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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 00:07

P1020811A Nous avons déjà relaté la »Révolution » de 1688 de Pitracha  (Cf. 13. Les relations franco-thaïes : La révolution de 1688 au Siam) et évoqué la répression que durent subir les missionnaires et les chrétiens à ce moment là.


L’expédition punitive  du général Desfarges en 1689 contre Phuket (Cf. 14. Les relations franco-thaïes : L’expédition de Phuket de 1689 du général Desfarges ) ne pouvait pas améliorer  leur sort. De plus, le chef du comptoir hollandais (la guerre était déclarée entre la Hollande et la France) contribua en 1690 à une aggravation de leurs  conditions de détention. Le jour de l’Assomption 1690, ils seront déportés dans une île semi déserte où beaucoup vont mourir. Seul Mgr de Metellopolis eut la permission de rejoindre le père Paumard, qui était libre, du fait des soins qu’il avait apporté au roi.

 

1690 - Libération des chrétiens

 

tachard-1688A la fin de 1690, le père Tachard (c’est son troisième voyage) débarqua au port de Mergui, porteur d’une lettre de Louis XIV, disant qu’il venait pour «  renouveler l’alliance entre les deux couronnes » Il fut bien accueilli mais sans plus.

Les Siamois saisirent cette invitation, pour s’opposer aux Hollandais qui progressaient et venaient de s’emparer de Bantan. En Avril 1691 on rendit le séminaire à Mgr de Metellopolis et on lui permit d’y séjourner avec les autres missionnaires, les séminaristes et les écoliers. On libéra ensuite les laïcs français, mais pas les chrétiens siamois. De 1693 à 1697 (mort de Mgr Lanneau, évêque de Metellopolis) la vie fut extrêmement précaire : manque de moyens, sécheresses, inondations, maladies de toutes sortes. C’est le père Braud qui va gérer dans l’attente d’un nouveau vicaire apostolique, l’administration du séminaire et du collège, qui était composé de 40 personnes et de 25 élèves de différentes nations. Il ne restait plus grand-chose à vrai dire et tout manquait.

 

1700/1730 - Une période positive

 

1686FrenchMapOfSiamA Mergui la mission pu se maintenir et eut la chance de voir arriver le 20 Juillet 1700, Mgr de Sura accompagné de sept ecclésiastiques. L’évêque alla se présenter au roi Petracha pour lui offrir quelques présents. Petracha assura l’évêque de « sa protection et de sa bienveillance et témoigna une grande estime pour la nation française et un sincère désir de rétablir l’ancienne union entre la France et le Siam » !!! A la mort du roi en 1702, son fils poursuivit la même politique Tous les ports du royaume étaient ouverts  aux navires français, et  la Compagnie des Indes Orientales était à nouveau « bienvenue » avec les mêmes privilèges que les Hollandais. Malgré un travail acharné, la pauvreté contraignit l’évêque en 1707 à congédier une partie de ses élèves. Enfin en 1710, des fonds arrivèrent de Paris et il put repeupler le séminaire et le collège. Le nombre des chrétiens augmenta. 1727 – Redressement des missions. Il aura donc fallu 20 ans pour que la mission apostolique du Siam, ouverte en 1662 retrouve ses moyens après de longues années de persécutions (après 1688).. Une révolte à Mergui (contre les Pégouans) donna l’occasion au marquis de La Roques, commandant une escadre de navires français, de mettre les insurgés en fuite et proposa au roi de les poursuivre. Le roi  (Phra Thai Sa) fut si satisfait  de l’attitude du marquis qu’il dit devant toute la cour « qu’il n’avait pas de meilleurs amis que les Français ». Le 1er Avril 1727 l’évêque qui aura été le grand artisan du redressement des missions au Siam, meurt des suites d’une inflammation de poitrine. Ses obsèques furent grandioses et rassemblèrent le peuple, la cour et même les talapoins. La cour fut saisie d’un désir d’en savoir plus sur la religion catholique.

 

1730, l’épisode des «  interdits » :

MEP symbolOn se mit à débattre de la religion catholique à tous les niveaux, c’était en quelque sorte à la mode ! Cela fut très mal ressenti par le clergé bouddhiste. Les talapoins passèrent très vite à la contre attaque et firent courir les rumeurs contre la religion catholique et  notamment qu’elle voulait « abolir le culte des ancêtres ».

