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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:02


titreLe chapitre deux des Chroniques royales
,
avions-nous dit, commence donc en 1548 par la cérémonie d’intronisation qui fait du Prince Thianracha, le roi Chakkraphat, honoré durant son règne comme « le seigneur des éléphants blancs ».

Les royaumes de la Région  avaient été informés, évidemment, de la période trouble qui avait suivi la mort du roi Chairacha et de l’instabilité politique du royaume d’Ayutthaya provoquée  par les manœuvres de la reine Si Suda Chan  pour faire accéder au pouvoir royal,  l’usurpateur Khun Warawongsa. Ils avaient appris le complot, l’assassinat de la reine et de son nouveau royal époux. Ils avaient sûrement estimé que le moment était propice pour attaquer Ayutthaya.


De fait, le roi Chakkrapat, pourtant reconnu durant son règne  comme « le seigneur des éléphants blancs », ce qui le plaçait sous de bons auspices, va connaître durant son règne, guerres et révoltes :

  • L’attaque des  Cambodgiens  de Lovek en 1549 sur son Territoire.(9 l)
  • La « revanche » contre Lovek en 1551.(27 l)
  • La guerre et la défaite contre les Annamites ayant envahi le royaume de Lovek en 1556. (26 l)
  • La rébellion du Prince Si Sin (1561 ?)  et de Pattani.

Et surtout les multiples guerres contre les Birmans d’Hongsawadi :

Nota. Chapitre 2 pp. 26 -74. Sur 48  pages, une trentaine sont consacrées aux guerres contre les Birmans. 

  • La première invasion des Birmans d’Hongsawadi en 1549 sans conséquence. (44 l)

 

birmans 2

 

  • La deuxième guerre des Birmans d’Hongsawadi de 1563 à 1564, avec la mort de la reine Suryothai,  

suriyothai



  • l’écrasement des Siamois à Xainat, la capture des Princes Ramesuan et Mahin, et la reconnaissance de sa vassalité contre leur libération. (pp. 31-41)
  • La troisième guerre due au refus de donner deux éléphants blancs,  avec la trahison  du roi de Phitsalunok se rangeant derrière les forces d’Hongsawadi, et l’humiliation de reconnaître sa défaite dans une cérémonie solennelle, de donner quatre éléphants blancs et d’accepter la prise en otage de son fils Ramesuan avec les Phraya Chakri et Songkram, accompagnés de leurs familles et de leurs enfants.( pp. 42-49)

 

  • Et surtout la quatrième guerre de 1569 avec son annexion, le roi prisonnier et le Prince Thammaracha de Phitsalunok désigné par le roi d’ Hongsawadi comme le nouveau roi d’Ayutthaya. (pp. 49- 74)(25 pages et fin du chapitre 2)

 

11satong

 

-          L’origine ?  La demande d’alliance  du roi de Lang Chang en demandant la main de la fille du roi, la princesse Thepkasattri. Le fiasco avec son interception par le Prince Thammaracha de Phitsalunok, l’entrée en guerre de Lan Chang contre Hongsawadi et Phitsalunok (pp. 49-56) (284 l)

-          Chakkrapata attaque les cités du Nord (bas p. 57)

-          L’entrée en guerre de Thammaracha qui reçoit ses ordres d’Hongasawadi de préparer 7 cités du Nord (p.59) Ayutthaya assiégé. (bas p. 60)

-          La mort de Chakkraphat et l’accession du roi Mahin.

-          L’entrée en guerre de Lan Chang qui assiste Ayutthaya (p. 70) et sa défaite par Thammaracha. (50 l)

-          Les multiples citées impliquées dans le conflit.


Les Chroniques royales, pour la première fois, donnaient en 48 pages de multiples « détails » sur ces guerres : les enjeux,  les stratégies et  tactiques, les alliances,  nous plaçant tour à tour au milieu des Conseils privés d’Ayutthaya et d’Hongsawadi, retranscrivant des « paroles royales », des « négociations », s’arrêtant sur certains épisodes guerriers …

 

1677-28


permettant ainsi à chacun de proposer une intrigue, et à chaque pays d’écrire son histoire nationale.


