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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:26

KingRama5 Le grand roi bien aimé (1853-1910).

 Rama V  régna de 1868 à 1910. Il est le cinquième roi de la dynastie Chakri fondée en 1782. Il est surtout connu sous son nom de Chulalongkorn.

Fils ainé et héritier du grand roi Mongkut (Rama IV) et de la reine Debsirindra, il est né à Bangkok le 20 Septembre 1853 et va recevoir une éducation traditionnelle et moderne. Il eut notamment la gouvernante anglaise Anna Leonowens comme tutrice. En 1866 (il a alors 13 ans) il devint moine selon la tradition royale. Il reviendra à la vie civile en 1867. Son père Rama IV mourut en laissant à son frère, à son fils, à son beau fils et à tous les officiels, le soin de choisir le futur roi. Ce sera Chulalongkorn qui sera couronné le 11 Novembre 1868. Mais il sera mis sous régence, car il n’avait que 15 ans ; le régent qui est choisi, Sri Suriyawongse, est l’ancien premier ministre du roi Rama IV.


 Le règne d’un réformateur.

images (3) Ce roi  va régner 42 ans ; il mourut le 23 Octobre 1910 après avoir eu 77 enfants, de 36 de ses 92 femmes. C’est le grand père de l’actuel roi de Thaïlande Rama IX. Son règne sera marqué par de grandes réformes et une volonté, déjà affichée chez son père Rama IV de moderniser le Siam. Enfin il aura marqué l’histoire de son pays en négociant avec les puissances coloniales que sont la France et l’Angleterre, en cédant des parts importantes du territoire - au Laos, Cambodge avec la France - en Malaisie et Birmanie avec les Anglais.

 

Premiers voyages

 Ce qui est sür c’est que Chulalongkorn voulut faire des réformes dès son arrivée au pouvoir. Il avait compris que les autres pays pouvaient l’inspirer et il entreprit avant même son sacre définitif de grands voyages.

En 1870, il visite Singapour et Java. Puis l’Inde anglaise entre 1870 et 1872 afin de comprendre l’administration anglaise – Calcutta, Delhi, Bombay, puis retour à Calcutta en 1872. Ce voyage sera plus tard sa grande source d’inspiration. Ses idées, ses méthodes pour moderniser l’administration du Siam en tiendront compte

Le régent Sri Suriyawongse eut aussi une grande influence. Il poursuivit l’œuvre du roi Mongkut, Rama IV. C’est notamment lui qui ordonna le creusement d’importants klongs,  notamment le célèbre Damnoen Saduak,  et fit paver de grands axes comme Silom et Charoen Krung, faisant de Bangkok, la Venise de l’Asie. Au début de 1873, Chulalongkorn se refit moine et ne revint que pour son couronnement en 1873. Sri Suriyawongse se retira alors. Chulalongkorn se maria alors avec quatre de ses dernières sœurs, toutes des filles de Mongkut. Il eut 55 enfants !

 

Première mesures.

 

Ses premières mesures vont modifier le protocole et notamment l’obligation de se prosterner devant le roi. Cela ne fut pas du goût des conservateurs qui vont pousser le prince Wichaichan (son frère) à prendre le pouvoir. Cette tentative se soldera par un échec mais les réformes durent attendre un peu. Elles vont reprendre après la mort de Sri Suriyawongse (1883) et Wichaichan (1886) et il nommera ses propres frères aux postes clés.

Il va créer un bureau « d’audit » pour remplacer l’ancien organisme corrompu qui levait les taxes. C’était une atteinte au « palais de devant » (Front palace) dont le prince titulaire était depuis le roi Mongkut considéré comme un second roi. Un tiers des recettes ainsi prélevées revenait au prince Yingyot du « palais de devant-Front office » La crise était inévitable.

 

Il va transformer le conseil d’Etat en un organisme législatif de 10 à 20 personnes choisies parmi ses fidèles et appointées par lui, et créa un conseil privé entièrement consultatif. Chulalongkorn, ne l’oublions pas, est un monarque absolu et tient à le rester. Il va embaucher de nombreux conseillers étrangers.

 

Réformes de l’Etat

 

Dès 1875, le département des finances et des affaires étrangères seront séparés. En 1887 sera crée un ministère de la défense, en 1890 un ministère des travaux publics et un de l’éducation, en 1891 un ministère de la justice. Mais la grande réforme sera d’abolir le rôle des deux premiers ministres l’un qui dirigeait le nord et l’autre qui dirigeait le sud, et les tâches seront confiées au ministère de l’intérieur. Un conseil de 12 membres, sorte de conseil des ministres sera nommé.

