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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 23:07

volontaires RTAVF 4  30.Les relations franco-thaïes : La deuxième guerre mondiale

« Pendant la deuxième guerre mondiale, entre septembre 1940 et mai 1941, les forces armées de nos deux pays s’affrontent en Indochine française et en Thaïlande. L’armée thaïlandaise envahit les provinces de Siem Reap et de Battambang à l’ouest du Cambodge et du Laos. La France réplique en coulant une partie de la flotte thaïlandaise à Koh Chang. Les hostilités cesseront avec la conclusion, à Tokyo le 9 mai 1941, d’une convention de paix. » (site officiel de l’ambassade de France).

 Cette vision de l’Histoire passe sous silence le traité du 9 mai 1941 où la France, il est vrai sous « l’injonction  » du Japon « triomphant », doit restituer à la Thaïlande, les territoires situés au Laos et au Cambodge,  qui lui furent ravis en 1867, 1893, 1902, 1904, 1907.

(Le 27 novembre 1947 un nouveau traité restituait ces mêmes territoires à la France.)

Nous avions vu que le gouvernement Phibun avait engagé, à la fin de 1939,  des négociations avec la France de Daladier concernant les frontières entre l’Indochine et le Siam, qui avaient abouti à un pacte d’amitié et de non agression  le 12 juin 1940. Mais après  la défaite française face à l’Allemagne, Phibun, encouragé en sous-main par le gouvernement japonais, avec lequel un traité d’amitié a été signé le 12 juin, « exigea » la rétrocession des territoires laotiens de la rive droite du Mékong et des provinces cambodgiennes ayant appartenus au Siam.  En septembre 1940 Vichy refuse. Il s’ installe alors un état de guerre.

Le ministre de la propagande Luang Wichitwathakan mène une campagne anti-française par radio et par voix de presse qui a pour but de soulever la population locale. On affirme que les Khmers du Cambodge appartiennent à la race thaïe, on rappelle que les territoires du Laos et du Cambodge ont été extorqués à la Thaïlande par l’Empire colonial français. Les relations se dégradent et la tension monte. Chaque incident est vite monté en épingle par Bangkok. L’aviation thaïlandaise n’hésite plus à faire des incursions dans l’espace aérien indochinois et les troupes thaïlandaises se concentrent aux frontières du Cambodge et du Laos

arrivée à Pradjuap 03Attaque de l'Indochine française

En cette fin septembre 1940, le gouvernement de Phibun constate, après les événements de Lang Son (du 22 au 26 septembre 1940),  que les Japonais ont pu sans grande difficulté envahir l’Indochine au Nord et vaincre l’Armée française. Même si sur ordre  de l’Empereur du Japon, la division est évacuée par mer et la souveraineté française est rétablie le 30 novembre.

 

Les forces en présence

Les forces françaises en Indochine se compose d'une armée de 50 000 hommes, (dont 12 000 Français), organisée en 41 bataillons d'infanterie, deux régiments d'artillerie, et d'un bataillon d’ ingénieurs. L’Armée de l’air comprend 100 avions dont 60 peuvent être envoyés en 1ère ligne La faiblesse la plus évidente de l'armée française est son nombre de chars : 20 contre 134 pour l’Armée thaïlandaise.

L’Armée thaïlandaise est bien  équipée et se compose de soixante mille hommes, de 140 avions et de 18 navires

Déclenchement des opérations

En novembre 1940, les Thaïlandais, profitant que l’Armée française est occupée à mater une révolte paysanne animée par Tran Van Giau, multiplient leurs incursions en territoire cambodgien. L’aviation thaïlandaise mène aussi  des raids de représailles sur les villes de Thakhek et Savannakhet au Laos. Le Gouverneur Decoux est autorisé à répondre aux provocations thaïlandaises.

