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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 23:03

2577907256 61fd6aa81eNous nous sommes alors interrogés pour savoir si la thaïness était « LA » clé pour comprendre la Thaïlande moderne. En fait ce"concept" n'était qu'un élément d'une idéologie bien connue en Occident : le nationalisme.

 Le 1er article de ce blog expliquait déjà comment le Carnet n°13 de l’Institut de recherche sur l’Asie du sud-est (IRASEC), intitulé « Thaïlande, Aux origines d’une crise » nous avait permis de mieux comprendre la crise profonde que traverse la Thaïlande actuelle, en expliquant ce qu’était la  Thaïness.

 http://srv06.admin.over-blog.com/index.php?id=1202199391&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=341317264163       ll disait entre autre : 

« La Thaïness a servi aux «aristocrates» et aux élites urbaines des Thaïs siamois à construire « l’unité » de la Nation thaïe et à légitimer leur pouvoir sur le dos des identités régionales, que l’on considérait comme « cadettes (…)  dans le meilleur des cas mais le plus souvent inférieures, incultes, « paysannes »… Encore aujourd’hui, à Bangkok un Isan est perçu comme un « paysan  rustre et inculte » […] La Thaïness a d’autant plus « fonctionné » qu’elle s’appuyait sur le caractère «sacré» du roi, le bouddhisme, et les médias».


paysan


Nous ne pouvions que reprendre ce concept dans notre article 14 sur l’Isan pour expliquer comment l’Isan, autrefois province vassalisée lao, puis province siamoise, était devenue une Région de Thaïlande et les Laos (et les Kmers), des Thaïlandais !

Nous y rappelions que « 1893 est une triste date dans l’histoire de la Thaïlande. Les canonnières françaises sont ancrées face au grand palais. Il fallut céder ». Les territoires « sacrifiés » étaient considérés comme des vassaux traditionnels et historiques du Siam. Quand cependant la France a établi son protectorat sur le Cambodge et sur le Laos, ces états « vassaux » étaient guettés par les boas qui voulaient les avaler... Le temps a suspendu son vol, le boa français a avalé le Cambodge qui allait l’être par le Vietnamien et le Laos a  échappé au boa siamois. Leur sort aurait-il été meilleur ?


1893


C’est à cette époque et dans ce contexte qu’apparait un « nationalisme » siamois.

http://srv06.admin.over-blog.com/index.php?id=1231411430&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=591317264277

Il est l’œuvre du palais royal qui souhaite - tout comme en Europe - créer une nation fondée sur une langue commune, des valeurs et une culture. (Et il y a aussi l’exemple japonais, un modèle pour l’Asie.)


Rama V (1868-1910) a engagé le processus d’unification de la nation thaïlandaise et, en parallèle, la modernisation du royaume sur le modèle occidental.

Ce nationalisme thaï s’articule d’une part autour de la notion sinon de « race » du moins d’appartenance ethnique et, d’autre part, sur la fidélité et la soumission au Roi. (…) Il lance la « thaïfication » de la géographie (…) On ne parle plus du Laos mais d’Isan ».


Cette politique fut intensifiée par son successeur le roi Rama VI (1910-1925) lui-même éduqué en Angleterre et conscient sinon imprégné des mouvances nationalistes européennes ou japonaise. Il donna au nationalisme thaïlandais une dimension culturelle et mis en avant le principe de « Thaï-ness » : modèle culturel issu des caractéristiques communes aux ethnies thaïes censées constituer le nationalisme. Les éléments clés en sont la loyauté au roi, le bouddhisme et la nation ; Les trois piliers du nationalisme thaï.

En 1932, éclate le coup d’état de jeunes militaires et civils, pour la plupart formés en Europe qui remet l’absolutisme monarchique en question (…) C’est la transition sans effusion de sang de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle (…) En 1938, le premier ministre et commandant des forces armées,  Phibun va donner une nouvelle couleur au nationalisme thaï. Il change le nom du pays, le Siam en Prathétthaï. Il instaure le nouvel hymne national.

phibul


Il met  sur pied un régime inspiré du fascisme italien (Dans un discours de 1938, Luang Wichitwathakan (ministre de la propagande) compara même les Chinois du Siam aux Juifs d'Allemagne), propagande ultranationaliste, culte de la personnalité, propagande visant à « élever l'esprit national et la moralité de la nation ». Il impose comme langue nationale celle parlée à Bangkok au détriment des dialectes locaux. Il change encore le nom de divers districts portant ostensiblement des vocables laos, khmers, birmans ou môns (les habitants originaires de la Thaïlande). Cette thaïfication des noms de districts a continué jusqu’en 1957.