Quand le prince Yingyot mourut en 1885, Chulalongkorn en profita pour abolir le titre du « Palais de devant-Front office,  et créer celui de « prince couronné » dans un style occidental. C’est le fils de Chulalongkorn, Vajirunhis qui en fut le premier titulaire. Mais en 1895, il va mourir subitement à l’âge de 17 ans et c’est son demi-frère, Vajiravudh, qui va lui succéder (à son retour d’Angleterre où il était allé étudier).

En 1887, Rama V établit l’Académie militaire royale pour entrainer les troupes à la façon occidentale. Ces forces modernisées donneront plus de force au roi pour centraliser le pays. Le roi prendra soin de nommer aux postes militaires supérieurs ses propres fils qui avaient eu une formation militaire en Europe.

La plus grande réforme administrative sera la réforme provinciale en 1894. Les provinces étaient jusqu’à présent réparties en 4 classes. Chulalongkorn divisa le pays en 18 cercles (monthon) divisés en provinces (changwat) et ces provinces en districts. En 1897 chaque village sera représenté par un chef élu, représentant de l’administration. C’est le prince Damrong qui va se charger de cette réforme.

 

 

Abolition de l’esclavage.

Parmi les multiples réformes de Rama V, l’abolition de l’esclavage est la plus spectaculaire. Cette réforme a commencé en 1874 en accordant la retraite aux esclaves les plus âgés. Cette loi a été mise an application petit à petit jusqu’en 1905 et sans verser de sang.

Sur le plan de la justice, il abolit les méthodes de tortures pour les procès alors en cours, et jugée comme archaïques par les occidentaux et les modernes. Il introduit le code judiciaire occidental et notamment français et il s’entoure d’un juriste belge, Rolin-Jaequemyns qui va aider le roi à mettre sur pied un système judiciaire, cohérent et moderne.

 

r 5Assainissement des finances de l’Etat.

L’une des réformes dont le pays de Siam avait le plus besoin était celle des finances publiques. Le secteur était gangrené par la corruption à son plus haut niveau. Pendant son règne, le roi a contrôlé les revenus du royaume en créant le bureau des revenus publics qui devint le ministère des finances. Quelques conseillers anglais l’avaient soutenu dans cette réforme. Un budget d’Etat sera établi pour la première fois en 1909 séparant la propriété royale et l’Etat.

Les grandes étapes financières seront la création d’une grande banque : la « Siam commercial bank » et la simplification de la monnaie (apparition du bath).

 

Rebellion Heo jugulée.

Pendant ce temps Rama V dû faire face dans le Nord de la Thaïlande à l’agression de bandes de pillards chinois, eux même issus de la grande révolte des Taiping. En 1875, il envoya des troupes pour écraser les bandits Heos, qui étaient arrivés à Vientiane. Mais ceux-ci opposèrent une farouche résistance et il fallut en 1885 envoyer d’autres troupes pour mater la révolte.

Une fois  la révolte matée des Heos en Isan, et débarrassé sur le plan politique du Palais de devant –Front palace, il put se consacrer aux réformes essentielles qui furent nombreuses et qui visaient à sortir le pays de la féodalité.

 

L’Education, une priorité.

 

Rama V avait bien compris que le pays ne pouvait progresser sans une instruction poussée des élites, à commencer par les princes et les enfants de l’aristocratie. Deux écoles ont été crées pour eux dans l’enceinte du palais. Puis en 1884 l’éducation fut étendue à tout le peuple. Ceux qui à l’issue de leurs études en avaient les capacités furent envoyés en Europe. En même temps on créait des écoles « supérieures » en médecine, en droit , pour l’administration, des collèges militaires, des écoles normales… Ce n’est pas par hasard que la plus grande université de Bangkok aujourd’hui s’appelle « Chulalongkorn ». Rama V fonda la première bibliothèque nationale, le musée de Bangkok et le club d’archéologie.

 

Transports, communications, hôpitaux

Continuant l’œuvre de ses prédécesseurs, il a créé de nouvelles artères à Bangkok pour faciliter le passage des automobiles de plus en plus nombreuses. Il a continué à faire creuser de grands canaux au service de l’agriculture et construire de nombreux ponts. Dix sept ponts ont été édifiés à partir de 1895. Chaque anniversaire du roi voyait la naissance d’un nouveau pont. Puis de 1893 à 1909, le monarque a voulu développer le chemin de fer. Une première ligne de 25 kms (Bangkok/Paknam) verra le jour en 1893 avec l’aide des Britanniques et des Allemands. Cette voie ferrée n’atteignit Ayutthaya qu’en 1896 et Korat en 1900. Vers le sud la voie ferrée n’arriva à Phetchaburi qu’en 1903.

