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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 23:06

titreLes Thaïs entrent dans l’Histoire, avec la fondation du royaume de Sukkhotaï. 

Nous nous sommes posé beaucoup de questions avant de commencer « notre » Histoire des Thaïs (avec un H majuscule). Eh oui, il y a toujours des histoires à raconter, et disions-nous dès notre premier article avec Paul Veyne*, même «  Les historiens racontent des intrigues, qui sont comme autant d’itinéraires qu'ils tracent à leur guise à travers le très objectif champ événementiel » sachant qu’ « aucun de ces itinéraires n'est le vrai, n'est l'Histoire ».


Alors ?  Il est dit que l’Histoire des Thaïs commence en 1220,  quand le gouverneur khmer est chassé par les habitants de Sukkhotaï ?  Et surtout en 1238, quand le roi Si Intharathit

 

si intharathit

 

fonde  le royaume de Sukkhotaï, le premier véritable royaume thaï indépendant, avec  ensuite le roi Mangrai, qui en 1262, fonde Chiang Rai, la première capitale du royaume thaï du Lan Na … avec en 1287 la première grande alliance des rois thaïs  de Sukkhotai, de Lan Na et de Phayao contre les menaces des Birmans et des Mongols ………..et plus tard, en 1350, le royaume d’Ayutthaya…….


1/ le royaume de Sukkhotaï ?


On se doute que cette fondation de royaumes  s’est forgée, au fil des migrations successives des Thaïs depuis le X ème siècle, avec leur installation dans le Nord tout d’abord, dans de petites communautés (des muangs) et la formation progressive de cités, puis de cités-états, en établissant des « relations «  avec les peuples montagnards déjà présents, les Laos et avec les Môns du royaume de  Hariphunchai.

Ensuite à la fin du XII ème et au début du XIII ème siècle,  les Thaïs des montagnes sont descendus dans les plaines, ont « rencontré » les « civilisations » khmères (et les Môns de Lavo) et  birmanes  du royaume de Pagan, qui dominaient l’essentiel de l’Asie du Sud-Est. Et, avions-nous dit, au fil des migrations, conquêtes, alliances, occupations,  « greffage culturel » et «  mélange » une nouvelle identité thaïe s’est forgée dans la formation des principautés et la création des premiers royaumes »…

Nous avions déjà dans notre article 10.3 évoqué le royaume de Sukkhotai : http://www.alainbernardenthailande.com/article-10-3-l-isan-au-temps-des-royaumes-thais-72127161.html


On avait appris qu’ :

  •   « Un premier « royaume » thaï vit alors le jour en pays Yonok, situé dans la région de Chiang Saen où les Môns introduisirent le bouddhisme theravada vers la fin du Xe siècle.  

 chiangsaenmap1


  • Avant le XIIIe siècle, des royaumes Tais étaient établis dans les collines de l'extrême nord de l'actuelle Thaïlande, notamment le royaume de Ngoen Yang(prédécesseur du Lanna autour de Chiang Saen, dans l'actuelle Province de Chiang Rai) et le royaume de Heokam (autour de Chiang Hung, l'actuelle Jinghong au Yunnan). Sukhothaï était alors un centre commercial du royaume môn  de Lavo, vassal de l'Empire Khmer dont la capitale était l'actuelle Lopburi.
  • Wikipédia nous apprenait : « Selon les historiens modernes, la sécession de Sukhothaïd'avec l'Empire khmer commença dès 1180, sous le règne de Po Khun Sri Naw Namthom, souverain de Sukhothaï et de la cité voisine de Sri Satchanalai (actuel Amphoe Si Satchanalai, dans la province de Sukhothaï). Sukhothaï bénéficiait à cette époque d'une large autonomie, mais elle fut reprise vers 1180 par les Môns de Lavo sous leur roi Khomsabad Khlonlampong. »
  • Au cours des XIe et XIIe siècles, suite à des raids successifs vers le sud et le sud-ouest, les Thaïs contrôlaient une large population et, au début du XIIIe siècle, quelques principautés et/ou chefferies furent fondées dont Mogaung, Muang Nai, Ahom et — en ±1238 — Sukhothai. Petit à petit, et par alliances matrimoniales avec de puissantes familles locales, une aristocratie thaïe prit le contrôle de principautés déjà existantes et en fonda de nouvelles.
  • Contrôlant d'importantes forces humaines et dominant les plaines des confins de l'empire, ces seigneurs thaïs se virent octroyer titres et prérogatives par les empereurs d'Angkor désireux de se les concilier.
  • Il était ainsi plus ou moins inévitable qu'un jour ou l'autre quelque seigneur local tente de s'émanciper de la tutelle khmère pour se tailler son propre territoire.
    C'est ce qui arriva dans les années 1238/1240 quand, profitant de l'affaiblissement du pouvoir angkorien fragilisé depuis la mort de Jayavarman VII en 1218, deux chefs thaïs — Pha Muang de Muang Rat et Bang Klang Thao de Muang Bang Yang — évincèrent le gouverneur khmer de Sukhothai et le remplacèrent par Bang Klang Thao qui fut nommé roi sous le nom de Si Indraditya.
     

