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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 23:05

RamaLe roi Ramkhamhaeng de Sukhotaï et  les Mongols de Chine.

Le royaume de Sukhotai dès sa fondation en 1238 connait les puissances qui se partagent le pouvoir en Asie. Il est né en se révoltant contre le pouvoir déclinant de l’Empire d’Angkor. Il sait que son nouveau Territoire va  attirer la convoitise de ses voisins môns, birmans, des Viets et du Champa peut-être, mais aussi  de ses nouveaux muangs thais qui se forment au Nord et qui établissent des nouvelles «alliances». Le nouveau fondateur du Royaume Sri Indrahit (1238- 1279) est informé de la puissance des Mongols, de leurs conquêtes, de leur puissance au combat, de leur volonté  de régner en Chine. Il sait que l’empereur mongol Kubilai Khan est en train de la conquérir, d’occuper le Yunnan, d’attaquer l’Empire des Songs, de provoquer des migrations massives, de chasser du Nan Chao d’autres populations tai. Il a rencontré sûrement des témoins oculaires qui lui racontent les derniers massacres et les bouleversements qui s’opèrent.


Mais que pouvait représenter l’Empire mongol ou Empire turco-mongol, le plus vaste empire ayant jamais existé après celui d’Alexandre le Grand.


eùpire


1.     L’Empire mongol ?  

  • Il est fondé au début du XIIIe siècle par Gengis Khan (1155 ou 1162 - 1227)*. À son apogée, à la fin du XIIIe siècle, l'Empire mongol s'étend de la Méditerranée au Pacifique et de la Sibérie à l'Inde et l'Indochine. 
  • Les conquêtes mongoles commencées sous Gengis Khan  durèrent plusieurs décennies.
  • Elles commencent en 1187-1206 : Temüdjin (vrai nom de Gengis Khan) attaque et rassemble toutes les tribus mongoles et se fait proclamer « chef océanique » (ou universel) d'où le nom Gengis Khan.

gengis timbre

 

  • Ensuite, il part avec ses tribus mongoles à la conquête de l’Asie. On peut ici donner quelques jalons qui indiquent les bouleversements qu’il a dû provoquer  : Soumission du Tibet,. 1211  : Début de la campagne de Chine, 1206-1207  . 1214-1215 : Siège de Pékin  . Annexion de la Mandchourie :1215.   Prise de Pékin 1218 .Conquête de l'empire Qara Khitai. Invasion de la Corée . 1220 : Gengis Khan prend Boukhara et smarkand, Rayy, Qazvin, et Hamadan. Il attaque Termez. Un général mongol prend Daming, en Chine. Réorganisation de la Transoxiane.1223 : Une armée en retour de la Russie détruit les Bulgares de la Kama.
  • A sa mort en 1227, Gengis Khan laisse déjà un vaste empire. Il lui fut possible de faire chuter l'hégémonie turque, stopper l'expansion de l'Islam vers l'est et menacer la chrétienté en Occident. (http://www.fsa.ulaval)

Durant les 30 années qui suivent, les trois successeurs de Gengis Khan complètent les conquêtes de la Chine, de l'Iran, de l'Irak, de la Syrie, de l'Anatolie, et de l' Europe Orientale. (Cf.  en note la liste impressionnante de quelques invasions, guerres, destructions, soumissions, annexions … entre 1232 et 1262**)

  • Deux ans après la mort de Gengis Khan, en 1227, son troisième fils Ogodei lui succède.

ogodei

 

 C'est sous son règne que se déroule la grande campagne d'Europe, entre 1236 et 1242 ***(Cf. note). 

