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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 23:06

lithaiLe successeur du roi Ramkhamhaeng : son fils, le roi Loethai.

1/ Nous avons déjà  fait un certain chemin dans notre connaissance du royaume de Sukhotai en huit articles et cela au milieu des conjectures et des légendes et des  sources peu fiables. Nous avons raconté dans quelles circonstances Sukhotai avait été fondé en se révoltant contre le Pouvoir dominant de l’Empire d’Angkor en 1220, explicité pourquoi il est considéré par les Thais comme le premier royaume de leur Nation, que son histoire fut intégrée pour la première fois à l'histoire « nationale » thaï par le roi Mongkut (Rama IV) (1804-1868), se fondant sur la stèle dite de Ramkhamhaeng datée de 1292 qu’il a trouvée, et qui est considérée depuis, comme  l'acte fondateur de la nation thaï.


stèle


Nous lui avons consacré deux articles essayant de discerner ce qui pouvait être du ressort de la polémique, de l’hagiographie et de l’Histoire. Nous y avons trouvé des éléments importants pour l’Histoire de Sukhotai : la création de l’écriture thaïe, l’adoption du bouddhisme theravada, l’organisation de la société, la liste des pays vassaux en 1292, non sans cacher nos interrogations.


Un autre article relatait la prise de position d’un des plus grands historiens/archéologues thaïs, le Prince Subhadradis Diskul qui confirmait   le royaume de Sukkhotaï comme la fondation de la Thaïlande actuelle, et « l’art » de la période de Sukhotaï comme le début de l’art thaï. Il n’évoquait que trois rois parmi les neuf rois de la dynastie (1238- 1438) : le plus célèbre Ram Khamhaeng le Grand, son successeur, le roi Leothai, et le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai. Ensuite, dans notre article 22, considérant que toute Histoire se fonde sur une intrigue, des  acteurs (des noms) et des événements (des dates), nous avons proposé les nôtres(1238, 1262, 1287, 1350, 1378, 1438.), corroborant évidemment celles de beaucoup d’auteurs.


Et puis, nous avons montré comment Sukhotai, un royaume thai, était devenu, pour la première fois, un  nouveau pouvoir dominant en Asie du Sud-Est à la fin du XIII ème siècle (Art.24), étudié dans les trois articles suivants, la politique « étrangère » du roi Ramkhamhaeng, à savoir, les rapports entretenus avec  les Mongols de Chine (Art.25), le royaume môn d’ Hanthawaddy, vassal de Sukhotai  (Art.26), et l’ Etat du Lanna dans le Nord de la Thaïlande (Art. 27).


carte sukhothai small


Il était temps de continuer notre Histoire de Sukhotai, en se souvenant de notre approche.

  • Des noms : de 1238 à 1438, le royaume de Sukhotai a connu neuf rois *.

 

  • Deux périodes : 

De 1238 à 1313, de la fondation au règne du roi Ramkhamhaeng, Sukhotai atteint son apogée et devient le premier royaume thaï dominant en Asie du Sud- Est.


En 1350, le nouveau royaume thaï Ayutthaya, va vite devenir le nouveau Pouvoir central et redistribuer les cartes par une politique de conquêtes qui aboutira  à la vassalisation de Sukhotai en 1378 et son annexion en 1438.


2/  Le début du déclin avec le roi Loethai. 

Le roi Ramkhamhaeng (le 3 ème de la dynastie) meurt donc entre 1298 et 1313 ( ?), avec un royaume à l’apogée de sa puissance. Ensuite, tous les écrits que vous pouvez trouver sur internet signale que son successeur, son fils Loethai (1313-1323), marque le déclin de Sukhotai et la perte de nombreux états vassaux, comme par exemple :

  • La province d’ Uttaradit dans le Nord.
  • Les royaumes laotiens de LuangPrabang et de Vientiane.
  • En 1319, les Môns de Martaban rompent leur allégeance.
  • En 1321, le Lanna s’empare de Tak (une des plus anciennes villes contrôlée par Sukhotaï)
  • le royaume vassal de Pegu (Birmanie) se rebella et s'empare des villes portuaires de Mergui et Tenesserim sur la côte occidentale de Thaïlande.

