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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 23:05

  intharachatLe second siècle du royaume d’ Ayutthaya  (1448-1548) (suite).


Le roi Boromtrailok (1448- 1488) meurt donc en 1488 à Phitsalunok. Son fils Boromracha III, uparat, et roi d’ Ayutthaya, lui succède sous le nom de Intharacha II.


Le 9 ème roi du royaume d’Ayutthaya.


Le règne  éphémère de Intharacha II. (6 lignes et demie dans les Chroniques royales).

Intharacha II aussi connu sous le nom de Boromma Ratchathirat III  (สมเด็จพระบรมราชาธิราชที่-3  règne de 1488 à 1491. Les sources de nos annales sont convergentes. Elles le sont aussi pour nous apprendre qu’il fortifia la première année de son règne la ville de Phichaï, actuellement un quartier d’Uttharadit, dont il ne reste aucun vestige.


uttaradit Phichai

 

La date de sa mort est assurée, 1491. A cette date nous apprend l’une des annales (manuscrit de 1855), il régnait depuis 21 ans ? Incohérence, erreur de traduction, erreur de transcription ? Plus probablement le simple rappel que de son vivant son père l’avait nommé « Uparat » c’est à dire vice-roi, pour assurer la transmission héréditaire dans sa famille. (Ainsi firent les premiers capétiens depuis Hugues Capet, élu (si l’on peut employer le mot) par les grands barons du royaume (ils étaient sept) jusqu’à Philippe Auguste pour affermir sans heurt la succession par « primogéniture mâle ».)


Nous n’en savons guère plus sur lui.


Selon d’autres annales, les « Annales des villes anciennes » (พระราชพงศาวดารกรุงเก่า ฉบับหลวงประเสริฐอักษรนิติ์) imprimées en 1967 (สำนักงานพิมพ์คลังวิทยา จัดพิมพ์จำหน่าย พ.ศ. 2510)


annales

 

auxquelles nous n’avons pas eu accès mais qui sont citées sur le site http://th.wikipedia.org/wiki/สมเด็จพระบรมราชาธิราชที่_3, vivant à Phitsanulok, il aurait transféré sa capitale à Ayutthaya et engagé « plusieurs campagnes contre le Lanna » ?


Son fils lui succède, nommé Chettha, il prendra le nom de roi de Ramathibodi II. (สมเด็จพระรามาธิบดีที่ 2)

 

Le 10ème roi du royaume d’ Ayutthaya,  Ramathibodi II (1491- 1529).(11 §, env. 2 pages des Chroniques royales)


L’une des annales (le manuscrit de 1680) nous apprend que durant la première année de son règne, il fit construire un grand stupa pour recevoir les cendres de son père et de son grand père. Mais les autres annales indiquent que seize ans auparavant, les cendres du roi Boromtrailok avaient été transférées dans un grand stupa où les rejoignirent (plus tard évidemment) celles d’Intharacha.


Nous apprendrons aussi (une simple différence de dates de 20 ans entre les versions des annales !) qu’il célébra par de grandes fêtes religieuses son vingt-cinquième anniversaire (en 1498 pour les unes, en 1478 pour les autres ce qui est incohérent).


L’année suivante (avec cette fois une différence de 21 ans selon les sources), il fit fondre une statue de Bouddha « the glorious omniscient one », le « glorieux omniscient ».


Trois ans plus tard, il procède à l’inauguration de cette statue (les annales s’accordent) pour nous apprendre qu’elle faisait seize mètres de haut, posée sur un socle de huit mètres, la tête mesurant deux mètres de haut sur un et demi de large et la poitrine cinq mètres et demi,  soixante-quatre tonnes de bronze recouvertes de trois cent quarante-cinq kilos d’or. Voilà qui fit la joie des Birmans lors du sac de la ville.


bouddha-statue-metal-or


Le premier à nous avoir décrit ces splendeurs avant qu’elles ne soient ravagées par les dits Birmans est Nicolas Gervaise :


« Ce qui contribue le plus à la beauté de cette ville, c’est la vue de plus de cinq cent pagodes que l’on trouve dispersées de tous côtés et qui, par le nombre de statues dorées qu’elles renferment, donnent aux étrangers qui n’y sont pas encore accoutumés une fort grande idée de ses richesses » (1).  


En 1516 (Annales de 1680) il met à sac la Ville de Nakhon Lampang, ce qui (avec quelques incertitudes sur la datation précise, nous y sommes accoutumés), est une réalité historique.