Le 1er décembre, la Thaïlande bombarde une nouvelle fois Takhek, une barge est attaquée près de Nongkaï tuant deux soldats français. Les accrochages sont multiples aux alentours de Vientiane. Les Thaïs bombardent l’artillerie française le long  du Mékong. Et dans ce mois de décembre la liste des accrochages est longue, avec  des embuscades de patrouilles, des bombardements de jour de l’aviation  thaïe au Laos de Takhek, Packsé et Vientiane puis les villes cambodgiennes de Sisophon, Battambang, Stung Treng, Mongkol Borey et Siemréap. L’aviation française , quant à elle, effectue  des raids de nuit en représailles sur les centres thaïlandais de Oudorn, Sakol Nakorn, Aranya, Lakhon, Prachinburi, Makhorn Phanom, Waddhana et Sisaket, avec peu de résultats. Les Français perdent officiellement 2 chasseurs. Les Siamois reconnaissent  la perte de 5 appareils, 13 aviateurs tués et 5 blessés. La Thaïlande occupe Pak-Lay et Bassac

Pendant ce temps, la propagande nationaliste prend la forme de l’intolérance religieuse et les missionnaires et  religieux français du Nord-Est sont expulsés au Laos, le 28 et 29 novembre 1940 et les religieux catholiques siamois sont persécutés. Deux religieuses et cinq catholiques siamois de la Province de Song Khorn sont fusillés pour avoir refusé de renier leur religion.relics-of-Thai-martyrs

Début  janvier 1941, les Thaïlandais, délaissent le Laos bien protégé par le Mékong,  et déclenchent leur attaque principale contre le Cambodge, en progressant sur deux axes vers Battambang et Samrong dans le but de repousser les Français dans la région de Sisophon. Le fort de Polpet tombe. Les forces thaïlandaises s’emparent aussi  de Yang Dang Khum et de Phum Preav. Leur aviation bombarde Samrong. L’Armée Issan prend le poste de Vang Tao après de violents combats. Les Français se replient sur Ban Dou et  sur le Fleuve Pasqué.

L’Amiral Decoux contre attaque le 16 janvier avec le 5 ème régiment d’ infanterie, les villages thaïlandais de Yang dang Kum et de Phum Preav. Des combats très meurtriers ont lieu, mais les légionnaires doivent décrocher à Phum Preav. L’appui des canons antichars arrivent à stopper l’avance thaïlandaise. Les pertes des deux cotés sont lourdes et les deux armées se retirent sur un échec français (Le 17 janvier, le 3°RTT a été mis en déroute à Yang Dang Khum).

A Bangkok,  on publie des communiqués de victoire

decoux 2Bataille de Kho Chang

Alors que la situation à terre est critique pour la France,  la bataille Navale de Kho Chang va changer cet avantage terrestre thaïlandais.

L’amiral Jean Decoux donne l'autorisation à l'amiral Terraux, commandant la Marine en Indochine, d'exécuter une opération contre la Marine thaïlandaise.

Le 16 janvier 1941, une petite escadre française composée du croiseur Lamotte-Picquet et des avisos Dumont-d’Urville, Amiral Charner, Tahure et Marne, commandée par le Capitaine de Vaisseau Bérenger croise au large des côtes siamoises. Le 17, un avion de reconnaissance découvre la flotte thaïlandaise au mouillage dans la baie de Kho Chang.

L’escadre française, malgré son infériorité numérique  entame le combat. En moins de deux heures le bilan est lourd pour la flotte thaïlandaise qui perd 40 % de sa puissance. Trois torpilleurs (Songkla, Cholburi et trat) sont coulés et le Lamotte Piquet endommage irrémédiablement le garde-côtes Dombury puis le Sri Ayuddaya.

Le bilan des pertes humaines diverge selon les sources. La marine française déclare que  plus de 300 hommes sont morts du côté thaïlandais avec 80 survivants.La marine thaïlandaise ne reconnait que 36 hommes.

Le gouvernement thaïlandais n’en annonce pas moins sa victoire et radio Bangkok, la destruction de cinq navires. Pendant ce temps  l'Escadre du Lamotte-Picquet arrive intacte  à Saigon, fière d’avoir remporté une grande victoire navale.

La fin du conflit avec  la « médiation » du Japon.

