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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 23:01

pouvoir dominantPour la première fois à la fin du XIIIème siècle, Sukkhotaï, un Etat thaï devenait un pouvoir dominant en Asie du Sud-Est, sous le règne de Po-khun Ramkhamhaeng, dit Rama le Fort (1239-1298 ou 1317( ?)* ). Il est le fils du fondateur du royaume, Sri Indrahit (Pho Khun Bang Klang Hao) (1238- 1279). Il succède à son frère Ban muang   (1279-1279). Nous avons vu que la stèle de 1292 le présente comme un roi exemplaire, qui a assuré la prospérité du royaume, et donne aussi l’étendue de son royaume  qui allait de Nakhon Si Thammarat   dans la péninsule malaise au Sud et de Martaban (Birmanie actuelle)  à Luang Prabang et Vientiane  au Nord


« A l’est : Sra Luang, Song Kwae, Lambachaî, Sakha, les rives du Khong (Mékong), Wiangchan, Wiangkham. Au sud : Khonti, Phra Bang, Phraek, Suphannaphumi, ratchaburi, Phetchaburi, Sri Dhammaraja. A l’ouest : Muang Chot, Muang …n , Hongsawadi. Au nord : Muang Phrae, Muang Man, Muang N…, Muang, Phlua, et de l’autre côté du Khong, Muang Chawa ». Il est dit aussi ailleurs qu’il aida son gendre Wareru à fonder le royaume d' Hanthawaddy (1287-1539) à Martaban, dans le sud de l'actuelle Birmanie. (Cf. en note la liste de Petithugenin **, Bulletin BFEO, 1916). Coedès signale que les annales du Viet-nam évoquent des incursions de Ramkhamhaeng au Champa*.


Martaban 2


La création du royaume thaï de Sukkhotaï en 1238 puis celui du Lanna en 1262 allait redistribuer les cartes au détriment des Khmers, des Birmans, des Laos et des royaumes Môns ...


1. Ces deux royaumes thaïs ont chacun leur propre Histoire, même s’ils ont co-existé pendant une période, se sont alliés en 1287, mais  ils étaient dans le même contexte « international », avec l’Empire Khmer (déclinant mais encore puissant),  les royaumes d’Annam, du Champa, de Pagan en Birmanie… et  l’arrivée des Mongols après leur conquête de la Chine qui allaient « proposer » à chacun la vassalité ou la guerre.


ghengis khan


Nous sommes donc  dans une configuration « géopolitique » à plusieurs niveaux pour nos deux royaumes thaïs (nous aborderons le Lanna dans un autre article) :

  • De l’indépendance de Sukkhotaï  à la conquête des différents  muangs, pour arriver à son apogée  avec le roi Ramkhamhaeng et son déclin ensuite.
  • Les relations avec le Lanna et le Phayao. La triple Alliance ?
  • La relation avec la Chine, avec l’Empire des Mongols.

Nous verrons dans un autre article que la fondation d’Ayuthaya en 1350 va  modifier l’équilibre régional et tout bouleverser pour le royaume de Sukkhotaï  ( vassalité (1378), et annexion 1438)). 

 

2. La conquête des muangs avec quelques exemples.


Il est curieux de présenter le roi  Ramkhamhaeng, comme un roi à qui toutes les cités « viennent (lui) rendre hommage » et  reconnaissent comme « le chef et le souverain de tous les Thaïs », (« Tous les Ma, les Kao, les Lao, les Thaï des contrées lointaines et les Thai qui vivent le long de la rivière U et du Khong viennent lui rendre hommage ») et qui « a établi et éduqué tous les habitants de ce pays dans l’observation du Dhamma, sans exception ». (stèle de 1292).


Curieux, avions-nous dit, car la stèle évoque, comment le futur roi a, bravement, repoussé « une  attaque du seigneur Chon du muang de Chot ». En effet, la vie et la politique de chaque muang se situe toujours dans le choix de la préservation ou de  conquête, en fonction de chaque situation « historique ». Chaque muang est toujours dans un réseau  d’alliances avec d’autres muangs, qui prend souvent la forme d’un tribut et de gestes à accomplir (lors de succession, de guerre décidée par le muang « souverain », de mariage, de funérailles princiers  par exemple, et de rivalitéIl saura saisir ou non l’occasion pour conquérir de nouvelles cités et renverser les alliances de la veille.


