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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 23:01

suthepArticle 21 :  « Je ne respecte pas les farangs » a déclaré le vice-premier ministre .

 

Bigre, celle-là nous l’avons lue dans notre presse francophone il y a quelques jours, c’est ce qu’ aurait déclaré le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban (Voir en particulier http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html du vendredi 25 mars 2011).

 

Il faudrait aussi apprendre à lire et à respecter ce que disent les autorités thaïes, avant de jeter l’opprobe, en utilisant une phrase tronquée.

 

Je n’ai malheureusement pas trouvé le texte original du numéro 2 du gouvernement (quel mot a-t-il employé dans sa langue maternelle ?) ce qui m’aurait intéressé compte tenu de l’inimaginable subtilité du vocabulaire thaï pour manifester le « respect ».

Il est indispensable de situer cette phrase dans son contexte, soyons donc complets : « Je ne respecte pas les farangs, (une virgule et non un point !) nous n’avons pas à nous en remettre à eux »  a-t-il déclaré en rejetant la proposition d’observateurs étrangers pour les prochaines élections, annoncées pour début juillet 2011.

 

Il juge en effet « inappropriée » une présence extérieure lors du prochain scrutin, la  Thaïlande n’ayant jamais officiellement autorisé des observateurs étrangers à superviser ses élections.

Nous y voila !

Nous constatons depuis plusieurs années l’envoi massif par la « communauté internationale » (un mot vide de sens à moins qu’il ne fasse allusion à ce que le Général De Gaulle – qui avait le sens de la formule – appelait  « le machin ») ou par les Communautés européennes d’observateurs dans tous les pays non occidentaux à chaque élection pour en vérifier la régularité au motif qu’ils n’ont pas forcément du système « démocratique » la même conception que nous.

 

 

Tintin SovietEt qu’ils n’ont pas non plus de la « liberté » la même conception que les maîtres du monde.

Est-ce là le moyen pour des fonctionnaires internationaux de faire du tourisme à peu de frais ? Qui les paye en effet et combien sont-ils payés ? Silence pesant. Un voyage en Thaïlande aux frais de la princesse, ce n’est jamais désagréable.

La Thaïlandea-t-elle donc besoin d’ « observateurs » internationaux pour surveiller les élections à venir ? 

Rappelons tout d’abord qu’il existe un organisme appelé « Asian network for free elections » ANFREL (« réseau asiatique pour des élections libres ») à l’intervention duquel, depuis sa création (1997), la Thaïlande ne s’est jamais opposée, notamment en 2007, ses rapports sont à votre disposition sur son site  (www.anfrel.org)Thai mission 2007

 

 

« Non aux observateurs étrangers pour surveiller nos élections » martèle la journaliste tunisienne Rakia Moalla-Fetini en continuant « Est-ce que vous imaginez la Grande Bretagne, l’Allemagne, ou les Etats-Unis nous donner à nous, Tunisiens, le droit de surveiller leur scrutin ? ».

Il est clair que la surveillance du processus par des groupes nationaux organisés, observateurs indépendants est un instrument important de garantie de l’intégrité électorale. Ils peuvent recueillir l’information par des équipes d’observation, analyser le déroulement démocratique du processus électoral, évaluer la qualité de l’élection et publier leurs constatations. Ils peuvent être efficaces comme protecteurs de l’intégrité, particulièrement dans les pays en voie de transition démocratique. Par leurs activités, ils encouragent la transparence et contribuent ainsi à donner au public confiance envers l’intégrité du processus. 

Il en est un exemple remarquable lors des élections de 1997 au Kenya. Les organisations de la société civile ont formé plus de 28.000 observateurs nationaux. Ceux-ci ont été placés dans près de 12 600 bureaux de vote et à tous les centres de dépouillement. Cette présence, qui s’est fait sentir partout, a encouragé la participation électorale (Barkan, Joel et  Njuguma Ng’ethe, « Kenya Tries Again », Journal of Democracy, 9, 1998).

Même observation en Indonésie en 1999 où 600.000 observateurs nationaux ont observé les élections et aidé à assurer l’intégrité des résultats par une étroite surveillance du dépouillement

Quels sont les avantages de l’observation nationale, (qui me paraît tout de même une question de bon sens) ?

