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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 00:09

 culture 2La culture de l’Isan ? 

Il n’est pas dans nos prétentions de définir ce qui serait la « culture de l’Isan » tant les peuples qui la composent sont d’origine diverse  et que le sujet devrait couvrir «  l'ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l'art, le droit, la religion, les techniques de la vie matérielle, en un mot, toutes les habitudes ou aptitudes apprises par l'homme en tant que membre d'une société ».(Lévy-Strauss citant Tylor). Surtout et d’autant plus que le processus de thaïfication a partiellement dilué le caractère distinctif de la culture d'Isan.  Mais il existe et demeure un fonds culturel, des liens qui unissent les Isans, dont nous avons donné quelques éléments, à savoir : sa langue originelle, sa religion, sa littérature, sa cuisine, sa musique, sa chanson, son éducation … assez parent de ses « cousins » laos.


Mais comme toute culture, la culture de l’Isan évolue, se transforme, au gré  des changements du monde, de la mondialisation, du capitalisme triomphant, de la « modernité », des migrations vers les villes offrant des nouvelles façons d’être, de prier, de travailler, des nouvelles idées, des nouvelles valeurs, des nouveaux « objets » technologiques, bien différent de la tradition, sans oublier la prise en main de son destin politique .

 Ou, comme comme le dit l’écrivain isan Pira Sudham :   une culture « authentique  » qui au fil du temps, subit le changement venu de « l’ extérieur », et modifie la vie traditionnelle des villages d’Isan.


   1/ La langue

 

dialectes


Le principal trait fondamental et distinctif  d’une culture est sa langue. Ou autrement dit, elle se réalise dans une culture singulière, avec des codes spécifiques (religion, lois, coutumes …). « Par la langue, l’homme assimile la culture, la perpétue ou la transforme. Or comme chaque langue, chaque culture met en œuvre un appareil spécifique de symboles en lequel s’identifie chaque société. La diversité des langues, la diversité des cultures, leurs changements, font apparaître la nature conventionnelle du symbolisme qui les articule. C’est en définitive le symbole qui noue ce lien vivant entre l’homme, la langue et la culture. » ( Benvéniste, « Problèmes de linguistique générale »).

On reconnait donc  une coextensivité de la culture et du langage, un lien vivant entre l’homme, la langue et la culture. Certains, dont nous sommes, estiment même,  que chaque langue détermine une vision du monde singulière.

Or, nous avons déjà montré dans notre article 18 de « notre Isan » : http://www.alainbernardenthailande.com/article-18-langues-et-dialectes-en-isan-76545278.html, le nombre et la diversité des langues parlées en Isan, même si  laplupart de ses habitants sont d'origine laotienne, même si les distinctions entre les ethnies laotienne et thaï sont souvent floues. La langue principale de la région est l'isan (qui est semblable au laotien) et le khmer est parlé dans le sud (de l’Isan). Le nombre de locuteurs de l 'isan est estimé entre 15 et 23 millions, la majorité vivant en Isan. La plupart d'entre eux parlent aussi le thaï. Nous avons aussi signalé  le dialecte de Khorat, parlé par environ 400 000 personnes, et des autres langues parlées comme le aheu, le bru, le koui, le nyahkur, le nyaw, le nyueu, le phu thaï, le phuan, le saek, leso, le tai dam, le yoy …  c’est vous dire la diversité des histoires, des cultures de l’Isan.

Mais ils ont en commun « leur » bouddhisme , leur « animisme » (avons-nous précisé), en essayant de discerner, ce que d’autres appellent leurs « superstitions ».


2/ La religion . Le bouddhisme d’Isan ? 

 

animisme

Le Bouddhisme, le  thérâvada , comme chacun sait, est la religion de 95 % des Thaïlandais,  mais unbouddhisme revu et corrigé par le culte des esprits, des Phis, quelques divinités hindoues, quelques stèles ou chédis anciens dont on ne connait même plus l’origine,  la magie comme le démontre le commerce d'amulettes magiques, et quelques  superstitions …

Un « bouddhisme »  où chacun peut se reconnaître dans le calendrier des cérémonies  et des fêtes officielles, mais  très différent selon la région de  l Isan où on se trouve ( si l’on en juge déjà par la quinzaine de langues et dialectes, que nous avons énumérer).

