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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:08

expatriation-conseils-partir-serein 0Une version puis une autre ...

Alain, plus citadin que moi, nous a narré l’histoire de son installation dans un petit amphoe de la province bien assoupie de Kalasin. Un choix que j’ai fait quelques temps avant lui après plusieurs années passées à Koh Samui, où m’avaient conduit les hasards de l’existence. Expatriés, où que ce soit, nous avons « fui » au moins au sens figuré, parfois au sens propre. Ne racontons pas notre vie.

 

Pour moi, la Thaïlande ce fut un choix nécessité par l’éclatement de la guerre dans le pays où j’avais initialement envisagé de m’installer avec un ami d’origine, le « pays des aigles », l’Albanie suivi d'un projet cafouilleux sur l'Espagne.


 

alb

« J’aurai une petite maison rustique » a écrit J.J. Rousseau, le grand Virgile ayant écrit avant lui « parva domus, magna quies  - petite maison, grande tranquillité ».

Dans la campagne ? Mais oui, en pleine campagne, dans le village de ma femme où nous avions construit année après année cette « petite maison » en vue de notre retraite future. La Maison est petite mais la porte toujours ouverte et puis, comme le disait Cicéron (cher à Alain), « ce n’est pas la maison qui embellit le maître mais le maître qui embellit la maison ! »

maison


L’un de mes amis qui n’avait pas honte de se qualifier de « paysan » avait inscrit en tête de son papier à lettre ce vers du même Virgile « O fortunatos agricolas, nimium sua si bona norint – Heureux les agriculteurs, si au moins ils connaissaient leur bonheur ». Ils sont autour de moi ces paysans qui suent dans leur rizière ou leurs champs de cannes à sucre, mais savent s’arrêter quand il leur plait pour aller aux champignons après la pluie ou jeter leur épervier dans le lac tout proche.


Alain nous a dit « Je voulais plus simplement, à la fois laisser un milieu francophone dont les us et coutumes n’étaient pas à la hauteur de mes « attentes... »

Voilà qui m’a bien amusé ! Ce qu’il a fui ? Sa vie privée ne me regarde en rien, mais allez-donc consulter le site de l’excellent Raymond Vergé

http://thailande-fauxreveur.blog4ever.com/blog/lire-article-184799-727083-les_mythomanes_de_pattaya.html

et peut-être comprendrez-vous ?


Quand nous avons annoncé à nos amis notre intention de quitter lui sa mégalopole et moi mon île, la première et sempiternelle réflexion a été « mais tu vas t’em....der ». La belle affaire ! L’ami dont je viens de parler avait pendant son adolescence et plusieurs années de suite conduit en transhumance les troupeaux de son père, à l’époque où la transhumance se faisait à pied par la route jusqu’aux pâturages des hautes vallées des Alpes du sud. Vous avez idée de ce qu’est la solitude du berger avec ses centaines de moutons (il les connaissait tous un par un !) et ses chiens, la nuit à la belle étoile (il les connaissait toutes) ? La première (et idiote) question qui me vint à l’esprit « Mais Jean, tu ne t’em....dais pas ? » Réponse : « Mais Bernard, JAMAIS un berger ne s’ennuie ».


Ce que nous avons « fui », Alain probablement autant que moi : le phénomène de « ghettoïsation » propre à toutes les communautés de migrants (nous sommes des migrants) de toutes les nationalités où que ce soit dans le monde. Les ghettos au sens strict se sont initialement constitués de façon plus ou moins volontaires avant de devenir une relégation obligatoire, ce qui est une autre histoire,


 

ghetto

 

ici, les ghettos, qu’ils soient français, anglais, germaniques ou scandinaves sont volontaires.