  • À la mort d Ogodei en 1241, le pouvoir est détenu par son épouse, la régente Toregene. Guyuk,  fils de l'empereur défunt, accède au trône en 1246, mais meurt deux ans plus tard, sans doute empoisonné par un complot qui met au pouvoir la branche du plus jeune fils de Gengis Khan.
  • En juillet 1251 Mongke jdevient Grand Khan des Mongols. Sous son règne la conquête mongole reprend en direction de l'Iran et de l'Irak, puis du Sichuan et du Tibet. Elle échoue cependant contre la Chine du Sud des Song. Son frère Hulequ est nommé vice-roi d'Iran (Il-khan) en 1253 et prend Bagdad le 10 février 1258  , mettant un terme au Califat abbasside que les Türks Seljoukides maintenaient. Le calife Al-Musta'sim est exécuté.

calife

 

À partir de 1260, l'Empire Mongol se divisait en quatre ulus (pays, région) :

  • au nord-ouest, les steppes russes, territoire de la Horded'Or  où régnaient les descendants de Djotchi. 
  • au sud-ouest, le domaine des IIkhans de Perse descendants de Hulegu, fils de Tolui.
  • au centre, le Khanat de Djaghatai, fief des descendants de Djaghataï.
  • à l'est, englobant la Mongolie, la Chine, des Yuan, dynastie fondée par Kubilai Khan. 

 

  • En 1260, Kubilai Khan succède à son frère Mongke comme grand khan des Mongols.   

 

2. Kubilai Khan (1215-1294)


Kubilai Khan ou Kūbilaï Khān, né le 23 septembre 1215, mort le 18 février 1294. kan mongol puis  empereur de Chine est le fondateur de la dynastie Yuan.  Petit-fils de Gengis Khan (v. 1160-1227) , il naît l'année de la prise de Pékin par celui-ci. En 1260 , il succède à son frère Mongke comme grand khan des Mongols.

 

kubilai

 

Il est particulièrement connu en Occident parce que c'est à sa cour que réside plusieurs années le Vénitien Marco Polo ****, dont le récit Le Devisement du monde décrit la Chine à l'époque de Kubilai.

Quelques dates qui ont marqué son règne :

  • 1253 : Occupation du Yunnan. En 1253, l'empereur mongol Kubilai Khan annexe le Nan Chao, et la migration de ses habitants vers le sud devient massive. Les héritiers de l'ex Nan Chao vont profondément modifier le paysage politique de la région ;
  • 1256 : Reprise de la guerre en Chine du sud.
  • 1257 : Offensive en Indochine . Pillage de Hanoï . 1258, Capitulation de la Corée.
  • En 1260, Kubilai grand khan des Mongols.   
  • En 1271, il fonde la dynastie Yuan.
  • En 1279 il achève la conquête de la Chine en renversant la dynastie Song et "Pékin"  devient pour la première fois la capitale de l’ensemble de la Chine. Il se donne le nom chinois d'« empereur Shizu ».
  • En 1287, le royaume de Pagan (Birmanie) est vaincu et disparait.Toutefois les tentatives d'invasion du Japon (1268-1281)***** 
  • et de Java (1292)****** et la résistance héroïque des Daï Viet et du Champa (1281-1288) mettront un frein à l'expansion mongole.

 

Kubilai décède en 1294  avec un  vaste Empire qui ira de la Turquie à la Corée en passant par l'Irak, le Koweït, les Émirats arabes, l'Iran et l'Afghanistan ; et du Vietnam jusqu'à l'Ukraine et à Moscou en passant par tous les Turkestan et toute la Sibérie, même jusqu'en Serbie…

3. Les relations du roi Ramkhamhaeng avec les Mongols de Kubilai Khan ?

Le roi Ramkhamhaeng débute son règne en 1279 et sait donc que Kubilai Khan et les Mongols  ont pris le Pouvoir en Chine. Ils ont déjà fondé la nouvelle dynastie Yuan  et il va apprendre que la dynastie Song est renversée. Il sait aussi que son tout nouveau royaume nécessite des « nouvelles alliances », et qu’il va falloir « négocier » avec les « Mongols ».

Il se veut « conquérant » et  a appris la défaite cinglante du roi de Pagan (Birmanie) en 1277 à Ngasaunggyan   au Yunnan, face aux Mongols. Il a pu mesurer la nouvelle puissance du nouveau royaume thaï de Lanna (créé en 1262).  Il a déjà entendu beaucoup d’histoires sur Kubilai Khan. Il a dû recevoir des émissaires mongols (quand ?). Ils le font souvent. Il sait qu’en faisant allégeance et en payant le tribut, il évitera la guerre et pourra continuer ses conquêtes.