On peut se douter ce que peut signifier le surnom donné  (Rama le fort) au roi Ramkhamhaeng, et des moyens utilisés envers les muangs « vassalisés ». Nous avions vu dans le film La Légende du Roi Naresuan du Prince Chatrichalerm Yukol (Cf. notre article****) comment les rois et roitelets thaïs et birmans entretenaient leurs « relations ».


naresuan


On avait vu en trois ans, deux sécessions, deux révoltes, deux guerres avec pour l’une d’elle, la déportation de son  roi et de ses habitants, une trahison d’une cité, deux tentatives d’assassinat contre le fils d’un roi vassal … On avait vu les risques encourus quand on voulait rompre une vassalité (menaces, guerre éventuelle, avec en cas de défaite, des risques de condamnation à mort pour le roi et les princes, la déportation de la population, la prise en otages des enfants du roi …). A défaut d’informations fiables, on pouvait mesurer ce qu’impliquait la « reconnaissance » du roi Ramkhamhaeng comme « le chef et le souverain de tous les Thaïs ».

  • Si on prend par exemple le muang de Nan.

 

Situé au Nord, (limitrophes au sud, de Uttaradit, Phrae et Prayao, et au nord et à l’est, frontalière du Laos (Province de Sayaboury) il fut longtemps indépendant du fait de son éloignement. Il eut donc  peu de rapports avec les autres royaumes thaïs. Comment ce muang bien que  « lié » à Vientiane  fut amené à « se lier » avec Sukhotai (comme le dit wikipédia) et à devenir vassal du Lanna quand la puissance de Sukkhotaï déclina ??? Comment Vientiane devint vassal de  Sukhotaï ? Mystère.

 

  • De même pour Luang Prabang ?

 

Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant, (Ed. Thalia),  signale qu’en : «  1271 ou 1272, Phana Lang accède au trône. Désormais, les renseignements sont beaucoup plus nombreux et l’on peut faire un compte-rendu plus exact des faits. 1286 marque un tournant. Les Mongols et Sukhotai renversent Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. Avec la mort de Phana Lang en 1316, Suvanna Khampong devient roi. (Mais Phana Lang avait exilé son fils Phi Fa, absent de Luang Prabang jusqu’en1330. L’épopée de Fa Ngum marque le début de la période historique et la naissance officielle du royaume en 1353). »


 luang-prabang-1

 

On peut avancer l’hypothèse que  le roi Ramkhamhaeng  aurait conquis la vassalité de Luang Prabang en 1286, en aidant le Prince héritier à renverser son père avec l’aide des Mongols ou pour le moins leur accord. A défaut d’être vraie, cette hypothèse correspond bien à ce que l’on connaît de la « vie » des muangs, à leur histoire.

 

  • Ainsi pour le  Royaume d'Hanthawaddy. Vassal de Sukkhotaï ? 

 

Des annales racontent que le roi  Ramkhamhaeng aurait aidé son gendre Wareru a fondé  à Martaban, le royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287. La stèle de 1292 le présente  comme vassal du royaume de Sukhotai. Mais  l’ histoire est plus complexe.


 hantawadi

 

En effet, ce territoire appartenait au royaume birman dominant de Pagan***. Au milieu du 13 ème siècle, ce royaume déclinait.

 

De plus en plus de terres tombaient entre les mains des monastères bouddhistes, non-imposables, et lesmongols   commencèrent à menacer ses frontières nord. Le dernier vrai roi de Pagan, Narathihapati(règne de 1254 à 1287)  , se sentit capable de résister aux Mongols et s'avança dans le Yunnan en 1277  pour les affronter. Il fut complètement écrasé à la Bataille de Ngasaunggyan, et la résistance de Pagan s'effondra.

 

bataille


En 1287 Narhatipati fut assassiné par un de ses fils, ce qui précipita l'invasion des Mongols et la prise de la capitale (Bataille de Pagan).Pagan ne put jamais regagner sa prééminence. Les Mongols placèrent sur son trône un souverain fantoche et le pays se morcela rapidement. (wikipédia)

Donc là aussi, comme pour Luang Prabang, il semble que le roi  Ramkhamhaeng a pu contribuer à fonder Hanthawaddy (ou royaume de Pegu) en 1287 qu’avec l’aval des Mongols. Ainsi pouvons-nous comprendre la double vassalité à Sukkhotai (jusqu’en 1331) et à la dynastie Yuan.


A défaut d’en connaître les modalités, on commence à comprendre dans ce contexte ce qu’on a appelé le pacte d'amitié  en 1287 entre  le roi  Ramkhamhaeng de Sukhotai,  le roi Mangraï du Lanna et  le prince Ngam Muang de Payao. Ce « pacte » était certainement une alliance face au pouvoir Mongol menaçant. (Le site franco-thaï***** rappelle une légende très populaire qui donne une autre origine à cette triple  alliance (amitié, adultère, magie, arbitrage et réconciliation).


