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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 00:01

titre 9 rois de 1448 à 1548 (suite et fin).


Les rois Boromarachathirat IV (ou Boromaracha) (1529-1533), Ratasadathirat ( ou Rattha) (1533-1534), Chairachathirat, (ou Chairacha) (1534-1547), le jeune roi Yot Fa (1547-1548), sa mère régente et l’usurpateur Khun Warawongsathirat (42 jours juin-juillet 1548).


Une reine adultère, un « ver de terre amoureux d’une étoile », espèce de Ruy Blas siamois,


RuyBlas-e

 

un « quarteron » de nobles, un complot réussi grâce à un crachat, voilà qui met un peu de piquant dans nos annales qui en manquent souvent !

Le 12ème roi. Boromarachathirat IV (พระบาทสมเด็จพระบรมราชาธิราชที่ 4) Boromaracha pour les annales (2) succède à son père (1529-1533). Elles ne nous apprennent rien d' autre que sa disparition en 1533 après qu’il eut régné cinq ans et qu’il passât de la petite vérole. Il est également connu sous le nom de สมเด็จพระบรมราชาหน่อพุทธางกูร, le roi No Phutthangkun. 

 

Le 13 ème roi. Rattha (1533-1534).


Son jeune fils, Rattha selon les annales (ou tout au moins la transcription qu’en font les traducteurs) et en réalité Ratasadathirat (รัษฎาธิราช) accède au trône en 1533 à l’âge de cinq ans. L’une des annales (texte de 1680) nous apprend qu’il est mort accidentellement, et une autre (texte de 1855) qu’il fut assassiné par le Prince Chairacha, qui était « de la famille » de Ramathibodi II par un « plan diabolique ». Nous ne savons malheureusement pas lequel mais nous aurons mieux par la suite. Aucune explication non plus sur ce « lien de famille » qui légitimera la montée ultérieure de son successeur sur le trône.


Le malheureux petit prince n’a pas régné plus d’une année.


le petit roi macius


Le 14ème roi. Chairachathirat, (Chairacha pour les annales) สมเด็จพระไชยราชาธิราช, va alors régner de 1534 à 1547.


Les événements marquants de son règne commencent en 1538 toujours selon nos annales.


Evénements religieux : Le « roi premier » (il faut probablement comprendre Chairachathirat Ier ?) « entassa la terre » (les fondations ?) du monastère de Chi Chiang Sai et y fit édifier une statue de Bouddha. Par ailleurs, un « vent violent » (une tempète ?) détruisit l’ « arc d’une barge » et une autre barge royale. « Arc d’une barge » ? Probablement une balliste, les Portugais n’ont pas encore emmené leurs canons et leurs arquebuses ?


balliste


Une révolte : le prince (พระยาข Phraya) Naraï se soulève à Kamphaengphet, le roi s’y rend et le fait exécuter. (3)


En 1545, il part pour Chiangmaï après avoir confié au Vice-roi de Phitsanulok l’avant garde de son armée. Il conduisit ses troupes établir le « camp de la victoire » à la municipalité de « Ban Village » (?). L’armée leva ensuite le camp pour se rendre à Kamphaengphet,


Khamphaengpet

 

où le roi établit un autre « camp de la victoire ». L’armée quitte ensuite Kamphaengphet pour aller planter ses tentes à Chiang Thong puis ensuite à Chiangmaï. L’attaque fut un échec (nous apprend une seule des annales, celle de 1855). L’armée quitte alors Chiangmaï pour Kamphaengphet et s’en revient à Ayuthaya.


Les annales nous apprennent qu’un violent incendie avait éclaté à Ayutthaya trois jours durant avant de pouvoir être maitrisé après avoir détruit plus de dix mille cinquante habitations (annales de 1680). Il détruisit (nous apprennent toutes les autres annales) le bâtiment du premier ministre près du « Yot Market », et, en habitations dortoirs de moines, hall de temples, cent mille cinquante bâtiments. La précision dans l’évaluation des dégâts est à la hauteur de celle de la chronologie !


Deux ans plus tard, notre monarque repart avec son armée pour Chiangmaï. Le vice roi de Phitsanulok est encore à la tête d’une avant garde de vingt-mille hommes. Au passage, le roi s’arrête à Kamphaengphet avec son armée pendant un mois (quinze jours, c’est selon !). Il s’empare de Lamphunchaï et ensuite de Chiangmaï.