Nous avons pu lire, mais sans référence, qu’il effectue lui-même le voyage en 1282 auprès de Kubilaï Khan. Par contre, Henri Cordier dans son livre « Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers », (1920. Cf. note 10) signale des ambassades de Sukhotai en 1282 et en 1323.


Alors pourquoi le roi Ramkhamhaeng fait une Alliance en 1287 avec  le roi Mangrai de Chiengmai et le Prince de Phayao ?


-3 kings monument


On peut lire « pour se protéger des Mongols ». On pourrait tout aussi bien dire « pour se protéger d’eux-mêmes » … ou des deux. L’Alliance n’ayant pas laissé de traité, toutes les hypothèses sont ouvertes, dans les limites des forces en présence.

En effet, nous commençons à comprendre les stratégies et tactiques des muangs thais(Cf. nos articles sur le sujet).  Ramkhamhaeng a entrepris de conquérir des nouvelles cités. Il a, en 1286, attaqué avec l’aide des Mongols ( ?)  Luang Prabang et renversé le prince héritier Souvanna Khamphong, le roi Phana Lang.

Il sait qu’il doit « rassurer » le roi Mangraï et le Prince de Phayao également. L’Alliance et la vassalité auprès de Kubilaî Khan semblent répondre à ce double danger. Cette stratégie de Ramkhamhaeng a été effectivement payante.


Il n’y a pas eu de guerre entre Ramkhamhaeng et Mangraï, et les Mongols ne l’ont pas attaqué.

Kubilai Khan a poursuivi son expansion vers le sud en épargnant les royaumes thais du Lanna, de  Sukhotai et de Phayao. A-t-il respecté les engagements faits en 1282?

Ou plus probablement les Thais ont profité des choix géopolitiques de Kubilai Khan (et de Temur, (le futur empereur chinois, petit-fils de Kubilaï, en charge du Yunnan) qui ne pouvaient peut-être pas attaquer en même temps  le royaume de Pagan et l’alliance des trois royaumes thais. Kubilaï devait consolider son pouvoir en Chine après sa victoire sur la dynastie Song en 1279, se remettre des terribles pertes humaines lors de la seconde invasion du Japon en 1281, et assumer les nombreux théâtres d’opération en cours avec la résistance des Daï Viet et du Champa (1281-1288) la préparation de l’invasion de Java ...


Ramkhamhaeng sait que les Mongols, après avoir châtié les Birmans de Pagan en 1277, ont envahi dès 1283 le nord de la Haute Birmanie et ont établi des garnisons. Plus tard, il  apprend encore  que  Témur, stationné au Yunnan, profite de l’assassinat du roi Narathihapati de Pagan par son fils  Thihathu, pour descendre la vallée de l’Irrawaddy et écraser le nouveau roi en 1287 et faire disparaître en fait son royaume.

 

Controverse à propos des attaques mongoles au Lanna.


Toutefois, dans notre article à paraître sur la formation du Lanna (A.27), nous disons : « En 1280, les Mongols auraient attaqué Rung Chiang, mais il (Mengraï) aurait réussi à les repousser. En 1315 et 1325 ( ?)  il a ou aurait envoyé une délégation de la paix aux Mongols ? Mais à l’inverse de Ramakhamhaeng, il n’a ou n’aurait jamais fait acte d’allégeance aux Mongols ? Où est la vérité ? C’est tout au moins ce que nous apprend le site l’Université de Chiangmaï.

 http://www.sri.cmu.ac.th/~elanna/elanna_eng/public_html/home/home.htm


Des annales du Lanna racontent même que non seulement Mengraï a repoussé les Mongols en 1280, mais aussi  en 1308 et que la guerre a continué jusqu’en 1311.

Il y a là pour le moins une controverse.

On peut donc lire à la fois que les Mongols aident  Ramkhamhaeng à attaquer Luang Prabang en 1286 et qu’ils auraient eu des velléités contre le Lanna jusqu’en 1311 ! Et que vaut alors l’alliance de 1287 entre Ramkhamhaeng, Mengrai et le Prince de Prayao.