« Au temps béni des colonies » on trouvait deux spécimens de « coloniaux » : les grands blancs et les petits blancs. Les premiers tentaient de reproduire sous les tropiques ou dans le djebel, leur style de vie aristocratique (lire ou relire Pierre Benoît ou Marguerite Duras). Les seconds, la piétaille, nous en sommes, en contact direct avec les indigènes, avaient quitté la France pour des raisons multiples. Si le petit blanc était resté dans son trou de Majastres ou de Bécon-les-Bruyères, il aurait été un individu quelconque dont personne n’aurait jamais entendu parler. Ici, expatrié, on peut trop facilement acquérir la mentalité (hélas ! contagieuse) de se croire « quelqu’un » comme le faisait le pied-noir misérable de Bab-el-oued

 

 

Rue de Bab El Oued - Alger

 

ou le non moins misérable espagnol de l’armée en déroute installé dans l’Oranais qui avaient la chance d’avoir à leurs côtés un « bougnoule » plus misérable qu’eux. Raymond a dit de fort bonnes choses au sujet de ces farangs qui cherchent à nous convaincre qu’ils étaient chez eux ce qu’ils n’étaient pas.

 

 

bougnoule

On entend dans ces ghettos toutes sortes de choses (fariboles ?) la première concernant la barrière fondamentale d’une installation dans le pays « profond », la barrière linguistique. Si, dans les lieux « touristiques » les thaïs croient qu’ils parlent anglais, c’est ici une autre paire de manches. Alors, se mettre à la langue locale ? J’ai (trop) longuement dit ce que j’en pensais sur le forum de l’ami Patrick

http://udonthani.les-forums.com/forum/35/apprendre-le-thailandais/

 

barrier linguistique


J’ai (trop) souvent entendu « Inutile d’apprendre le thaï, les thaïs détestent qu’on puisse comprendre ce qu’ils disent ». C’est tout simplement et rien autre qu’un alibi de paresse car l’apprentissage du thaï parlé et plus encore écrit est moins facile que celui de l’espagnol évidemment et en tous cas plus déconcertant.

Les Thaïs ne veulent pas que l’on comprenne ce qu’ils disent ? Deux observations :

• Je me trouvais un jour dans un restaurant français aux côtés d’une tablée de vieux teutons bien caractéristiques et caricaturaux, nous en ricanions en provençal avec l’ami qui m’accompagnait.

 

boches

 

A la fin de leur repas, la tablée se lève et l’un d’entre eux nous dit (en provençal) « Au revoir messieurs, je vous souhaite un bon appétit. A propos, je suis resté 2 ans dans votre belle région et j’ai eu tout loisir d’apprendre votre beau dialecte ». Et pan sur le bec, mais tomber sur un Allemand (ils sont venus des millions chez nous), probablement le seul qui avait appris le provençal pendant l’occupation, le hasard était malheureux !

• Si les Thaïs veulent se ficher de vous sans que vous les compreniez, que vous parliez couramment le thaï ou pas, ils sont parfaitement capables de le faire en utilisant un de leurs multiples dialectes locaux. Peu ou prou, s’ils parlent tous le langage de Bangkok, ils conservent aussi l’usage de leur patois. Un couple de belges amis peut discourir en wallon devant moi sans que j’en comprenne un tiers d’un traitre mot. Par contre, je peux leur tenir des discours en « parler marseillais », ils n’en comprendront pas tripette.


Une autre bêtise, celle-là, c’est l’ « érudit » du ghetto qui le sortira volontiers, je l’ai même lu plusieurs fois je ne sais où, elle vient de me traverser l’esprit : «  Comment, mais tu ne sais pas que Bangkok, ça veut dire « le village des oliviers » ? ». Entendre ça quand on est né au milieu des oliviers (ce qui nous conduit parfois à penser qu’en Europe la civilisation s’arrête à la limite nord des oliviers), c’est un comble !


Bangkok, c’est « Ban makok », le village du makok.


 

spondias

 

Allez-donc voir au marché ce que sont les fruits du makok (votre épouse en met dans le somtam et en fait cuire les feuilles) ! Ne goûtez pas, c’est effectivement aussi incomestible et astringent qu’une olive cueillie sur l’arbre. Je ne suis pas savant botaniste, le makok (cf Dictionnaire de l’académie royale), est le nom vulgaire du « spondias pinata » (même famille que le prunier !) et l’olivier est le nom vulgaire de l’ « olea europaea folium »,

 

 

olivier

 

deux arbres qui se ressemblent comme Alain et moi ressemblons à Clark Gable ! 

