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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 00:15

Mgr Pallegoix , un sage en pays de Siam 

 

ramakien-p1Alors que pendant deux cent ans, les missionnaires français au Siam vont se battre pour leur survie afin de maintenir une présence catholique, la situation va s’améliorer soudainement au XIXe siècle.

A l’époque la situation du Siam est quasi identique depuis deux siècles, mais la capitale est désormais à Bangkok. La situation des missions est toujours caractérisée par beaucoup de précarités. Les persécutions incessantes ont laissé des traces, quelques centaines de convertis seulement…

Grace à la rencontre de deux hommes, la situation entre le Siam et la France va évoluer dans un sens positif

 

 

Rama IV

King Mongkut du-SiamLe premier est le futur roi du Siam, le futur Rama IV. Il nait en 1804, il s’appelle Mongkut.

En 1824 à l’âge de 20 ans il devient un moine bouddhiste selon la tradition siamoise. Quand le problème de succession se présente, il préfère rester moine pour éviter les intrigues politiques et laisse le trône à son demi frère. Il est l’un des membres de la famille royale qui veut consacrer sa vie  à la religion. Il voyage beaucoup à travers le pays ce qui le stimule pour envisager des réformes religieuses et il adhère et participe à la création de la secte Thammayut en 1833. Il restera religieux pendant 27 ans.

Il va découvrir avec d’autres moines,  les connaissances occidentales, étudiant le latin, l’anglais qu’il maitrise très bien. En 1851, Mongkut quitte son habit de moine et monte sur le trône le 2 Avril 1851 à la mort de son demi frère. Il régnera sous le nom de Rama IV.


 

 

 

 

Mgr Pallegoix
mgr-jean-baptiste-pallegoixLe second personnage de cette époque et dont la rencontre avec Rama IV va modifier complètement le sort des missions, s’appelle Jean Baptiste Pallegoix. Il nait en 1805 à Combertault près de Beaune. Très tôt il a la foi (on l’appelle dans son village « le petit prêtre ») et ce sera tout naturellement qu’il intégrera les Missions étrangères de Paris. Son premier poste sera pour le Siam. Il y débarque comme simple prêtre à Bangkok en 1830. De suite il va consacrer ses premiers mois à apprendre la langue siamoise. Puis il va se consacrer  au fonctionnement de la mission. C’est un personnage qui a la passion des langues (il en parle quatre) mais aussi de l’histoire. En 1838, il sera consacré évêque de Mallos, vicaire apostolique du Siam. Excellent organisateur, très vite il va redresser toutes les structures catholiques. Il est servi dans son dessein par un pouvoir siamois redevenu tolérant avec les chrétiens et les missionnaires.

Il rencontrera à plusieurs reprises le roi Rama III et dès sa nomination en Avril 1851, le Roi Rama IV. Très habile diplomate il saura se concilier les esprits et en particulier  celui du roi du Siam. Ce roi « religieux » qui a passé près de 27 ans comme moine, partage la même passion que Mgr Pallegoix pour la linguistique et l’histoire. Le roi va donc se lier d’amitié avec deux étrangers, deux « falangs », l’un anglais, il s’agit de John Bowring (gouverneur de Hong Kong) et l’autre Mgr Pallegoix, évêque de Mallos. Dans son esprit ces deux hommes représentent les deux nations qui comptent : l’Angleterre et la France.


Un vicaire apostolique, sage et modéré.
La différence des situations, des religions, loin de tenir les deux hommes à distance, va au contraire les rapprocher. Rama IV est un roi plein de paternité qui manifeste une tolérance bienveillante et traditionnelle pour le christianisme. Mgr Pallegoix s’acquitte avec zèle de sa mission apostolique, mais sans excès.

A l’égard des autres il ne montre aucune ardeur inconsidérée de prosélytisme. Rien qui ne pouvait choquer  les gens du Siam, accessible aux cultes étrangers mais surtout fidèle au sien. Ces traits de caractère, intelligence, modération et appliqué à sa mission apostolique, entraineront le respect du roi Rama IV.


Ouverture sur l’Occident
rama-mongkutMongkut fera venir des professeurs occidentaux pour enseigner l’anglais à ses enfants et aux membres de la Cour (la fameuse gouvernante anglaise Anna Leonowens qui restera à la cour du Siam de 1862 à 1867 et dont sera tiré le film Anna et le roi). Mgr Pallegoix va  enseigner le latin au roi, qui se révélera également un astronome averti. C’est lui qui va déterminer et annoncer une éclipse totale du soleil le 8 Aout 1868…

Au lien religieux qu’il avait pu établir avec Mgr Pallegoix, Rama IV sut ajouter un lien politique. Il va juger de la France à travers ce Français qu’il côtoyait quotidiennement, Il pensera l’alliance avec la France comme sa relation avec Mgr Pallegoix.