Le département des postes et télécommunication voit le jour en 1883 et les premières lignes téléphoniques à la même époque.

Quant à la santé publique le premier hôpital moderne, voit le jour en 1888  c’est l’hôpital Siriraj

 

Ce roi déjà si prolixe en matière de réforme se préoccupa aussi de la culture et sous son règne on assista à de nombreuses créations. Lui-même se révéla comme un bon écrivain et il laissa quelques œuvres, romans et poèmes de haut niveau.

 

chula-haakon1897Roi voyageur

Rama V fut un grand roi voyageur, non seulement vers d’autres pays que le sien, mais aussi à l’intérieur de son propre pays. Il a visité presque toutes les provinces du pays, en se déguisant en homme du peuple, logeant en incognito. Il voulait se rendre compte par lui-même de la vie dans les villages et du travail des fonctionnaires. Deux voyages privés de ce type sont restés dans les annales, en 1904 et en 1906. Et puis il entreprit des voyages à l’étranger, en 1871, 1896, 1901 à Java et Singapour, en 1871 en Inde et en Birmanie et en 1897 et 1907 en Europe.

Son premier voyage devait lui permettre de visiter la Grande Bretagne et la France, mais aussi la Russie et l’Allemagne. La manoeuvre était habile car il voulait contrebalancer le pouvoir de la France et de la Grande Bretagne en sollicitant l’aide de la Russie et de l’Allemagne, mais en vain. Puis le second voyage fut l’occasion d’assister à la signature du traité franco-thaï, le 23 Mars 1907, et de poser pour sa statue équestre.

 

La guerre franco-thaïe.

 

A partir de 1863 (quand le Cambodge devient un protectorat français). La pression de deux puissances coloniales, la France et l’Angleterre va s’accentuer. Des parties du territoire cambodgien, Battambang, Siem Reap étaient toujours sous le contrôle du Siam. La Birmanie, la Malaisie étaient sous le contrôle  britannique. En 1887 l’Indochine française était constituée du Vietnam et du Cambodge. Cette année là pour chasser les bandits Heo, les troupes françaises envahissent le Laos. En 1893, Auguste Pavie, le vice consul de France à Luang Prabang demandera la cession de toutes les terres laotiennes à l’Est du Mékong et qui étaient sous suzeraineté du Siam. Ce bras de fer a été longuement traité dans notre article précédent, « traité de 1893 ». Après une guerre rapide perdue par le Siam, Chulalongkorn parvint à conserver l’indépendance du Siam au prix d’une perte importante de souveraineté et de territoires. Il abandonna en effet la partie du Cambodge qui lui restait,  (Battambang,et Siam Reap- Angkor) et le Laos à la France. Quant aux Etats de Malaisie et de Birmanie (notamment Mergui, ils revinrent au Royaume Uni (en 1909).

Au terme d’un long règne, quand le roi mourut, le 23 Octobre 1910, la Thaïlande n’était pas devenue un pays colonisé. Le prix à payer avait été lourd (la perte d’un demi million de km2 aux frontières avec la Birmanie, le Cambodge, le Laos, la Malaisie ; la perte de nombreuses taxes afférentes aux territoires mais aussi pour les exemptions des droits européens).

 

Un roi toujours vénéré

Le roi, Chulalongkorn a été très aimé de son peuple de son vivant. Ses sujets ont bénéficié de nombreuses mesures sociales, l’essor économique a été très spectaculaire. Cette reconnaissance fait que ce roi est l’objet encore aujourd’hui d’un culte actif, et de très nombreuses maisons thaïes sont ornées de son portrait.

Le 23 Octobre, est un jour férié et des rassemblements ont lieu partout et en particulier au pied de sa statue équestre de Bangkok.

statue Rama V parisProfitant de son second voyage en France, il en avait profité pour poser pour une statue équestre en plomb, œuvre d’artisans français symbole de modernité et de traditions. Cette statue toujours sur une place devant le Palais royal à Bangkok, Elle est le  prétexte chaque année pour lui rendre hommage.

 La Thaïlande d’aujourd’hui n’a pas oublié le roi qui l’a fait entrer dans la modernité transformant un petit royaume traditionnel en une nation moderne, au cœur des affaires asiatiques.

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Les relations franco-thaies
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