Il est difficile d’imaginer des attaques mongoles après 1303 alors qu’ils ont rapatrié toutes leurs troupes au Yunnan à cette date après leur cuisant échec en Birmanie. Bref, on est ici en pleine confusion. Que et qui croire ?


Controverse (suite et fin).


Nous en étions à douter des informations  données par le site de l’Université de Chiengmaï concernant les attaques des Mongols au Lanna qui auraient durées jusqu’en 1311.

Or, nous venons de trouver un document qui semblerait confirmer une attaque des Mongols au Lanna en 1300 qui se serait terminée en 1303. Mieux, Henri Cordier, citant le jésuite  RP. Gaubil (Cf. note 10) nous donne même des noms, les circonstances et décrit la résistance et la défaite :

Timour, qui s’était corrigé des habitudes d’ivrognerie de sa jeunesse, se montra un excellent Prince ; il fait la paix avec le Ngan Nan, ouvrit les communications avec l’Inde et termina les affaires du Mien. Il fut moins heureux en entreprenant une campagne contre le lointain royaume laotien de Xien Mai ou Muong Yong, habité par les Pa-pe Si-Fu ou Bât-bä T’uc-phu, qui se nomment eux-mêmes Thai niai ou grand Thaï. « L’an 1300, un des généraux représenta (sic) que le royaume de Papesifou ne voulait pas recevoir le calendrier de l’empire, et priait l’Empereur de lui permettre d’aller avec des troupes forcer ce royaume à suivre la forme d’année chinoise et à compter les lunes, comme les sujets de l’Empereur. Un des ministres, appelé WEN TSEU, regarda cette affaire comme sérieuse et persuada l’Empereur, à la 12ème lune de l’An 1300, d’attaquer le royaume de Papesifou. Alahasun s’opposa à cette résolution, et soutint que les peuples qu’on voulait attaquer étaient des barbares, qu’on pouvait instruire si on voulait, mais à qui il serait inutile et dangereux de faire la guerre. L’Empereur ne dit rien au ministre Alahasun, mais, contre sa coutume, il s’emporta contre un mandarin qui voulait faire des représentations (sic). 20 000 hommes furent commandés pour attaquer Papesifou. LIEOU CHEN qui, le premier, conseilla cette guerre, fut nommé général de l’Armée ».(Gaubil, pp. 227-228)

Ce fut un désastre : la faim décima les troupes harcelées par les tribus de la frontière qui se livrèrent au pillage ; on fut obligé d’appeler des troupes du Hong Kouang, du Chen si, du Se Tch’ouan et du Yun Nan ; cette guerre malheureuse ne fut terminée qu’en 1303 ; Lieou Chen, qui en était la cause eut la tête tranchée.


(Henri Cordier, Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers, Librairie Paul Gauthier, 1920.) (Cf. en note 10).

 

cordier

                                                 _______________

 

Une chose est sûre, la destruction du royaume de Pagan- Premier Empire birman (1044-1287)- redistribue les cartes*******, avec trois nouvelles zones d’influence :


La création de principautés Shans au Nord (mercenaires du Nan Chao, chargés par Kubilai khan d'occuper la Région du Nord)) qui ont décidé  de se passer de la suzeraineté de la Chine.


La création du royaume éphémère  de Myinsaing (1298 -1313) fondé par trois frères shans, officiers  de l’Ancien royaume de Pagan,  qui va régner  sur le centre de l'actuelle Birmanie.


La création du royaume môn d’ Hanthawaddy (1287-1539), (ou Ramanya ou royaume de Pegu/Martaban (les deux capitales)   fondé  par Waruru au Sud, qui aura un grand rôle dans l’Histoire d’Ayutthaya.

 

Et surtout la fin des Mongols en Asie du Sud-Est en 1303.  En effet,  en 1301, les Mongols échouent dans leur volonté de faire tomber le nouveau royaume de Myinsaing pour imposer leur roi à Pagan et en  1303, abandonnent leur garnison de « Birmanie » et opèrent  leur retrait en Chine. On ne les reverra plus. (Cf. en note plus de détails ********)

 

De 1287 à 1303, Ramkhamhaeng va donc bénéficier de ce contexte et n’aura plus à pâtir des forces mongoles dans la Région. Mais Ramkhamhaeng ne pouvait deviner qu’après les échecs contre le Japon, Java, les Viets et le Champa, et en 1301 leur impossibilité de faire céder Myinsaing, allaient sonner le glas des Mongols en Asie du Sud-Est.


