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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 00:06

Le traité de 1893

 

Art of Paknam incidentRappel de la présentation des relations franco-thaïes sur le site officiel de l’ambassade de France de Thaïlande pour le XIXème siècle : « Dans le contexte de l’expansion coloniale française dans la région, plusieurs incidents opposent le Siam et la France, notamment celui de « PAK NAM » en 1893 ».

 Cette version quelque peu laconique de l’ambassade de France fait l’impasse sur le traité « d’amitié » du 15 août 1856 et sur le traité du 15 juillet 1867 (Cf. supra) qui confirmait le Protectorat de la France sur le Cambodge et assurait au Siam, sa « suzeraineté » sur Battambong et Siem Reap. Si elle évoque des « incidents », on ne sait rien sur leur nature; pire elle « oublie », encore une fois, un traité important, celui du 3 octobre 1893.

 

Rama IV meurt le 1er octobre 1868, après avoir tenté de préserver ses zones « historiques » de vassalité sur le Laos et le Cambodge. Les traités de 1856 et de 1867 lui laissent  encore son « influence » sur le Laos, Battambong et Siem Reap et la rive gauche du Mékong. Son fils, Chulalongkorn , devient le roi Rama V le 11 novembre 1868 à l’ âge de 16 ans. Après la Régence, majeur, il est couronné le 16 novembre 1873.

 

Déjà en 1871, il affiche une volonté d’ouverture à la « modernité » et aux réformes, au retour d’un voyage à Singapour, Pénang et Batavia que nul roi du Siam n’ait jamais effectué. Il intervient sur la mode et les coutumes thaïes (coiffure de femmes, table à l’européenne, costume européen…), la reprise en main des finances publiques, la création du 1er service postal ; en1874, la formation d’un grand Conseil. Il consulte entre autres, le code napoléon,  pour préparer lois, réformes, règlements… Bref, tout le monde s’accorde pour lui reconnaître une grande capacité d’analyse des forces et des faiblesses siamoises et une détermination à « moderniser » son pays. Mais sur le plan extérieur, il va rencontrer les deux grandes puissances colonisatrices anglaise et française.

 

Il connait l’histoire de son pays, la suzeraineté « historique » exercée sur le Cambodge et le Laos. Son père lui a sûrement appris à se méfier des menaces des Hôs au Nord, de la politique coloniale française à l’Est, celle des Britanniques au Sud à Singapour et dans la presqu’île de Malaca, et à l’Ouest en Birmanie.

 

LPJIl va vite connaître les conséquences des traités signés, remis en cause  dans la pratique quotidienne des « affaires » à « gérer », comme par exemple le statut des protégés chinois, cambodgiens  et plus tard  (en 1884) des Annamites vivant au Siam et de façon plus importante, le problème des délimitations des frontières. Il faut dire que de vastes territoires le long du Mékong étaient méconnus et certaines zones, comme par exemple l’appartenance des rives du grand lac du Tonlè Sap non spécifiée.

 

Le Protectorat  de la France sur l’Annam le 6 juin 1884 allait changer la donne. La France se « substituait » à l’Annam pour revendiquer « ses » droits sur le Laos. Il est vrai que de puissants intérêts étaient en jeu. Une nouvelle lutte allait s’engager jusqu’en 1893, mettant face à face deux grands « diplomates » : le Prince Devawongse, ministre des affaires étrangères siamois, et Pavie, à la carrière « fulgurante » : employé des postes et télégraphe, vice-consul, explorateur pendant cinq ans au Cambodge, et ministre-résident de France au Siam.

 

Les incursions des Hôs au Tonkin et au nord-Laos en 1885, allaient déclencher un processus. Une expédition militaire thaïe les repousse victorieusement. Pavie, nommé en novembre 1885 vice-consul de Luang Prabang, y voit arriver le général thaï en vainqueur le 10 février 1887. Mais le 7 juin, alors que les troupes thaïes se retiraient, 600 Pavillons noirs attaquaient Luang Prabang. Pavie avec ses Cambodgiens arrivent à sauver le vieux roi Ong Kham et se réfugie à Packlay le 15 juin 1887. Rama V en conclut que le vieux Roi ne pouvant se défendre passait sous son  administration directe et envoie une 2ème expédition pour installer son fils. La France, prévenue, envoie une expédition depuis le Tonkin et propose aux Thaïs, l’envoi réciproque d’un commissaire avec deux topographes. De plus, Pavie est nommé par les deux gouvernements en octobre 1887 avec trois agents thaïs,  pour établir une carte de la région, censée aider pour le tracé des frontières. Mais Pavie, en six mois, va en fait, pacifier un territoire de 87 000 km2, « explorer »la rivière noire et collecter chroniques et  annales (le récit de cette expédition est riche d’événements et ne peut ici qu’être simplifié).