De gros nuages planaient à nouveau sur la mission. La Cour poussa le roi à proclamer un édit d’interdiction partielle en 4 points, qui revenait à nier totalement le travail des missionnaires :

 1) Il est défendu d’écrire en langue siamoise ou en bali des livres sur la religion chrétienne.

2) Il est interdit de prêcher à de Siamois, à des Pégouans ou à des Laso.

3) Il est interdit de les tromper ou de les engager par quelque voie que ce soit à se faire chrétiens

4) Il est interdit de condamner la religion du royaume ».

 

On voulu faire signer ces interdits par Mgr de Rosalie, qui refusa. Alors le Barcalon pour bien imposer la volonté des mandarins fit graver ces interdits sur trois grosses pierres et on saisit tous les livres du séminaire. On ordonna d’aller placer les trois grosses pierres à l’entrée des trois églises de la mission, ce que Mgr de Rosalie refusa encore avec fermeté. Le barcalon furieux voulu accuser Mgr de Rosalie de rébellion, mais le roi décida  : « qu’on laisse l’évêque et ses missionnaires en repos, qu’on ne  parle plus de cette histoire ».

 

1732 - Guerre civile, menace d’invasion burma (birmane) .

cangueUne atmosphère pesante planait à nouveau sur la mission. Nous sommes en 1732, le roi va mourir d’un cancer et une guerre civile de succession s’ensuivit. Le pays fut à feu et à sang. Le barcalon resté fidèle  au fils de l’ancien roi fut décapité et empalé sur la place publique. « Le collège et le séminaire ne souffrirent aucune attaque pendant la guerre civile ». Le nouveau roi (Borommakot) reçu Mgr de Rosalie avec chaleur et lui donna des raisons d’espérer et notamment de supprimer  « la pierre des interdits ». Mais suite à quelques malentendus et notamment le refus de Mgr de Rosalie de faire des processions tant que la « pierre des interdits » serait en place, le roi marqua son profond désaccord. Monseigneur de Rosalie devait décéder le 27 Novembre 1737.

 

  

 

 

1758/1765

francois-jarrige-1796Plus au Sud, la mission de Mergui subissait de nombreux mauvais traitements de la part du vice roi de Ténasserim, un mahométan anti-chrétien et anti-français. Les missionnaires s’en plaignirent au roi du Siam qui leur donna raison et  on déposa ce vice-roi. Mais nous sommes en 1758 et déjà on note déjà des batailles violentes entre les Siamois et les Barmas (les Birmans) tournant souvent à l’avantage des Barmas.

La situation était si tendue que les pères Kerhervé et Martin décidèrent de s’enfuir d’Ayutthaya par bateau pour aller vers Bangkok puis vers la mer avec tous les écoliers. En s’enfuyant, ils virent les incendies qu’avaient allumés les Barmas avec beaucoup d’émotion en pensant à toute la mission et aux chrétiens réfugiés dans le séminaire. Leur voyage dura six jours. Ils attendirent une dizaine de jours avant d’apprendre que les troupes barmas s’étaient  retirées, sans avoir pu prendre Ayutthaya.

 

Après avoir acquis l’assurance que la situation s’était arrangée, les deux prêtres et leurs écoliers décidèrent de revenir à Ayuttaya où avec joie ils purent retrouver tous les membres du séminaire (seul le collège avait été détruit). Les chrétiens avaient courageusement résistés. Ils en furent félicités par le roi « vous avez rendu aux siamois un plus grand service que tous leurs prédécesseurs qui leur avaient apporté des curiosités d’Europe » et reçurent  une récompense ainsi que des cadeaux pour Mgr Brigot qui avait succédé à l’ évêque de Juliopolis, mort en 1755. Malgré ces égards et sans doute sous la pression des talapoins le nouveau roi défendit d’appeler monseigneur Brigot évêque en termes siamois et ne permit pas qu’il prit ce titre dans ses écrits. Le travail de la mission néanmoins suivit son cours normal jusqu’en 1765/1766 quand la menace barma se fit plus pressante et plus inquiétante.

 

1765-1768 - La « guerre » entre le Siam et les Barmas (Birmans)

 

Burmese-Siamese WarLes années qui suivent 1765, 1766, 1767, sont des années de guerre avec les Barmas.

