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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 23:03

titre Un hommage rendu aux « savants « et aux « explorateurs » français.


Nous avons vu qu’il n’était pas facile de démêler sereinement ce que l’Histoire pouvait nous apprendre de vérités ou de légendes sur le royaume de Sukkhothaï. Il nous a paru utile de rappeler que les sources les plus fiables sur le Siam ancien demeurent une oeuvre française. « Que nous reste-t-il donc aujourd’hui qui nous permette de connaître ce royaume, sa capitale, son histoire ? Plusieurs sources sont à notre disposition. Beaucoup sont d’origine non thaïe et, pour cette raison, ont échappé à la destruction » se demandait Xavier Galland (1). Il aurait pu en tant qu’ historien, nous donner cette vérité :


Ce n’est pas manifester un chauvinisme primaire de constater que tout ce que nous connaissons de l’ancien Siam est pour l’essentiel une oeuvre française... Tout comme nous n’avons fait aucun péché d’orgueil en affirmant, sans crainte aucune d’être contredits que les premiers ouvrages grammaticaux sur la langue siamoise furent l’oeuvre de Français.


Nous avons tenté de démêler sereinement ce que l’Histoire pouvait nous apprendre de vérités ou de légendes sur le royaume de Sukkhothaï.


La description du  Chevalier de la Loubère (2) est remarquable. Nous avons dit le bien que nous pensions de sa description de la langue siamoise (3). Il nous découvre (entre autres) le secret du « carré magique » que l’on trouve gravé sur de nombreuses stèles (le casse tête de tous les apprentis mathématiciens),


carré

 

le premier à avoir ressenti leur caractère « magique » pour les Siamois et nous explique de façon limpide le fonctionnement du « boulier chinois ». Un exemple, il est malheureusement lourdement significatif, il a dessiné une superbe carte de la ville d’Ayuthaya (volume I, entre pages 16 et 17). On en trouve un peu partout la reproduction sans indication d’origine (rien d’étonnant en ce qui concerne Wikipédia). L’omission est évidemment volontaire, cette oeuvre est depuis longtemps hors « copyright » mais la référence à un très érudit et très pieux nobliau, scientifique, musicien toulousain du XVIIème ne va pas probablement pas dans le « sens de l’histoire » ?

 

La Loubère 01-33

Un siècle et demi plus tard, les oeuvres de Monseigneur Pallegoix font toujours autorité, que ce soit pour sa description méticuleuse du Siam (auxquels les thaïs ont fait l’hommage d’une traduction récente) ou sa connaissance profonde de la langue sur laquelle il a publié des ouvrages inégalés à ce jour. Il est, s’intéressant à l’ « Histoire des thaïs anciennement appelés Sajam » (volume II, chapitre 19, page 58 s.) le premier à avoir étudié les annales du pays dont il nous dit (concernant la période de Sukhothaï) « Cette première partie est pleine de fables, et présente peu de faits historiques ». (4)


L’architecte Lucien Fournereau publie en 1895 son important ouvrage  sur l’épigraphie et l’histoire. (5)

 

fournereau


Trois ans plus tard est publié l’ouvrage monumental de Pavie sur « l’Histoire du Cambodge, du Laos et du Siam » (6). C’est un travail d’équipe (20 personnes),

 

alain

relevés, photographies, estampages, retranscription, traduction et interprétation. Trente et une stèles ont ainsi été scrupuleusement analysées, la première – à tout seigneur tout honneur – est naturellement celle de Ramakhamhèng dont nous avons longuement parlé. Petithuguenin (7) affirme que les traductions de Schmitt (missionaire collaborateur de Pavie) contiennent des erreurs graves et qu’il préfère celles de Bradley. Querelle linguistique dans laquelle il nous est difficile de prendre partie.


L’Ecole française d’extrême orient, à laquelle l’histoire du Siam doit beaucoup, continuera avec les études de Lunet de La Jonquières (8) dont une grande partie est consacrée au « Siam oriental » et au « Laos siamois ». Nous n’avons naturellement garde d’oubler Aymonier (9) auquel La Jonquières fait volontiers référence.


ecole

 


Les inscriptions de Sukhothaï ont été recueillies, photographiées et estampées par Geordes Coedés (10), ouvrage analysé par le grand spécialiste que fut Louis Finot (11). Finot souligne à juste titre que « l’oeuvre accomplie jusqu’ici en matiére d’épigraphie siamoise est due presque entièrement à des savants ou a des explorateurs français » et de citer Aymonier, Pavie, Schmitt, Fournereau, Barth, Lunet de la Jonquières sans oublier Coedés, et deux étrangers, Bradley, ce missionnaire américain qui rédigea le premier dictionnaire monolingue thaï-thaï (3) et le Franco-Danois Erik Seidenfaden, commandant en chef la gendarmerie siamoise. Ce dernier, en liaison avec Coedés, a inventorié, estampé, photographié et traduit de nombreux documents épigraphiques essentiellement dans ce qu’il appelle le « Siam oriental » (alors les quatre provinces de Khorat, Ubon, Undon et Roi-ét) c’est à dire notre d’Isan. Il nous en a donné un scrupuleux compte rendu (12).