Apparurent alors des signes maléfiques, on vit du sang sur toutes les portes des maisons d’habitation et des monastères en ville et en dehors de la ville. Le roi quitta alors Chiangmaï pour revenir à Ayutthaya. Il meurt en 1547 « d’une maladie soudaine ».


Si l’on en croit un article de l’incontournable (ou contournable) wikipédia (http://en.wikipedia.org/wiki/Chairacha) il aurait été le fils de Ramathibodi II ? La référence à « certaines sources » nous fait évidemment sourire ! Si la mention des guerres contre le Lanna est évidemment une réalité de l’histoire, celle de sa mort par empoisonnement du fait d’une concubine reste à démontrer.


La version thaïe (http://th.wikipedia.org/wiki/สมเด็จพระไชยราชาธิราช) fait référence à des sources plus précises, que nous avons précedemment citées, les « Annales des villes anciennes » (พระราชพงศาวดารกรุงเก่า ฉบับหลวงประเสริฐอักษรนิติ์) imprimées en 1967 (สำนักงานพิมพ์คลังวิทยา จัดพิมพ์จำหน่าย พ.ศ. 2510) auxquelles nous n’avons pas eu accès et les annales birmanes que nous aurons quelque peine à trouver ?


Nous sommes en 1547, il est mort après quatorze ans de règne et laisse deux fils.


Le 15ème roi.


Yot Fa, ยอดฟ้า son fils aîné âgé de douze ans lui succède.


Son jeune frère, Si Sin est âgé de cinq ans. Après la crémation de Chairacha, le Prince Thianracha, « de la même lignée royale » décida (ou "on" décida ) que s’il restait dans la vie civile, il courrait le risque de mettre sa vie en péril et que seule la sainte religion de Bouddha et le vétement orange lui permettrait d’éviter dangers et malheurs.


moine

 

Il se fit alors ordonner moine au monastère de Rachapraditsathan. En clair, il se réfugie sous l’habit monastique pour ne pas être assassiné.

Les moines bouddhistes, les brahmanes, les ministres, les poêtes, les sages, les légistes, les astrologues et les prêtres réunis en assemblée, invitèrent le jeune monarque alors âgé de douze ans à diriger le royaume en observant les traditions royales et en perpétuant la gloire de son lignage solaire. Ensuite, la reine régente, Si Suda Chan (ศรีสุดาจันทร์) sa mère, se chargea de gérer les affaires du royaume.


reine

 

Cette année-là, la terre trembla. Ce fut probablement considéré comme un mauvais présage ?


Intervint alors en 1548 un événement singulier, la traduction de Cushman revue par Wyatt nous semblant en cet endroit un sabir americano-siamois difficile à traduire en bon français : Un spectacle (combat d’éléphants ?)

 

combat-elephant

avait été organisé en présence d’une foule nombreuse, et la défense de l’un d’entre eux, « Phraya Faï » fut brisée en trois morceaux. Dans la soirée, le chef de la horde barrit  avec une voix humaine et l’une des portes de la ville gémit de façon alarmante. Encore un mauvais présage ?


La suite est heureusement plus claire (et beaucoup plus prosaïque) :


Un jour la régente sortit faire un tour dans le pavillon de Phimanratthaya admirer la salle des fresques. Elle y vit Phan Bu Si thep, (พันบุญศรีเทพ) le garde de la salle, en tomba amoureuse et ordonna à une servante de lui préparer du bétel dans des feuilles de thé fermenté, de l’envelopper dans un linge et de le lui présenter.

 

4196392-betel-preparation-traditionnelle-a-la-chaux-et-des-

Quand il reçut le présent, il en comprit le sens et en retour donna à la servante un bouquet de fleurs de magnolias pour en faire présent à la reine. (4)

 

magnolia

Fort amoureuse de lui, elle demanda au Prince Ratchaphakdi (พระยาราชภักดี)  (son premier ministre ?) de rédiger un décret rappelant qu’il était au service du trône sous le roi précédent et lui accordant le titre de khun Chinnarat (ขุนชินราช) et lui conférant la charge de garder les saintes images dans le palais. (5)


Ce fut le début de leur « longue liaison ».