Les Barmas  attaquèrent d’abord à Mergui, puis en janvier, attaquèrent Ayutthaya. Les pères Andrieu et Alary rassemblèrent leurs fidèles à l’église. Déjà les Barmas avaient mis le feu à de nombreuses maisons. Ils arrivèrent au presbytère de l’église et commencèrent les pillages. Mr Alary fut « dépouillé des pieds à la tête, il fut obligé de sortir en chemise, sans caleçon, sans souliers et avec la seule calotte qu’il avait sur la tête ». On poussa ainsi dans les rues,  les deux missionnaires pour les emmener en captivité et on mit le feu à leur maison. Mgr Alary rencontra un soldat qui portait une vieille soutane du père Andrieu et réussit à la reprendre et à s’habiller.

Les persécutions anti-chrétiennes

Les deux missionnaires restèrent jusqu’au soir, assis dans la rue. Puis les pères Andrieu et Alary furent conduits à Thavai par balons (les bateaux du roi), avec quelques chrétiens qu’ils avaient pu sauver. Arrivés à Mergui, le vice roi, un Maure nommé Momosadec porte parole du roi d’AVA, s’en occupa avec attention dans un premier temps. Il leur fit donner des bonnets et des souliers. Puis ils furent appelés auprès de ce vice roi, qui voulait authentifier les objets volés et voulu savoir s’ils avaient caché de l’argent. Le père Andrieu nia l’accusation, il fut soumis à la question. Six à sept jours passèrent après ce premier interrogatoire. On souffla au vice roi que ces prêtres étaient des menteurs et qu’ils refusaient de rendre l’argent qu’ils avaient caché. Le vice roi demanda qu’on apporte une corde pour attacher M Alary le premier et le père Andrieu le second. Puis on les entoura de lances pour les tuer. Un soldat se fit plus menaçant : « dites-nous où est l’argent sinon vous serez bientôt morts » Mais les deux pères répondirent qu’ils n’avaient plus d’argent, alors on leur donna des coups de bâtons avant de les laisser à terre, gémissant, pendant des heures sous un soleil brulant. MM Andrieu et Alary demeurèrent environ quinze jours dans une cabane insalubre. Les deux pères étaient dans un mauvais état et souffraient de différentes affections. Ils furent installés sur un bateau avec de meilleures conditions et après 5 ou 6 jours on les emmena par bateau à Rangoon en pays barma.

 

1765 - La fausse paix

elephant combatLa situation qui règne fin 1765 est celle d’une fausse paix. Les Barmas se regroupent, alors que les mandarins siamois font courir le bruit qu’ils se sont retirés à AVA, la capitale barma. Cette fausse paix dura jusqu’au 21 Avril 1766, quand on apprit que les armées barmas venaient d’écraser une armée siamoise à quelques jours de marche d’Ayutthaya. L’alarme fut alors donnée. Le 6 Mai les Barmas étaient à une journée d’Ayuttaya. A la mission, Mgr Brigot et le père Gorre survivaient tant bien que mal. Quelques jours plus tard un détachement de Barmas vinrent brûler les jardins du Siam, et  Bangkok.  Puis en quelques mois les Barmas inondèrent le pays comme un torrent. Ils se tinrent toutefois à distance respectueuse de la capitale. Ils construisirent trois forts en 1766 ; ils se positionnèrent à une portée de canons pour isoler Ayutthaya le 14 Septembre 1766. Pour se défendre, « la cour accorda trente pièces de canons avec une quantité suffisante de poudre et de boulets aux trois églises des chrétiens  » Mais que pouvaient faire 80 chrétiens devant un tel ennemi ?

 

1766 - Le siège d’Ayutthaya

Royal PalaceAyutthayaLa population s’armait pour résister et se préparer à la guerre. Le 13 Novembre 1766 les Barmas s’emparaient de deux pagodes bouddhistes près des églises et tirèrent des coups de canons sur l’église Saint joseph. Le 7 Mars 1767 l’ennemi barma entra et mis le feu au quartier de l’évêque ; la mission résista. Les Barmas attaquèrent la grande pagode et le camp portugais. Puis ils brûlèrent la loge hollandaise après 8 jours de siège. Le général barma fit mettre le feu à tout le quartier chrétien ; l’église Saint Joseph fut réduite en cendres. Prêtres, étudiants et chrétiens tous furent menés en camp et dépouillés de tout. La prise définitive et l’incendie de la ville royale se produisirent la nuit du 7 au 8 Avril 1767.

