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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 00:05

 

 

le-seminaire-catholiqueL’année 1664 va poser les pierres de l’édifice missionnaire au Siam. Tout d’abord, les deux fondateurs des missions de Paris, Mgr Lambert de la Motte  et Mgr Pallu sont enfin réunis. Et alors qu’ils devaient se séparer et aller, qui au Tonkin, qui en Chine, les voilà au Siam. C’est donc de concert, et avec ses prêtres, que Mgr Pallu va tenir un Synode pour étudier la situation. Il s’agit de définir un ensemble d’instructions pour  remplir leurs fonctions apostoliques au Siam. Ce travail sera rassemblé et connu sous le nom de « Monita ». Trois thèmes dominent.

La sanctification du missionnaire par le salut des chrétiens, la conversion des infidèles et l’organisation des églises. C’est de ce synode que va naître l’idée de mettre sur pied un séminaire qui serait destiné  à former le clergé indigène. Mgr Pallu songe même à un moment à fonder une congrégation religieuse. Cet institut est dans ses cartons quand il se décide à repartir pour Rome. Il connaît bien les difficultés du voyage et il n’a pas trop envie de les affronter à nouveau et seul. Parlant du Siam et avant de les quitter à nouveau, il écrit : « les liens du devoir, de la tendresse et de la compassion pour ces âmes abandonnées (il évoque les Siamois !) faisaient sur moi une puissante impression et mon cœur ne pouvait penser s’en éloigner sans une extrême violence… » Mais il lui faut faire ce voyage car il y va de la stabilisation et de la survie de la mission au Siam et il  doit obtenir de Rome des mises au point importantes. Il part le 19 Janvier 1665.

 

Construction du premier séminaire

 

Après son départ, Mgr Lambert de la Motte va s’attacher à construire le Séminaire. L’arrivée des évêques avait fait du bruit à Ayutthaya et le roi Phra Narai voulut les rencontrer. Cette visite n’était pas officielle, car le roi ne pouvait recevoir en audience publique que des ambassadeurs, toutefois, c’est avec un esprit ouvert, ami de la civilisation européenne, qu’il reçoit les missionnaires avec respect. Il leur fait parler de la France et leur pose beaucoup de questions sur leurs « missions » qui se résument à : « Votre religion est-elle meilleure que celle des Siamois ?».  

 

les-amantes-de-la-croix

Les premières relations avec Phra Narai seront très bonnes et se concrétiseront quand le roi leur accordera une propriété dans le village de Mahapram près d’Ayutthaya et tous les matériaux nécessaires à la construction d’une église et d’un séminaire.


Ce séminaire  qui ouvrira en 1665 s’appellera Saint Joseph. Il accueille des élèves du Tonkin, de Cochinchine et du Siam. Mais les « chrétiens » siamois sont très peu nombreux et c’est surtout les élèves vietnamiens qui vont faire vivre ce séminaire. Les bouddhistes siamois restent imperméables au christianisme en dépit de leur tolérance religieuse, qui va faire illusion auprès des missionnaires. Il faut dire qu’un obstacle de taille se dresse : la pratique obligatoire du latin. Les postulants vietnamiens dont les pionniers s’appellent Jean Hue et Benoit Hien apprendront par cœur les formules du canon de la messe, mais leur niveau en latin restera faible.

 

Les jésuites ne manquèrent pas d’en faire grief à leurs collègues des missions étrangères. Pour eux la formation des prêtres indigènes laissait à désirer. Il va s’ensuivre une querelle entre jésuites et missions étrangères sur l’adaptation des rites locaux à la pratique du catholicisme, qui verra tout à tour les thèses des uns triompher sur les thèses des autres, et ce sont les jésuites qui perdront. (Ces courants, ces oppositions sont souvent regroupées sous l’intitulé « Querelle des rites »).

 

Mais ce séminaire était fondamental. Le sort de la société et la prospérité des Missions qui lui étaient confiés dépendait en grande partie de l’Etat du séminaire. Selon les directives de Mgr Pallu et les conclusions du synode d’Ayutthaya : «  si vous voulez faire des missionnaires, il  faut faire des saints ».  

Plusieurs familles de la cour du roi Naraï envoyèrent leurs enfants pour qu’on leur enseignât les langues et les sciences d’Europe.  Le roi paya la pension d’une dizaine de fils de mandarins.

Mais les conversions (de séminaristes et de talapoins) restaient très rares. L’éducation de ces jeunes gens qui avaient passé de longues années dans les pagodes au milieu du clergé bouddhiste pesait très lourdement…Il semblait comme imperméable au christianisme. Et il est étonnant que les missionnaires ne  l’aient pas vu.


ambassadeurs-roi-du-siam-et


Phra Narai donna une seconde audience à Mgr Lambert  et le questionna à nouveau sur la religion catholique. C’est à ce moment là, sentant le roi Narai dans de bonnes dispositions à leur égard que Mgr Lambert écrivit à Mgr Pallu alors en Europe pour envisager des relations diplomatiques entre Phra Narai et Louis XIV. Le roi Narai à deux reprises avait envoyé des émissaires en France (1660 et 1664).