Il était temps de se rappeler ce que pouvait signifier le Pouvoir des Mongols au XIIIème siècle pour savoir ainsi dans quel contexte les rois Ramkhamhaeng et  Mangrai et le Prince de Phayao avaient  décidé d’entretenir des « bonnes relations » avec les Mongols régnant en Chine, et étaient devenus un nouveau pouvoir dominant à la fin du XIIIème siècle.


 

 

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*Georges CŒDES, Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie :


On ignore la date exacte de la mort de Râma K'am­hèng. Il semble résulter d'un passage de l'Histoire des Yuan (1) qu'elle aurait eu lieu entre l'ambassade de 1295 et celle de 1299. A cette date, en effet, le roi du Sien « présenta au trône une supplique disant qu'au temps où son père était sur le trône, la Cour avait accordé en don à celui-ci des chevaux blancs avec selles et brides et des vêtements en fil d'or, et il demandait que conformément à ce précédent on lui en accordât ». Cette supplique, qui fut suivie d'un refus partiel, a l'air d'émaner d'un nouveau roi. Toutefois, l'avènement avant 1299 du suc­cesseur de Râma K'amhèng semble difficile à concilier avec les données du Râjâdhirâja ou Histoire de Marta-ban, d'après lesquelles, à la mort de Wareru en 1313, son successeur reçut de P'ra Ruang le titre de Râma­pratishtha « établi par Râma », qui ne peut guère avoir été conféré que par Râma K'amhèng (2).

Si cette conjecture est exacte, c'est encore Râma K'amhèng qui en 1313 provoqua au Champa ces incursions dont parlent les annales du Viêt-nam (2). Ses troupes durent pour cela traverser des territoires qui avaient appartenu au Cambodge, et que celui-ci avait perdus ou n'était plus en état de défendre contre son redoutable voisin.
La légende veut que P'ra Ruang ait disparu dans les rapides de la rivières de Savank'alok (3). Il est difficile de dire si cette légende repose sur un fait historique, et si elle s'applique à Râma K'amhèng ou à quelque autre souverain de sa dynastie.Râma K'amhèng eut pour successeur son fils Lô T'ai

 

 

 

**Citer ce document: Petithuguenin P. Notes critiques pour servir à l'histoire du Siam. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 16, 1916. pp. 1-21

 Présente les frontières ainsi  : — Le royaume de Çrï Sajanâlaya Sukhodaya étendait sa domination jusqu'aux Thai du Më Khoň et du Nam 0 , et sur les populations Ma, Kâo et Lâo.

 

Râm Khamhën avait conquis et conservé à l'Est Srah Luaň (Phicit), Soň Khëo (Phisanulôk), Lumbacai (?) jusqu'au Mě Khoň (nó), et au-delà Vieň Can et Vieň Kham ; au Sud, Phrah Baň (Nakhon Savan), Phrëk (Sankhaburi), Suphanaphum , Râjapurï, Bejrapuri, Çrïdharmarâja (Ligor)  et la rive de la mer ; à l'Ouest, Miraň Chot, Hamsâvadï (Pegu) jusqu'à l'océan ; au Nord, M. Phrë, M. Mân (Nân), M. Phlua , et au-delà du Më Khoù, M, Chavâ (Luang Prabang)

 

***Wikipédia :

Le Royaume de Pagan (849-1298) est considéré comme le premier véritable empire birman.

Le royaume de Pagan commença à décliner à mesure que de plus en plus de terres tombaient entre les mains des monastères bouddhistes, non-imposables, et les Mongols commencèrent à menacer ses frontières nord. Le dernier vrai roi de Pagan, Narathihapati(règne de 1254à 1287), se sentit capable de résister aux Mongols et s'avança dans le Yunnan en 1277 pour les affronter. Il fut complètement écrasé à la Bataille de Ngasaunggyan, et la résistance de Pagan s'effondra. Narhatipati fut assassiné par un de ses fils en 1287, ce qui précipita l'invasion des Mongols et la prise de la capitale (Bataille de Pagan). Pagan ne put jamais regagner sa prééminence. Les Mongols placèrent sur son trône un souverain fantoche et le pays se morcela rapidement.


****La Légende du Roi Naresuan . Cf. notre article in :

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a55-comprendre-la-legende-du-roi-naresuan-par-le-jeu-des-muang-99434799.html


***** Voir le site de franco-thaï  pour le Lanna et la légende de la triple alliance de 1287

http://merveilleusechiang-mai.blog4ever.com/blog/article-339774.html

 

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