 

1768 - Les missionnaires en prison

Un certain nombre de chrétiens furent envoyés à AVA pour y servir en qualité de soldats du roi ; les autres sous la conduite du père Corre trouvèrent le moyen de s’échapper et se retirèrent au Cambodge. L’évêque lui  partit pour la Birmanie.

couronnement-de-thaksinUn nouveau roi Thaksin (1767/1782) est au pouvoir depuis 1767 (après la chute d’Ayutthaya). C’est un guerrier. Il va battre les armées birmanes rétablir le royaume du Siam jusqu’en 1782. L’évêque accablé d’affliction d’entendre dire qu’on voulait « faire un désert du Siam » demanda la permission de quitter la Birmanie, ce qu’il fit le 17 Mars 1768 et arriva le 14 Avril à Pondichéry. Au Siam par suite d’un différent avec le vice roi, les pères Artaud et Pigneaux furent mis en prison le 8 Janvier 1768. Après plusieurs séances de mauvais traitements le père Artaud accepta une mission du roi, d’aller au Cambodge récupérer un prince siamois en fuite. Le gouverneur remit les missionnaires en liberté. Mais le père Artaud ne pu ramener le prince du Cambodge.

Alors on les remit en prison, la cangue autour du cou. Ils ne cessèrent de proclamer leur innocence. Ils purent retourner au collège après plusieurs mois. L’année 1769 est une année de terribles famines. Beaucoup de personnes vont décéder ; « tous les matins la rivière était couverte de cadavres. » Les Siamois ou encore les Chinois (nombreux au Siam), se mirent à piller les pagodes, persuadés qu’on y avait  enfoui des sommes considérables !!!

 

1767 -1782.  Le roi  Taksin (1767/1782). Encore une période difficile.

thaksin-le-grandLe nouveau roi  Taksin permit au père Corre de construire une maisonnette. Au début de son règne le roi s’attira le respect du peuple qui le regarda comme le sauveur et le restaurateur de l’Etat. Le 22 Mars 1772,  Mgr Lebon évêque de Metellopolis arriva à Bangkok. Il fut reçu par le roi, qui leur accorda des présents et un nouveau terrain. Taksin semblait différent. « Il voulait tout voir et tout  entendre, c’était un esprit entreprenant de prompte exécution et un brave guerrier »

Malheureusement la situation allait à nouveau se dégrader. A la suite d’un serment solennel sur les évangiles (et non sur de l’eau comme préconisé par les talapoins), trois des principaux chrétiens, mandarins en charge et officiers du roi, furent arrêtés, ainsi que les prêtres MM Garnault et Coudé le 25 Septembre 1775 ainsi que l’évêque Mgr Lebon. Les mandarins furent frappés de 50 coups de rotins ; mais on ne battit pas les prélats cette fois là. Mais comme cela s’était déjà passé on demanda aux mandarins et aux prêtres de renier leur serment catholique et de faire serment selon les rites bouddhistes. Ce qu’ils refusèrent. On fit dépouiller l’évêque et les deux prêtres et appliquer à chacun 100 coups de rotin.

 

1776 – les missionnaires les fers aux pieds.

Le 15 Janvier 1776 le roi partit en personne pour la guerre contre les Barmas. L’évêque et les missionnaires étaient toujours en prison dans les fers. Le 25 Juillet on leur retira la cangue et les ceps des pieds et des mains ; le 14 Août on leur ôta la chaine ; ils n’avaient plus que les fers aux pieds. Après un simulacre de jugement, des demandes de reniement, on aggrava leur peine et on leur remit, la cangue et le reste. Puis le 2 Septembre contre toute attente on les libéra.

En 1778, le roi voulut fêter la réalisation d’un code des traditions siamoises. Il programma  trois jours de fête et une grande procession sur la rivière, avec de nombreux «  balons » somptueusement décorés. Les chrétiens, les missionnaires ne vinrent pas à la fête ce qui mit le roi en fureur. «  Je voudrais conduire le monde dans le bon chemin ; les chrétiens ne veulent pas me suivre, ils se perdront ; c’est leur affaire. »

Les humiliations contre l’évêque et les missionnaires se multiplièrent et enfin le roi manifesta l’intention de les faire sortir du royaume, mais sans leur faire de mal. Un certain calme était revenu ; on avait fini par donner la paie des chrétiens qui avait été bloquée et c’est à la fin de 1779 que le roi exécuta sa menace de chasser, Mgr Lebon, l’évêque et les deux missionnaires les pères Condé et Garnault. Il les fit à nouveau juger, emprisonner, accabler de mauvais traitements et enfin déporter hors du royaume. Mgr de Métellopolis (Mgr Lebon) va mourir à Goa le 27 Octobre 1780. Ses deux compagnons exilés avec lui, à Pondichéry, revinrent au Siam en 1782.