Bataille entre mongols


Leur Pouvoir demeurait.


Ainsi pouvons- nous comprendre qu’entre 1282 et 1323 Sukhotai envoya sept missions en Chine et que le roi Rhamkhanhaeng lui-même a ouvert des relations politiques directes avec la Chine et a fait deux voyages en Chine. Après celui de  1282, il en effectua un second en 1300 après la mort de Kubilai Khan en 1294. (là encore aucune référence donnée).


De la deuxième visite il a rapporté 300 potiers chinois qui ont enseigné aux Thais l'art de la poterie. Sukhothaï  a exporté des Sangkalok (littéralement, des poteries de la dynastie Song   !). Ce fut la seule période où le Siam produisit des céramiques de style chinois********. (Article à venir intitulé : L’Art de Sukhotai)


potier

                           _______________________________

 

En guise de conclusion :


Nous avions voulu savoir les relations qu’avaient entretenus le roi Ramkhamhaeng de Sukhotai avec les Mongols, les nouveaux maîtres de la Chine, et le rôle qu’ils avaient pu jouer dans sa politique de conquêtes.


Il nous fallait pour cela mesurer la puissance qu’ils représentaient d’où notre détour en forme de rappel des principaux épisodes de  cet extraordinaire Empire mongol que le monde n’avait jamais connu.


Nous avons eu la confirmation que ces relations existaient (les ambassades, la vassalité, le commerce des poteries) sans vraiment en connaitre les termes, les  modalités et l’ampleur. Nous avons pensé dans un premier temps que les royaumes thaïs de Sukhotai, du Lanna et de Phayao n’avaient jamais été attaqués par les Mongols, alors qu’ils avaient opéré dans tout l’Asie du Sud-Est, mais des annales du Lanna recueillies par l’Université de Chiangmaï disent le contraire ainsi que le savant missionnaire jésuite Gaubil (1689-1759) qui vécut 30 ans à la cour Impériale comme interprète. Celles de Luang Prabang prétendent –elles-, que les Mongols ont aidé le roi Ramkhamhaeng à conquérir Luang Prabang ! Il vous appartient de faire votre propre enquête.


De toutes façons, accord ou pas accord avec les Mongols, il  bénéficia pour le moins de la conjoncture historique qui lui permis de conquérir son royaume sans avoir à affronter les hordes mongoles.  Le roi Ramkhamhaeng ne pouvait se douter que son royaume serait annexé plus de 200 ans plus tard par un nouveau royaume thaï.

 

Il nous fallait maintenant examiner s’il avait joué un rôle dans la création du  nouveau royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287 par Wareru, son gendre, devenu son vassal en 1294.

 

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Notes et sources.

 

*Genghis Khan

 

gengis

  • Comment ce jeune fils d'un chef d'une des quarante tribus peuplant la Mongolie moyenâgeuse a-t-il pu constituer un empire allant de la Chine orientale à l'Europe de l'Est ?

Né en 1165, de son vrai nom Témudjin (le «plus fin acier») Uge, il parvint à réunir sous sa bannière, grâce à un habile sens politique, un bon nombre des tribus nomades de Mongolie.

Après plus de vingt ans de luttes incessantes avec les autres clans rivaux, il réussit à réunir sous son commandement la totalité des différents clans de Mongolie. C’est alors qu’il est proclamé, à  45 ans, Genghis Khan. Comme capitale du nouvel empire Mongol, il décide d’ériger une cité au milieu des plaines de Mongolie, Karakorum.

