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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 01:00

titreDevant le refus du roi Chakkraphat de lui envoyer deux éléphants blancs, le roi birman d’Hongsawadi décide de venger l’affront en déclarant sa troisième guerre contre le royaume d’Ayutthaya. (Les Chroniques royales y consacrent 5 pages et demie. pp. 43- 49)

La décision prise, le roi d’Hongsawadi analyse, devant ses principaux ministres, les raisons de deux échecs précédents.

La principale, dit-il, est la situation d’Ayutthaya entouré d’eau, tel le Mont Meru avec la mer de Sithandon,

 

le-mont-meru-au-lever

 

qui oblige à avoir des vivres suffisants pour tenir une longue campagne, surtout que les cités vassales de Phitsalunok, Sawankhalok, Sukhotai, Khamphaengphet, et Phichai ont, elles aussi, des vivres en abondance.  Donc, si nous prenons ces cités du Nord, Ayutthaya ne pourra pas éviter d’être prise.

Après avoir été approuvé par ses principaux ministres, le roi envoya l’ordre au roi d’Ava, son gendre, au roi de Phrae, son fils ainé, et au roi de Chiang Mai et aux autres seigneurs  des grandes ou petites cités vassales, de préparer éléphants, chevaux, et troupes et de venir se rassembler à Hongsawadi à la fin de la saison des pluies.

Il est précisé  ensuite les forces engagées et pour que l’on comprenne qu’elles étaient importantes, on n’hésite pas  sur les chiffres (« 900 000 hommes ! 700 éléphants de guerre ! 15 000 chevaux ! » (sic) ) et de repréciser les royaumes et cités engagés :


elephants


Ava, Chiang Mai, Phukam, Pruan, Phrae, Lakhoeng, Cittong, Tôngu, Bassein, Bua Phüan, Sariang, Trang, Martaban, Moulmein, et Tavoy. Le roi nomma l’Upparat comme  le chef de l’avant-garde, le roi d’Ava formant l’aile droite, le roi de Phrae, l’aile gauche, et le roi dc Chiang Mai, l’arrière garde. (On reprécise pour chacun le nombre d’hommes, d’éléphants et de chevaux)


Nota. On peut observer ici que Chiang Mai est aux côtés des troupes birmanes. Nous avons raconté brièvement l’histoire du Lanna et de ses multiples guerres/alliances/traité de paix … contre (ou avec)  le royaume d’Ayutthaya, Sukhotai ou Phitsalunok… En 1564, Chiang Mai est défait et occupé par les Birmans.

(Cf.  http://www.alainbernardenthailande.com/article-51-un-autre-royaume-thai-au-nord-le-lanna-1260-1564-111070952.html)


Le départ.


Ensuite, comme pour la deuxième guerre, un long chapitre décrit le départ de l’armée birmane dans toute sa magnificence. (p. 44)


On ne peut que répéter notre étonnement de voir ainsi magnifier l’ennemi, de décrire le roi d’Hongsawadi dans toute sa splendeur, sa pompe, son faste et son éclat. Magnifique sur son éléphant dont on donne le nom (Thewwanak Phinai), avec toutes ses parures, ses bijoux d’or et de saphirs, ses armes décorées, ses gardes du corps sur des chevaux somptueux, au milieu des bannières, drapeaux, ombrelles et parasols, avec l’armée derrière, marchant en rang, en procession, au son des gongs et des tambours …  partant le jour choisi par les astrologues.

 

elephant blanc


Des chroniqueurs birmans n’auraient pas fait mieux. On apprend la stratégie, les tactiques choisies de la bouche même du roi birman. Il est celui qui mène le jeu, qui  a la force, la manière, la subtilité dans les négociations, l’humour même, la générosité (il relâche tous les prisonniers et épargne les habitants d’Ayutthaya).


Il réussit sur tous les fronts, il retourne le Prince de Phitsalunok sans avoir à combattre (2ème personnage du royaume ?), obtient sa revanche d’ « honneur » (aura 4 éléphants blancs au lieu de 2), et une victoire sur le royaume d’Ayutthaya, là encore sans combattre, et en prenant en otage l’héritier du trône et ses deux principaux adversaires.