  • carte tenasserim
    • Le roi Loethai ne réussit pas à les reconquérir. Mais «  le jeune Prince Thaï Bodi, gouverneur du district de Supanburi dans la plaine centrale de Thaïlande (et Prince d’Uthong), (futur fondateur du royaume d’Ayutthaya en 1350 sous le nom de Ramathobi (1314-1369) ) profita de l'opportunité pour les conquérir. Il leva une armée, reprit les ports aux Birmans et les annexa à son district. »** (quand ?) (Cf. le site
    • http://www.thailande.phuket.com/phuket_history/ayutthaya.htm)

 

Mais Coedès*** nous donne une autre version :

  • Le nom de Lô T'ai ne peut être associé qu'à fort peu d'événements historiques.
  • Du côté de la Birmanie, il semble avoir profité de trou­bles qui survinrent à Martaban pour reprendre Tavoy et Tenasserim.
  • Mais il fut moins heureux lorsqu'il essaya de venger le meurtre de son petit-fils qui avait tenté de prendre le pouvoir à Martaban : son armée fut défaite et Martaban cessa de reconnaître sa suzeraineté.
  • C'est encore Lô T'ai qui, vu la date, envoya en 1335 au col de Cüa Rao, sur la cordillère indochinoise, une délégation pour saluer l'empereur du DaiViét, TrânHièn-tôn, qui menait alors campagne contre le royaume t'ai d'Ai-lao (Sud-Ouest du Yun-nan).
  • Vers 1340, Lö T'ai désigna comme vice-roi à Si Sach'analai (Savank'alok) son fils Lü T'ai, et mourut très probablement en 1347.
  • Sa dévotion au bouddhisme et ses oeuvres religieuses lui valurent le titre de Dhar­marâja ou Dharmikarâja, « roi pieux », que ses suc­cesseurs portèrent après lui. Les relations entre Sukhotai et la métropole du boud­dhisme s'intensifièrent en effet sous le règne de Lö T'ai.

Vous pouvez déjà constater que Coedès fait régner Loethai jusqu’en 1347, n’évoquant pas entre son règne et celui de son fils Lithaï, le 5ème roi de la dynastie, Nguanamthom (1323-1347) (cousin de  Loethai et fils de Ban Muang).


Quant à  Etienne Aymonier in Le Cambodge III, Le groupe d’Angkor et l’Histoire, Leroux Editeur, Paris, 1904, chapitre VI, Le Siam Ancien, on entre encore dans une autre Histoire.


Une Histoire nous prévient-il où les deux successeurs immédiats  du roi Ramkhamhaeng (PhyaRuang) « ne nous sont guère connus que par des inscriptions postérieures à leurs règnes et qui les mentionnent incidemment. La pénurie des documents réellement utilisables nous contraint donc de rentrer plus que jamais dans le champ des hypothèses ».


Ou encore :


Le malheureux historien doit être excusé, s’il recherche avec trop d’avidité le moindre filon susceptible d’être utilisé, au milieu de cet amas de scories rebutantes que constituent les fables et les contradictions des Annales  siamoises. Et il ne s’agit pas seulement du fantastique recueil des Annales du Nord, mais aussi des chroniques modernes restées jusqu'ici sans suspicion.