 

paknamincident 3Les conflits sont alors multiples avec les Siamois concernant diverses « frontières » Tran Ninh et Kammon et la rive gauche du Mékong, Chacun bien sûr usant d’« arguments » contradictoires et assurant sa « présence » dans les terrains respectifs « occupés », ainsi les Siamois à Luang Prabang par exemple. Pavie n’ayant pas les troupes suffisantes pour réagir, propose un statu quo au prince Dévawongse avant de repartir en France pour cinq mois (juin 1889- retour Bangkok  30 octobre1889) et établir avec son ministre des affaires étrangères et le Sous Secrétaire d’Etat des Colonies un plan d’action qui ne laissait aucun doute sur la détermination coloniale de la France.

 

Dès le 20 décembre 1889, Pavie reçoit l’accord  du Roi et du Prince Dévawongse pour une 2ème mission sur, de nouveau, la suite des délimitations des frontières. Aucun n’est dupe et va chercher à consolider ses positions. Ainsi par exemple,  « Pavie forma sur la rive droite du Mékong des détachements qui seraient prêts », « Du côté thaï, l’occupation des postes militaires se multiplia du nord au sud, entre le Mékong et la Cordillère d’Annam […] construisant des postes et des fortins » (Duke, op. cité. infra).

 

Les conflits sévères vont de nouveau éclater dès 1891 : le conflit de Bang Bien (mai 1891), l’affaire Douthène (avril 1892), des conflits mineurs, des « échauffourées » le long du Mékong  et des échanges épistolaires « agressifs » ne laissaient aucun doute. 

Le 29 février 1893, le Parlement français exprime de façon nette sa revendication sur la rive gauche du Mékong. Une lettre du ministre des affaires étrangères du 4 mars 1893 peut être lue comme un ultimatum  par les Thaïs.

Le Prince Dévawongse ne peut plus que  proposer le 14 mars un modus vivendi  en trois articles. Pavie répond négativement le 17 mars 1893.

 

La France est prête pour l’action.

Le gouvernement français, le Gouverneur de l’Indochine, la presse de Saïgon, Pavie et même l’évêque de Bangkok sont même déjà prêts pour la suite. On évoque le Protectorat futur du Siam. Le Prince va encore chercher une entente, envoyer des  « protestations », mais il se sait lâché par la Grande Bretagne. C'est un vrai traumatisme pour la Cour thaïe.

 

Le 29 juin 1893 les troupes françaises occupent l’île de Samit et la France  exige le règlement de tous les différends. Trois colonnes partent de Saïgon… le chef Gros meurt lors d’un accrochage

 

Les Siamois font le blocus du Chao Praya… la France envoie le 13 juillet paknamincident 21893 l’aviso l’Inconstant, le J. B. Say et le Comète qui forcent le blocus (« l’incident » de PAKNAM, selon l’Ambassade de France à Bangkok)… le J. B. Say est coulé… des morts…

 

Le 20 juillet Pavie remet un ultimatum en 6 articles, avec réponse imposée dans les quatre jours et menace de son départ sur le navire « Forfait », en cas de refus. La réponse du Prince est jugée insuffisante. Pavie monte sur le « Forfait ».

 

Le roi Rama V accepte alors sans réserve les conditions de l’ultimatum le 29 juillet 1893. Un Traité de 10 articles et une convention sont signés le 3 octobre 1893.

 

L’Article 1 était le plus important : « Le Gouvernement siamois renonce à toute prétention sur l’ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et sur les îles du fleuve ».


L’Article  2  portait sur « L’évacuation des postes siamois établis sur la rive gauche du Mékong… ». Des indemnités importantes devaient être payées…

 

(A la lecture des 10 articles, je n’ai pas constaté  où Pensri Duke (op. cité) a pu voir confirmer la propriété du Siam sur Battambong et Siem Reap)   

 

La convention réglait des conflits spécifiques antérieurs comme l’évacuation de postes militaires, fortifications le long du Mékong, le jugement des auteurs  des attentats de Tong-Xieng-Kham et de Kammoun, la libération des détenus français, Annamites, Laotiens désormais sous la protection de la France…

 

42-26450867Ce fut un véritable choc. La protestation intérieure très forte,  l’abandon de l’Angleterre, les contestations au sein de la Cour, amenèrent le Prince à  déclarer « qu’il n’avait eu d’autorisation précise du Roi pour signer »  (Duke, op. cité) et à proposer sa démission, qui lui fût refusée. Dans ce contexte national « délétère », on pouvait imaginer la contestation et des interprétations différentes du tout nouveau Traité et de la Convention signés. Une nouvelle période conflictuelle commençait dans les relations franco-thaïes.

 

Bibliographie

-Les relations entre la France et la Thaïlande (Siam), au XIXème siècle, d’après les archives des affaires étrangères, par Pensri (Suvanij Duke.

-Ministère des affaires étrangères, Documents diplomatiques, Affaire du Siam, 1893-1902.

 

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