Ainsi le Prince Damrong Rajanubhab,

 

Damrong

 

qui dans un livre publié en 1917, in  Nos guerres avec les Birmans: thaïe-birmane.Conflit 1539-1767, a rendu célèbre l'héroïsme de la reine Suriyothai, le duel des éléphants à Nong Sarai, le Roi Naresuan et sa «déclaration d'indépendance », la résistance exemplaire de Bang Rachan, et le drame de la chute d'Ayutthaya.*


Ainsi par exemple, Edouard Lorgeou qui nous a laissé en 1905 un récit intitulé « Somdet Phra Maha Chakkrapat, roi du siam, Seigneur des Eléphants blancs »*

                               _______________________________

 

La première invasion des Birmans d’Hongsawadi en 1549.

 

invasion birmane 3

Tabinshwehti (1531-1551), le fils du fondateur de la dynastie des Taungou, (ou Toungou) , avait pris Pegu et déjà mis sous tutelle en 1539 le royaume Môn d’Hantawady et imposé son leadership au nord du Siam.

Il pouvait considérer que l’anarchie régnante à Ayutthaya  représentait le moment propice pour attaquer, surtout que ses conseillers, disent les Annales, affirmaient qu’ils pourraient prendre facilement Ayutthaya.

A la tête de 30 000 hommes, et 300 éléphants, il attaqua Kanchanaburi et s’assura auprès des « autorités» prisonnières, de savoir  si la paix était revenue depuis l’accession du Prince Thianracha. Toutefois, il estima, étant  bien engagé, qu’il était de sa dignité, de voir la capitale et d’en observer les troupes qui viendraient à sa rencontre. Il prit Suphanburi et installa son campement à la municipalité de Lumpli. Le roi d’Ayutthaya organisa la résistance, mais elle fut inutile car le roi d’Hongsawadi se retira après trois  jours sans attaquer, après avoir vu les remparts, les palaces et les habitations de la capitale siamoise.

  • L’attaque des  Cambodgiens  de Lovek en 1549.

Le roi de Lovek, au même moment (ou peu après) estima lui aussi que la période était propice et attaqua Pracinburi, situé à deux jours d’Ayutthaya. Il apprit sûrement que le royaume était de nouveau uni et il retourna en son royaume en emmenant toute la population.

Il est dit que le roi Chakkraphat , conscient de l’insulte subie de la part de Hongsawadi et de Lovek, jura d’obtenir sa revanche.  


Ensuite les « Chroniques royales «  racontent en deux pages,  la guerre contre Lovek de 1551 et contre l’Annam à propos de Lovek de 1556.


Nous n’allons pas ici traduire ces deux pages, mais seulement relever ce qui nous parait important, en consultant le récit d’E. Lorgeou.*

 

  • La guerre contre Lovek (Cambodge) en 1551. 

Le roi Chakkraphat estimant sans doute que son royaume était stabilisé, décida d’assumer sa vengeance en attaquant le royaume de Lovek par terre et par mer. Le roi de Lovek, devant les forces en présence, proposa la paix, avec les usages de ce temps en envoyant ses deux fils, les Prince Sutho et Suthan.  Le roi Chakkraphat  accepta à la condition de la reconnaissance de sa vassalité, de restituer les habitants enlevés à Pracinburi et de pouvoir repartir avec ses deux fils en otage, qui seraient considérés comme ses propres fils. Ce qui fut accepté. Arrivé à Ayutthaya,  le Prince Suthan se vit même confier le gouvernement de Sawankhalok.

 

  • La guerre d’Ayutthaya contre les Annamites ayant envahi le royaume de Lovek en 1556. 

Les Annamites**

 

Annam ancien invasion

 

envahissent le royaume de Lovek en 1556 (et tuent même le roi, nous dit Lorgeou) et installe un roi fantoche.

