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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 00:07

froxsiamNous avons rendu compte des premières relations officielles entre la France et le Siam, à savoir les deux Ambassades envoyées par Louis XIV (1685-1688), à travers les témoignages des Mémoires de l’Abbé de Choisy, du Chevalier de Forbin, de Simon de La Loubère, et comment, avec Jean Vellant des Verquais, les Français avaient été chassés par le coup d’ Etat de Petratcha en 1688. Intéressés par cette histoire, nous avons alors décidé de poursuivre cette étude des relations franco-thaïlandaises. Il nous fallait un fil conducteur, une chronologie événementielle. Nous  avons  alors consulté le site officiel de l’ambassade de France en Thaïlande.  Nous pouvions lire pour le XIX ème siècle :

« Ce n’est cependant qu’en 1856 que les deux pays décident d’ouvrir des relations diplomatiques, dont nous célébrons en 2006 le 150ème anniversaire. 

Dans le contexte de l’expansion coloniale française dans la région, plusieurs incidents opposent le Siam et la France, notamment celui de « PAK NAM » en 1896 .

Cette présentation « officielle » était vraiment succincte. Pire, elle occultait de nombreux événements importants. Nous pouvions constater que rien n’était dit sur cette nouvelle relation diplomatique, rien sur le traité très important, signé avec Rama IV  en 1856  ».

  englishLe sujet d’étude devenait alors évident : pourquoi ce traité, quel en est son contenu, dans quel contexte historique il s’inscrit, qui est Rama IV ?

Il est vrai que pour comprendre le traité de 1856, il faut savoir que l'époque est à la colonisation . On peut ouvrir le vieux Cours Malet Isaac qui relate en un paragraphe, «La colonisation européenne, de 1850 à 1875 :

La colonisation européenne s’était poursuivie durant la première moitié du XIXe siècle, mais son ampleur avait été limitée. Deux puissances seulement y avaient participé : l’Angleterre, qui avait achevé d’établir sa domination sur l’Inde ; la France, qui avait pris possession de presque toute l’Algérie. L’Angleterre et la France sont restées les seules puissances colonisatrices de 1850 à 1875. L’Angleterre n’a effectué, durant ces vingt-cinq ans, que de faibles acquisitions, notamment en Birmanie. La France, sous le Second Empire, s’est montrée plus entreprenante, en Afrique occidentale et dans le Sud de l’ Indochine principalement ».

 

Dans sa simplicité on voyait apparaître les acteurs européens : l’Angleterre et la France, leur espace « colonial » : la Birmanie et l’Indochine. Le grand jeu diplomatique pouvait commencer.


Et nous avions la chance de pouvoir consulter un livre écrit par  une Thaïe, Mme Pensri (Suvanij) Duke, de plus docteur de l’Université de Paris Sorbonne, une « autorité » reconnue dans son pays, sur « les relations entre la France et la Thaïlande (Siam) au XIX ème siècle, d’après les archives des affaires étrangères. »

 

Son introduction indiquait déjà le litige futur :


« du XII ème au XIX ème siècle, des guerres, des invasions, des triomphes éphémères suivis de décadence et de pillages, à travers lesquels on peut discerner la volonté des rois thaïs d’établir leur prépondérance sur le Cambodge à l’est (… ) mais aussi sur les royaumes de Luang Prabang et de Vientiane au Nord, en dépit des prétentions de l’Empereur d’Annam et de la Birmanie sur ces Etats ».

 

Une lettre du roi Rama IV datée du 19 janvier 1867 (citée par Duke) confirmait bien cette volonté siamoise : « nous prions qu’on veuille bien faire droit à notre requête, et donner une décision favorable qui nous permette de conserver et continuer à posséder en paix des provinces qui sont en notre pouvoir depuis plus de quatre règnes successifs durant l’espace de 84 ans ».

 

L’enjeu était donc clair : comment le Siam allait donc « manœuvrer » au milieu d’une expansion coloniale que se livrait l’Angleterre et la France.L’Anglais John Bowring, plénipotentiaire britannique, avait déjà vainement tenté en 1826, 1827 et 1850 de signer un traité avec les Siamois. 

 Il faut la « pression coloniale » pour qu’un traité de commerce et de navigation soit signé le 18 avril 1855 et ratifié le 5 avril 1856. Un traité analogue est signé avec les Américains le 29 mai 1856.

La France en 1840 n’avait pas répondu à une avance thaïe faite à Guizot, alors ministre des Affaires Etrangères. Fin 1851 le gouvernement thaï avait renouvelé ses propositions. Mais  il faut attendre le 14 juillet 1852 pour que l’Amiral Laguerre reçoive les pleins pouvoirs pour négocier. La guerre de Crimée l’en empêche. Après un « cafouillage » diplomatique nommant Bourboulon, ministre de France à Macao, mais de retour en France, Charles de Montigny, consul à Shanghaï, reçoit les pleins pouvoirs le 10 octobre 1855, pour négocier avec la Thaïlande (ainsi qu’avec les suzerains du Cambodge et de Cochinchine).

Il arrive au Siam le 9 juillet 1856. Il reçoit à la Cour un accueil chaleureux, et le soutien du vicaire apostolique Pallegoix et de l'Abbé Larnaudie, missionnaire établi dans le nord du pays et très bon connaisseur du milieu local, facilitent sa tâche. Le 15 août 1856 il signe un Traité d’amitié, de navigation et de commerce avec les deux Rois. (La Cour avait effectivement 2 rois)

 

Quid du traité ?

 

« Le traité instaure la « paix perpétuelle » entre l'Empire français et le royaume du Siam. Des relations consulaires sont établies, les missionnaires catholiques se voient reconnaître une totale liberté d'action et les droits perçus par l'État siamois sur les échanges réalisés sont fixés à trois pour cent de la valeur des marchandises concernées, conditions analogues à celles accordées aux Anglais et aux Américains ».

 

Il y avait là une réelle ouverture du Pays décidée par un roi exceptionnel, Rama IV. (Cf. infra.Portrait).

Mais  Napoléon III et la diplomatie française  vont ensuite accumuler les « bévues ».

 

Après la signature du Traité, Rama IV avait offert des présents et proposé une Ambassade thaïe à Napoléon III . Déjà on n’avait pas apprécié que le Traité signé fut remis, sans cérémonial, à un navire marchand. 

Or, Napoléon III ne répondit pas à la demande d’Ambassade et ne remercia pas Rama IV pour ses présents. Ensuite, le Consul français de Bangkok, s’installa sans avoir présenté ses lettres d’accréditation. Il y avait là crime de lèse majesté.

 

Prise de Saigon 18 Fevrier 1859 Antoine Morel-FatioCela ne pouvait que renforcer les rivalités à la Cour. En effet, on pouvait distinguer trois partis à la Cour qui tentaient d’influencer la politique extérieure du Siam. Il y avait les pro-européens défendus par Rama IV et le 3ème frère du Roi,  les anti avec à leur tête le barcalon (1er ministre) et le second Roi, et enfin le parti nationaliste des mandarins jaloux de leurs prérogatives et qui voyaient d’un mauvais œil les nouveaux droits des Anglais et des Français .

Mais la prise de Saïgon le 9 juillet 1859, par l’ amiral de Genouilly,  et ainsi l’arrivée des Français en  Cochinchine allait bouleverser tout « l équilibre » de l’Asie du sud-est.

 

   

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Les relations franco-thaies
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