 

rama1Le roi devenait à demi fou : «  il faisait emprisonner, mettre aux fers, rouer de coups, suivant son caprice, tantôt sa femme, tantôt son fils, héritier, tantôt l’un ou l’autre de ses officiers ». Révoltes, manifestations diverses et le 7 Avril 1782 le roi Taksin fut tué par son général qui va fonder la dynastie des Chakri et régnera sous le nom de RAMA Ier (1782/1809). Les rebelles mécontents de l’attitude des chrétiens à défendre le palais royal, mirent à sac le camp des chrétiens. L’église fut entièrement saccagée. Ainsi fut récompensée la fidélité des chrétiens envers le roi.  Mgr Garnault le missionnaire qui avait tant souffert fut nommé évêque de Métellopolis et vicaire apostolique du Siam en 1785. Mais les persécutions contre les chrétiens continuèrent dans le but d’empêcher la religion catholique et le travail des missionnaires de se développer. Lassé de ces harcèlements contre les chrétiens le roi (Rama Ier) demanda qu’on « les laisse jouir de quelque tranquillité ».

 

1809-1830 : des bas et des hauts

peguans-sud-siamA la fin de 1809 (nous sommes sous le règne de Rama II, le fils de Rama Ier-(1809/1824), les Barmas toujours en guerre assiégèrent la ville de Jongsélang. Quatre semaines de siège et une guerre meurtrière. L’occupant détruisit tout et ne laissa que des cendres. Les chrétiens, le père Rabeau en tête, résistèrent comme ils purent. Puis ils furent faits prisonniers par les Barmas. Mais sur le bateau qui les emmenait en Birmanie, une révolte se produisit et on jeta le père Rabeau à la mer. Il périt donc noyé dans le golfe du Bengale.

La situation de la mission du Siam reçut quelque aide de France et put reconstruire un collège (une soixante d’élèves) à Bangkok, et une grande église avec un collège. Mgr  Garnault dirigea le séminaire jusqu’à sa mort le 4 Mars 1811.

Pendant une vingtaine d’années, les missionnaires essaieront de faire ce qu’ils peuvent pour enseigner, soigner, convertir. La France ne leur enverra aucun renfort.

 

1850 - Nouvelle période positive pour la mission.

Le 27 Février 1830 le père Pallegoix arrive à Bangkok où il s’adonne pendant quelque mois à l’étude du siamois. Nous sommes sous le règne de Rama III (1824/1851). Le père Pallegoix se rendit rapidement à Ayutthaya l’ancienne capitale et là sur les ruines de l’église Saint Joseph, il bâtit une nouvelle chapelle. Avec lui prenait fin le cycle entamé en 1688 par les missionnaires, et s’ouvrait une nouvelle période. Le père Pallegoix deviendra évêque de Mallos en 1838 et vicaire apostolique du Siam.

 

 rama2Il aura fallu 150 ans, 12 évêques qui se succédèrent pour maintenir la présence des Français au Siam. Mais que de souffrances endurées. Ils n’étaient pas encore au bout de leurs efforts puisqu’en 1849, suite à l’apparition d’une grave épidémie de choléra pour des raisons inconnues le roi (Rama III ) fit expulser huit des missionnaires français.

Après la mort du roi (Rama III), ils purent revenir en 1851 et en 1852 et  ils furent reçus à nouveau en grande pompe par le nouveau roi Rama IV –fils de Rama II (1851/1868) qui prononça ces mots qui sonnent comme un résumé de ces 150 ans :

 

rama3« C’est un mauvais système de persécuter la religion ; je suis d’avis de laisser chacun libre de pratiquer celle qu’il voudra (…) quand vous aurez fait un certain nombre de prosélytes quelque part, faites le moi savoir et je leur donnerai des chefs chrétiens, de manière à ce que les gouverneurs païens ne puissent pas les vexer ». Quel discours pour ces missionnaires, tués, persécutés, pourchassés, emprisonnés et qui témoignèrent des difficultés pendant plus d’un siècle des relations franco-thaïes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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