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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 00:01

intro.jpg 3. « Notre » Histoire de la Thaïlande. La préhistoire (suite).

Nous nous proposons en suivant Michel Tranet d’en savoir un peu plus sur ces populations non-mongoloïdes, les Khmers-môns, qui bien avant les Hindous, ont occupé la Thaïlande actuelle, donc bien avant l’arrivée des Thaïs, et dont « le Founan, premier royaume khmer unifié puise ses racines».


1/ Michel Tranet, en s’appuyant sur les « autorités » de son époque comme George Coedès, Archaimbault, Olivier… et les « découvreurs » des sites archéologiques, va tenter de prouver que :

que l’ancêtre du Khmer est le plus ancien occupant du territoire  du Cambodge, Laos et Vietnam, et de Malaise et Haute-Birmanie et … du Siam;

qu’il serait d’origine indonésienne (sans oublier plus avant quand on pouvait passer à pied sec entre l’ Asie et l’Indonésie) ;

qu’ il y aurait une filiation directe entre les hommes préhistoriques et les Khmers hindouisés ;

mais que cette (ces ?) civilisation existait bien avant l’arrivée de la civilisation indienne et de l’hindouisme et qu’elle  existait avec des cultes, des rites et des traditions  pré-indiens, après une longue évolution technologique, économique et culturelle, du paléolithique au néolitique ;

que ces populations autochtones ont transmis  aux Khmers de l’époque hindou (et aux montagnards actuels) une culture matérielle et spirituelle déjà très développée.


2/ Tranet n’aura de cesse de montrer que ces « vérités » sont corroborées par de nombreuses fouilles et découvertes,qu’il cite et qu’il inscrit dans une distinction de plusieurs phases culturelles, marquées de façon chronologique et d’un trait « civilisateur » comme par exemple :


La civilisation du galet aménagé  (-600 000 ans  -120 000 ans)  


galet aménagé

trouvé en Thaïlande par Sarasin en 1931, Heerkeren en 1943-1944, Heider en 1956  confirmée par le géologue Saurin en 1963 au Cambodge, et en 1972 par  Charoengwongsa et le prince Diskul ) qui ont avancé « que les plus anciens outils doivent être âgés d’au moins 500 000 ans ». 

Le paléolithique supérieur


paleolitihuq esupérieur

 

dont la plus grande innovation est représentée par l’apparition d’une industrie à lames (Cf. les sites de Than Sa, de Niah et de Rattanakiri , même s’il y a  encore parfois des galets appartenant à un stade culturel plus ancien.      

Le Mésolithique Inférieur ( -12000 -10000 ans),

 

meso inferieur

 

dont nous connaissons l’évolution culturelle, s’étend du Nord de l’actuel Vietnam à l’Insulinde, désigné sous le nom de Hoabinhien, nom du site de Hoa-Binh (nord-Vietnam), (station de Thien Xen) (Colani, 1926)

Le Néolithique Inférieur ( - 9000 – 8000 ans) ;

 

neolithique inferieur$

 

1ère ébauche du polissage ; fouilles de la grotte de l’Esprit et de la grotte de Banyon …

Le Néolithique Moyen ( -8000 -6000 ans ), avec les sites représentatifs de Ham Rong, Sai Yok, Samrong Sen …


 neolithique moyen

 

Le Néolithique Supérieur (-7000 -5000 ans ) . Après les civilisations de la pierre taillée et de la pierre polie advient la métallurgie, dont on a daté un outil en cuivre de – 3500 ans, sur le site de Non Nok Tha  (province de Khon Kaen) .


neolithique superieur


La connaissance de la vie socio-culturelle et économique de cette époque est complétée par les découvertes de  Ban Chiang, dit-il, (des poteries datées de - 4400 ans av. J.C. !) qui indiquent un raffinement des objets de parures, des armes, des instruments oratoires , la perfection des poteries, avec une économie basée sur l’élevage des bovins et de porcs , la pratique de l’agriculture avec la chasse et la pêche  (restes d’éléphants et de cervidés) … bref, une civilisation pré-mongole qui dépasse ce qu’on a pu appeler une économie de subsistance.