Chakkrapat se voit contraint de réagir du fait de la vassalité. Il met à la tête de son armée, le Prince Suthan (fils du roi de Lovek), alors gouverneur de Sawankhalok. Celui-ci est très réticent, son horoscope lui promettant une issue fatale. Les Siamois utilisèrent la même  stratégie qu’ils leur avaient réussie en attaquant par terre et par mer. Malheureusement, des vents contraires retardèrent la flotte, alors que Suthan crut bon d’attaquer de nuit sans son aide. Son horoscope fut confirmé et il fut tué lors de la bataille par des Annamites vaillants qui mirent en déroute l’armée siamoise.

Un nouvel ennemi était désormais  aux « frontières ». On pouvait prévoir d’autres guerres pour « contrôler » le Cambodge.

  • La deuxième guerre des Birmans d’Hongsawadi de 1563 à 1564.

Il est dit que le roi d’Hongsawadi, considérant que sa première invasion d’Ayutthaya, avec un campement à Lumphli, avait été réalisée sans que personne vienne le combattre et avec peu d’hommes, il décida cette fois-ci de prendre Ayutthaya avec une armée dix fois plus importante (et les "Chroniques » d’ annoncer 300 000 hommes, 700 éléphants,3000 chevaux) . (Sic).L’Upparat serait à l’avant-garde, le roi de Phrae au centre et le Phraya de Bassein en réserve.


Lorgeou décrit le roi d’Hongsawadi, avec une âme de conquérant , qui de chef d’une petite principauté de Tongou, « parvint par sa valeur militaire et ses intrigues » à s’emparer du royaume d’Hantawady et à dominer toute la nation pégouane et  les Etats laos à l’exception de Vieng chan. « Il gouvernait d’une main de fer et était implacable pour les échecs et la moindre négligence qu’on payait souvent de sa vie. Il était connu pour préparer ses expéditions avec « prévoyance et sagesse » et pour son intrépidité au combat. »

Les Annales royales décrivent la magnificence du départ avec les ornements du roi, l’éclat des parures des éléphants et des chevaux, les différentes formations bien rangées, avec les couleurs des étendards flottant au vent , au son des gongs et des trompètes et avec la promesse de bons augures. (Il est curieux de voir ainsi des chroniques siamoises glorifier la beauté des ennemis en marche !).

Le gouverneur de Kanchanaburi fit prévenir le roi d’Ayutthaya que les troupes d’Hongsawadi  avaient passé la rivière de Martaban et étaient au-delà de Coiya. Le roi avait alors ordonné l’évacuation des villages et des villes et que les habitants de la « banlieue » viennent se réfugier dans la capitale. Il prit un décret qui demandait au Prince Thammaracha de Phitsalunok de mettre sur le pied de guerre l’armée des cités du nord. Il envoya Phraya Chakri établir une défense à Lumpli. Le chef de la grande pagode de Phukao Tong  donna l’exemple en rassemblant toute la population, les hommes libres, esclaves, femmes, pour protéger le canal de Mahanak .Trois autres camps furent établis autour de la ville. Chaophraya Maha Sena  au fort de Dokmai, Phraya Phra Klang au fort Khu et Phra Sunthon Songkram au fort Campa.

L’armée d’Hongsawadi, presque deux mois après son départ, s’installait en trois campements : l’Upparat à Phaniat, le roi de Phrae au nouveau village de Makkhan Yang  (ou Tamarindes  pour Lorgeou) et le Phraya de Bassein à Prachet.

Le roi Chakkraphat avec la reine Suriyothai à ses côtés, suivi de leurs deux fils, le Prince Ramesuan et le Prince Mahin, se dirigea avec son armée vers la plaine de Phukao Thong. (Trois chroniques décrivent la beauté de la procession, les préséances,  les magnificences des armes, des  parures, des  décorations et des ornements des éléphants)

Le roi d’Hongsawadi, prévenu du mouvement de troupes, alla à sa rencontre. Et la bataille s’engagea à l’heure  astrologique favorable.

Ensuite en quatre paragraphes (pour la 1ère fois) la bataille est décrite avec ses mouvements, la participation des rois au combat, en ne négligeant pas la beauté et l’importance des éléphants, des protections et  des présages, avec le sentiment  que la bataille se joue aussi au niveau du sacré, du « magique ».