 

  • PhrahSuchak (Loethaï ?) était le petit-fils de l'empereur de Chine dont la fille avait, toujours d'après les mêmes sources, épousé PhyaRuang.
  • Ces Annales disent encore que quand le PhyaRuang disparut, ce Chao PhraSouchaKouman envoya une ambassade porter la triste nouvelle au ChaoRitti.deVijayaXieng-Maï, son frère (- il faut entendre son oncle,d'après ce que nous avons dit -). Celui-ci vint couronner PhraSouchaKouman roi de Sajjanalai. Ce prince, Sua Thaï, que le P. Schmitt pensait être contemporain de PhyaRuang ou peut-être identique à ce dernier, a régné, croyons-nous, de 1324 à 1340.
  • Mais il semble que, vers 1330 les Pégouans battirent les Siamois et s’affranchir complètement de leur domination ; ce qui occasionna de longues guerres entre les deux pays.
  • On sait par Dulaurier, Raffles et Francis Garnier entre autres,que les chroniques malaises mentionnent en 1340 une guerre entre le roi de Siam et le roi de Malacca et font périr le premier les armes à la main.
  • De même, le second successeur de Phya Huang ne nous est guère connu que par deux inscriptions postérieures où on lit simplement son nomdire que nous ne savons presque rien de ce prince qui régna, supposons-nous,de 1340 à 1357.
  • L'inscription thaïe de NokorJum se borne à mentionner le PhrayâHidaiyraja (pour Hidayaraja, probablement forme fautive de Hridayaraja), qu'elle dit être fils dit PhrayaSüaTbai et petit-fils du Phrayattamaraja. L'autre document qui le mentionnait, l'inscription khmère de Sokothai, nous aurait donné plus de détails si elle n’avait été complètement ruinée.
  • Nous pouvons croire que l'avènement de l'arrière-petit-fils et troisième successeur de PhyaRuang eut lieu en 1357. La date n'est pas formellement indiquée dans les textes épigraphiques conservés, mais l'inscription thaïe de NokorJum dit que, en cette année-là, le PhrayâRidayaraja ne régnait plus sur le trône de Sajjanalai-Sukhodai.

 

 

Pourquoi avoir présenté ici ces trois  histoires si différentes ? 

 

Il s’agit ici de rappeler la prudence nécessaire quand on cherche à présenter l’Histoire du Siam et encore plus l’Histoire de Sukhotai.

Les « anciens »  (Coedès, Aymonier, Pavie par ex.) rarement dépassés nous invitent à la prudence, conscients qu’ils sont des fables et des contradictions des Annales siamoises et des Annales du Nord. Aymonier nous rappelle souvent que les plus sérieux « historiens » ne peuvent avancer que des hypothèses.

 

On remarque que les dates des règnes varient. Coedès lui-même à propos de la mort du roi le plus célèbre est catégorique : « On ignore la date exacte de la mort de RâmaK'am­hèng. Il semble résulter d'un passage de l'Histoire des Yuan  qu'elle aurait eu lieu entre l'ambassade de 1295 et celle de 1299 ». D’autres  proposent d’autres dates. Même les événements varient d’un auteur à l’autre.

 

Mais tous  s’accordent pour dire que le royaume de Sukhotai marqua son apogée avec le roi Ramkhamhaeng et que durant le règne de son fils Lothai on assista au déclin de Sukhotai et à la perte de nombreux états vassaux, et d’en citer quelques-uns, sans dates bien souvent, et sans récits. 

 

 

Et pour cause. 

 

Nous allons vous relater dans l’article suivant ce que Mgr Pallegoix, ami du roi Mongkut, nous raconte de Sukhotai dans sa DESCRIPTION du ROYAUME THAI OU SIAM.(tome second, Lagny, Imprimerie de Vialat et Cie, 1854).

 

Vous allez être surpris.

 

__________________________________________________________________________________

 

*Rappel de la dynastie de Sukhotai.


1/ Sri Indrahit(PhoKhun Bang KlangHao) (1238- 1279) Fondateur du Royaume.

2/ Ban Muang (1279-1279) (fils de Sri Indrahit)

3/ Ramkhamhaeng, le Grand (1279- 1298) (frère de Ban Muang)

4/ Loethai (1298-1323) (fils de Rankhamhaeng)

5/ Nguanamthom (1323-1347) (cousin de  Loethai et fils de Ban Muang)

6/  Lithai (Thammaracha 1) (1347-1368) ( cousin de Nguanamthom,  Fils de Loethai)

7/ Leuthai (Thammaracha II) (1368-1399) ( fils de Lithai),

8/ Saileuthai (Thammaracha III) (1400-1419) (fils de Leuthai),

9/ Borommapan  (Thammaracha IV) (1419-1438) (fils de Saileuthai)


**Le site http://www.thailande.phuket.com/phuket_history/ayutthaya.htm


nous donne une bonne explication de l’importance de cette place pour le commerce maritime.