L’affection et l’estime réciproque des deux hommes prirent des racines de plus en plus profondes. Pallegoix va aider le roi à devenir l’allié de la France et en échange le roi protégera les chrétiens et par extension tous les commerçants et voyageurs qui passaient par le Siam.

Mgr Pallegoix continue à se livrer à son travail d’érudit et de savant. Il prépare en fait un gros dictionnaire thaï, français, anglais et latin, les quatre langues qu’il maitrise parfaitement. Ses travaux de linguistique ne l’empêchent pas de continuer ses recherches minutieuses sur la société du Siam où il va vivre 24 ans. Véritable observateur des moindres détails de la vie au Siam, il publiera ce qu’il appelle un « petit livre « Description du royaume thaï ou de siam » ouvrage en deux tomes de près de 800 pages dont il nous donne la motivation profonde dans la préface du livre.

Pour comprendre le Siam et y exercer quelque activité, Pallegoix pense qu’il faut très bien connaître le pays et en maitriser la langue (d’où son dictionnaire). La langue est en effet un bon moyen de percevoir les vraies valeurs d’un pays et un instrument de communication irremplaçable.

Voici ce qu’il écrit dans la préface de son livre :


dico-Pallegoix« Il serait bien que chaque missionnaire entreprit un ouvrage de ce genre. En effet un missionnaire qui a séjourné longtemps dans une région lointaine dont il a fait sa seconde patrie, qui a étudié à fond la langue, la littérature, l’histoire, les moeurs et la religion du pays, qui en a parcouru les principaux endroits, qui a été en rapport continuels avec les grands, les bonzes et toutes les classes de la société est sans contredit plus à même qu’aucun autre de faire connaître à la France et à l’Europe tout ce qu’il y a de curieux et d’intéressant dans la vaste étendue de pays où il exerce son ministère apostolique (…) »  

 

Un véritable autoportrait !


Une œuvre de témoignage
Ses livres seront conformes à cette volonté de rendre compte. Rien ne lui échappe, de l’éléphant blanc dont il décrit les agissements, aux coquillages inconnus, aux insectes les plus rares, des paysans dans leurs villages aux talapoins dans leur couvent. Il s’intéresse au bouddhisme, au clergé,  à la topographie, au climat, au gouvernement, à l’histoire ancienne du Siam,  aux talapoins, aux superstitions…toujours dans le plus infime détail, mais toujours sans parti pris quelconque. Il est le premier à nous relater le pays et la vie des gens les plus simples. Par opposition aux autres témoignages qui s’était focalisés sur la vie de la Cour. De ce point de vue nous découvrons le véritable Siam.

Il s’efforce dans son œuvre d’oublier « sa culture » et ce qu’il est pour se consacrer à faire connaître avec  « réalisme » la situation du pays où il vit. Alors qu’avant lui les récits sur le Siam sont d’ordre subjectif (ainsi qu’on l’a très bien vu sur le bouddhisme) ou partial, avec Mgr Pallegoix on va connaître tous les détails de la vie et du pays, grâce à sa méthode basée sur l’observation et l’enquête. Il est respectueux de ce qu’il voit et ce n’est pas par hasard que son livre s’appelle : « Description »… c’est de cela qu’il s’agit : décrire. Et on comprend très bien que sa non ingérence plût tant au roi. Enfin un « falang » respectueux qui n’imposait rien et qui s’intéressait bien sincèrement aux Siamois.

En  1852, avec l’aide financière du roi du Siam, il va revenir en France et travaillera pendant trois ans à la rédaction de son dictionnaire. Considérant autant le prélat que le lexicographe, le gouvernement français tiendra à éditer l’ouvrage de Mgr Pallegoix. L’imprimerie nationale ira jusqu’à faire fondre des caractères spéciaux pour les signes siamois.
obseques-solennelles-de-mgrA peine de retour dans le royaume du Siam, il ressentit les premières atteintes du mal qui va le terrasser en 1862. Sa collaboration si fructueuse pour la mission avec ce roi « religieux » n’aura duré que huit années.

Le roi du Siam qui l’appelait « mon vieil ami » voulut que ses funérailles fussent célébrées avec la plus grande pompe et il y participa financièrement pour que cela fût. Un symbole pour tous ces missionnaires injustement persécutés.

Ainsi cet homme de religion, avait su rétablir avec modestie la confiance entre le Siam et la France. Sa rencontre avec Rama IV, souverain tout à fait exceptionnel permettra cette embellie sur les relations franco-thaïes. Quand Mgr Pallegoix meurt, il y a près de dix mille chrétiens au Siam et les échanges commerciaux entre les deux pays sont en pleine croissance.  

 

Voilà sa véritable œuvre au Siam.

 

Nous remercions Michel M. pour cet article

 

 

 

 

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commentaires

economopoulos 21/02/2011 16:57



Bonjour et félicitations pour ce fabuleux site que je n'ai pas encore le temps de lire, mais promis, des que je suis à la retraite, je m'y mets


plus que quelques mois



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 24/02/2011 02:33



Merci et bonne future retraite