Une scène « mythique » du nationalisme thaï. L’action héroïque de la reine Suryothai sacrifiant sa vie pour sauver son royal époux.


Nous avons déjà évoqué dans notre article sur La Légende de Suriyothai de Chatrichalerm Yukol (2001), comment cette reine était devenue une héroïne de l’Histoire nationale thaïlandaise, et ce qu’elle représentait dans la Thainess.(Cf. A51 ***) (Les Chroniques consacrent un paragraphe à cette scène)


Le roi Chakkrapat participant à la bataille sur son royal éléphant  fait un faux mouvement et ne peut maintenir sa position. Il décide alors de dégager (ou prendre la fuite)   mais le roi de Prea le poursuit.  La reine Suryothai voyant en danger son royal époux se jette au-devant du roi de Phrae, qui arrive au cours du combat à passer les défenses de son éléphant sous celles de l’éléphant de la reine et lui fait perdre équilibre. Le roi de Phrae en profite alors pour lui asséner un violent coup de fauchard de l’épaule jusqu’au sein.

Les jeunes Princes Ramesuan et Mahi accoururent alors pour sauver leur mère, mais il était trop tard. La reine était morte. Ils repoussèrent l’ennemi pour pouvoir prendre le corps de leur mère et la ramener à la capitale. Ce fut alors la débandade et beaucoup moururent.  Le roi la ramena d’abord dans la ville de Suan Lang.

Le lendemain, l’Upparat d’Hongsawadi  attaqua le camp du fort Campa sous le commandement de Phra Sunthon Songhram. Malgré une forte résistance, les Siamois furent vaincus et laissèrent beaucoup de morts.

Plus tard, le roi d’Hongsawadi, sur son fameux éléphant Kam Kuam attaqua dans la plaine de Lumphli les troupes de Phraya Chakri. On passera sur la ruse de guerre employée.  Les Siamois furent là aussi défaits et abandonnèrent leur camp  à l’ennemi. 

Selon la coutume, les guerriers coupèrent la tête des vaincus et les amenèrent  au camp du roi d’Hongsawade pour montrer leur courage et être récompensé.

 

Sans titre-4

 

Le roi les « honora » en faisant construire une structure en bambou qui permit aux coupeurs de têtes de manger et de boire pendant trois jours  pendant que leurs collègues en dessous  devaient se contenter de ce qui tombait.


Le roi Chakkraphat  réunit alors son Conseil pour savoir la conduite à tenir après ces défaites. Il estima qu’il ne pouvait plus attaquer en rase campagne et qu’il devait attendre l’armée du roi de Phitsalunok qui devait arriver prochainement. Il fallait en conséquence s’organiser et se défendre avec l’artillerie.

 

canon

 

 

Ils prirent l’initiative de mettre une grosse pièce d’artillerie appelée Narai Sanghan sur une jonque que l’on fit remonter jusqu’au camp ennemi. Un boulet tombant près de la tente royale  incita le roi à déplacer son camp dans la plaine de Phutthalo.


Trois jours plus tard, le roi d’Hongsawadi (on précise « sur son éléphant Kracom Thong ») attaqua de nouveau en passant par Pho Sam Ton et se regroupant dans la plaine de Phaniat ; le roi,  depuis le temple de Phihan,  ordonna à l’Upparat d’attaquer la Capitale.


Le phraya Ram (qui se montrera, dit Lorgeou, un adversaire acharné des Birmans pendant de longues années) fit monter un canon sur une jonque et fit feu sur le camp du roi d’Hongdawadi.

 

canon 2

 

 

Le recul du canon fit chavirer la jonque, mais le boulet atteignit un banian sacré situé à trois wa de l’éléphant du roi. Pendant ce temps, les tirs au canon depuis le fort de Maha Chai tuèrent un grand nombre de soldats birmans ;  ce qui incita le roi a décidé le repli.


Le Prince Maha Thammaracha de Phitsalunok.