Nous ne savons pas grand-chose du voyage de Mgr Pallu pour l’Europe et nous le retrouvons à Rome où il était venu exposer l’état des missions et solliciter des secours. Malheureusement tout sera suspendu à cause de la mort du pape Alexandre VII, celui qui avait nommé les vicaires apostoliques français. Le nouveau pape s’appelle Clément IX et il est nommé le 20 Juin 1667.


Mgr Pallu fut reçut par le nouveau pape après quelques mois et qui examina ses requêtes :

1)      la nécessité de confirmer et d’amplifier les pouvoirs des vicaires apostoliques ; la nécessité de placer le Siam sous leur juridiction.

2)      Approuver l’importance des règles de discipline

3)      L’approbation du livre des « monita » mis au point à Ayutthaya.

4)      La fondation d’une congrégation religieuse.


 

L’approbation du pape (Clément IX), la mission de Mgr Pallu

 

Le pape donna à Mgr Pallu des lettres pour recommander son travail auprès de Louis XIV : « Nous demandons à votre majesté de soutenir et de protéger le séminaire des missions étrangères (le 03 Décembre 1667). Ces textes ne furent remis au roi qu’en février 1668. Le 4 Juillet 1669, le Siam est érigé en vicariat apostolique et le pouvoir des évêques français, vicaires apostoliques, reconnu. Toutes les autres requêtes seront accordées. Et les « Monita » totalement approuvées par le Saint siège et seront imprimées et diffusées largement (et pendant trois cents ans) Elles étaient devenu le » vade –maecum « des prêtres des missions étrangères. Seul le projet de Congrégation religieuse esquissé par Mgr Pallu ne connut pas de suite favorable. Mgr Pallu écrivit à Mgr Lambert pour lui faire part des décisions et réaffirmer son respect et son obéissance au Saint siège.

De bonnes nouvelles étaient parvenues du Siam et Mgr Lambert avait ordonné les premiers prêtres vietnamiens.

Dès lors les missionnaires français vont s’intégrer dans le paysage diplomatique siamois. L’idée a-t-elle germé en eux qu’il pourrait un jour obtenir la conversion du roi Naraï. C’est un peu surprenant compte tenu de l’expérience du Séminaire Saint-Joseph. Mais il ne faut pas sous estimer les jésuites dans ce processus (et notamment le père Tachard) 

pagode-ayutthaya


Quoi qu’il en soit, Mgr François Pallu quand il rencontre le roi Louis XIV en février 1668) évoque cette possibilité et le roi lui remet une lettre de soutien aux missions, conforme à celle du pape.

Rappelons que le confesseur de Louis XIV est un jésuite, le père Delachaise.

Au printemps de 1670 Monseigneur Pallu s’embarque à Nantes avec de nouvelles recrues pour les missions. Ce voyage sera particulièrement long et difficile. Ils arriveront à Ayutthaya en mai 1673 après trois ans de voyage !


C’est donc en Juin 1673 que le roi Phra Naraï reçoit la première lettre de Louis XIV (et du pape Clément IX) lettre de soutien aux missions qui va être suivie d’effet très positifs.

 

Logo-des-MEP


Nous concluons par cette lettre de Louis XIV, qui va ouvrir la porte à de futures relations officielles :
Très haut, très excellent, très puissant Prince, notre très cher et bon ami.

 Ayant appris le favorable accueil que vous avez fait à ceux de nos sujets qui, par un zèle ardent pour notre religion, se sont résolus de porter les lumières de la foi et de l’Evangile dans l’étendue de vos états, nous avons pris plaisir de profiter de l’occasion du retour de l’évêque d’Héliopolis, pour vous témoigner notre reconnaissance et vous parquer en même temps que nous nous sentons obligés du don que vous lui avez fait et à Mgr de Béryte non seulement d’un champ pour leur habitation mais encore de matériaux pour construire leur église et leur maison : et comme ils pourront avoir de fréquentes occasions de recourir à votre justice dans l’exécution d’un dessein si pieux et si salutaire, nous avons cru que vous auriez pour agréable que nous vous demandions, pour eux et pour tous nos autres sujets, toutes sortes de bons traitements, vous assurant que les grâces que vous leur accorderez nous seront fort chères et que nous embrasseront avec joie les occasions de vous en marquer notre gratitude, priant Dieu très haut , très excellent très puissant prince, notre très cher et bon ami, qu’il veuille augmenter votre grandeur avec fin heureuse

Votre très cher et bon ami.


Louis

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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