Lampang

 

Ce sera le seul de ses exploits guerriers que nous narre une seule des annales.

Trois ans plus tard, il ordonne que soit établie une compilation des traités des guerres victorieuses et une compilation des « registres » (annales ?) des villes principales.


A la même époque, ( nous apprennent toutes nos annales), il se lance dans d’immenses travaux d’aménagement des canaux et rivières. Gervaise considérait Ayutthaya comme la Venise du Siam.


canaux


En 1525 (ou 1505 ?) Cushman écrit quelques lignes (en anglais, bien sûr) strictement incompréhensibles et encore moins traduisibles en français de France. Qu’est-ce à dire ?

Une explication (ce n’est qu’une hypothèse) nous est venue à l’esprit, le travail de fourmi de Cushman n’était pas, au bout de vingt ans, terminé. Peut-être est-il tombé sur une difficulté de traduction qu’il a provisoirement mise de côté pour s’y replonger plus tard et sur laquelle Wyatt est passé allégrement ? Il est probable, sinon certain, que Cushman prévoyait de publier autre chose qu’une traduction synoptique assez sèche et aurait assorti l’oeuvre de sa vie de commentaires dont l’absence est pesante ? Une seule certitude, continuent les annales, « A cette époque, le roi eut beaucoup de nobles qui furent tués » probable fruit amer d’une guerre civile sur laquelle nous ne savons rien.


En 1526 (ou 1506, c’est selon) le pays fut victime d’une épouvantable sécheresse,


secheresse

 

le riz sécha sur pied, la terre trembla et apparurent «  toutes sortes de mauvais présages ». En 1527, l’histoire thaïe fait effectivement référence à un séisme (2).

Le Siam n’est en effet pas à l’abri des tremblements de terre dont nous trouvons confirmation, une trace épigraphique sur une stèle approximativement datée du XVIème (3).

L’année suivante, les annales sont convergentes sur les événements mais pas sur les dates (vingt ans encore !) fut une période d’inflation galopante (prix du riz et de la bière).

inflation

 

A cette même époque, le roi désigne comme « Uparat », le prince No Phuttangkun (aussi désigné Atthityawong) et l’envoie régner à Phitsanulok.

 

La fin d’un règne annoncée par de mauvais présages.


En 1530 (ou 1510 ?) se produit un phénomène étrange, un « mauvais présage » apparait dans la nuit, sous la forme de « l’arc d’Indra », de couleur blanche qui traverse le ciel du sud-ouest vers le nord-ouest.


arc d'indra

 

Voilà un phénomène astronomique bien connu qui va nous permettre, « in fine » d’être plus précis sur ces vingt ans d’écart, nous ne retiendrons donc que la date la plus récente et non celle antérieure de 20 ans ! (4)


L’ignorance totale des Siamois en matière d’astronomie a frappé La Loubère et Monseigneur Pallegoix :


« Les Siamois ne savent donc rien en géométrie ni en mécanique, parce qu’ils peuvent absolument s’en passer et l’astronomie ne les touche qu’autant qu’ils croient qu’elle peut servier à la divination » (5).

« Les Siamois ont plusieurs livres traduits du Bali, qui traitent du cours du soleil et de la lune, des constellations du zodiaque, des planètes, et des présages qu’il faut tirer du cours des astres, mais cette science n’est cultivée que par les brames, qui sont les devins du roi, et par un petit nombre d’érudits qui ne s’y adonnent que pour exploiter la crédulité du peuple, ou pour se faire une réputation de savants ». (6)

Georges Maspero dut, paraît-il, se faire astronome pour étudier la chronologie chinoise.

Dans la légende du Ramakian (Ramayana), l’ « arc d’Indra » est l’arc-en-ciel. Un arc en ciel qui traverse l’espace la nuit, de couleur blanche, qu’est-ce sinon une comète ? Connaît-on une comète à cette date, avec l’approximation d’une année sur cette ancienne computation du temps, La Loubère n’y trouva pas son latin même (loc.cit.) même avec l’aide du grand Cassini.


C’est bien évidemment la comète de Halley qui traversa notre ciel au mois d’août 1531 et qui fut observée longuement par les Chinois (de grands astronomes depuis bien avant Jésus-Christ) tout au long du mois.


comète 

 

Elle est porteuse de mauvais présages, pas besoin d’être Siamois, son passage en Europe en 1910 et en 1986 suscita une folie médiatique ! Même Marc Twain y vit en 1909 sa fin prochaine ! Ne nous gaussons donc pas des Siamois, une sécheresse inhabituelle, un tremblement de terre, puis la comète... La même année, le roi mourut. Son règne avait duré trente-huit ans pour certaines annales et quarante pour les autres, l’imprécision n’est pas ici dramatique.

