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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 23:02

princeL’Histoire officielle thaïlandaise s’est donc  écrite en 4 tomes :

  • période du royaume de Sukhotai (1238-1438)
  •  période du royaume d’Ayutthaya (1350-1767) (avec la dynastie Sukkhotai  (1569-1630) et la période Ayutthaya tardive (1629-1767))
  • la dynastie Thonburi (1767-1782)
  • et la dynastie Chakri (1782 – à ce jour).

On a ainsi les premiers noms, les premières dates, une chronologie.

Il nous a paru intéressant d’examiner comment le Prince Subhadradis Diskul (1923-2003)*, l’un des plus prestigieux historiens/archéologues thaïs, présentait le royaume de Sukhotaï dans un article intitulé « Avec l'aide de l'Unesco, la Thaïlande restaure la splendeur d'une ancienne cité bouddhique » in Le Courrier de l’UNESCO de juin 1979.


 Unesco article main


Certes cet article vise avant tout à présenter, comme le titre l’indique, tout l’intérêt de la restauration de la splendeur d'une ancienne cité bouddhique. Le prince Diskul y décrit donc le projet de restauration, le site archéologique, et comme un guide de luxe, présente les principaux temples, les  monuments à admirer, la beauté des statues de Bouddha, caractéristiques de l’art  sculptural et architectural de Sukhotai.

 

1/ Mais nous y voyons aussi une prise de position historique officielle : le royaume de Sukkhotaï comme la fondation de la Thaïlande actuelle, « l’art » de la période de Sukhotaï comme le début de l’art thaï :


 art

 

« En se révoltant contre leurs souverains Khmers et en proclamant le premier royaume indépendant thai de Sukhothai au 13e siècle, les deux chefs thais,  Pha Muang et Bang Khang Thao, ne jetèrent pas seulement les fondations de la Thaïlande actuelle, ils ouvrirent aussi la voie à l'épanouissement de l'art sculptural et architectural thai, dont l'influence se prolongea bien après que le royaume qu'ils avaient fondé fut tombé dans l'oubli ».

Au fil du texte, le Prince va nous communiquer ce qu’il sait de ce royaume, mais souvent en substituant thaï à Sukhotaï, pour bien montrer que nous avons là, dit-il, le berceau de la civilisation thaie :

 

  • Le "Royaume de Sukhothai" a duré deux cents ans à peine. (Vers la fin du 15e siècle, la ville de Sukhothai (au sens littéral : "l'aube du bonheur") connut un abandon presque complet).
  • La fondation du royaume de Sukhothai remonte sans doute au milieu du 13e siècle, après que les souverains khmers eurent été chassés. Selon les recherches les plus récentes, on pense que neuf rois régnèrent successivement à Sukhothai, de 1240 à 1438 environ.

 

  • Le plus célèbre est probablement Ram Khamhaeng le Grand, troisième souverain de la dynastie. Sous son règne, le royaume atteignit sa plus grande extension géographique. C'est lui qui créa l'alphabet thai, en 1293 (nous avions dit 1283 !). De nombreuses légendes le représentent, sous le nom de Pra Ruang, comme un héros doté de pouvoirs magiques considérables.

 rois de


  • Son successeur, le roi Leothai, perdit, semble-t-il, une vaste portion du territoire qu'il avait reçu en héritage.

 

  • Le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai, qui régna de 1347 à 1368 environ, réunifia de nouveau le royaume sans toutefois lui garantir les limites antérieures. Adepte zélé du bouddhisme Theravada (issu de la secte Shri Lanka), il est le premier souverain thai à avoir vécu comme un moine pendant une partie de sa vie. Il combattit le puissant royaume d'Ayudhya qui s'était implanté au sud depuis 1350. Si l'on en croit une pierre gravée, il fut contraint de quitter Sukhothai et de s'installer à Phitsanulok, ville importante située dans la région orientale du royaume.

 

  • Depuis lors, bien qu'il y eût trois autres descendants de la dynastie régnante, la cité de Sukhothai perdit sa prééminence au profit de Pisanulok (ou Kampaengpet, au Sud).

 

Phitsanulok

 

  • Le dernier héritier du trône s'éteignit en 1438, date à laquelle le royaume fut annexé à l'empire d'Ayuthya.

 

Le prince ensuite cite abondamment la stèle de 1292, qui dit-il, « fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng ».

 

 2/ On peut donc remarquer et retenir :

 

  • Le royaume de Sukkhotaï comme la fondation de la Thaïlande actuelle et berceau de la civilisation thaie.
  • Peu de noms de rois et peu de dates. 4 rois sur 9 seulement sont nommés.
  • Ram Khamhaeng le Grand, troisième souverain de la dynastie est désigné comme le plus célèbre. Il cite abondamment  « la stèle » qui dit-il, « fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng ».
  • Les  6 grandes périodes qu’il évoque :
  1. Fondation.
  2. Le règne de Ram Khamhaeng le Grand, avec sa plus grande extension géographique ;
  3. Perte de territoire par son successeur, le roi Leothai.
  4. Réunification par le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai, qui régna de 1347 à 1368.
  5. Lutte contre Ayuthya  (Sukhothai perdit sa prééminence au profit de Pisanulok)
  6. Annexion du royaume en 1438 par l’empire d’Ayuthya.