Après la mort du Roi Ramkhamhaeng, le royaume vassal de Pegu (Birmanie) se rebella et s'empara des villes portuaires de Mergui et Tenesserim sur la côte occidentale de Thaïlande. Le Roi Loetai (fils du Roi Ramkhamhaeng) ne saisit pas l'importance stratégique de ces ports et ne fit que peu d'efforts pour les reconquérir. Il n'y réussit pas. Par contre, le jeune Prince Thaï Bodi, gouverneur du district de Supanburi dans la plaine centrale de Thaïlande (et Prince d’Uthong), (futur fondateur du royaume d’Ayutthaya en 1350 sous le nom de  Ramathibodi (1314-1369)nda. )

 

ramathibodi 1

profita de l'opportunité pour les conquérir. Il leva une armée, reprit les ports aux Birmans et les annexa à son district.

A cette époque, les navires de commerce n'étaient pas vraiment en mesure de manœuvrer contre les vents. Il leur fallait six mois voire plus pour parcourir les trois mille milles marins (1 mille =1852m) entre l'Inde et la Thaïlande sous vents dominants. Ils devaient aussi prendre en compte les pirates qui sévissaient dans le Détroit de Malacca. Avec les moussons qui balayaient la mer d'Andaman, c'était autant de dangers qui requéraient un planning soigneux pour livrer les marchandises le plus régulièrement possible. Beaucoup de négociants Indiens et Arabes puis plus tard Européens choisissaient de jeter l'ancre à Mergui puis de se rendre en barge à Tenesserim en amont de la rivière, ce qui les menaient grosso-modo à mi-chemin sur la péninsule. Restait ensuite à transporter les marchandises par la montagne à travers la jungle jusqu'au Golfe de Thaïlande. C'était un voyage pénible et terriblement dangereux, comme le relate ce Jésuite de l'époque qui a vu l'un de ses compagnons déchiqueté sous ses yeux par un tigre. Mais cet itinéraire réduisait la distance de moitié et ramenait la durée du voyage à un peu plus d'un mois.

Le contrôle de cette route commerciale stratégique donnait au Prince Bodi accès aux richesses et aux technologies étrangères. Aussi mena-t-il campagne pour annexer la ville portuaire d'Ayutthaya, porte de la région centrale de Thaïlande.


***Georges CŒDES, Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, XIII, LE DÉCLIN DES ROYAUMES HINDOUS(Première moitié du XIVe siècle)


On ignore la date exacte de la mort de RâmaK'am­hèng. Il semble résulter d'un passage de l'Histoire des Yuan  qu'elle aurait eu lieu entre l'ambassade de 1295 et celle de 1299. A cette date, en effet, le roi du Sien « présenta au trône une supplique disant qu'au temps où son père était sur le trône, la Cour avait accordé en don à celui-ci des chevaux blancs avec selles et brides et des vêtements en fil d'or, et il demandait que conformément à ce précédent on lui en accordât ». Cette supplique, qui fut suivie d'un refus partiel, a l'air d'émaner d'un nouveau roi. Toutefois, l'avènement avant 1299 du suc­cesseur de RâmaK'amhèng semble difficile à concilier avec les données du Râjâdhirâjaou Histoire de Marta-ban, d'après lesquelles, à la mort de Wareru en 1313, son successeur reçut de P'raRuang le titre de Râma­pratishtha « établi par Râma », qui ne peut guère avoir été conféré que par RâmaK'amhèng. Par ailleurs, si le fils de RâmaK'amhèng avait succédé à son père avant 1299, il aurait régné environ 50 ans, ce qui semble bien long pour un roi dont on sait si peu de chose. Il est plus vraisemblable que RâmaK'amhèng cessa de régner peu avant 1318, date à laquelle le roi de Martaban envahit Tavoy et Tenasserim.