3/ Nous remarquons à partir de cette démonstration :


Que nous sommes  certes  dans une chronologie préhistorique dont les fouilles, au fil des ans, permettent de découvrir que ce territoire est occupé depuis bien avant le paléolithique supérieur… par des populations venues d’Océanie, puis d’Indonésie, puis ensuite par l’ancêtre du Khmer actuel, le Khmer/Môn, une civilisation déjà bien élaborée , même avant l’arrivée des Indiens (et de l’hindouisme) et la naissance du Founan… plusieurs milliers d’années avant l’existence des pays que nous connaissons aujourd’hui comme le Vietnam, le Cambodge, la Malaisie, la Birmanie et …notre Thaïlande.


Mais il faudrait savoir pourquoi on a tenu à la nommer pré-mongole ?


Tranet aurait  pu se contenter de dire que les Khmers ne viennent pas de Chine contrairement à tous les autres peuples actuels, mais il doit le prouver tant de nombreux chercheurs et les  Etats thaïs et vietnamiens ont souvent essayé d’annexer cet héritage à leur discours « nationaliste » et de faire oublier leur arrivée récente.

Il dénonce même  « la mainmise [ de ces Etats] sur les institutions scientifiques, surtout en matière de recherches archéologiques ». 

 

falsification


Aussi par exemple, évoque-t-il les nécropoles de Dong Son avec des tombes encore inconnues, des objets avec une  décoration gravée, dont « les images se rapportent à la vie d’une peuplade non-chinoise ». Il n’a de cesse de se répéter, tant j’imagine beaucoup de publications ont prétendu le contraire.

Toutes ces productions culturelles, dit-il,  ne doivent rien aux productions culturelles thaï-lao et vietnamiennes, et battent en brèche leurs allégations d’après lesquelles l’Indochine  serait le berceau culturel et génétique des peuples venus du Yunnan et du fleuve Bleu.


Pire, il cite Coedès  pour dire que les Siamois ne peuvent même pas revendiquer une quelconque influence culturelle de l’Inde comme les Môns (les Khmers), car ils sont « arrivés trop tard ». Il est sûr qu’il doit être difficile encore aujourd’hui pour un Thaïlandais siamois de reconnaître qu’il dépend d’un héritage culturel khmer !


4/ On apprend aussi  que cette civilisation pré-mongole, dont  «  le développement technologique en matière de métallurgie est apparue de façon indépendante en Asie du Sud-Est »  ne doit rien au Moyen Orient. « Une civilisation « originale » donc  qui ne doit rien à personne ». (prince Diskul).

Nous avions dit dans notre article sur Ban Chiang : « Ces découvertes battent en brèche l’idée que l’âge du bronze est né en Mésopotamie, qu’il est de bon ton de considérer toujours comme le « berceau de la civilisation ». C’était pas mal vu, non ?


samarcande01b


5/ Ensuite dans une deuxième partie, il décrit les principaux éléments de cette « religion préhistorique »   dont on retrouve de nombreux vestiges (dont il rend compte) dans les nécropoles qui essaiment en Asie du Sud-Est (et en Thaïlande) ; (vestiges culturels qui étaient présents bien avant l’arrivée des Hindous), et aussi qu’on peut analyser dans la tradition orale des tribus montagnardes  et les légendes.


On ne va pas ici reprendre l’étude proposée des forces cosmiques, la divinisation des éléments naturels, la vénération des aïeux et des premiers chefs tribaux, les mythes relatifs à la création du monde, des hommes et de la mort ; Les rituels pour se « concilier, séduire, dompter, « berner » les esprits »… bref une religion, qui comme toute religion, donne sens au monde, à la place des hommes dans ce monde et transmet les rituels pour vivre en « harmonie » avec le sacré et déjouer les forces du mal. (Il s’appuie beaucoup sur Mircéa Eliade, encore l’un des meilleurs analystes du sacré jusqu’à ce jour.)


6/ Il montre surtout comment l’hindouisme et le bouddhisme ont su intégrer (par ingéniosité politique ?) les dieux ou déesses existantes  à leur panthéon en ayant soin de les placer sous les ordres de leurs divinités majeures. Il prouve aussi, en citant l’exemple de la légende khmère montagnarde de Banhar (recueillie par le R. P. Guenlach), comment les bouddhistes ont toujours su « réinterpréter » les récits déjà préexistants.


