Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 00:02

saintmartin estreaux 32 3Les conséquences pour le Siam.


Nous avons vu dans l’article précédent que le roi Rama VI, dès son accession au trône en 1911 avait fondé le mouvement des Tigres sauvages et des scouts pour, entre autre, promouvoir une politique nationaliste et préparer les Siamois à défendre leur pays face aux pays occidentaux qui menaçaient les frontières. Le roi, lors de nombreux discours et écrits désignaient nommément  ses « ennemis », les Anglais, les Français et les Hollandais qui avaient déjà sévi en Birmanie, en Malaisie, à Java, au Cambodge, pendant qu’une situation de chaos régnait en Perse et en Chine.


Mais en 1914, le roi - qui lit la presse britannique - est apte à comprendre que la 1ère guerre mondiale va modifier la géopolitique mondiale.


La Cour est divisée et les « élites » sont plutôt favorables à l’Allemagne et hostiles envers la France. Ils se souvenaient de leur blocus du Chao Praya de 1893 et du traité récent de 1907 dans lequel le Siam avait perdu la suzeraineté sur le Laos et le Cambodge.


Le roi Vajiravudh attendra toutefois le 22 juillet 1917, malgré les réticences de certains membres du gouvernement royal, pour déclarer la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. On peut penser que la décision du Président des États-Unis Woodrow Wilson de déclarer la guerre à l'Allemagne en avril 1917, au côté de l’Entente, a joué un rôle important dans sa décision.


Une décision historique qui aura des conséquences très importantes pour l’indépendance et la souveraineté du Siam.


Certes Rama VI était entré tardivement dans le conflit, mais les Etats-Unis n’y étaient entrés que le 6 avril 1917 et une quinzaine d’autres pays plus tard. (Et même l’Arménie et la Tchécoslovaquie en 1918).

Le Siam envoya une petite force expéditionnaire de 1284 volontaires, sous le commandement du général Phya Pijaijarnrit. Les Siamois arrivèrent en 1918.

 

siamois.JPG

 

Certains furent envoyés à l'École de bombardement du Crotoy,

 

crotoy.jpg

 

à l'école de reconnaissance de Chapelle-la-Reine,

 

aviateurs-1915.jpg

 

à l'école de tir de Biscarosse,

Biscarosse

 

et à l’école de chasse de Poix et le personnel de l’armée  de l’Air commença à se former dans les écoles françaises de pilotage d’Avord

Avord_groupe.jpg

 

et d’Istres.

 

Istres_avions_ecole.jpg

 

Plus de 95 hommes furent brevetés pilotes. Les sources divergent sur leur participation ou non aux combats. Par contre, une unité médicale d’infirmières siamoises est signalée sur le front occidental.

thailande02.jpg

 

Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé, déclarant la fin de la première guerre mondiale.


traite-01.jpg

 

Le contingent siamois participa au défilé de la Victoire à Paris le 14 juillet 1919 et fut de retour au Siam le 21 septembre 1919.


defile-dre-la-victoire.jpg

 

Serrés contre les Italiens, d’un pas rapide et sautillant,

 

italiens.jpg

 

voici les Japonais aux figures de lémurs. Ils sont peu nombreux. Leur général, sphinx sans âge au teint grisâtre, monte un cheval de race orientale, superbe dans sa vigueur maîtrisée, d’une finesse de lignes admirable.

 

Japonais.jpg

 

Les Siamois ont un physique moins ingrat que les Japonais, se rapprochant davantage des Hindous. Mais leur attirail de guerriers occidentaux (casques français, bandes molletières…) est ridicule et risible, disproportionné en tout cas quand on songe que la guerre s’est bornée pour eux à une déclaration ! Il n’empêche, la foule jubile et s’extasie : la terre entière n’est-elle pas convoquée à la gloire de la France après avoir été à son chevet ? L’exotisme est contagieux. Les hurlements n’ont pas cessé. Une clameur enthousiaste continue de couvrir les musiques, mouchoirs et couvre-chefs s’agitent sans interruption tandis que défilent les délégations des petits Etats, anciens ou nouveaux. (Blog Michel Bellin)

 

Un mémorial fut érigé en l'honneur du corps expéditionnaire siamois à Bangkok, à Sanam Luang. Les noms des 19 soldats tués sur le front occidental sont ainsi honorés. (La France avait perdu 1 350 000 hommes, la Grande-Bretagne 1 150 000 hommes.)