 

  • Et « notre» Georges Cœdès de dire que cette émergence des Thaïs était « moins un bouleversement soudain dans le peuplement de la péninsule, que la prise du pouvoir par une classe dirigeante d'origine t'aie [...] la substitution du gouvernement des T'ais à l'administration khmère dans le bassin du Ménam et sur le Haut-Mékong. »

 

2/ L’origine de l’ Histoire  thaïe ?


 Il y a donc eu un avant Sukkhotaï.


Alors pourquoi les historiens ont choisi le royaume de Sukkhotaï,  comme le premier véritable royaume thaï indépendant fondé par le roi Si Intharathit en 1238 ? Pourquoi avoir choisi cet « événement » comme l’entrée des Thaïs dans l’Histoire.

  • Il est vrai, nous l’avons montré dans les articles précédents, qu’ils ne disposent avant cette date  que peu d’éléments objectifs pour écrire leur Histoire, même si des « légendes » et des chroniques thaïes existent, comme celles qui « présentent le prince Phrom (fin du 11° siècle) comme un roi héroïque de Thaïlande.
    Avec son armée, il a attaqué victorieusement les troupes de l'empire Khmer pour conquérir les territoires au sud de Chalieng. Avoir étendu son pouvoir sur les terres lointaines telles que Lanna, Luang Prabang, Vientiane et Lanchang, il fondat la cité de Fang pour son propre pouvoir et la renomma Chai Prakan. Ses successeurs ne purent garder le royaume intact et connurent rapidement une fin tragique.
    Ultérieurement, les descendants de Phroms créèrent la principauté de Payao tandis que certains chefs Thaïs qui étaient sous le contrôle des Khmers, tel que Bang Klang Thao et Pha Muang par exemple, montrèrent des signes d'indépendance envers les Khmers.
    http://bottu.org/histoire/histoire05.htm
  • Ou comme les traditionnelles sources chinoises que certains trouvent de façon énigmatique : « Les textes chinois mentionnent dans les toutes premières années du XIII e siècle l’ambassade d’un petit Etat probablement situé aux alentours de Phetchaburi et qu’ils appellent « Chen-Li-fu ». Mais on ignore s’il était de de construction mône, khmère ou thaïe !!! (O.W. Wolters)**(Cité par Dovert).
  • Même le grand historien thaï  Kasetsiri Charnvit***, in The Rise of Ayudhya: Une histoire du Siam dans les XIVème et XVème siècles prétend que les premiers Ayutthayiens « ne considéraient probablement pas Sukhothai différemment d'autres muang tels Chiang Mai, Lop Buri ou Nakhon Sri Thammarat. » (Charnvit Kasetsiri ***, 1976. Cité par Xavier Galland « Les Débuts d’ Ayutthaya : quels débuts, in Gavroche)

 

kasetsiri


3/ Alors pourquoi  ce choix ?

 

  • Pourquoi les historiens traditionnels thaïs ont choisi  la fondation du royaume de Sukhothaï  en 1238 par le roi Si Intharathit, comme le début de leur nation. 

 

  • La réponse est inattendue : par une décision royale !!!

