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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 00:02

titreNous avions « en toute innocence » abordé cette question de « l’origine des Thaïs » pour constater que de nombreuses théories s’affrontaient et que de nombreux « experts’es Thaïlande » préféraient déclarer  « cette question insoluble ». Notre dernier article avouait aussi notre impuissance à raconter les premières migrations, mais signalait la diversité et le nombre des populations de langues tai.


Les Thaïs ont donc émigré ; Les Tai de langues thaï-kadai ont choisi des chemins différents dans une aire d'extension limitée toutefois à la Chine du Sud et au Sud-Est asiatique, incluant le Vietnam, le Laos, le Cambodge, la Thaïlande, la Birmanie et une petite partie du nord-est de l'Inde. Ces populations de langues thaï-kadai, comprenant environ 70 millions de locuteurs,

 

tai kadai

 

se répartissent aujourd’hui ainsi :

  • Les Thaïs (siamois), (40 % de la population de Thaïlande)
  • Les Thaïs Isan du nord-est de la Thaïlande  (31 % de la population)
  • Les Thaïs du Nord de la Thaïlande, encore appelés Lanna ou Thaïs Yuan, ( 10% de la population)
  • Les Lao du Laos  (50 % de la population)
  • Les Shan  ou Thaï Yai de Birmanie (estimée à 4 millions d'habitants en 2008) Mais on trouve également des Chan sur le territoire kachin, ainsi que dans la province chinoise du Yunnan et au nord de la Thaïlande)
  • Les Dai et les Zhuang, deux des 56 groupes ethniques  officiellement reconnus par la république de Chine.

 

Les Dai sont très proches des Thaïs.

 

dai de chine

 

Bien que reconnu officiellement comme une seule ethnie par l’État chinois, les Dai représentent plusieurs groupes culturels et linguistiques distincts. Les deux langages principaux des Dai sont le tai lü (dai du Xishuangbanna) et le tai nüa (dai de Dehong); deux autres langues écrites utilisées par les Dai en Chine sont le tai pong et le Tai dam (tai noir). Ce sont toutes des langues tai, un groupe de langues voisines qui comprend le thaï, le laotien, le zhuang et, en partie, la famille des langues tai-kadai.

Les Zhuang du Yunnan en Chine du Sud, font partie des populations taiqui migrèrent de la Chine centrale vers le sud, il y a environ 5000 ans. Les Zhuang se sont installés dans ce qui est aujourd'hui le Guangxi, pendant que les autres Tai continuèrent leur voyage vers le sud et formèrent les peuples Lao, Thaiet Shan. 

  • Les Thaïs Lue  du Laos (Le lexique du lü est similaire à 80% avec le thaï du nord, et à 74% avec le thaï central ) et de Chine, encore appelés Dai (1 million en Chine au Yunnan)
  • Les Nung de Chine, du Laos, de la Thaïlande et du Viêtnam. 

ET trois sous-groupes caractérisés par la couleur de leur costume traditionnel (restés non-bouddhistes) :

  • Les Tai dam ou "Thai Noirs" du Laos (130 000 h.), du Viêt Nam 800 000 h.), de Chine (20 000 h.), de Thaïlande (20  000 h.)

Thais Noirs

 

  • Les Tai Daeng ou "Thai Rouges" ( 140.000 au Viêtnam  (2002),  25.000 au Laos  (1991)
  • Les Tai khao "Thai Blancs"*, au Laos et au Nord Vietnam (sont estimés à 400 000)

 

thai blanc

 

Henri Maspéro

 

maspero

 

nous donne les Lao , les Siamois, les Shan , les Tai Noirs, les Tai Blancs, les Thô (Tonkin, province de Cao-bang)  et les Dioi (Kouang –si) et le dialecte perdu ahom. (Il utilise Thai pour l’ensemble des langues de ce groupe  et Tai pour le nom des tribus. D’autres auteurs, surtout anglo-saxons, Tai pour la langue commune et Thaï pour les Siamois).

 

1/ On peut se douter que ces différentes populations ont des Histoires différentes, des particularités linguistiques, des us et coutumes différentes …  Mais quant à savoir leur Histoire, wikipédia vous dira : « Histoire. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète ».

Nous ne sommes pas étonnés, ne serait-ce qu’au regard de nos difficultés déjà maintes fois exprimées dans notre début de « reconstitution » de « Notre Histoire » de la Thaïlande. On peut se douter que chaque pays a eu soin de réécrire l’histoire de ces différents groupes pour les besoins de leur intérêt nationaliste.