Mais il  ne faut pas confondre la connaissance de la religion, et des textes sacrés et le vécu « spirituel » de la majorité des Isans.


Dans les faits, leur bouddhisme est la " devanture " qui recouvre un mélange d'animisme, de brahmanisme et de bouddhisme.

 

La croyance aux esprits, qui se logent dans les arbres, le sol, les sources …, impose que des offrandes leur soient faites pour qu'ils n'importunent pas les humains ou leur portent malheur.  Les petites pagodes devant les maisons, les arbres ceints de rubans de couleurs, les offrandes de fleurs ou de fruits sont l'expression de ce culte ancien et toujours très présent malgré des siècles de bouddhisme. (Certes, communes à toute l’Asie) 


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Les Isans croient en la réincarnation, la théorie du karma, et croient améliorer leur sort  en accumulant « les « mérites », en nourrissant les moines par exemple, en apportant des offrandes aux temples et en se rendant régulièrement à la pagode, soit pour des demandes particulières ou lors des cérémonies qui jalonnent l’année et les grands moments de leur existence (naissance, mariage, décès). La majorité préfère ne pas attendre la « béatitude » et espère plus simplement devenir riches ou obtenir plus d’aisance dans le futur proche.

Cette recherche du mérite est donc  une activité sociale et religieuse importante, qui se fait surtout dans les pagodes,  centre religieux et social de la vie des villages.


LES PAGODES  

Chaque village a sa pagode, la Thaïlande compte environ 27.000 Wat.  Imaginons le nombre de pagodes dans les 20 provinces de l’Isan quand par exemple, la province d’Udon Thani comprend  déjà 1682 villages. Que d’images, de sentiments,  de réflexions provoqués par la vision de ces différentes architectures, des statues de Bouddha honorés,  la vie paisible de ces monastères, où nous pouvons entendre  les prières des moines, voir les fidèles  se recueillir, ou tout simplement les bonzes balayer et entretenir les jardins. Parfois, on arrive au milieu de cérémonies, ou, plus curieusement, au milieu de  petits restaurants alignés, de petits  stands de boissons offertes  et d’autres points de vente de produits locaux et d’autres manifestations plus « récréatives » …


On apprend vite que  la pagode est aussi le lieu de réunion des villageois, l'aire de jeu des enfants, le centre des soins médicaux, l'hôtel des voyageurs et parfois l'école, l'orphelinat et l'asile du vieillard sans famille… (Cf. Chart Korbjiti dans  son roman « La chute du Fak » :« Individuellement et collectivement, tout le monde dépendait de la pagode. » )


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Bref, toute la société se retrouve à un moment ou à un autre associé à la pagode et aux directives ou  conseils des moines, à leur intercession avec Bouddha et toutes les divinités  particulières de chaque temple, ou tout simplement pour demander un conseil dans la conduite de leur vie.


Le calendrier, les cérémonies, les fêtes et autres célébrations …


Les Isans se rendront au temple à tous les moments importants de leur vie et aussi bien sûr et surtout lors des cérémonies officielles dédiées à la vie de Bouddha et ses enseignements et aux fêtes traditionnelles du cru. 


Le calendrier thaïlandais est ponctué de nombreux jours fériés, qui constituent l’unique source de congés pour la plupart des Thaïlandais. La majorité des Isans « immigrés »  en profitent pour quitter  Bangkok ou les autres villes, pour revenir au village et revoir leur famille (et souvent leurs enfants laissés à la garde des grands parents). Certaines fêtes sont particulières comme le Bun Bungfai (fête des fusées). Ce rite de fertilité, remontant à la période pré-bouddhiste, est célébré en Isan et au Laos, mais peut- être davantage dans la province de Yasothon. Ou encore la fête des chandelles d'Ubon Ratchathani qui marque le début du vassa en juillet, à Ubon et en d'autres lieux, le festival de la soie à Khon Kaen qui fait la promotion de l'artisanat local, le rassemblement des éléphants de Surin et le bangfai phayanak ou Naga fireballs de Nong Khai … (cf.  Le blog ami de Patrick et son guide).


calendrier


Mais, nous savons que la conscience religieuse quotidienne  de la majorité des Isans n’est pas essentiellement compréhensible à travers la doctrine bouddhiste, fut-elle thérâvada, mais à travers le culte des esprits et la pensée magique, auquel il faudrait rajouter, surtout pour les jeunes générations, le culte  « consumériste » …pourtant loin de la philosophie bouddhiste.