 

 « L'histoire de Sukhothaï fut intégrée pour la première fois à l'histoire « nationale » thaï par le roi Mongkut (Rama IV) (1804-1868),  (Phra Bat Somdet Phra Poramenthramaha Mongkut Phra Chom Klao Chao Yu Hua (Thai: พระบาทสมเด็จพระปรเมนทรมหามงกุฎฯ พระจอมเกล้าเจ้าอยู่หัว, règne de 1851 à 1868), dans un traité offert à la fin du XIXe siècle à la mission diplomatique britannique, basée sur SA découverte de la stèle de Ramkhamhaeng de 1292 »,  « première preuve » de cette histoire. (Wikipédia) 

 

stèle


Certes, nous avons pris en défaut maintes informations de wikipédia, mais  tout le monde s’accorde ici :

  • sur le rôle  essentiel  joué par le roi Rama IV dans la « création » de l’Histoire nationale thaïe.
  • sur l’utilisation de la stèle de Ramkhamhaeng****  considérée comme preuve et comme  l'acte fondateur de la nation thaïe. (La stèle est de section carrée, d'une hauteur totale de 1,11 m. Les quatre faces gravées sont d'égales dimensions (0.59 x 0.35) et comprennent respectivement 35, 35, 27 et 27 lignes.) 

 

A ce stade, il nous suffisait de savoir

  • pourquoi Rama IV avait « créé » l’Histoire thaïe ?
  • Que contenait la fameuse stèle de 1292 ?
  • Pourquoi cette fixation sur cette stèle en considérant qu’une Histoire s’écrit à plusieurs, avec des sources nombreuses, concordantes et vérifiables. Elle doit offrir un corpus de références, des « événements », des dates, des noms, des « héros nationaux » et proposer une intrigue (une histoire), que l’on peut « discuter ». Mais l’Histoire, nous l’avons vu,  peut être instrumentalisée, pour justifier une politique, ou comme en Thaïlande avec le nationalisme et la Thaïness justifier le pouvoir royal et des élites, le bouddhisme, et la prééminence d’une ethnie sur les autres.

Or, il suffit de quelques recherches pour apprendre que cette stèle de Ramkhamhaeng est très controversée, que l’on peut même risquer le lèse-majesté.


4/ La stèle de  Ramkhamhaeng ?


En fait, on découvre beaucoup d’histoires, de polémiques à propos de cette stèle, de nombreuses théories sur ses origines, sur son interprétation, de nombreuses critiques que l’on peut classer en 3 catégories (Cf. Lagirarde François, Dedications to Her Royal Highness Princess Galyani Vadhana Krom Luang Naradhiwas Rajanagarindra*****):

1/ Certains critiques reconnaissent que la stèle est  de l'ère de Sukhothai, mais a été taillée après le règne du roi Ramkhamhaeng.

2/ D'autres disent que des inscriptions ont été réalisées au cours de la période du roi Ramkhamhaeng, mais avec des rajouts lors des périodes ultérieures, pour être achevée à l'époque du roi Rama IV.

3/ Les critiques les plus sévères disent que  la stèle est un faux. Certains  vont même jusqu’à accuser le roi Rama IV.


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Si vous pouvez trouver de nombreux documents qui ont alimenté ce débat, Bernon Olivier, Lagirarde François de  l'Ecole française d'Extrême-Orient, commentant un colloque in The Ram Khamhaeng Controversy, nous permettent de faire le point ******:

 

Ils confirment

 

  • La controverse, et même la polémique, relative à l'inscription de Ram Khamhaeng ( ou Inscription n° 1).

 

Piriya Krairiksh (1986) et Michael Vickery (1987) ont entrepris une remise en cause fondamentale de cette doctrine officielle. La controverse devint immédiatement polémique du fait du mélange des genres dans les arguments avancés. Au terme de sa démarche, Piriya établit que la stèle n'a pas été gravée au XIIIe siècle, mais au XIXe, précisément entre 1833 et 1855 et que le roi Mongkut - Rama IV - en est l'auteur.

        

  • Son importance dans la mythologie nationale thaïlandaise, car elle sanctionne à la fois l'antiquité de la nation thaïe et celle des frontières du royaume. Elle prouve le haut degré d'organisation de la société thaï du XIIIe siècle et elle exalte le rôle de la monarchie.

 

  • Elle est l’objet d’une doctrine officielle qui ne peut être mise en doute, car c’est le roi Rama IV lui-même qui a retrouvé la stèle in situ, à Sukhothai, lors d'un voyage qu'il fit en 1833 alors qu'il était moine. Le récit de cette découverte illustre à la fois la perfection des vertus du prince-religieux et offre des éléments objectifs pour l'histoire scientifique.
  • Elle a été confirmée par le fils du monarque le Prince Patriarche Vajiranana, et par le prince Damrong Rajanubhap, et fait  donc partie de l’historiographie officielle.
  •  Elle est dans les  manuels scolaires thaïlandais et est enseignée dans toutes les écoles.