Malgré une armée assez réduite à ses débuts, Genghis modifia considérablement la géopolitique de l’époque en entamant la conquête de l’Asie. Grâce à sa détermination, son leadership mais également il faut le reconnaître une certaine cruauté, il lui fut possible de faire chuter l'hégémonie turque, stopper l'expansion de l'Islam vers l'est et menacer la chrétienté en Occident

Grâce à une armada de cavaliers redoutables (200 000), il parvint à étendre les frontières de son territoire, laissant  à sa mort le 18 août 1227 un empire dépassant en superficie celui d’Alexandre le Grand. Après l’assaut de la Chine du Nord puis de Pékin (qui brûla pendant 70 jours), la horde mongole réussit à détruire l'empire turc, à envahir une large partie de la Russie, pour enfin prendre contrôle d’une partie du Moyen-Orient en vainquant les armées arabes.

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/leadership/disk/mongolie_index.htm


** Les conquêtes mongoles commencées sous gengis Khan durèrent plusieurs décennies et furent presque continues pendant toute la durée de cet « empire des steppes  ».


http://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAtes_mongoles

 

  • 1232 : Nouvelle campagne de Corée. Prise du Songda, la capitale du royaume. Prise de Tangkun au nord de la Chine.1233 : L'Azerbaïdjan est assujetti. 1234 : Reddition de la Chine du nord (les Jin)1235 : Déclaration de la guerre aux Song (Chine du sud). Annexion de l'Arménie. 1236 : Troisième campagne de Corée. Invasion de la Géorgie.

 

  • Début de la campagne d'Europe. 

1236-1237 : Vassalité de la Géorgie. Destruction des Bulgares de la Kama. Soumission du pays Qiptchaq. Entrée des Mongols en Russie. Prise de Riazan et de Kolomna. Prise d'Ispahan.1238 : Prise de Moscou et de Vladimir. Incursions en Irak.1239 : Soumission des Alains. Invasion du Tibet. Reculs en Chine.1241 : Les Mongols franchissent la Vistule. Destruction de Cracovie. Prise de Pest. Avant-gardes mongoles près de Vienne. Prise de Gran et Zagreb.1242 : Les Mongols sur la mer Adriatique. Évacuation de la Hongrie et installation au nord de la mer Noire. Prise d'Erzurum (Anatolie) 1243 : Invasion de l'Anatolie. Défaite des Seldjoukides à la bataille de Köse Dağ. Prise de Sivas, Tokat, Kayseri. Les Seldjoukides vassaux des Mongols.1244 : Vassalité de la Cilicie.

Durant ces années, l'empire se divise en quatre parties ou hordes, les différentes parties cessent de rendre des comptes au Grand Khan. Les conquêtes mongoles continuent, mais séparément, et parfois des guerres éclatent entre les différentes régions de l'empire. Pour cette raison il est plus difficile de faire un résumé des conquêtes.

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/leadership/disk/mongolie_index.htm


*** La grande campagne d'Europe, entre 1236 et 1242.

« Les armées des principautés russes, puis polonaiseset hongroises sont balayées, et les Mongols poussent jusqu'aux rives de l'Adriatique. Leurs troupes se retirent mais leurs hordes ne cessent pas de razzier l'Europe centrale. En 1259, après avoir dévasté la Lituanie, 20 000 Mongols attaquent de nouveau la Pologne et la pillent ; le pape Alexandre IVprojette une croisade contre eux. En 1265, attaque contre la Grèce ; la Thrace est dévastée ; l'empereur byzantin envoie des cadeaux et marie deux de ses filles à des khans. En 1271et 1274, raids contre la Bulgarie. En 1275et 1277, nouveau raid contre la Lituanie. En 1284, nouvelle invasion de la Hongrie, les villes de Transylvanie sont ravagées. En 1287, pillage de la Pologne, Cracovie est de nouveau dévastée. En 1293, attaque contre la Serbie, qui doit reconnaître la suzeraineté mongole. La Russiene sera libérée du joug de la Horde d'Or qu'en 1480par Ivan III de Russielors de la Grande halte sur la rivière Ougra. » (Wikipédia).