 

      Il faut retenir sa prudence ( Notez les « sans doute », « on pense que », « environ », « Probablement », « semble-t-il », et le savoureux « Si l'on en croit une pierre gravée ») qui illustrent bien le manque de fiabilité des sources dont nous disposons. 

 

 sources

 

Le Prince Subhadradis Diskul s’inscrit bien dans le discours « officiel » qui présente Sukhotai comme la fondation de la Thaïlande actuelle et le berceau de la civilisation thaie.


 berceau de la

 

Il peut oublier les autres royaumes thaïs de cette époque comme le Lanna et le Payao par exemple, et ne pas voir de contradiction dans sa lutte contre le royaume thaï d’Ayutthaya.

 

Il rend un hommage à l’art  sculptural et architectural de Sukhotai.

 

 Sukhothaï a été inscrite en 1991 au patrimoine mondial de l'humanité.

 

 world heritqge

 

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Louis Gabaude rend un hommage  au Prince Subhadradis Diskul (1923-2003)

In: Aséanie 12, 2003. pp. 10-14.Citer ce document / Gabaude Louis. Prince Subhadradis Diskul (1923-2003). In: Aséanie 12, 2003. pp. 10-14.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/asean_0859-9009_2003_num_12_1_1791

 

Nous vous en donnons quelques extraits :

 

Le "prince Suphat", comme nous l'appelions familièrement- mais correctement selon la transcription du Royal Institute de Bangkok - naquit le 23 novembre 1923 alors que George

Coedès était conservateur de la Bibliothèque royale de Bangkok.[…]

Son père, le prince Damrong, "père" non seulement de l'histoire thaïe comme aiment à dire ses compatriotes, mais également de la centralisation du Siam et de la réforme de l'éducation sous le règne du roi Chulalongkorn, était alors âgé de soixante et un ans. […]

De retour en Thaïlande après cinq ans d'Europe et avec un doctorat en poche, il éprouva ce qu'il appelait un véritable "choc culturel" en prenant ses nouvelles fonctions au département des Beaux-Arts, plus particulièrement à la Bibliothèque nationale et au Musée. Son rêve était en fait de créer une école d'histoire de l'art et d'archéologie au sein de l'université Silpakorn, autrement dit de l'université des Beaux-Arts. Ce rêve prit finalement corps et se métamorphosa en une "faculté" dont il fut naturellement nommé doyen en 1964, avant d'être celui de la "GraduateSchool", et de devenir recteur de la même université en 1982. […]

 

Du milieu des années 50 à celles qui ont précédé sa disparition, le prince Suphat gravit régulièrement les échelons d'une carrière académique qui se termina comme directeur du Centre régional pour l'Archéologie etles Beaux-Arts (SPAFA) de l'Association des ministres de l'Éducation de l'Asie du Sud-Est (seameo). De son côté, la France le fit commandeur des

Palmes académiques et officier de la Légion d'honneur en 1993.[…]

Cette carrière fut principalement consacrée à l'enseignement mais aussi au développement des recherches archéologiques et à la création des musées régionaux. On peut dire que tout le corps administratif et enseignant qui se trouve aujourd'hui à des postes de responsabilité pour gérer le patrimoine artistique de la Thaïlande est, en gros, un fils, parfois un peu rebelle sans

doute, de celui qui vient de nous quitter. Pour la jeune génération, il passait pour le représentant d'une intelligentsia un peu trop conservatrice et, pour certains, un peu trop marquée par la recherche française.[…]

Auteur de manuels à succès, brillant vulgarisateur et conférencier de l'art thaï, guide probablement admirable des hôtes officiels du royaume, le prince Suphat occupa plusieurs postes de responsabilité prestigieux. Mais il fît la fierté de tous lorsque, à la fin de la décennie 80, il découvrit aux États-Unis un linteau volé au temple khmer de Phanom Rung et milita avec succès pour sa restitution triomphale.

 

2/ Nous avons aussi retenu de sa description de l'ancienne cité de Sukhothai :

 

  • Les images de Bouddha créées par les sculpteurs thais constituent l'apport le plus original de la période de Sukhothai. Elles offraient une conception nouvelle, surnaturelle, plus idéalisée de l'Etre Supérieur. Ces statues étaient fondues dans le bronze ou façonnées en stuc autour d'un noyau de latérite, une roche décomposée de couleur rougeâtre 
  • L’héritage hindou : Avec ses trois tours majestueuses, le Wat Si Sawai, au Sud, était à l'origine une sépulture hindoue, avant d'être transformé en monastère bouddhique.(…) Et le San Ta Pha Daeng, temple hindou de latérite, sans doute édifié par les Khmers au début du 12e siècle.
  • La référence  à Sri Satchanalai qui était la principale ville satellite du royaume et qui fut un centre de potiers  qui produisit la célèbre céramique dite de Sawankhalok :

 

ceramique

 

Dans cette zone, on a récemment exhumé 49 fours à céramique qui servaient à la fabrication d'objets vernissés, comparables à ceux de Sisatchanalai, la cité jumelle de Sukhothai, au Nord. Mais cette célèbre production, largement exportée en son temps, cessa vers le milieu du 15° siècle, à l'époque des guerres entre les royaumes d'Ayudhya et de Chiengmai, à l'extrême nord de la Thaïlande. A moins que ce ne soit au milieu du 16e, lors des conflits opposant Burma et la Thaïlande, comme le laissent supposer les épaves de navires marchands découvertes au large des côtes orientales du pays.


 epav

 

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