Ce fut aussi ensuite le début d’une usurpation de 42 jours, entre juin et juillet 1548. 

La reine résolut en effet de placer le trône entre ses mains.

Aussi ordonna-t-elle au même  Prince Ratchaphakdi de changer son nom de Khun Chinnarat en Khun Warawongsathirat, (วรวงศาธิราช), de lui ériger une résidence à côté du bureau de l’enregistrement (sic) et de lui en confier la charge, libre d’impôts et de service militaire,  dans l’espoir que cela augmenterait son emprise sur lui.


Elle lui fit construire un « siège royal » pour que toute la noblesse puisse se soumettre respectueusement à lui. Elle lui fit ensuite bâtir une résidence officielle de laquelle il pourrait administrer les affaires de l’Etat situé près de la porte Din ( ?).


Il advint que le prince Ratchaphakdi (le prince Maha Sena selon l’une des annales) dit : «Que devrions-nous envisager de faire quand nous voyons le royaume tombé dans une telle disgrâce comme celle-ci ? ». Le matin suivant, la reine apprit que ces deux princes avaient discuté entre eux et ordonna que Maha Sena fut convoqué  pour une comparution publique à la porte Din. Dans la soirée, il fut poignardé alors qu’il s’en rentrait chez lui. Dans un dernier souffle, il dit  « Voilà où nous en sommes, que sera la suite ? ».


Elle tomba ensuite enceinte des oeuvres de Warawongsa. Elle consulta alors ses principaux ministres et leur dit « Le roi Yot Fa notre fils est encore très jeune et ne pense qu’à jouer. La gestion des affaires du royaume nous semble au dessus de ses forces. En outre, les provinces du nord sont dans la tourmente. Nous avons pensé que Warawongsa devrait gérer les affaires du royaume jusqu’à ce que notre fils soit en âge de le faire. Quel est votre opinion ? ». Ils répondirent « Qu’il en soit comme votre altesse en a décidé ».


La reine prit alors une ordonnance pour que le député du palais ( ?) prenne le palanquin royal, les attributs de la royauté, les trompettes et les conques, et fasse accompagner par les membres de la famille royale Warawongsathirat jusque dans le palais royal. Les rites du sacre royal furent ensuite accomplis pour qu’il devienne souverain du royaume d’Ayutthaya. Son plus jeune frère fut ensuite élevé au rang de vice-roi.


Alors, souverain du royaume d’Ayutthaya, il demanda l’avis de la reine :


« Maintenant, une partie de fonctionnaires nous aiment et une autre partie nous haïssent. Toutes les provinces du nord s’agitent, nous devons en chasser les gouverneurs pour les remplacer par des hommes fidèles. » La reine lui donna son aval. Le lendemain, il convoqua son premier ministre et lui fit signer un ordre de révocation des gouverneurs de sept provinces du nord.


Un jour, le roi Yot Fa mourut d’un accident et Warawongsathira tint le trône pendant quarante deux jours. Puis lui-même et la reine eurent un accident et le prince Thianracha monta sur le trône et prit le titre de roi de Cakkraphat (Annales de 1680).


Les autres annales donnent une autre version (oh combien plus plausible) de ce double « accident » :


En 1548, Warawongsathira, la reine et Yot Fa furent victimes d’un complot, conduit dans un temple et exécutés. Mais Si Sin, le jeune frère de Yot Fa, âgé de seulement sept ans, fut épargné. Yot Fa avait régné quatorze mois (une partie des annales), vingt huit mois (autre partie).


Le complot des nobles pour mettre fin à l’usurpation : le sort du royaume s’est joué sur un jus de chique.