Coedès a inventorié 210 inscriptions épigrapiques dont une partie, écrites en siamois ou en pali, concerne la période de « Sukhodaya ».


Plus ponctuellement, Schmitt, nous donnera une traduction de l’inscription du Wat Bovaranivet datée de 1398 de notre êre (13).

 

danois

Il est deux apports fondamentaux à l’histoire de l’ancien Siam, dus à Petithuguenin et à Georges Coedès.

Dans ses « Notes critiques pour servir à l’histoire du Siam » (14) P. Pertithuguenin nous rappelle que les sources qui nous permettent de connaître l’histoire ancienne du Siam sont multiples !


- l’épigraphie dont il nous dit « Les noms des souverains et les dates authentiques qu’elle relèvent sont la base la plus solide de la chronologie du Siam ancien et la pierre de touche des autres documents ».


Si nous en croyons cet érudit, l’essentiel de nos connaissances sur cette période obscure provient des inscriptions lapidaires.


- l’archéologie qui a fait l’objet d’études sérieuses (Fournereau et Lunet de La Jonquières) et conduira probablement à de nouvelles découvertes.


- les chroniques qui sont essentiellement une « mine de légendes », une opinion qui rejoint celle de Monseigneur Pallegoix. Documents réécrits après la destruction totale des archives siamoise par les Birmans en 1767, ils ont été écrits, copiés, compilés, re-écrits, re-compliés et re-copiés sans que l’on puisse en tirer d’autre conclusion que celle de notre prélat.


- les annales sont celles étudiées par Monseigneur Pallegoix qu’il considère comme « un recueil de traditions populaires », toutes n’étant que des reproductions tardives consécutives encore à la destruction totale des archives du royaume par les Birmans en 1767. Elles n’ont pas plus de valeur historique que les chroniques. Il n’accorde guère plus de valeur aux annales cambodgiennes ou birmanes.


- Les anciennes lois siamoises copiées et déposées dans plusieurs villes, elles ont échappé à la destruction mais ne donnent que des renseignements ponctuels.

ordonnance

- Les documents étrangers. Ils sont essentiellement chinois, les plus anciens remontent au XVIème siècle. Nous n’en avons – hélas ! – trouvé aucune analyse. Fernand Mendez-Pinto, le portugais dont avons parlé à propos de la belle histoire de Suriyothaï raconte ses propres aventures et relate l’ambassade portugaise au Siam en 1540, il donne une intéressante description du Siam au milieu du XVIème sièle à cette époque mais n’a nulle prétention à en conter l’histoire (15).

 

mendez

 

Un autre écrivain portugais, Joao de Barros, connu pour être le « Tite-Live » portugais écrit à la même époque les « Decadas de Asia » (« Les décennies de l’Asie » en 4 épisodes). Nous n’avons pu y avoir accès (non traduit) mais il y raconterait plus particulièrement l’histoire des Portugais en Asie à partir de leur arrivée à la période d’Ayuthaya. Nous vous renvoyons à un intéressant site le concernant (en portugais) (16). Le Hollandais Jérémias Van Vliet est fort intéressant aussi mais pour une époque postérieure (XVIIème siècle) (17)


Ce sont les études épigraphiques qui permettent à Petithuguenin de donner une chronologie cohérente des souverains de l’époque de Sukhothaï.


Georges Coedès, encore lui, résume ses recherches épigraphiques (18). N’entrons pas dans les discussions linguistiques, encore, Aymonier contre le brave missionaire Schmitt, Bradley contre tous deux.


Vint le Prince Damrong, (1862- 1943) le « père » de l’histoire thaïe dont les travaux rejoignent ceux de nos érudits français (19). Il a ouvert la porte à la naissance d’une nouvelle génération d’historiens. La balle est désormais dans le camps des Thaïs et nous ne pouvons leur en vouloir si, entre plusieurs hypothèses, ils privilégient volontiers la légende au profit d’une réalité plus ou moins bien connue.