Le 19 janvier 1941, les avants gardes terrestres thaïlandaises arrivent sur Mung Cao, dans le Sud Laos. Le 24 un raid de bombardiers thaïlandais touche l’aéroport français d’Angkor. Dès le 20 janvier, le gouvernement japonais présente une offre de «médiation » dans le conflit qui oppose la France de Vichy à la Thaïlande en Indochine, « dont les termes comminatoires ne laissaient aucun doute sur son caractère d’ultimatum". Il envoie une note aux belligérants le 22 janvier 1941 pour imposer des négociations.

Le 30 janvier, l’accord d'armistice définitif entre la France et la Thaïlande, est signé à Saigon à 20 heures, sur le cuirassé Natori. Il prévoit l'arrêt des combats, en attendant la signature d'un traité de paix, qui doit être négocié dans quelques jours à Tokyo. Le 31 janvier, une trêve de deux semaines avec un retrait des troupes terrestres de 10 km est signée.

Le 7 février, une conférence s'ouvre à Tokyo pour régler le problème de façon définitive. La délégation française est dirigée par le gouverneur général René Robin, les Thaïlandais par le prince Varanarn. Le ministre japonais des affaires étrangères Matsuoka préside les débats. Les Français rejettent les revendications siamoises jusqu'au 2 mars, malgré la pression japonaise, mais l'arrivée de Darlan à la tête du gouvernement de Vichy (25 février) entraîne  une attitude plus conciliante.

Le 11 mars, sous la contrainte japonaise, un accord est signé. Le 9 mai 1941, un traité stipule que  la Thaïlande obtient les territoires, qu’elle avait dû cédés à la France « coloniale » en 1867 : les provinces cambodgiennes de Battambang (en totalité), de Siem Réap, de Kompong-Thom  et de Stung Treng(en grande partie) soit plus de 50 000 km2 (le quart de son territoire, et plus de 420 000 personnes). Le Laos cède les territoires de la rive droite du Mékong (provinces de Sayabouri et Champassak). Le roi du Laos, et du Cambodge n'ont pas  été consultés.

 Ce traité est suivi d’un autre entre la France et le Laos le 21 aoüt. Cette annexion provoque, en juillet 1941, un embargo des Etats-Unis sur les livraisons de pétrole vers le Japon et la création, avec l'aide des services secrets anglo-saxons, du Thaï Séri (les Thaïs libres), organisation clandestine anti-japonaise.

Les pertes

Les sources sont très divergentes. L'armée française aurait eu un total de 321 tués, et capturé 21 Thaïlandais .L'armée thaïlandaise aurait  eu 54 tués et 307 blessés et capturé 222 hommes. Certaines sources donnent même  3600 morts .

La guerre franco-thaïe était terminée. Chacun se trouvait  dans une autre configuration géopolitique, au sein des enjeux de la 2 ème guerre mondiale et de l’expansion japonaise. La Thaïlande avait pris sa revanche historique sur la France et pouvait être « fière » d’avoir, une  fois de plus, préserver son indépendance.

 

La Thaïlande et l’alliance avec le Japon ?de mauvais goût

Mais à la fin de juillet 1941, l’armée impériale japonaise fait son entrée dans la capitale cambodgienne et se prépare pour sa prochaine étape « expansioniste » contre la Grande Bretagne en Malaisie et en Birmanie. Elle a besoin des ports, des terrains d’aviation et des voies ferroviaires thaïes. Elle avait obtenu l’accord verbal du gouvernement thaï. Mais celui-ci tout fier de ses reconquêtes et de sa « victoire » sur la France a pu croire un temps pouvoir préserver son « indépendance » territoriale. Phibun tente même d’obtenir l’aide et l’appui des Américains et des Britanniques qui ne sont pas en mesure de lui donner.