 

****Le récit que Marco Polo fit de la Chine et des territoires asiatiques gouvernés par Kubilai dans Le Devisement du monde, paru en 1298, apporte de nombreuses et véridiques informations sur l'organisation et la richesse de cet Empire. Kūbilaï Khān est le sujet, le centre et l'unité du livre.
On y trouve par exemple :

  • Une évaluation des recettes fiscales de la province de Hangzhou, ch. 152 (23 tonnes or annuellement pour le seul sel, chiffre exactement vérifié par les annales).
  • L'histoire de l'assassinat du premier ministre en 1282, un des évènements les plus graves du règne de Kūbilaï.
  • Plusieurs chapitres décrivant l'économie : intervention sur le marché des grains (ch. 102) et fonds sociaux (ch. 98 et 103) ; appareil de production proche de l'industrie à Hangzhou (ch. 151) ; introduction du papier-monnaie, rendu obligatoire sous peine de mort (ch. 95); bateaux et commerce naval (ch. 156, 157, 177).

La description des relais de chevaux, des routes et de la rapidité des transports (ch. 97 et 99) (wikipédia)

*****Les tentatives d'invasions du Japon (1268-1281)

invasion du japon

 

En 1263 , les Mongols envoient des émissaires au Japon, le menaçant d'une invasion si les Japonais ne reconnaissent pas la souveraineté mongole. En 1268 , un deuxième envoi d'émissaires a lieu. Ce n'est qu'après plusieurs années de préparatifs qu'une première tentative a lieu en 1274 ; elles échoue assez rapidement. La seconde a lieu en 1281, après la conquête de la Chine du Sud. C'est une opération de grande envergure, qui dure du printemps à l'été. Elle se termine par la destruction de la flotte mongole par un typhon nommé par les Japonais Kamikaze (« vent divin »). (wikipédia).

******En 1292, Kubilaï, que les ambitions du royaume javanais de Singosari inquiètent, lance une expédition qui sera repoussée par le gendre du roi Kertanegara, après la mort de celui-ci lors d'une révolte.

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*******La chute du  royaume birman de Pagan par les Mongols par Témur, petit fils de Kubilai Khan,  futur empereur de Chine).

En 1253, les Mongols de Kubilai Khan avaient vaincu le royaume de Dali, un état Bai situé au Yunnan et en avaient fait une province chinoise en 1274. Le royaume de Pagan limitrophe, se sentant menacé, avait cru bon réagir. Les Birmans furent châtiés en 1277  à la Bataille de Ngasaunggyan.


En 1283, les Mongols prirent à leur tour l'initiative en envahissant le nord de la Haute-Birmanie, où ils établirent des garnisons (bataille de Bhamo). Narathihapati s'enfuit à Bassein (l'actuelle Pathein, dans le delta de l'Irrawaddy), et se soumis (ce qui lui valut le sobriquet de Tayokpyemin (le Roi qui s'enfuit devant les chinois) et plongea le pays dans une crise politique profonde).

 En 1287, lorsque Narathihapati revint dans la région de Prome pour tenter de rebâtir son empire, il fut assassiné par son fils Thihathu, qui s'empara du pouvoir.

Ces convulsions incitèrent le futur empereur Témur alors stationné au Yunnan, à vouloir s'emparer du royaume tout entier. Il descendit la vallée de l'Irrawaddy à la tête d'une grande armée et écrasa Thihathu à Pagan.

  • La fin du royaume de Pagan en 1287, la fondation du royaume de Myinsaing au centre de la Birmanie et le retrait des mongols de l’Asie du Sud-Est en 1303.

Nous avons vu qu’après la destruction du Royaume de Pagan en 1287 , trois frères, Athinhkaya, Yazathingyan et Thihathu, anciens officiers de l'armée de Pagan, avaient pris le contrôle de la région stratégique de Kyaukse au début des années 1290. Le nouveau roi Kyawswa (nommé par les Mongols), nomma l'aîné vice-roi de Myinsaing, le cadet vice-roi de Mekkara et le benjamin vice-roi de Pinle .

Le plus jeune frère, Thihathu, était le plus ambitieux et ne se contentait pas d'un simple titre de vice-roi. Il prit les titres royaux de Seigneur de l'Éléphant blanc (Hsinbyushin) et de Grand Seigneur respectivement en 1295 et 1296. Alarmé par ces manifestations de pouvoir, Kyawswa envoya en janvier 1297 son fils le prince héritier demander la protection des mongols à Tagaung. En mars 1298, l'empereur Témur Khan reconnut Kyawswa roi de Birmanie et gratifia les trois frères de titres chinois.