Quatre personnes de confiance, l’une de lignée royale, l’autre très haut fonctionnaire, un autre noble et une dernière qui demeurait dans le village de Lan Tak Fa se réunirent en secret. (6) « Ce pays est dans la honte. Nous devons agir, nous devons nous emparer de Warawongsa et le tuer » dit l’une d’entre elle. « Si nous le faisons, qui va le faire et qui va ensuite gouverner le peuple ? » répondirent les autres. Seul le prince Thianracha qui est entré dans un monastère a la capacité de règner ». Ils décidèrent d’aller en discuter avec lui. Ils se rendirent au temple, firent allégeance et lui dirent « Le royaume est dans la honte, nous avons décidé de nous emparer de Warawongsa, de le tuer et de vous faire monter sur le trône. Qu’en pensez-vous ? »


Le prince donna son accord. Ils dirent ensuite « Tout ce que nous préparons est d’une grande importance qui nécessite que nous allions pratiquer la divination par la bougie devant une image du seigneur Bouddha pour que celui-ci nous démontre clairement que le Prince est doté de suffisament de qualités pour devenir le soutien de la religion et le protecteur du peuple. » Le prince donna son accord. L’un des comploteurs ajouta « Jusque là nous avons établi des plans détaillés. Souhaitons que la divination par la bougie nous donne raison. Est-il bien convenu que si nous ne pratiquons pas ce rite, nous ne réaliserons pas nos projets ? ».


Le soir même, ils prirent deux chandelles de cire d’abeille et d’un poids égal. La longueur était la même et celle de la mèche également. Puis ils se rendirent dans la salle du temple. Le prince accomplit le rituel en touchant le sol des cinq parties de son corps puis le rituel des chandelles, et prononca de longues incantations rituelles. Quand il eut terminé ses incantations, il alluma les deux bougies, l’une représentant l’usurpateur, l’autre le prince candidat au trône.

 

La première consumée marquerait le perdant. Celle de Warawongsa se consumait plus lentement que celle du prince et l’un des comploteurs s’écria « Ne faites rien, je ne suis pas d’accord ! ».

 

 chandelles

 

Puis il cracha sa chique de bétel. Survint alors un présage, son jus de chique éteignit la chandelle de Warawongsa ! Tous furent réjouis et émerveillés. À cet intstant, un moine portant les trois robes et un éventail de moine, entra dans la salle de prière et leur donna sa bénediction en disant : « Vous tous parviendrez à réaliser les souhaits que vous portez dans vos coeurs ». Ainsi dit, il disparut et chacun retournèrent en leurs maisons.


Présage ou geste calculé ?


Nous ne le saurons évidemment jamais. Les rédacteurs des annales ou leurs lecteurs furent-ils assez crédules pour transformer un crachat dirigé en signe du sort ? Ce sont les « mystères de l’Orient », le coup d’épée d’Alexandre tranchant le noeud gordien fut bien aussi considéré comme un signe du ciel.


noeud gordien1


Une quinzaine de jours plus tard, les fonctionnaires de Lopburi envoyèrent un rapport au sujet d'un éléphant mâle dont les oreilles et la queue portaient les marques de son appartenance à un troupeau. Le premier ministre en informa le roi qui dit « Nous allons le prendre. Nous allons envoyer les ordres officiels pour cela. » Environ sept jours plus tard, un troupeau d’éléphants sortant de la jungle arriva aux abords du templs de Mae Nag Plum et entra dans un corral. Le premier ministre en informa le roi qui dit « nous viendrons nous en emparer demain ».


Au soir, l’un des comploteurs ordonna à un autre qui n’était pas au service du gouvernement, d’aller attaquer le vice-roi sur la terre de Sua ( ?). Dès qu’il eut donné cet ordre, le gouverneur de Phichaï et celui de Sawankhalok arrivèrent à la capitale. Il les mit au courant du complot. Ils en furent ravis et partirent avec les comploteurs tendre une embuscade sur le canal du village de Pla Mo. Chacun était sur son propre bateau et tous les rameurs étaient armés.

barge


En attendant, Ratchasaneha prit une arme à feu et se mit en embuscade, la portant lui même comme un boxeur de la garde royale. Quand il aperçut le vice-roi monté sur un éléphant pour entrer au corral, il fit feu et le tua.


Très tôt le matin, Warawongsa, la reine régente, le fils qui était né de leurs oeuvres et le prince Si Sin s’embarquèrent tous sur une barge royale et navigèrent droit vers le canal. Inthorathep tenait sa place habituelle dans la procession. Phirenthorathep, le gouverneur de Phichaï, celui de Sawankhalok, Si Yot et Ratchasaneha interceptèrent la barge royale. Warawonga s’écria « Quel est ce bateau qui vient sur nous ? » Phirenthorathep lui répondit « Je vais m’emparer de vos deux vies ». Deux bateaux des insurgés s’avancèrent rapidement des deux côtés de la barge royale, les hommes s’emparèrent de Warawongsa et le tuèrent ainsi que la régente et leur enfant.