Il y a peut-être des cas où la présence d’observateurs étrangers est utile, élections en situation de guerre (et encore ? à quoi ont servi les « observateurs internationaux » en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo ?)

Les  observateurs nationaux offrent d’immenses avantages par rapport aux internationaux. Ils peuvent plus facilement se présenter en grand nombre, même par milliers. Ils connaissent la culture politique, la langue, l’écriture et le territoire, ils sont capables de voir ce qui peut passer inaperçu aux étrangers. Ils sont mieux à même d’accomplir certains types de surveillance spécialisée : C’est le cas par exemple du registre des électeurs, le processus de plaintes, les cas d’intimidation et de violation des droits de la personne et la surveillance de la presse, toutes opérations nécessitant de savoir lire ! Combien d’ « observateurs internationaux » parlaient et surtout lisaient les dialectes irakiens, afghans ou albanais ?

Les « jaunes » ont été capables de mobiliser des dizaines de milliers de personne pour bloquer le trafic aérien, voila un immense réservoir potentiel d’observateurs possibles. Les « rouges » ont mobilisé des dizaines sinon des centaines de milliers de personne, voila encore un immense réservoir potentiel d’observateurs possibles.

L’armée a réalisé un coup d’état la fleur au canon sans verser une goutte de sang, elle est bien capable d’assurer le respect de l’interdiction de consommation d’alcool le jour du scrutin et, plus sérieusement, de parer à des menaces d’intimidation mais la situation de la Thaïlande en 2011 n’est pas celle du Cambodge en 1998.

Y aurait-il un seul (je dis bien UN seul) « observateur international » capable de baragouiner et à fortiori de lire un seul mot de thaï ?

100 0866Regardez donc ce bureau de vote (des élections locales en 2008) et dites-moi donc s’il n’est pas « transparent » ? Il est comme tous les bureaux de vote que j’ai aperçu dans nos campagnes au fils des années au hasard d’élections.

TintinSommes-nous ensuite bien placés pour donner des leçons de démocratie à la Thaïlande ?Imaginons un moment que (merci Madame Rakia Moalla-Fetini !) la Thaïlande ou la Tunisie avaient envoyé des « observateurs » africains ou asiatiques surveiller nos élections ou celle des autres, quels rapports auraient-ils fait à la « communauté internationale ...... Un observateur de Paris envoi un dessin sans commentaire superflu :

Bien avant, un Tunisien qui trainait ses guêtres aux États-Unis aurait fait rapport à la « communauté internationale »:  « de Washington, ce 9 novembre 1961, le démocrate John Kennedy devient le 35ème président des États-Unis en défaisant le candidat républicain Richard Nixon. Il a obtenu 34.221.349 votes (49,7%) contre 34 108 546 (49,5%), mais devance ce dernier au chapitre des grands électeurs, 303 contre 219. Toutefois, des rumeurs circulent sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs votent bien......»

Nous sommes aux États-Unis toujours, bien des années plus tard, c’est cette fois un thaï qui fait rapport à la « communauté internationale » : « Le républicain George Bush a été élu 43èmeprésidentdes États-Unis en défaisant le vice-président sortant, le démocrate Albert Gore. Bush obtient 50.460.110 votes (47,9%) contre 51.003.926 (48,4%) pour son adversaire, mais il devance celui-ci au chapitre des grands électeurs, 271 contre 266. Il circule de bien étranges rumeurs sur la victoire républicaine qui repose sur une majorité de quelques milliers de votes seulement en Floride. Il y a eu un recomptage controversé qui laisse un goût amer aux démocrates.... ».


M. le vice-premier ministre Suthep aime les déclarations intempestives et souvent provoquantes, mais  il n’a fait ici que revendiquer le droit légitime des Thaïs d’organiser et de  « surveiller » le bon déroulement de leurs  éléctions.

 

On peut penser qu’il y a bien d’autres problèmes bien plus sérieux que celui- là, surtout quand les derniers « résultats » ont été confisqués par l’ Armée.

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Réactions à l'actualité
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economopoulos 08/04/2011 04:40



Tres bel article, mercide remettre les choses à leur place.