Le Prince, informé de la situation de la capitale assiégée par les Birmans, (et, on s’en souvient, ayant reçu un message du roi d’Ayutthaya), rassembla une armée de 50 000 hommes provenant de sa cité mais aussi de Sukkhotai, Sawankhalok, Phichai et Phicit, et se concentra à Chainat des deux côtés de la rivière (Menam). Il envoya en reconnaissance une centaine d’hommes aux environs de Singburi qui rencontrèrent des Birmans en nombre et durent fuir. Deux hommes furent prisonniers (on donne leur nom « Nai Man et Nai Khong », incroyable, non ? ) et emmenés auprès du roi. Interrogés par le roi, ils lui donnèrent toutes les informations désirées (le nombre de soldats, les cités engagées). Il est dit que le roi déclara :

« Que l’on rase la tête de ces deux hommes et qu’ils aillent dire au Prince Maha Thammaracha que je l’attends ici et que s’il ne vient pas, j’irais le chercher moi-même. »

Les deux hommes  retournèrent faire leur rapport au Prince Maha Thammaracha qui leur demanda  d’évaluer le nombre de Birmans. Ils ne purent répondre, mais ajoutèrent qu’ils emplissaient la plaine de Phutthalao.

Le Prince demanda alors à ses Conseillers s’il fallait prendre au sérieux la menace du roi d’Hongsawadi. Les conseillers répondirent que oui. Le Prince leur dit alors qu’il était difficile de connaître les intentions de l’ennemi et qu’il n’est pas impossible que les Birmans désirent lever le camp. Il ordonna alors aux Phraya de Sukkhotai et de Sawankhalok de descendre avec 20 000 hommes au sud, et de prendre position  à Inburi, pour observer les événements futurs.

La guerre continuait et le roi d’Hongsawadi avait ordonné  à  Maha Uparacha d’attaquer l’un des deux derniers camps qui défendaient Ayutthaya. Ce qui fut fait non sans peine mais avec succès.

La retraite.

Mais la situation devenait critique car tous les approvisionnements étaient épuisés, la saison des pluies approchait et il n’était plus possible d’obtenir des vivres sur le pays. Le roi consulta son Conseil pour décider d’un plan pour retourner à Hongsawadi. Les généraux prévinrent que la route du Nord par Kamphaengphet et le poste de la rivière Lamao étaient à proscrire car l’Armée serait arrêtée par les troupes de Phitsalunok et serait vouée à la famine. La route de Kanchanaburi paraissait plus sûre.

Le roi n’était pas de cet avis car d’une part, dit-il, nous avons épuisé le pays en venant et d’autre part, parce que j’avais prévenu Maha Thammaracha que j’irais l’affronter s’il ne descendait pas. De plus, il doit avoir fait de nombreuses provisions. Il rappela qu’ils auront à combattre à la fois l’armée de Phitsalunok  et   les  troupes de Chakkrapat nous poursuivant.

Le roi ordonna aux cinq armées (Bassein, Lakhoeng, Sariang, Tongu et Cittong) d’aller attaquer l’armée de Maha Thammaracha sous le commandement de l’avant-garde, le roi de Prae et que si cela prenait plus d’un jour, les têtes des officiers seront coupées et empalées (sic). Le Muha Uparacha  devait sur sa vie protéger l’arrière de toute embuscade des troupes d’Ayutthaya.


Le roi d’Ayutthaya apprit le départ des troupes d’Hongasawadi au Nord. Ses fils, les Princes Ramesuan et Mahin demandèrent l’autorisation de les poursuivre. 


Ensuite les Chroniques royales décrivent en deux pages les mouvements des différentes troupes, l’écrasement des Siamois à Xainat et la capture des Princes Ramesuan et Mahin.


Le roi d’Ayutthaya apprenant la nouvelle envoya une lettre royale acceptant sa vassalité au royaume d’Hongsawadi et demandant la vie sauve pour ses deux fils. (Les Chroniques nous donnent les contenus de ces deux lettres ( ?)) .

Le roi d’Hongsawadi accepta et demanda en cadeau deux éléphants nommés Si Mongkhon et Mongkon Thawip dont il avait apprécié la vaillance lors des combats. (On remarquera l’importance prestigieuse des éléphants dont le roi connait le nom). Les éléphants furent offerts, mais  l’histoire dit qu’ils furent restitués tant ils causèrent des troubles, peu habitués aux nouvelles voix.