Si cette conjecture est exacte, c'est encore RâmaK'amhèng qui en 1313 provoqua au Champa ces incursions dont parlent les annales du Viêt-nam. Ses troupes durent pour cela traverser des territoires qui avaient appartenu au Cambodge, et que celui-ci avait perdus ou n'était plus en état de défendre contre son redoutable voisin.


La légende veut que P'raRuang ait disparu dans les rapides de la rivières de Savank'alok. Il est difficile de dire si cette légende repose sur un fait historique, et si elle s'applique à RâmaK'amhèng ou à quelque autre souverain de sa dynastie.


RâmaK'amhèng eut pour successeur son fils Lô T'ai, que par suite d'une fausse lecture on a longtemps appelé Süa T'ai, « le Tigre des T'ais » : cet idolum libri reparaît de temps en temps dans les livres.


Le nom de Lô T'ai ne peut être associé qu'à fort peu d'événements historiques.
Du côté de la Birmanie, il semble avoir profité de trou­bles qui survinrent à Martaban pour reprendre Tavoy et Tenasserim. Mais il fut moins heureux lorsqu'il essaya de venger le meurtre de son petit-fils qui avait tenté de prendre le pouvoir à Martaban : son armée fut défaite et Martaban cessa de reconnaître sa suzeraineté ».


C'est encore Lô T'ai qui, vu la date, envoya en 1335 au col de Cüa Rao, sur la cordillère indochinoise, unedélégation pour saluer l'empereur du DaiViét, TrânHièn-tôn, qui menait alors campagne contre le royaume t'ai d'Ai-lao (Sud-Ouest du Yun-nan) .
Vers 1340, Lö T'ai désigna comme vice-roi à Si Sach'analai (Savank'alok) son fils Lü T'ai, et mourut très probablement en 1347. Sa dévotion au bouddhisme et ses oeuvre religieuses lui valurent le titre de Dhar­marâja ou Dharmikarâja, « roi pieux », que ses suc­cesseurs portèrent après lui. On lui doit notamment la fondation de plusieurs Buddhapâdaou empreintes du pied du Buddha, faites à l'imitation de celle qui est vénérée à Ceylan sur le sommet du Sumanakûta ou Pic d'Adam.


Les relations entre Sukhot'ai et la métropole du boud­dhisme s'intensifièrent en effet sous le règne de Lö T'ai, en partie grâce à l'action d'un prince t'ai qui prit la robe jaune, fit un voyage dans l'Inde et à Ceylan et en rapporta des reliques miraculeuses. Ce prince, qui après ce voyage reçut le titre de MahâtheraÇrîSradhârâjachûlâmuniSrîRatanalankâdipaMahâsâmi, était un petit-fils de ce PhaMüöng qui, l'on s'en sou­vient, avait mis sur le trône de Sukhot'ai le père de RâmaK'amhèng.


Cf aussi :

H. MASPERO, La frontière de l'Annam et du Cambodge, BEFEO.

G. CŒDÈS, Documents sur la dynastie de Sukhodaya, BEFEO.

G. CŒDÈS, Recueil des inscriptions du Siam

P. PELLIOT, Deux itinéraires, BEFEO.

C. NOTTON, Légendes sur le Siam et le Cambodge

Prince DAMRONG, Siamese history prior to the founding o' Ayudhyâ, J. Siam Soc., 1919.

 

****Etienne Aymonier in Le Cambodge III, Le groupe d’Angkor et l’Histoire, Leroux Editeur, Paris, 1904, chapitre VI, Le Siam Ancien,


Aymonier


Ces deux successeurs immédiats ne nous sont guère connus que par des inscriptions postérieures à leurs règnes et qui les mentionnent incidemment.