 

morts.jpg

 

Le Traité de Versailles du 28 juin 1919 met fin à la Première guerre mondiale, détermine les frontières de plusieurs pays, et crée la Société des Nations.

 

Paix-du-droit.jpg

 

Ce traité est entré en vigueur le 10 janvier 1920. Il comporte quatre-cent-quarante articles, certains accompagnés d'annexes et est accompagné d'un protocole, et d'un arrangement concernant l'occupation militaire des territoires rhénans, auxquels adhèrent certains signataires.

 

traite-de-Vresaillres.jpg

 

Les signataires du Traité de Versailles sont : pour le traité de paix, le protocole et l'arrangement : l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Empire britannique, la Belgique. Pour le traité de paix et le protocole : la Bolivie, le Brésil, le Guatemala, l’Italie, le Japon, le Pérou, la Pologne, le Siam, la Tchécoslovaquie, l’Uruguay. 


La Section III, consacré au Siam comporte trois articles :


Article 135

L'Allemagne reconnaît comme caducs, depuis le 22 juillet 1917, tous traités, conventions ou accords passés par elle avec le Siam, ensemble les droits, titres ou privilèges pouvant en résulter, ainsi que tout droit de juridiction consulaire au Siam.


Article 136.

Tous biens et propriétés de l'Empire ou des États allemands au Siam, à l'exception des bâtiments employés comme résidences ou bureaux diplomatiques ou consulaires, seront acquis de plein droit au Gouvernement siamois, sans indemnité.

Les biens, propriétés et droits privés des ressortissants allemands au Siam seront traités conformément aux stipulations de la partie X (Clauses économiques) du présent traité.


Article 137.

L'Allemagne renonce à toute réclamation, pour elle ou ses nationaux, contre le Gouvernement siamois relativement à la saisie des navires allemands, à la liquidation des biens allemands ou à l'internement des ressortissants allemands au Siam. Cette disposition ne doit pas affecter les droits des parties intéressées dans le produit d'aucune de ces liquidations, ces droits étant réglés par les dispositions de la partie X (Clauses économiques) du présent traité.


Il permettait ainsi au Siam de conserver à titre de dommages de guerre pas moins de 11 navires appartenant à la compagnie “North German Lloyd” (LGN).


375px-Norddeutscher_Lloyd_emblem.svg-copie.jpg

 

(Bangkapong, construit en 1903,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Han Thale (455 tonneaux) — Chantaboon, construit en 1908,saisi par le Siam en 1917 (421 tonneaux) — Chiengmai, construit en 1907,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Doen Samudi (1815 tonneaux) — Deli, construit en 1900,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Den Samud (1394 tonneaux) — Kohsichang, construit en 1894,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Sri Samud (2043 tonneaux) — Menam, construit en 1906,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Thon Thale (464 tonneaux) —Patani, construit en 1907,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Thong Samudi (1819 tonneaux) — Patriu, construit en 1903,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Leu Thale (445 tonneaux) — Petchaburi, construit en 1906,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Kaeo Samud (2191 tonneaux) — Samsen, construit en 1902,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Pin Samud(1632 tonneaux) — Pitsanulok, construit en 1901,saisi par le Siam en 1917 rebaptisé Phan Samudh (2019 tonneaux).


 NGL.jpg

 


En janvier 1920, le Siam devenait un des membres fondateurs de la Société des Nations.