L’armée birmane put retourner sans incident à Hongsawadi. Ainsi s’achevait la deuxième guerre initiée par les Birmans d’Hongsawadi. 

Le Prince Maha Thammaracha de Phitsalunok  put retourner à Ayutthaya , rendre compte de son action au roi Chakkraphat et assister à la crémation de la reine Suryothai.

Le roi, débarrassé de la guerre put réaménager son pays en créant de nouvelles villes avec des déplacements de population : Tha Cin à Sakhonburi ; Talat Khwan à Nonburi ; Rtaburi et Suphanburi devenaient Nakhon Chaisi. Il décida aussi, après consultation, de démolir les fortifications de Lopburi, Nakhon Nayaok et Suphanburi , qui avaient montré leur inefficacité et servi de têtes de pont à l’ennemi.


La rébellion du Prince Si Sin.


 

rebellion


Le Prince Si sin était, vous vous en souvenez, l’un des deux fils du roi Chairachathirat, ( le jeune frère de Yot Fa), survivant du complot ayant exécuté la reine et l’usurpateur Warawongsa en juillet 1548. Il fut adopté par le roi Chakkraphat lors de son intronisation sous la recommandation du chef de la conspiration Khun Phirenthorathep, devenu ce jour le Prince (le roi) de Phitsalunok.


A quel moment a eu lieu la rébellion ?

Les Chroniques royales proposent curieusement  une version de la source A en un paragraphe (p. 31) datée de 1561( ?) et une autre (p.41) des cinq autres sources de trois paragraphes, placées après la retraite de la guerre contre les Birmans de 1563-1564.

Quoi qu’il en soit, les Chroniques racontent la rébellion de Si Sin ou plutôt les circonstances de son arrestation et de son exécution, sans qu’on ait appris le motif de cette rébellion.

Il est dit que le roi ayant appris sa trahison (laquelle ?),  ne voulut pas l’exécuter et demanda à Chao Phraya Maha Sena de le mettre en « résidence surveillée » au monastère de Thamukkhara afin qu’il devienne moine.

 Mais le Prince s’enfuit trois jours plus tard. Il fut ordonné à Chao Phraya Maha Sena de l’arrêter. Apprenant que cinq de ses complices (les noms sont donnés) étaient prisonniers et allaient être exécutés, on suppose que Si Sin voulut les délivrer. Il dut affronter en chemin  Chao Phraya Maha Sena dans un combat d’éléphants et put s’enfuir. Il réussit à délivrer ses cinq complices, mais fut repris par des troupes commandées par les Princes Ramesuan et Mahin.


La bataillle fut rude mais  Si Sin fut tué par une arme à feu. Les cinq complices et le révérend  Phanarat du monastère de Pa Kaeo furent exécutés et empalés en public et mis près du corps de Si Sin.

 

pal

 

Des femmes de nobles ayant participées  au complot,  accusèrent leurs maris qui furent aussi exécutés en grand nombre.

 

Après avoir relaté la rébellion de Si Sin, les Chroniques royales vont de nouveau revenir sur une autre guerre, peu banale contre les Birmans, une guerre provoquée par le refus du roi d’Ayutthaya Chakkraphat d’accéder à une demande  du roi d’Hongsawadi, de se voir offrir deux éléphants blancs.

 

 

Une guerre pour deux éléphants blancs ? A suivre.

 

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*Le prince Damrong Rajanubhab, Nos guerres avec les Birmans: thaïe-birmane .Conflit 1539-1767, ISBN 974-7534-58-4


*E. Lorgeou, « Somdet Phra Maha Chakkrapat, roi du siam, Seigneur des Eléphants blancs », Fragment de l’Histoire du Siam, in Recueil de mémoires orientaux, textes et traductions, publiés par les professeurs de l’Ecole Spéciale des langues orientales vivantes, à l’occasion des langues orientales vivantes à l’occasion du XVI ème congrès international des orientalistes  réuni à Alger avril 1905, 1905. Site Gallica, BNF.