La pénurie des documents réellement utilisables nous contraint donc de rentrer plus que jamais dans le champ des hypothèses. En ce qui concerne ces deux souverains, l'inscription thaïe dite de NokorJum donne au PhrayâRamarâja, c'est-à-dire à PhrahRuang, pour fils et aussi pour successeur, semble-t-il, le PhrayâSüa Thaï « Lion des Thaïs », qu'on peut donc identifier avec le PhrahSukkarat (Sukkaraja~) ou Sucharat (Sujataraja:') des annales du Nord qui en font, à tort, le frère cadet de son prédécesseur. Remarquons toutefois qu'un autre passage de cette compilation de légendes et de bribes informes, dont les contradictions sont par trop multipliées, dit que PhrahSuchak était le petit-fils de l'empereur de Chine dont la fille avait, toujours d'après les mêmes sources, épousé PhyaRuang. Ces Annales disent encore que quand le PhyaRuang disparut, ce Chao PhraSouchaKouman envoya une ambassade porter la triste nouvelle au Chao Ritti.de VijayaXieng-Maï, son frère (- il faut entendre son oncle, d'après ce que nous avons dit -). Celui-ci vint couronner PhraSouchaKouman roi de Sajjanalai et reprit ensuite le chemin de sa principauté. Ces Annales font donc régner le successeur de PhyaRuang à Sajjanalai, c'est-à dire à Sukothai, et il ne peut guère en être autrement, puisque nous verrons que son petit-fils avait encore cette ville pour capitale. Ce prince, Sua Thaï, que le P. Schmitt pensait être contemporain de PhyaRuang ou peut-être identique à ce dernier, a régné, croyons-nous, de 1324 à 1340.

 

Les rois du Pégou, qui avaient coutume de demander leurs insignes et leurs titres royaux, bref une sorte d'investiture, à son illustre père, transportèrent à cette époque leur résidence de Martaban à Hangsavadi et perdirent, dit S. A. Phayre, leurs provinces méridionales de Tavoy et de Tenasserim qui furent reprises par le roi de Siam. Mais il semble que, vers 1330 les Pégouans battirent les Siamois et s’affranchir complètement de leur domination. ce qui occasionna de longues guerres entre les deux pays.

« Matamah et Muong Sokothai interrompirent leurs relations amicales à partir de cette époque, » disent les Annales, qui confirment ainsi, point essentiel, que Sokotbai était alors la capitale

 

On sait par Dulaurier, Raffles et Francis Garnier entre autres, que les chroniques malaises mentionnent en 1340 une guerre entre le roi de Siam et le roi de Malacca et font périr le premier les armes à la main que les souvenirs javanais placent vers cette époque l'invasion par une armée cambodgienne (sic) du royaume de Majapahit, invasion qui aurait été victorieusement repoussée par Damar Woulan beau-frère du roi AngkaWijaya enfin, que ces agressions doivent être attribuées probablement aux Siamois, qui avaient succédé au Cambodge déchu dans la prépondérance de la péninsule.

 Dans leur ensemble, ces événements semblent devoir être acceptés. Néanmoins, en quittant ce règne, dont pas une inscription n'a été relevée jusqu'à présent, nous avons le regret de reconnaître qu'il émerge à peine de ce domaine de la légende d'où nous avons pu sensiblement dégager l'illustre père de ce « Lion des Thaïs ».

De même, le second successeur de Phya Huang ne nous est guère connu que par deux inscriptions postérieures où on lit simplement son nom dire que nous ne savons presque rien de ce prince qui régna, supposons-nous de 1340 à 1357. L'inscription thaïe de NokorJum se borne à mentionner le PhrayâHidaiyraja (pour Hidayaraja, probablement forme fautive de Hridayaraja), qu'elle dit être fils dit PhrayaSüaTbai et petit-fils du Phrayattamaraja. L'autre document qui le mentionnait, l'inscription khmère de Sokothai, nous aurait donné plus de détails si elle n’avait été complètement ruinée.

 

incerttitude

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