« La Société des Nations (S.D.N.) est la première tentative pour faire fonctionner une organisation universelle des États, principalement créée pour régler les problèmes de sécurité collective. Il s'agissait en quelque sorte de prolonger le gouvernement de fait des Alliés durant la Première guerre mondiale dans une organisation permanente. À l'origine de la S.D.N., il y a les conditions de la paix telles qu'exposées par le président Wilson en janvier 1918 à travers les 14 points. Le quatorzième point précisait qu'une « association générale des nations devra être formée sur la base de pactes spécifiques afin d'assurer les garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale, aussi bien aux petits États qu'aux grands […] Ce pacte est inclus dans le texte du traité de Versailles, le 28 juin 1919, ainsi que dans ceux de Saint-Germain, de Trianon et de Neuilly ; il en forme en fait les 26 premiers articles. La S.D.N. entre en application le 10 janvier 1920 après la ratification du traité de Versailles par l'Allemagne et trois des principaux associés. C'est à Paris qu'a lieu, le 16 janvier 1920, sur convocation du président Wilson, la première réunion du Conseil de la Société des Nations » (Encyclopédie Larousse).

 

SDN



De plus, le Siam allait retrouver sa souveraineté pleine et entière.


Le 1er septembre 1920, les États-Unis abandonnèrent leurs droits d’extraterritorialité au Siam. Après cinq années de négociation, la France  (février1925) et la Grande-Bretagne (juillet 1925) renonçaient aussi à leurs droits d’extraterritorialité, aux traités inégaux  leur accordant le « Droit de Protection consulaire » qui donnaient (par exemple l’article 7 du traité de 1893) aux Français mais aussi  à ceux qui dépendaient du « Protectorat français »comme les Annamites, les Laotiens, les  Cambodgiens (Cf. les Chinois et Japonais inscrits), la liberté de circuler et de commercer librement sans payer de droits de douanes. Le 12 janvier 1926, la France et le Siam signaient un traité d’amitié, de commerce et de navigation.                            

                                       ------------------------------

 

Le roi Varjiravudh (Rama VI) avait été bien « inspiré » le 22 juillet 1917 en déclarant la guerre à l’Allemagne.


Le traité de Versailles lui avait donné le droit de confisquer tous les avoirs allemands au Siam, de renégocier et d’obtenir l’abrogation du droit d’exterritorialité « extorqué » par les super puissances franco-anglo-américaines et de retrouver la mainmise sur ses douanes, dénonçant ainsi (indirectement) les traités inégaux qui avaient été arrachées à son père sous la menace coloniale. De plus, en devenant membre fondateur de la Société des Nations en 1920, Rama VI assurait à son pays une garantie internationale pour l’indépendance et  l’intégrité du Siam.

 

  

________________________________________________________________

 

Reprise de l’article, remanié et complété.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-28-les-relations-franco-thaies-la-1-ere-guerre-mondiale-67543426.html

 

-----------------------------------------------------------------------                           

Commentaires.


Les conséquences économiques de la paix pour le Siam.


Le Siam tira, nous venons de la voir, un profit politique et diplomatique certain de sa participation à la grande guerre au prix de 19 morts (paix à leurs cendres !), bien qu’il lui fallut attendre 1926 pour que la question des « traités inégaux » soit définitivement réglée. Mais il y trouva aussi un intérêt économique non moins certain. Lorsque la guerre éclate, les navires marchands se réfugient dans des ports neutres. Au Siam en particulier les navires marchands allemands qui assuraient une part importante des exportations siamoises y restent à l’abri, la route des mers leur est fermée, les Anglais ont la maitrise des mers par les Indes, Singapour et pour partie la France et le Japon bloquent la voie vers l’est. Les ports des pays neutres (Etats unis en particulier, Hollande, Portugal, divers pays d’Amérique centrale ou du sud) sont alors encombrés de l’essentiel de la marine marchande teutonne. Ce ne sont pas des navires de guerre, faut-il le préciser.


Quelles sont alors les « lois de la guerre » ?