Si Sin fut épargné. Warawongsa était resté sur le trône moins de deux mois.


Les insurgés et toute la noblesse retournèrent alors à la capitale pour sécuriser le palais royal. Ils prirent ensuite la barge royale et se rendirent au monastère de Rachapraditsathan pour inviter le prince Tianracha à quitter ses habits et l’état monastique. Puis ils l’invitèrent à monter à bord de la barge royale,  embellie des attributs de la royauté. Ils l’escortèrent tout au long du cours d’eau jusqu’au palais où ils le prièrent d’entrer.

 

                                                         ________________________


 

Y –t-il une leçon à tirer de cette histoire ?


Présage ou geste calculé ? Nous ne le saurons évidemment jamais. Les rédacteurs des annales ou leurs lecteurs furent-ils assez crédules ou leur foi était-elle capable de déplacer des montagnes pour transformer un crachat providentiel (dirigé?) en signe du destin ? Ce sont les « mystères de l’Orient », le coup d’épée d’Alexandre tranchant le noeud gordien fut bien aussi considéré comme un signe du ciel qui le rendit maître de l’Asie selon la prophétie (6).

 

Ainsi s’achève notre « première lecture » du chapitre un des « Chroniques royales d’Ayutthaya » traduites par R. D. Cushman,  sachant, nous l’avons dit, qu’elles ne consacrent qu’un chapitre de 23 pages sur 529 pages pour relater les règnes de 18 rois sur une période de 197 ans (1351-1548) (dont l’ « usurpateur » Khun Warawongsa, juin-juillet 1548).  Autant dire que les informations pour une période aussi longue sont minces.


A la fin du XV ème siècle, le royaume d’Ayutthaya est devenu une place commerciale surtout avec la Chine. Le premier traité commercial signé en 1518 avec le Portugal, inaugure une ère nouvelle, qui sera amplifiée ensuite et surtout au début du XVII ème avec l’arrivée des Perses, des Espagnols, des Japonais, des Hollandais, des Français au XVIIème siècle … Le missionnaire Pallu en 1664 notera « Les nations de tous les Orients y sont représentés : Japonais, Chinois, Cochinchinois, Cambodgiens, Malais, Pegouans, Espagnols, Portugais ».


 Cette « ouverture » du royaume  nous donnera accès à d’autres sources. Mais n’anticipons pas.


Et continuons « notre » Histoire avec le royaume du Lanna, qui est un autre royaume thaï concurrent au Nord, qui a sa propre Histoire, ses propres objectifs. Leurs « récits » d’évènements communs  divergent bien souvent.

 

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Notes


 (1) Une bonne analyse sur le site 

http://www.louisg.net/C_thailandais.htm


(2) thirat (ธิราช) est un suffixe accolé au nom des rois pour les qualifier comme nous le faisons pour nos rois. On peut le traduire (librement) par « l’excellent ».


(3) Le titre de noblesse phraya พระยา est le plus élevé dans la hiérarchie, beaucoup plus en tous cas que celui de khun que nous allons bientôt rencontrer, on peut sans difficultés le traduire par « Prince ». Monseigneur Pallegoix et d’autres après lui le transcrivent « Phya ». Ceux qui lisent le thaï comprendront cette transcription « à l’oreille ».


(4) Nous voilà fixés sur la manière de déclarer sa flamme au XVIème siècle au Siam !


(5) Précisons, ce que ne nous précise pas Cushman, qu’il ne s’agit pas du คุณ que nous connaissons aujourd’hui et que l’on peut traduire par « Monsieur » mais de khun ขุน (il n’y a que la tonalité qui change !) qui est un titre de noblesse inférieur mais le faisant accéder au rang des « personnes importantes », les « phou yaï » (ผู้เป็นใหญ่). Avec un peu de bonne volonté, nous le traduirions par « Baron ».


(6) Un simple Khun Phirenthorathep mais qui est de sang royal, un autre Khun, Inthorathep, un haut fonctionnaire, Ratchasaneha et un dernier noble, Si Yot.


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