 

 

clark gable


Une dernière et nous arrêterons de médire...

Une expérience désastreuse (féminine en général) – cas particulier - doit-elle conduire à la généralisation hâtive et péremptoire ? Un méchant divorce en France permettra-il de dire « toutes des putes » ? ou « todas putas » si c’est avec une espagnole ? Aller du particulier au général dénote une absence totale d’esprit critique (je ne dis pas DE critique), aucun sens de la synthèse, c’est la quintessence de l'étroitesse d'esprit. « Je suis venu ici pour le cul, or, je suis farang, donc tous les farangs vinnent pour le cul » . C'est le syllogisme de Ionesco :  « tous les chats sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat  ». Hélas, une déviance intellectuelle trop et universellement répandue !


 

putes


Mais sortons du ghetto. Matériellement enfin, il est facile de critiquer la « société de consommation » mais souvent bien agréable d’en être le maillon final. S’il est parfois un peu difficile de se procurer ce que nous considérons comme l’indispensable (pour moi, c’est le bon café !) nous ne sommes en réalité privés de rien.


Tous nos villages sont peu ou prou desservis par la « nam prapa », l’eau de la ville. Si elle manque de pression, rajoutons un surpresseur, si elle est coupée, rajoutons une réserve. J’ai moins de coupures d’électricité (mauvais pour l’informatique !) qu’il n’y en a - toujours - à Samui. Le réseau téléphonique passe pratiquement partout, il y a des antennes à tous les coins de rizières et Internet (qui est de grande ressource sinon indispensable pour les paysans que nous sommes) de la même façon même si ça trainaille parfois un peu.

 

 

we-want-internet-egypt-revolution large

 

Si j’ai une panne, ça arrive, il y a à l’amphoe (quelques milliers d’habitants éparpillés dans une dizaine de villages) quatre boutiques Internet à 16 baths de l’heure. Le réseau routier est surdimensionné, les transports en commun (pas toujours bien confortables) pléthoriques, et les marchés omniprésents pour les produits frais autrement plus conviviaux que les grandes surfaces de la « finance anonyme et vagabonde ». Et comme dans les campagnes françaises il y a encore quelques dizaines d’années, on entend la trompette du marchand ambulant. Mon préféré, il nous amène de temps à autre après une nuit de route d’excellentes moules de Rayong.


Si vous êtes friand de la « boite à merde » (i.e TV 5), moi pas, vous aurez une parabole qui la capte sans difficultés. Personnellement je préfère grandement RFI (Radio France International) qui donne du monde une vision parfois partiale mais avec beaucoup plus de recul. Le téléviseur personnel, il me sert à regarder les films que je ne dois pas à Hadopi.

Et comme vous pourriez croire que je suis misanthrope, et bien, non, je ne le suis pas, je rencontre souvent avec plaisir ceux de mes compatriotes francophones dont je me suis éloigné géographiquement mais pas amicalement.


Il y a nécessité, Alain l’a dit, de « marquer son territoire » par rapport à l’environnement familial,

 

marquer

 

 

ils sont tous cousins (Yat) mais ne savent pas comment, il n’y a pas de généalogistes en Isan. Mais cela n’interdit pas de partager la vie de la famille, du village, ses fêtes, ses joies et ses peines.

 

Mais je constate en me relisant que mon propos n’est pas contradictoire de celui d’Alain et pas non plus de celui de Titi (à venir) . Et sans avoir connu les aventures picaresques de Gil Blas, j’en aime la conclusion lorsqu’il rejoint enfin sa « petite maison »

 

gil blas

« Je veux, en y arrivant, écrire sur la porte de ma maison ces deux vers latins en lettres d'or :
Inveni portum. Spes et Fortuna, valete ! 
Sat me lusistis ; ludite nunc alios »


J’ai trouvé le port. Espérance et fortune, adieu ! Vous m’avez assez joué, jouez-en d’autres maintenant !

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
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