Lorsque l’état de guerre est constaté : 1) les avoirs des pays ennemis sont mis sous séquestre et 2) les ressortissants de ces pays (tout au moins ceux qui n’ont pas réussi à prendre la fuite) peuvent y être  « regroupés » (« Le droit actuel de la guerre terrestre » thèse pour le doctorat, par le lieutenant Bouëdron, Paris 1913).


Le Siam ne fit que respecter le droit international de cette époque


Les avoirs des ressortissants des puissances centrales ?


Il y a en 1914 selon « Bangkok Siam directory – 1914 » 264 Allemands (dont 54 enfants) 652 Turcs dont 334 enfants, et surtout de nombreuses sociétés allemandes ou autrichiennes (toutes spécialisées dans l’import export ou les assurances). Nous ignorons le nombre exact des ressortissants de l’Autriche-Hongrie et pas plus quelles étaient les activités économiques des Turcs. On peut penser qu’à la déclaration de guerre, ces chiffres étaient plus ou moins similaires.

Nous connaissons le sort des navires attribués « au Siam ». Mais que sont-ils devenus par la suite ? Il s’est créé à Bangkok la « Siam commercial and naval c° ltd » en mars 1918 dans le seul but d’appréhender par anticipation les navires saisis aux Allemands ce qui permit tout simplement au Siam de son constituer sans efforts une marine marchande jusqu’alors inexistante pour assurer en particulier l’exportation de son riz et de son bois essentiellement assurés par des navires allemands avant guerre.

 

Par quelle opération miraculeuse ces puissants navires attribués au Siam par le traité de Versailles se sont-ils retrouvés entre les mains d’une compagnie privée sur la composition de laquelle il nous a été impossible de retrouver quelques précisions que ce soit, notamment sur la composition de ses actionnaires et de ses administrateurs ?

 

profiteur

 

En outre et indépendamment de ces onze navires au tonnage important, le Siam récupéra « un certain nombre » de navires de moindre tonnage bloqués à Singapour dont les Anglais, déjà largement pourvus, ne voulurent pas mais dont le détail n’est pas donné. (voir à ce sujet la « Revue de la marine marchande », numéro 34 de juillet 1918, pages 239 s. Nous y apprenons que l’appréhension des navires allemands réfugiés dans des pays neutres ultérieurement belligérants a coûté à l’Allemagne 80 % de sa flotte marchande).


Nous ignorons par contre tout du sort des avoirs autrichiens, allemands et turcs également attribués au Siam au titre de la réparation des « dommages de guerre ». On peut penser sans faire le moindre mauvais esprit que chacun des 19 morts siamois a coûté fort cher aux ressortissants des puissances centrales.


Le budget siamois est encore alors plus ou moins opaque.


Peut-on faire référence à la France dont les finances publiques étaient moins opaques ? Les avoirs allemands ont été saisis, séquestrés et placés à la Caisse des dépôts et consignation pour servir à indemniser les victimes des « dommages de guerre » puisqu’il ne faut pas oublier qu’en sus de nos morts, des départements entiers du nord de la France avaient été ravagés et détruits tant par les tranchées que par les canons allemands et les obus de nos 75 .


destruction.jpg

 

La loi mit en place des « commissions cantonales », devant lesquelles étaient déposées les dossiers de demandes d’indemnités pour la réparation des dommages matériels. En cas de litige, furent également créés des « tribunaux des dommages de guerre » juridiction d’appel des commissions cantonales et pour Paris un « Tribunal interdépartemental des dommages de guerre ». Le dernier recours était le Conseil d’état. Un contentieux énorme s’y développa, portant surtout sur des fausses déclarations disaient les représentants de l’Etat ou sur des indemnisations insuffisantes se plaignaient les victimes. Ce contentieux ne se termina qu’en 1933 !

 

dommages.jpg


 

***

Ne nions pas la pureté des intentions siamoises à entrer en guerre même s’il y a (ou certains y ont) trouvé un bénéfice autre que diplomatique. Il n’est par contre pas exclu que l’entrée en guerre tardive de certains pays lorsqu’ils sentirent le vent tourner, n’ait pas eu d’autres raisons que de sordides intérêts économiques.