Bouddhiste ou animiste ? 

Certes tout le monde reconnait comme par exemple Pornpimol Senawong, dans « Les liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture », que l’animisme avec sa croyance aux  esprits constitue le socle culturel fondamental  commun à tous les Thaïs. Et donc, l’Isan croit aussi  aux esprits, aux divinités résidant dans certains objets ou éléments de la nature, à de nombreux êtres spirituels qui contrôlent et agissent dans  différents aspects de l'environnement naturel et social. Il  vit dans le sacré, dans un temps et un espace social et géographique sacrés. Il sait ce qu’il faut faire pour vivre ce sacré. Il connait le rituel à suivre dans le calendrier, les cérémonies qui marquent  les étapes de sa vie et de ses activités. Il ne peut accomplir aucun acte important de sa vie sans demander au préalable à un moine, ce qu’il doit faire pour être en harmonie avec le cosmos.   Il connait les endroits sacrés, qu’il faut honorer. En effet, le culte des esprits avec  leur interaction sur le monde du vivant est bien plus ancestral que les autres grandes religions connues dans le monde.


Le Culte des esprits 

Le culte des esprits est une croyance animiste très ancienne, on parle de "chai thé" génie, gardiens du sol, des champs, des arbres, des maisons...Ils sont chargés de tenir éloignés les « Phi », les esprits malveillants.


Ainsi par exemple, chacun peut voir, dans certaines régions, devant les maisons,  les maisons des esprits (san phra phum) ( maisons thaïes traditionnelles miniatures, destinées à abriter les Seigneurs des lieux, les pra phum (langue formelle) ou chao thi (langue populaire) ) chargés d’éloigner les mauvais esprits. On a soin (presque) tous les jours d’y offrir nourritures, boissons, encens et fleurs. Certains n’hésitent pas à se protéger aussi en demandant aux moines de dessiner des symboles protecteurs  sur les murs de leur maison (ou le plafond de leur voiture). 


 Il existe aussi des esprits diaboliques (phii) qui entrent en possession de personnes, surtout les fantômes issus d’une mort violente (phii thai hong) ou inexpliquée. On redoute surtout les femmes enceintes (phii tai hong tong klom) mortes  avec leurs fœtus. Rien n’arrivant au hasard, le moindre incident, maladie inexpliquée, mauvaise récolte seront attribués à la malveillance d’un Phi,  nécessitera une « cérémonie » adaptée à la menace.

 

superstitions


A l’inverse, il n’est pas inutile de s’en protéger. Beaucoup ont aussi le culte des « amulettes » pour se protéger des mauvais esprits et/ou pour avoir de la chance.


Bref, si la « thaïfication » a réussi  à faire oublier leur origine lao ou kmer aux Isans, il semble qu’elle n’ait pas réussi à éradiquer les « superstitions »  ancestrales et leur religion animiste.


La culture dite isan, de ce fait, devient plus difficile à analyser ou à présenter dans sa généralité, tant les particularismes régionaux demeurent, tant les valeurs présentées sont souvent contradictoires et se vivent d’ ailleurs ainsi. On pense alors à Pira Sudham, un écrivain de l’Isan, dont nous avions présenté Enfances thaïlandaises et Terre de mousson, qui  veut nous « initier » à la vie d’un village d’ Isan des années 60, ses dures conditions de vie, ses rituels, ses valeurs, ses changements, enfin une « culture » en mouvement.

 

A suivre : 39.2 Découvrir l’ Isan : La culture de l’Isan : littérature, cuisine, musique, chanson, cinéma, éducation …une culture en train de se transformer… 

 culture

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans découvrir l'Isan en 6 articles
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commentaires

Alain de Sisaket 17/11/2011 02:37



Bonjour a vous deux et merci pour ce sujet tres interessant...vivement la suite.


Amities.



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 19/11/2011 01:10



Merci à toi aussi qui nous fait découvrir Sisaket et ses environs avec un oeil admiratif et respectueux.