Le 8 décembre 1941, la Thaïlande n'ayant toujours pas répondu aux demandes japonaises, le Japon décide de passer outre et envahit le Territoire de la Thaïlande.

guerreCette invasion donnera lieu à de véritables combats (les Thaïlandais déclarent 116 tués), du 8 décembre au 23 décembre 1941. Si l’Armée impériale ne rencontre aucune résistance à Battambang, elle doit faire face à des actes de résistance à Nakkon Si Thammarat, Pattani... jusqu’à la bataille de Prachuab Khirikhan. Le 21 décembre, un traité d’alliance est signé avec le Japon. Pibulsonggram chasse du gouvernement les ministres opposés à l'alliance. Les troupes japonaises sont autorisées à stationner en Thaïlande, et à y créer des camps pour leurs prisonniers.

Devant l'avance fulgurante des troupes japonaises en Malaisie, le gouvernement thaïlandais décide de s'allier avec le Japon. Dès le 22 janvier 1942, les troupes thaïlandaises affrontent les Britanniques en Birmanie. Ils sont désormais aux côtés des Japonais et le 25 janvier, le Siam se trouve dans l’obligation de déclarer la guerre aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne.

La Résistance ?

Une opposition se manifeste face à la politique de Phibun, et il se voit contraint de chasser du gouvernement ceux qui s’opposaient à sa nouvelle politique aux côtés du Japon.

Dès l’invasion de la Thaïlande par les Japonais le 8 décembre 1941, Seni Pramot, ambassadeur de Thaïlande aux Etats-Unis de 1940 à 1945, s’oppose à la politique de collaboration menée par Phibun. Il refuse le 25 janvier 1942 de remettre la déclaration de guerre de son pays. Il crée alors puis dirige le Mouvement de la Thaïlande Libre. Le régent Pridi Banomyong anime secrètement des mouvements anti-japonais.

Les Forces Thaïlandaises Libres voient leurs officiers principalement formés aux États-Unis par l'OSS. De fait la résistance armée thaïlandaise souffrira de la rivalité politique entre Américains et Britanniques, ces derniers ayant intégré des Thaïlandais dans leur Force 136. Le Docteur Puey Ungpakorn (1916-1999, MBE) est le chef du courant pro-britannique des étudiants Thaïs libres. Le Prince Subha "Chin" Svasti Svastivat (OBE) appartient aussi au courant pro-britannique.

.En août 1944, alors que la situation militaire du Japon s'aggravait de jour en jour, Pibulsonggram se trouva mis en minorité par l'assemblée nationale, qui rejeta notamment son projet ruineux de déplacer la capitale de Bangkok vers Phetchabun. Ayant également perdu le soutien d'une partie de l'armée, Pibulsonggram dut démissionner et fut remplacé comme premier ministre par Khuang Abhaiwongse qui maintint en apparence l'alliance avec le Japon, tout en liant contact avec les mouvements anti-japonais.

À la fin de la guerre, Pibulsonggram fut arrêté par les Alliés et inculpé de crimes de guerre. Il fut finalement acquitté sous la pression populaire, une majorité de Thaïlandais considérant qu'il n'avait fait que servir les intérêts du pays et son indépendance.

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Bibliographie et sources

·                     Principale source Wikipédia

·                     (fr) Fabienne Mercier-Bernadet, « Le conflit franco-thaïlandais (juin 1940-mai 1941), une manipulation japonaise ? », Revue historique des armées, no 223, 2001.

·                     (fr) Dossier sur la Guerre franco-thaïlandaise et l'invasion japonaise, dans Le Franc-Tireur N°1 de 1996

·                     (fr) Yann Mahé et Étienne Le Baube, Les opérations terrestres de la guerre franco-thaïlandaise. 1940-1941, article illustré par Guillaume Le Baube, dans Champs de bataille no 19. Cet article analyse et détaille le déroulement des opérations.

·                     Cf. J. Billiottet (ancien médecin major de l'Amiral Charner), Le combat de Koh Chang.

·                     Colonel David Smiley Au coeur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Éditions, 2008

°    La guerre franco-thaïlandaise par Fabrice Thery

°Journal officiel britannique, London Gazette du 27 août 1946 

 ° E. Bruce Reynolds Thailand’s Secret War. The Free Thai, OSS, and SOE during World War II, Cambridge University Press, 2004

 

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