2/Toutefois Olivier Evrard **a le mérite de nous « éclairer » sur les groupes de parler taï et d’identifier d’autres marqueurs que linguistiques :


Ils « représentent environ 70 millions de personnes réparties entre la Chine, l’Asie du Sud-Est, et la partie orientale de l’Inde. Si l’on considère le seul critère linguistique, les Taï forment un ensemble relativement homogène en Asie du Sud-Est. Les caractéristiques de  l’écriture et du vocabulaire juridique, religieux ou politique, héritages de  l’influence indienne, permettent cependant de distinguer les groupes méridionaux (Siamois), pour lesquels l’influence sanskrite est importante, des groupes septentrionaux (Lao, Youan, Lü, Shan notamment) dont la langue possède davantage de racines tirées du pali. (…) Certains groupes taï, originaires du Nord-Est Laos (…) se distinguent par leurs pratiques religieuses non bouddhistes » 

Le critère linguistique n’est donc pas le seul pour  rendre compte de l’ « identité »   de ces populations. D’autres marqueurs existent, nous dit-il :

  • Politique : Des identités taï se sont forgées à travers la constitution de royaumes. Il cite pour le Laos (Lan Xang pour les Lao, Lan Na pour les Youan, ou de principautés (Si Song Panna pour les Lü). Evidemment , on peut citer pour le Siam (devenu Thaïlande) les Thais siamois, les Thaïs Isan, les Thaïs muslin et les Thaïs Yuan.

 

  • Les influences culturelles avec les Mons et/ou les Khmers (il ne cite pas les Birmans , mais son étude est consacrée au Laos).

 

 

  • Le marqueur géographique est fondamental, entre montagnards et habitant des plaines (entre agriculture sur brûlis 

brulis

  • et riziculture inondée).

 rizière inondée

  • Ce marqueur « géographique » est renforcé par le marqueur religieux. Opposition entre les populations des plaines majoritairement bouddhiste et les populations montagnardes majoritairement non bouddhistes (comme les Taï-Blancs, les Taï-Noirs et les Taï-Rouges).

 

  •   Les marqueurs socio-économiques avec la culture matérielle (les manières de porter, d’habiter, de construire ou de s’habiller constituent aussi des critères pertinents)

Nous avions vu qu’ils ont en commun une  même organisation sociale, les muang, et aiment (aimaient ?) se penser à partir d’un cadre mythologique commun (le mythe englobant et hiérarchisant de la courge !).  


Il aurait été plus facile de penser l’identité à partir d’une origine commune, d’un foyer originel. Mais, nous dit Evrard : « L’ethnologie tend plutôt à montrer qu’il est vain de vouloir considérer les cultures, et notamment les langues, comme des éléments héréditairement constitués et stables dans le temps et l’espace »… Eh oui, il est vain de penser les Thaïs actuels avec ceux qui sont arrivés depuis le X ème siècle et massivement au XIII ème siècle.

3/ Georges Condominas,


 

Condominas

 

l’un des meilleurs connaisseurs des « minorités » de l’Asie du Sud-Est, note quant à lui, dans son article  Minorités autochtones en Asie du Sud-Est*** :

  • le premier trait qui vienne à l'esprit, c'est l'extraordinaire morcellement, l'étonnante variété, linguistique et culturelle […] Le problème des minorités autochtones en Asie du sud-est se présente de manière différente selon les pays.

 langues fin

  •  Sur le plan des civilisations, le fait dominant est l'opposition entre plaines et montagnes. D'une part, des plaines côtières densément peuplées et un arrière-pays de montagnes, aux densités extrêmement faibles. Cette opposition plaine-montagne est aussi celle des populations civilisées et des populations « barbares ».
  • D'autre part du fait qu'il y a opposition entre population civilisée et population barbare, il y a opposition aussi entre grandes religions (Bouddhisme — du Petit et du Grand Véhicule — Islam et Animisme). L'Animisme a conservé de profondes racines dans les populations des plaines malgré leur conversion aux grandes religions.
  • Les peuples issus des peuples de l'Asie  du sud-est, (se sont formés aussi) soit par « greffage culturel », soit par mélange avec des immigrants.

Il montre aussi que la colonisation a incité les différents Etats à se centraliser, de mieux « établir »  leurs frontières  et faciliter leur contrôle sur leurs minorités.