 

 damrong


L’incertitude relative de ces sources appelle de notre part quelques observations élémentaires  :  

 

Jules César a écrit l’histoire de la guerre des Gaules, il est resté 10 ans « chez nous ». Nous continuons à le traduire sur la base de manuscrits partiels dont le plus ancien remonte à 900 ans après Jésus-Christ. De même pour Tite-Live, un autre grand historien. Homère a vécu 800 ans avant Jésus-Christ. Les fragments de manuscrits les plus anciens sont de 400 ans postérieurs. Arrêtons une liste qui serait interminable. Ce sont pourtant les archéologues de Napoléon III qui ont découvert le site d’Alésia sur la base des écrits de César et Schilmann qui a découvert le site de Troie en lisant Homère avec passion. Peut-être d’autres découvriront-ils un jour l’Atlantide que nous ne connaissons que par les écrits de Platon ?


Les incertitudes linguistiques demeureront. Pour les latinistes (s’il en reste), de nombreux traducteurs buttent encore sur des termes de techniques guerrières utilisés par César et l’ouvrage d’architecure de Vitruve pose toujours des difficultés d’interprétation dans la traduction de certains termes techniques. Et pourtant, le latin est une langue dont dérive directement la notre.

vitruve

+++


L’histoire du Siam a donné lieu à une abondante littérature.

 

Mais où la trouver ?

 

La Loubère a été réimprimé en 1986 à Bangkok, version anglaise, Monseigneur Pallegoix a été réimprimé à Bangkok en 1969, version anglaise (et version thaïe !), le père Tachard a été réimprimé à Bangkok en 1981, version anglaise. Restons-en là.


Il nous faut remercier à nouveau la Bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr : plus d’un million d’ouvrages numérisés à ce jour), l’inépuisable site google books (books.google.fr), le site américain archives-org qui met à notre disposition (paraît-il) 39 milliards de pages, provenant des plus prestigieuses bibliothèques du monde entier, y compris les plus belles, celle du Congrés américain ou celle de l’Université Laval au Québec, le site persee.fr qui, via l’Université de Lyon 2 nous donne libre accès à une foule de revues scientifiques (histoire, sciences humaines ou sociales ...etc.), « The european library », la « bibliothèque européenne » qui offre libre accès aux 48 bibliothèques nationales de tous les pays européens (http://www.theeuropeanlibrary.org).


Nous avons l’un et l’autre connu les recherches dans nos bibliothèques publiques municipales ou universitaires poussiéreuses et plus encore la poussière des recherches en archives, les difficultés des services « inter- prêt » entre nos bibliothèques publiques.


archives

 

C’est le miracle d’Internet de nous permettre (sans le « support papier » hélas !), du fonds de nos thébaïdes de consulter Coedés ou Pavie par exemple, et de pouvoir aussi rendre un hommage et inviter à lire ces glorieux aînés.

 

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(1) Gavroche du 14 septembre 2010.


(2) « Description du royaume de Siam », deux volumes publiés à Paris en 1691.


(3) http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-58-les-premieres-grammaires-de-la-langue-thaie-2eme-partie-100841578.html)


(4) « Description du royaume thaï ou Siam »  à Paris en 1854.


(5) « Le Siam ancien, archéologie, géographie, épigraphie » (Annales du Musée Guimet tome XXVII).


(6) « Etudes diverses, II, recherches sur l’histoire du Cambodge, du Laos et du Siam contenant la transcription et la traduction des inscriptions par Mr. Schmitt. »


(7) « Notes critiques pour servir à l’histoire du Siam » (« Bulletin de l’école française d’extrême orient » 1916, tome 16, pages 1 – 21)


(8) « Inventaire descriptif des monuments du Cambodge » Paris 1907.


(9) « Le Cambodge – III – le Cambodge et l’histoire » publié en 1904.


(10) « Recueil des inscriptions du Siam – première  partie, inscriptions de Sukhodaya » publié à Bangkok en 1924.


(11) in « Bulletin de l’école française d’extrême-orient « 1924, tome 24, pages 265-268).


(12) « Complément à l’inventaire des monuments du Cambodge pour les quatre provinces du Siam oriental » in « Bulletin de l’école française d’extrême orient » 1922, tome 22, pages 55-99).


(13) « Inscription siamoise du vat Bovaranivet à Bangkok » in « Excursions et reconnaissances » numéro de janvier-février 1886.


(14) « Notes critiques pour servir à l’histoire du Siam » in « Bulletin de l’école française d’extrême orient » 1916, tome 16, pages 1 – 21.


(15) « Les voyages adventureux de Fernand Mendez Pinto » traduit du portugais par B. Figuier, trois volumes Paris 1830.


(16) http://joaodebarros.tripod.com/


(17) Jérémias Van Vliet “ Les revolutions arrives au royaume de Siam”, traduit du flamand, à Paris, 1647


 (18) « Documents sur la dynastie de Sukhodaya » in « Bulletin de l’école française d’extrême-orient » tome 17, 1917, pages 1-47.


(19) « Siamese history prior the founding of Ayuthaya » journal de la Siam society, 1919, tome XIII n. 2.


siam society

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