  

Bernon Olivier, Lagirarde  invitent à la prudence car :

 

  • Les tentatives de datation de RK1 par des procédés physiques, mises en oeuvre par la Division des Musées nationaux, l'Université des Beaux-Arts et l'Université Chulalongkorn, n'ont pas été concluantes. Basées sur des méthodes comparatistes, elles n'ont pu se prononcer clairement sur la possibilité ou l'impossibilité que RK1 ait été gravée au xixe siècle, faute d'avoir pu observer une pierre de même nature gravée de manière certaine à cette époque.

 

  • Il est, en définitive, malaisé de conclure d'aucune manière sur l'authenticité de RK1. Les arguments avancés, pour intéressants qu'ils soient parfois, n'ont jamais la force d'une preuve

 

  • Le recours à l'argument d'autorité, banni depuis la scolastique, qui consiste à exciper de l'opinion intangible d'un maître, là Aristote, ici George Coedès, le Prince Damrong ou le roi Mongkut lui-même, fragilise toutes les démonstrations.

 

  • Ils signalent que le débat est encore d’actualité. (Le 6 novembre 1988, S.A.R. la princesse Galyani Vadhana, soeur aînée de S.M. le roi Rama IX, acceptait le haut patronage d’un  débat scientifique relatif à l'authenticité de RK1.)

 200px-Bust of Princess Galyani Vadhana (cropped)

 

5/ Le rôle de la stèle au XIX ème siècle et à l’époque contemporaine ?


Nous ne pensions  pas en voulant raconter comment   les Thaïs étaient entrés dans l’Histoire, avec la fondation du royaume de Sukkhotaï, nous arrêter sur la stèle de  Ramkhamhaeng de 1292, censée être la preuve (la seule ?)  du premier grand royaume thaï indépendant.

Mais nous avons vu que cette « discussion » était essentielle, qu’il y avait là, la confirmation d’une Histoire officielle dont le principal objectif n’ était  pas de connaître le passé , mais de montrer que la Thaïlande était et est une grande Nation, avec un grand Roi , un grand peuple,  capable de résister à toutes les invasions …

Nous n’avons pas une Histoire, mais un refrain idéologique, qui  pouvait se justifier au XIX ème siècle pour le roi  Mongkut face aux puissances coloniales anglaise et française, mais qui aujourd’hui peut être vu comme un nationalisme étroit et « obscurantiste » qui ne peut se maintenir que par la « terreur intellectuelle »  et la menace bien réelle du lèse- majesté.


Il faut donc bien distinguer l’action « diplomatique »  du roi Mongkut au XIX ème siècle et la situation actuelle.


La stèle était un des moyens utilisé par le roi Mongkut pour prouver  l’ancienneté de l’écriture thaïe,  « le haut degré de civilisation et d'organisation de la société thaï » et  le bien-fondé de ses « frontières », face aux menaces colonisatrices bien réelles.


L’archéologue  thaï Pthomrerk par exemple, estime aussi que   le débat doit être basé sur la compréhension de la philosophie du Roi Rama IV  et ne voir que «  sa grande tentative de protéger le pays contre l'impérialisme ». Ptomrerk pense également que le roi Rama IV n’aurait pas voulu voir les générations futures prises au piège des vieilles théories historiques.


Aujourd’ hui, la stèle est devenue un objet « sacré »  pour les tenants d’un certain  nationalisme « royal ». Un doute exprimé relève pour eux du sacrilège et du lèse-majesté, prisonniers qu’ils sont d’une Histoire Nationale qui veut prouver que la Nation thaïlandaise est née avec le royaume du Sukkhotaï, et s’est poursuivie avec Ayutthaya,  puis Thonburi,  et enfin Bangkok   dans une continuité légitime et linéaire.


Nous ne sommes plus dans l’Histoire mais dans une idéologie partagée aussi bien par les conservateurs que par les « révolutionnaires, où le royaume de Sukkhotaï devient le modèle thaï de la liberté, qui sera repris à différentes périodes cruciales du Siam et de la Thaïlande.


Ainsi par exemple,  les publications et les recherches sur Sukhothaï seront abondantes après la Révolution constitionnelle de 1932, et pendant la guerre froide, on verra même l'essayiste communiste Chit Phumisak (1930-1966)*******, déclarer que Sukhothaï marquait le début du mouvement de libération du peuple thaï contre Angkor, l'oppresseur étranger ! (Cf. wikipédia)

 

Fondé ou non, discuté ou non, instrumentalisé ou non, le royaume de Sukkhotaï est bien le premier chapitre de l’Histoire thaïlandaise.