3/ Nous ne pourrons donc pas vous donner l’origine, le foyer originel des  Tai. Mais nous avons appris aujourd’hui qu’y avait environ 70 millions de locuteurs Tai, à distinguer des populations réparties sur la Chine du Sud et au Sud-Est asiatique, incluant le Vietnam, le Laos, le Cambodge, la Thaïlande, la Birmanie et une petite partie du nord-est de l'Inde, vivantes dans une « étonnante variété, linguistique et culturelle ».


Nous avons vu que le marqueur linguistique n’était pas le plus pertinent pour les distinguer, que les marqueurs géographiques, religieux, culturels (indien, môns, khmer et Birman) (selon le lieu ou le moment de l’Histoire considérée), avaient joué un rôle plus important dans leur transformation, et qu’au fil des migrations, conquêtes, alliances, occupations,  « greffage culturel » et «  mélange », les populations  Thaïes du XIII ème siècle étaient loin de leur racine « chinoise » et qu’une nouvelle identité thaïe s’est forgée dans la formation des principautés et la création des premiers royaumes.


Leur Histoire commençait.

 

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*Son histoire et ses caractéristiques sont présentées dans « Les écritures thai du Vietnam », un article de Michel Ferlus, linguiste (CRLAO-EHESS) 2006 . Voici quelques extraits du document :

« Les Thai du Vietnam présentent une grande diversité de dialectes et utilisent plusieurs systèmes d’écritures… »

« Leur origine commune permet une étude historico-comparative qui met en rapport les graphies et les phonèmes du proto-thai, seule façon de comprendre le développement de ces écritures et les rapports entre les graphies et les sons. »

« Les écritures traditionnelles de type alphabétique de l’Asie du sud-est dérivent toutes d’une même modèle d’écriture indienne qui était en usage dans l’Inde du sud, du IIIe au Ve siècle de notre ère. Cette écriture, dénommée pallava… »

« Grâce à des critères phonétiques précis, on peut isoler quatre dialectes thai principaux : tay noir, tay blanc, tay dèng et un quatrième qui, faute de mieux, ne peut-être que nommé tay du Nghệ An… »

  • La majorité des Thais Blanc vivent dans le nord du Vietnam depuis 1200 ans et ont migré depuis la province du Yunnan dans la Chine du Sud. Descendants de l'arbre généalogique des Tai, ils sont connectés aux Thaï de Thaïlande, du Laos et sont très proches des ethnies Thaï Noirs ou Tai Dam. Leur religion principale est l'animisme et l'adoration des esprits domine leur vue sur le monde, mélangé avec la vénération des ancêtres découlant de leur proximité avec les Chinois et les Vietnamiens. A ce système de croyance fondamental, 30% des Thaï Blancs ajoutent le Bouddhisme. On compte 1% de catholiques parmi les Thaï Blancs du Vietnam »

michel ferlus 

**Olivier Evrard, Chroniques des cendres, IRD, 2006.

« …Dans l’écriture tay blanc on peut identifier deux systèmes d’écriture : le système tay blanc du nord (Phong Thô et Muong Tè, Lai Chau) et le système tay blanc du sud (vers Quyn Nhai, Son La). La différence … »


***Citer ce document : Condominas G. Minorités autochtones en Asie du Sud-Est. In: Politique étrangère N°1 - 1963 - 28e année pp. 44-57. doi : 10.3406/polit.1963.2320

http://www.persee.fr/web/revues/home/

 

Quant aux Birmans, aux Siamois et aux Lao actuels, ils descendent de tribus, de parler tibéto-birman et t'ai, hindouisés par l'intermédiaire des Môns et, en partie, pour le second groupe, des Khmers. Ces différents groupes sont descendus du sud de la Chine et des confins sino-tibétains à une époque plus tardive. On peut considérer comme Proto-Indochinois, en raison

de leur genre de vie, certains groupes tibéto-birmans, tels les Nagas ou les Katchins installés en Assam et en Birmanie depuis des temps très reculés. Il n'en va pas de même pour les hommes de parler t'ai dont l'arrivée massive date du XIII ème  siècle. Elle était précédée par des infiltrations, quelques siècles avant l'éclatement du royaume de Nan-Tchao. Ce glissement vers le sud de populations venues de Chine ne s'est pas arrêté : les migrations des populations (…) se poursuivent à l'heure actuelle.

 

 

 animisme

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