Le Brésil entre en guerre en octobre 1917 et saisit évidemment les navires allemands réfugiés dans ses ports. Ne parlons pas sans sourire de la déclaration de guerre de Saint-Marin,

 

 

saint-marin.jpg

 

Cuba, Panama, le Guatemala, le Nicaragua, Costa-Rica, Haïti et le Honduras, il y avait probablement dans tous ces pays quelques menus avoirs allemands ? Plus assuré est l’exemple du Liberia qui déclara la guerre en mai 1917 ce qui lui permit de s’emparer des biens des ressortissants allemands fort importants puisque l’Allemagne était son premier partenaire économique avant 1914. 

 

monrovia.jpg

 

La principauté de Monaco, sans participer formellement à la guerre, y envoya de nombreux volontaires dont son Prince régnant, Louis II auquel la France fit la politesse de  l'élever au rang de général. Il semblerait, que sans avoir participé au traité de Versailles, la principauté se soit accaparé sans vergogne des avoirs allemands, importants puisque consistant en les participations de nombreux aristocrates allemands au capital de la "société des bains de mer" !

***

Le sort des ressortissants des puissances centrales ?


C’est le « black-out » complet. Où ont-ils été « regroupés » et dans quelles conditions. Nous n’avons pas trouvé la moindre source. Nous connaissons bien, par contre, celui des ressortissants civils français bloqués en Allemagne ou en Autriche dans des camps plus ou moins confortables; les souvenirs et les témoignages sont nombreux. Ils furent libérés au lendemain de l’armistice. Le malheureux sort de ces civils a fait l’objet d’un article circonstancié dans « Le monde » du 3 octobre dernier (« Les civils dans la tourmente »).

Nous connaissons, mais le sujet n’a fait l’objet d’aucune exhaustive à ce jour, celui des 65.000 civils allemands internés en France après avoir été spoliés.

 

 

camps.jpg

 

Une étude partielle nous apprend qu’ils ne furent libérés qu’après la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919. La guerre fut longue pour eux (« Les dépôts d’internements civils en Vendée 1914-1919 » article de Laurent Morival, « Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest » numéro 1 de 1998 pages 91s.) Est-ce un sujet encore tabou ? Le terme de « camp de concentration » est formellement utilisé par l’administration.

 

Camp-concentration-Tsiganes-Montreuil.jpg

 

 

Il y avait parmi eux de nombreux Alsaciens et Lorrains, juridiquement ressortissants allemands le plus souvent « malgré eux » qui furent avares de souvenirs.

 

 

malgre-nous.jpg

 

Ils avaient d’ailleurs des frères ou des cousins également « regroupés » en Allemagne, quoique juridiquement Allemands au prétexte de francophilie !

On peut raisonnablement penser que le sort des ressortissants des puissances centrales « regroupés » au Siam où et dans des conditions que l’on ignore, ne fut pas meilleur.

***

Il est de bon ton de dire que cette guerre fut la « guerre du droit » ce qui est au moins partiellement vrai.

 

 

Guerre du droit

 

Elle fut aussi au moins pour partie une guerre de rapine, un sujet encore et toujours tabou. L’ouvrage de John Maynard Keynes (« Les conséquences économiques de la paix » 1919 traduit en français par Paul Frank en 1920) qui fit scandale en France.

 

Keynes.jpg

 

Nous connaissons les projets de l’Allemagne qui, si le pays avait été vainqueur, se serait livré à un pillage en règle des pays alliés et de leurs colonies.

 

projets-allemands.jpg

 

La confiscation de tous les avoirs allemands (propriété des entreprises ou des particuliers) consista en une expropriation minutieuse faisant peu de cas du sacro saint droit de propriété devant lequel s’agenouillaient tous les belligérants des pays alliés.


 demain sur nos tombeaux by Philippe Rapoport©

    " ... Demain sur nos tombeaux, les blés seront plus beaux ..." (Paul Arène - 1919)

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
commenter cet article

commentaires