Le siamois (thaï) est enseigné à l’INALCO depuis 1874 et le premier professeur titulaire, nommé en 1899, est Edouard Lorgeou, qui avait longtemps été Consul de France à Bangkok.


**Cf. par exemple un résumé in

http://www.cosmovisions.com/ChronoVietnam.htm

Les différentes dynasties chinoises ont accordé aux princes annamites, pendant plusieurs siècles, une investiture qui n'a d'ailleurs jamais eu un effet pratique sérieux, car elle n'impliquait pas de concessions mutuelles, d'alliance offensive ou défensive, mais simplement la remise d'un sceau au chef de la dynastie,  - sceau dont le souverain de l'Annam ne faisait usage que dans sa correspondance avec le Fils du Ciel, - l'envoi d'ambassades, et le paiement d'un tribut de médiocre importance. Cette investiture et ce tribut laissaient subsister entièrement la souveraineté de l'Annam. 


Le Vietnam du Xe s. au XIXe siècle.


Ngô, Dinh, Lê, Ly, Tran : les dynasties fondatrices.
La première émancipation véritable du Vietnam date de 939, après que le pays se fût libéré de la domination chinoise sous la conduite de Ngô-Quyên. Mais ce n'est qu'avec Dinh tiên-hoang, fondateur de la dynastie des Dinh (968 ap. J.-C.) que commence le véritable essor du pays. Les uns disent que ce Dinh était un chef de voleurs (P. Tissanier), d'autres qu'il était berger (Reydelet), ou plutôt que c'était le chef d'une famille puissante (Gaubil); la tradition historique vietnamienne précise et dit que Dinh était fils adoptif de Din Chông-tru', gouverneur de Hoangcbâu. Toujours est-il qu'il s'empara du trône et changea le nom de son royaume en celui de Dai cù viêt (Dai Viêt). Dinh fut assassiné par un déséquilibré et fut remplacé par son fils qui fut supplanté par un général heureux, Lê hoàn, qui prit le nom de Lê Dai-danh, en montant sur le trône. A la mort de Lê Ngoa-trien en 1009, Ly'Thai-to s'empara du trône et fonda la dynastie des Ly, dont la capitale fut installée à Than-long (site de Hanoï
 ). Ce fut par le mariage de Ly Chieu-hoang, dernière reine de cette dynastie, avec Trân-canh, le neveu du maréchal Tran Thudô, que le trône passa aux Trân (1225). 


Les Lê postérieurs; l'apogée du Vietnam.
Les derniers princes Trân ayant été massacrés, les Chinois envahirent l'Annam. Une lutte pour l'indépendance du pays fut soutenue par Le lo'i qui finalement monta en 1428 sur le trône sous le nom de Lê Thaito, fondant ainsi la dynastie des Lê postérieurs. C'est ce Le lo'i qui changea le nom de Dông dû (Hanoï
 ) en Dông-king (Tonkin ). Sous cette dynastie eut lieu la grande révolte des Mac ou des Mou dont le chef Mac Dang-dong (Mou Ten-yong), vrai faiseur de rois, tient pendant des années le pouvoir royal en échec. (Les Mac formeront la première des dynasties dites « usurpatrices »; les suivantes seront les Nguyên, les Trinh et les Tay so'n). A la suite d'un arrangement les Mac et les Lê conservèrent leurs possessions respectives (1541); de là deux dynasties parallèles; les Mac ont eu pour rois : Mac Dang-dong (1527-1530), Mac Dang-dinh (1531-1540), Mac Phu'o'c-hai (1540-1546), Mac Phu'o'c-nguyen (1546-1548), Mac Mâu-hiep. Ce dernier fut enfin battu et mis à mort. La lutte dura longtemps encore contre les Mac qui s'étaient retranchés dans la région montagneuse de Cao bang (Kaoping).


***A 51. Cinéma thaïlandais : La Légende de Suriyothai de Chatrichalerm Yukol (2001) http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-51-cinema-thailandais-la-legende-de-suriyothai-95050366.html 

 

fin

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