Pire, pourrait-on dire, ils ont même « effacé » l’existence matérielle des objets et lieux de cultes, en utilisant par exemple, les menhirs et dolmens pour sculpter leurs stèles et les terrasses mégalithiques pour construire leurs temples.

Nous savions déjà en Europe comment l’ Eglise catholique avait « détourné » les cultes et les dates païens, construit ses chapelles et ses églises sur des lieux de cultes d’autres religions. Nous pensons aussi  par exemple au conquistador espagnol Hernan Cortès qui ordonna la construction d'une église sur l'emplacement d'un temple Aztèque dédié au dieu Xipe, proche du Templo Mayor de l'ancienne Tenochtitlan.


Templo Mayor Tenochtitlan


Bref, cette thèse nous prouve que les premiers occupants de la Thaïlande actuelle étaient les ancêtres des Khmers, qu’ils venaient d’Indonésie et non de Chine comme les Thaïs (et les Vietnamiens).


 On pouvait revenir à la citation de Coedès : 

« les peuples qui, comme les Thaïs n’ont accédé à l’indépendance politique qu’ au XIII ème siècle (…), ou qui, comme les Vietnamiens, se  sont répandus loin au-delà de leur berceau primitif, (à savoir le bassin du fleuve Bleu) recèlent sur leurs territoires des antiquités n’appartenant pas à leur patrimoine national, des vestiges des peuples qui le sont précédés dans leur habitat actuel »

« Ces populations autochtones ont su donner aux Khmers de l’époque hindoue, et dans une certaine mesure, aux montagnards actuels, une culture matérielle et spirituelle hautement raffinée, dans laquelle le Founan, premier royaume khmer unifié puise ses racines».


Il était temps d’apprendre comment au  III ème siécle, la péninsule Indochinoise s’était « indianisée », comment l’hindouisme et le bouddhisme s’étaient introduits ,  et s’étaient traduits sur le plan politique par la formation d' Etats(et/ou de cités-Etats)  de type indien, avec le Champa, dans la partie centrale du Viêt Nam actuel, le Founan  , dans le delta du Mékong sur un territoire correspondant au sud du Viêt Nam actuel et au Cambodge actuel, le Dvaravati , avec les Môns, dans le sud du bassin de la Ménam , sur le territoire central de la Thaïlande actuelle et à l'ouest du Myanmar actuel et le Sri Ksetra , dans la basse vallée de l' Irrawaddy, sur le territoire du Myanmar actuel. 

 

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1/ L’Origine de la civilisation et de la religiosité khmère, Michel Tranet, 1981, thèse de IIIème cycle.


2/ Thaïlande contemporaine, Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, 2011.


3/ Dans le GAVROCHE du 25/12/2008 Xavier Galland , Auteur du "Que sais-je? n°1095, Histoire de la Thaïlande", nous apprend peu sur « La préhistoire en Thaïlande ».

 

A sa question qui nous intéresse ici :

 

Mais qu'y avait-il avant eux (les Thaïs) ? Quelles populations, cultures, entités politiques ou autres les avaient précédés sur ce qui allait devenir leur fief?

 

Voilà sa réponse :

 

L'agriculture et la domestication d'animaux apparurent entre -20.000 et -10.000 av. J.-C. L'agriculture est attestée en Thaïlande aux alentours de -10.000 et l'élevage vers -3500 av. J.-C. C'est aux alentours de cette dernière date que débuta le processus de différenciation des diverses ethnies,


differenciation

 

langues et cultures de la région, processus qui prit appui sur la base culturelle commune qui s'était constituée au cours des trente millénaires précédents.

Quelles ethnies ? langues ? cultures ?  

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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Angelo Michel 03/01/2012 07:02


Perso, je ne citerais qu'avec "des pincettes" ce Tranet dont les écrits mêlent inextricablement politique et Histoire !


Les concepts nationalistes dépassés sont ses bases de réflexion majeures, l'idéologie qu'il véhicule est marquée par le "PolPotisme" et le besoin de revanche d'un pays sur ses voisins ...


Lire au 21e siècle des développements du genre "fils du sol", çà a des relents marqués (cf.la photo sur la crâniométrie), et ces relents  donnent envie de vomir !

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 09/01/2012 08:21



Vous connaissez M. Tranet mieux que moi .


 


Et ses arguments dans cet article ???