l’intérieur du muang; la hiérarchie entre les muang).


2/ La hiérarchie de la société thaie ? la hiérarchie des muang ?


2.1 Nous devons avouer que nous n’avons pas encore trouvé une étude exhaustive sur la hiérarchie de la société thaïe. Même Olivier Ferrari et Narumon Hinshiranan Arunotai, dans un livre récent de 2011 (in « Khwampenthaï », in Thaïlande contemporaine, IRASEC), évoque à propos du royaume d’Ayutthaya, une société sociale verticale, avec des codes stricts (qu’ils ne donnent pas), et un systéme des sakdina, qui régulait le droit foncier et les relations hiérarchiques en conférant à chacun un grade et une place dans la société ( Lesquels ? combien ? On ne l’apprendra pas.)****


2.2 Toutefois, même si elle s’applique à la société thaïe du XIXe siècle, la présentation de Mouhot*****, qui s’était servie de Mgr Pallegoix, permet de l’approcher :

Le roi : divin maître,


 roi divin

 

auquel on voue un culte, et qu’on approche selon un cérémonial et une étiquette très rigoureuse. « chef infaillible de l’armée, de la loi et du culte ». Pouvoir absolu sur la terre,  les biens et les sujets du royaume sur lesquels il possède un droit de vie et de mort.

Un vice-roi (fonctions de kromlu ang) , 12 ordres de prince, plusieurs classes de ministres, 5 classes de mandarin 

Le gouverneur : il est le représentant du roi avec un statut et rôle semblable à celui du roi.


Le peuple

  • Esclaves : 3 catégories : les prisonniers de guerre, les esclaves rachetables, et les esclaves non-susceptibles de rachat (et les Siamois qui peuvent se vendre pour payer une dette). Estimé à 1/3 de la population
  • Gens corvéables (phraï) doivent travailler gratuitement pour le roi ou un mandarin
  • Gens payant le tribut (en argent ou en nature)

 

trois classes

3/ Chaque muang, est  dans un espace mono-ethnique (membre du muang),  et agit comme un noyau autonome, mais aussi dans  un système, qui comme tout système veut  se préserver ou grandir.


-          Il se préserve en assurant le contrôle strict de la hiérarchie politique et religieuse.


-          Il grandit en intégrant d’autres muang ou peuples autochtones dans un rapport de vassalité et par la guerre qui lui donne, par les populations déplacées, des esclaves, source de pouvoir et de richesse.


4/ Chaque centre est à la fois dans une logique de stabilisation (Se préserver an assurant son (ou ses) rapport de vassalité, et le jeu plus subtil  des alliances)  du système qu’il dirige et de lutte et de conquêtes pour agrandir le système (renversement des alliances, guerre contre l’ennemi « extérieur »).


5/  Le système est donc en équilibre instable dans un jeu géopolitique****** qui va surtout profiter des périodes instables (guerres, crise de succession*******) pour se repositionner.


6/ Le Système change de nature en 1238 quand le réseau des muang de Sukkhotaï et en 1262 celui de Lanna, s’affranchissent de l’Empire Khmer (et des Môns du royaume de Haripunchai en 1281), et deviennent des royaumes indépendants qui vont devoir se confronter aux puissances régionales  (Birmans, Laos, Viet, Khmer).


Cette grille d’analyse peut paraître abstraite. Nous vous proposons de regarder ensemble le film, La Légende du Roi Naresuan, réalisé par SAS le Prince Chatrichalerm Yukol. (Cf. article suivant) 


naresuan

 

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*On appelle Tai, les différentes populations de langues tai qui comprennent :

  • Les Tai krao "Tai Blancs".

Sans oublier les Dai de Chine


Dais


Les Dai forment un des cinquante-six groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine et sont très proches des Thaïs qui forment le groupe ethnique majoritaire en Thaïlande. Ils étaient un peu moins de 1,2 million à la fin du XXe siècle2.

Bien que reconnu officiellement comme une seule ethnie par l’État chinois, les Dai représentent plusieurs groupes culturels et linguistiques distincts. Les deux langages principaux des Dai sont le tai lü (dai du Xishuangbanna) et le tai nüa (dai de Dehong); deux autres langues écrites utilisées par les Dai en Chine sont le tai pong et le Tai dam (tai noir). Ce sont toutes des langues tai, un groupe de langues voisines qui comprend le thaï, le laotien, le zhuang et, en partie, la famille des langues tai-kadai.

La langue dai (encore appelée , tai lu, lue, ly, dai le, xishuangbanna dai, sipsongpanna dai, pai-i, pai'i', shui-pai-i) appartient au même sous-groupe des langues tai de la branche dite « kam-tai » des langues tai-kadai que le shan de Birmanie.(réalisé d’après wikipédia)


** Evidemment cela fut plus complexe.


Les historiens modernes estiment que la sécession de Sukhothai de l'empire Khmer a commencé dès 1180 sous le règne de Po Khun Sri Naw Namthom qui était le souverain de Sukhothai et de la ville périphérique de Sri Satchanalai. Sukhothai a joui d'une autonomie substantielle jusqu'à ce qu'il fût reconquis vers 1180 par les Mons de Lavo… (D’après wikipédia) (Nous étudierons cette période ultérieurement).


 Bref là encore, il y a une histoire à raconter jusqu’à 1238 !

 

 ***In « La Thaïlande prête pour le monde «  in Thaïlande contemporaine.


****  Il est dit que « le grade correspondait à la surface de terrain sur laquelle une personne  exerçait son contrôle ; cela commençait à 5 raï  (1 raï 1600 m2) pour les dépendants (that). A 400 raï, correspond la classe « dont les membres ne devaient pas tirer leur subsistance du labeur direct ».

Mais « qu’en réalité, il est plus probable que les gardes correspondaient plus au nombre de personnes sous la dépendance d’un noble qu’à la surface de terrain qu’il contrôlait, une personne correspondait à 25 raï » .


*****Alexandre Henri Mouhot, Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos et autres parties centrales de l'Indo-Chine.


******la géopolitique désigne tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d’influence sur des territoires et les populations qui y vivent, c'est-à-dire l'étude des rapports de forces entre divers acteurs sur un espace plus ou moins défini. La géopolitique s'intéresse aux différents facteurs qui influencent les stratégies. (wikipédia)


*******Absence de codification des règles de succession  (les périodes de succession étaient des périodes d’instabilité  (querelles, élimination des rivaux et de leur famille). Cf. aussi la conception de la légitimité en termes de mérites (idéologie du karma bouddhiste détournée par les élites).

 

 dovert

 

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