 

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*Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil.

**Cité en note p.204, par Stéphane Dovert in « Thaïlande contemporaine », IRASEC, Les Indes savantes, 2011.


***Charnvit Kasetsiri a obtenu son doctorat. en histoire de l'Asie du Sud-Est, à l'Université Cornell en 1972, sous le superviseur du professeur OW Wolters . Il a publié de nombreux articles sur l'histoire thaïlandaise, dont le livre en anglais :

  • The Rise of Ayudhya: Une histoire du Siam dans les XIVème et XVème siècles. Kuala Lumpur: Oxford University Press,

**** Fils du fondateur de Sukkhotaï, Po-khun Ramkhamhaeng, dit Rama le Fort (1239-1317), a succédé en 1279 à son frère Po-khun Ban Muang sur le trône du Royaume de Sukhothaï.


***** Citer ce document / Cite this document :

Lagirarde François. Dedications to Her Royal Highness Princess Galyani Vadhana Krom Luang Naradhiwas Rajanagarindra on

her 80th birth day. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 90-91, 2003. pp. 539-544. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_2003_num_90_1_3648


Michel Lorrillard dirige le centre EFEO (Ecole française d'Extrême-Orient) de Vientiane depuis octobre 2000.


Ainsi par exemple :

 

L’archéologue thaï Pthomrerk estime que la stèle est du règne du roi Ramkhamhaeng, mais des inscriptions supplémentaires ont été faites au cours de périodes ultérieures, et elle a été achevée dans la période du Roi Rama IV . Il estime que l’ on a voulu montré que le Siam était un royaume civilisé avec un système d'écriture ancien,  face aux colonisateurs anglais et français qui voulaient les« civiliser ». Son hypothèse est similaire à celle trouvée dans un livre écrit par un des historiens les plus respectés de la Thaïlande, MC Chand Chirayu Rajani. 

Piriya Krairiksh, estime aussi  dans son livre sur « L'inscription du roi Ramkhamhaeng  » que l'inscription de la stèle   n'a pas été faite au cours de la période du roi Ramkhamhaeng  à cause des anomalies des systèmes d'écriture inscrites dans la pierre.

De nombreuses études insinuent la fabrication d’informations au XIX ème siècle afin de légitimer le pouvoir siamois face aux menaces coloniales (Cf. Intellectual Might and National Myth: A Forensic Investigation of the Ram Khamhaeng Controversy in Thai Society, by Mukhom Wongthes. Matichon Publishing, Ltd. 2003)

 

****** Bernon Olivier, Lagirarde François. James R. Chamberlain (éd.) : The Ram Khamhaeng Controversy. Collected Papers. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 81, 1994. pp. 390-395.

 

 

*******Chit Phumisak (thaï : จิตร ภูมิศักด ), (1930-1966) est un auteur, historien et poète thaïlandais

 

chit

 

Ses écrits, anti-nationalistes- ont été considérés comme dangereux pour l'Etat par le gouvernement anti-communiste de Sarit Dhanarajata. Il est arrêté en 1957, accusé d'être communiste, et après six ans de prison il est déclaré innocent par une cour et remis en liberté. En 1965, il rejoint le parti communiste thaïlandais dans la jungle des montagnes Phu Phan dans la province de Sakhon Nakhon. Le5 mai 1966 il est abattu par des villageois, près du village de Nong Kung dans le district de Waritchaphum. Son corps fut brûlé et aucune cérémonie n'a été célébrée pour sa mort avant 1989, quand ses cendres ont été installées dans un stûpa  . Son livre le plus important est Le Visage du féodalisme thaï (โฉมหน้าศักดินาไทย, Chomna Sakdina Thai) écrit en 1957 sous le pseudonyme de Somsamai Srisootarapan. (Wikipédia)

 

 stèle 1

 

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Jacky 30/03/2012 08:47


Bonjour.


Toujours aussi intéressants, vos articles. Merci.


A CHIANG RAI, le statue du roi Mengrai est très vénérée. Et les gens du coin, sont fiers que leur cité à été le siège du premier royaume thai. Ma compagne se considère comme une thai lanna.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 31/03/2012 00:05



MERCI. On essaye au moins .