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Sa politique de thaïfication était un sous-produit du nationalisme politique constamment suivi par l'Etat pour augmenter la puissance centrale. En France, on appelle cela du « jacobinisme ». Le « nationalisme centralisateur » continue. Le centre de la Thaïlande est devenu économiquement et politiquement dominant, son langage est devenu la langue des médias, des affaires et de l'éducation. Ses valeurs sont devenues les valeurs nationales (…) Les principales cibles de thaïfication ont été les minorités ethniques, les laos de l'Isan, les tribus montagnardes du nord et l'ouest, et les musulmans du sud.


Notre article 13 montrait que l’école fut le principal média utilisé pour imposer  ce nationalisme thaï. en s’appuyant sur l’article « Thaïlande : le complexe de l’altérité »  écrit par un chercheur thaï, Waruni OSATHAROM, (chercheur au Thai Khadi Research Institute, Thammasat University, Bangkok).

http://srv06.admin.over-blog.com/index.php?id=1216919216&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=871317264567

 

Il confirmait : 

C’est sous Rama VI, en 1910, qu’est mis en place un système complet d’éducation et que l’on introduit l’étude des pays voisins par le truchement des chroniques thaïes. Leitmotiv : la Birmanie est l’ennemie héréditaire de la Thaïlande, et  le Laos et le Cambodge sont des colonies. L’élite et les classes moyennes s’ouvrent par la suite davantage aux apports extérieurs et un peu aux pays étrangers par le biais d’un manuel d’histoire publié en 1928, synthèse entre le travail académique occidental et la chronique thaïe à fort accents nationalistes. Mais les auteurs ont surtout pour objectif de développer le patriotisme et le sens de la souveraineté thaïe, leur thèse fondamentale étant que, si la Thaïlande n’a jamais été colonisée, c’est en raison de la bravoure de sa population et de ses rois-héros.

Ensuite, du coup d’Etat de1932  au régime nationaliste du maréchal Pibul Songkhram (1938-1942, au  militariste Sarit Thanarat (1957-1963), au  maréchal Thanom Kittikachorn (1963-1973) et au nationaliste  extrême Thanin Kraivichien (1976-1978), les manuels sont invariablement imprégnés d’une même idéologie :


L’école sert à élever la conscience des jeunes et à leur inculquer la loyauté envers les « valeurs fondamentales », les trois « piliers » de l’État : monarchie, religion – exclusivement bouddhiste –, nation. La Thaïlande apparaissant systématiquement comme le seul pays libre de la région. Seul changement par rapport à l’avant-1932 : l’apparat critique nationaliste et raciste qui, jusqu’aux années 1960, encadre les manuels de géographie. 

Après le coup d’État sanglant des militaires, le 6 octobre 1976, le très conservateur Thanin Kraivichien (1976-1977) arrive au pouvoir. Le ministère lance deux ans plus tard un plan national pour l’Éducation. Bien que l’on annonce vouloir combattre l’élitisme et rendre l’école accessible à tous, l’objectif redevient le respect fondamental des trois piliers  et le retour au nationalisme radical.


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En 1979, le Department of Curriculum décide de réviser en profondeur Nous et nos voisins, le manuel rédigé en 1960 pour l’école élémentaire : mais on remarque un retour à un anticommunisme militant et une dénonciation des« étrangers » issus des pays communistes, qui menacent de saper les « trois piliers » (la Thaïlande était alors, de fait, confrontée au problème de la guérilla des intellectuels réfugiés en espace montagneux). Cette ligne dure dominera jusqu’en 1981.


On ne va ici reprendre tous les éditions des nouveaux manuels, mais le monde extérieur continue d’être perçu à travers le prisme de l’idéologie nationaliste enseignée à l’école. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le savoir académique a en définitive peu évolué.


Quoi qu’il en soit, nous montrions dans notre  notre article 12 (Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud) comment le nationalisme et la Thaïness  avaient réussi en Isan et échoué dans le Sud. Les Isans se considèrent comme des « vrais » Thaïlandais. Rouge ou jaune, vous blessez un Isan si vous le traitez de Lao.

 

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