Les frères interprétèrent cet arrangement comme un passage sous suzeraineté mongole destiné à réduire leur pouvoir. En décembre, ils invitèrent le roi à Myinsaing, leur capitale, pour qu'il participe à la cérémonie de dédicace d'un monastère qu'ils venaient de construire. Kyawswa eut assez de confiance dans la protection des mongols pour s'y rendre et y présider la cérémonie. Mais dès que celle-ci fut finie, il fut arrêté, détrôné et obligé de se faire moine dans le monastère qu'il venait d'inaugurer.

Invasion mongole (1301) 

À Pagan, le fils de Kyawswa Sawhnit fut élu roi par la reine douairère Saw, mais il fut bientôt réduit au rôle de gouverneur sous l'autorité de Myinsaing. Un autre des fils de Kyawswa, Kumara Kassapa, s'enfuit en Chine, d'où il revint avec une armée mongole pour remettre son père sur le trône. Apprenant ce retour, les trois frères firent exécuter Kyawswa.

Les Mongols nommèrent Kumara Kassapa roi de Birmanie et entrèrent en Birmanie centrale en janvier 1301. La guérilla birmane et les maladies leur infligèrent de lourdes pertes avant qu'ils atteignent Myinsaing et y mettent le siège. Cependant la ville résista et ils acceptèrent de se retirer contre une très forte somme, qu'ils reçurent à titre de tribut. Ils se replièrent à Tagaung avec Kumara Kassapa. Le gouvernement du Yunnan , qui les avait envoyés, fit tuer tous les généraux à leur retour, mais n'organisa pas de nouvelle expédition.  

  • En 1303, les Mongols abolirent leur province de Chiang-Mien, centrée sur Tagaung, et se retirèrent entièrement de Haute-Birmanie

(d’après les sources de wikipédia)

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Du 14ème au 16ème s., Sukhothai a certainement été, après la Chine, le deuxième plus gros producteur de céramiques du monde. Les épaves de navires marchands retrouvées récemment dans le Golfe de Thaïlande montrent que le premier royaume siamois exportait vers la Malaisie, les Philippines, l'Indonésie et le Japon. D’anciens fours ont été découverts près de l’ancienne ville de Sukhothai, mais le plus gros et le meilleur de la production était situé à quelques kilomètres de Si Satchanalaï, sur les sites de Ban Pa Yang et de Ban Ko Noï, où l’argile était d’une qualité supérieure. A l’instar des potiers de Dvaravati, les potiers du royaume de Sukhothai réalisaient de magnifiques décors architecturaux en terre cuite, comme les chôfas de temples représentant des nagas. Mais ils étaient aussi célèbres pour leurs céramiques à motifs peints en noir sous couverte blanc crème et leurs céramiques à couverte céladon rappelant les techniques des artisans chinois de l’époque Song. Selon la tradition, l’art de la céramique céladon aurait été introduite dans le royaume de Siam à la fin du 13ème s. par 300 potiers chinois que le roi Ramkhamhaeng aurait ramenés de son voyage en Chine. http://lms.thaicyberu.go.th/OfficialTCU/main/ContentExample/2545001_French/unite14/CE2.html


Note10.


Henri Cordier (1849-1925)


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fut un éminent historien et orientaliste, professeur à l'Ecole des Langues orientales. On lui doit notamment une oeuvre capitale, la Bibliotheca Sinica, qui recense l'ensemble des oeuvres publiées en langues européennes des origines à 1924 sur la Chine, l'Asie centrale, la Mandchourie, la Mongolie et la Corée.

Il fut codirecteur, avec Paul Pelliot,

 

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de la revue T'oung Pao, qui devint la référence dans le monde de la sinologie


Gaubil (Antoine), savant missionnaire jésuite, né à Gaillac en 1689, mort en 1759, fut envoyé à la Chine en 1723 y apprit parfaitement les langues chinoise et mandchoue, devint interprète de la cour impériale, exerça cette charge pendant 30 ans, et mérita l'entière confiance de l'empereur. Il mourut à Pékin  en 1759. C'est peut-être celui de tous les Européens qui a le mieux connu la littérature chinoise.

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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