Ce fut son fils Atthityawong qui lui succéda et prit le nom de Boromracha IV (1529-1533).

Espérons que  ces énumérations chronologiques n’auront pas sur vous les même effets qu’elles avaient sur le Roi Naraï dont l’Abbé de Choisy nous dit que la lecture des « Annales » qu’il se faisait lire tous les soirs, servaient à l’endormir :

Après dîner, il se retire dans sa chambre, se met sur des carreaux et s’endort pendant que le Breteuil siamois (7)


breteuil

lui lit les annales de ses ancêtres. M. le lecteur lit d’abord fort haut, peu à peu abaisse la voix et quand sa Majesté ronfle, le lecteur se tait et s’en va. Mais à quatre heures il revient sans qu’on l’appelle et commence à le prendre d’un ton si perçant qu’il faut bien que le roi s’éveille  (8).

 

***

Une fois encore, nous sommes heurtés par ces incertitudes chronologiques.

Le témoignage des auteurs des annales est chancelant, les observations astronomiques sont venues à notre secours avec l’heureuse apparition de la comète de Halley. Sans sombrer dans le fétichisme des dates, la chronologie conditionne pour nous la réalité des faits avant leur interprétation. Nous avons la chance, mais depuis seulement 1582 en Europe, de bénéficier d’une chronologie précise au travers du calendrier grégorien.  Il n’est pas inutile de rappeler la stupéfaction de Lanze del Vasto devant le désintérêt et l’inexactitude des bouddhistes à propos des dates :


« Leur inexactitude à ce propos n’est due ni à une confusion mentale ni au vague à l’âme mais à une volonté délibérée de se détourner de ce qu’ils tiennent pour vain ... Allons-nous perdre notre temps, ou pour mieux dire notre éternité, à conserver dans la mémoire ce qui se passe dans le temps ? ... Constituer une science des souvenirs de ce qui s’est passé une fois dans le temps, c’est verser dans l’absurdité. Cette absurdité, c’est l’Histoire, un savoir qui ne sait rien de vrai ... Et de leur Histoire, nous n’en savons rien, du moins par eux. » (9)


 

Nota.


Les Annales n'évoquent pas du tout que le roi Rama Thibodi II, fut le premier roi du Siam à recevoir les premières ambassades portugaises (1509, 1513, 1518) et l'appui de leurs "mercenaires" et de leurs armes. Elles  ne disent rien par exemple sur ses conflits avec le royaume de Chiengmai en 1507, 1510, et "en 1513, un général de Chiengmai envahit même Sukhotai et Khampaengpaet et en 1515, ces deux régions furent purement et simplement annexées par l'envahisseur". Après le traité signé en 1518, Ayutthaya recevait des armes et des munitions et l'aide de conseillers militaires grâce auxquels Rama Thibodi II put réorgarniser son armée, et être victorieux en 1518 des armées du Prince de Chiengmai.


(Cf. p.77 in Jacq-Hergoualc'h, "L'Europe et le Siam du XVIe et XVIIIe siècle. Apports culturels", l'Harmattan.



 

 

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Références


(1)  « Histoire naturelle et politique du royaume de Siam », 1688, page 41 s. « De Sijouthia, capitale du royaume de Siam... ».


Gervaise-6

(2) voir (en particulier) le site Internet

 http://www.oknation.net/blog/print.php?id=38442.

(3) « Les inscriptions môns du Siam éditées et traduites » in Bulletin de l’école française d’extrème-orient 1930, tome 30 pp 81 s.)

(4) Le grand  Camille Flammarion lui-même situe son apparition non pas en 1531 comme Halley et les astronomes chinois mais en 1532 ! (« Astronomie populaire » 1880).

 

flamarion


(5) La Loubère « Du royaume de Siam » 1691, tome I, page 246 s.

(6) Mgr Pallegoix, p. 337 « Description du royaume thaï ou Siam », Tome I, 1854.

(7) Le Marquis de Berteuil remplissait la charge enviée de « lecteur du roy ».

(8) Abbé de Choisy« Journal ou suite du voyage de Siam » au 11 novembre 1685, 1697).

(9)  cf. Notre article 43 : « Le fondateur d'Ayutthaya conquiert Angkor en 1353 ? ».

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