 

752ElephantRoyal

 

Un véritable triomphe que des  chroniques birmanes auraient pu raconter. Mais voilà, nous sommes dans les « Chroniques royales d’Ayutthaya » !

 

 Poursuivons le récit.

 

Les étapes de la marche vers l’ennemi. (p.45)

 

7 jours pour atteindre Martaban, 5 jours pour traverser la rivière de Martaban, et 20 jours pour atteindre Kamphaengphet.

 

kamphaengphet

 

 

Ensuite le roi organise sa stratégie.

 

Il ordonne au roi de Chiang Mai de construire 200 bateaux de guerre (de type kajang laoka) que les Phraya de Haripunchai et de Nakhon Lampang amèneront en petites quantités et assembleront au canton de Rahaeng. Puis le roi amena l’armée principale à Sukhotai pour y établir des palissades afin  de s’y installer. Après avoir conféré avec les Phraya de Sukhotai et Sawankhalok, il se dirigea à Phitsalunok pour y établir l’enceinte royale.

 

Sans titre-1


Le Prince Thammaracha de Phitsalunok. Réaliste ou traître ?


Pendant ce temps le Prince Thammaracha de Phitsalunok avait été informé de l’arrivée des troupes d’Hongsawadi aux frontières et avait sollicité un renfort à Ayutthaya tout en invitant tous les habitants de la région à venir dans la cité préparer sa défense.

Mais présentement il pouvait voir le roi d’Hongsawadi préparer le futur assaut en fabriquant échelles, en creusant et en montant murs en terre plus haut que les murs de la cité.  Ensuite, il reçut une lettre du roi birman  lui proposant une négociation.


La première réponse du Prince fut de rappeler que son royaume  appartenait au roi d’Ayutthaya, le seigneur des éléphants blancs, et qu’il ne pouvait accepter de venir en audience.


Dans sa réponse, le roi d’Hongsawadi expliqua que Phitsalunok était très petit et que son avant-garde suffirait pour occuper la cité.


Alors le Prince invita quatre moines à évaluer la situation. Le roi birman leur montra ses échelles et ses murs et leur transmis un autre message pour le  Prince qui indiquait qu’il ne faudrait qu’une heure à ses soldats pour franchir les murs.


Le Prince fit alors le point avec son Conseil, constatant que l’armée d’Ayutthaya n’était pas arrivée, mais que les forces du roi d’Hongsawadi étaient considérables (on entendait les voix et les sons assourdissants des hommes et des éléphants et des chevaux) ; et qu’elles leur seraient faciles d’attaquer et de détruire la cité, les hommes et les moines et la sainte religion. En conséquence, il était prêt à se rendre, et à  mourir pour sauver les hommes de sa cité.

Le lendemain, il obtenait une audience et le roi d’Hongsawadi l’invita à se joindre à lui et lui accorda 7 jours pour préparer ses hommes (30 000) et à rejoindre l’armée principale. Dès lors le roi pouvait assembler ses forces à Nakhon Sawan.

 

Plus tard, alors que l’armée était enfin regroupée à Nakhon Sawan, comme prévu.(avec les bateaux construits par le roi de Chiang Mai) , le roi d’Hongsawadi voulut connaître l’opinion du Prince Thammaracha concernant la raison qui avait poussé le roi Chakkraphat à préférer deux éléphants blancs à son royaume ou bien, ajouta-t-il, « peut-être que quelqu’un s’y opposât » ?  

 

elephant blanc 2


Le Prince répondit qu’au début, le roi ne savait pas quelle attitude adoptée et qu’il demanda conseil auprès de ses conseillers, mais le Prince Ramesuan, Phraya Chakri et Phra Sunthon Songkram, lui indiquèrent que les éléphants blancs représentaient la gloire de leur capitale et qu’ils étaient prêt à la défendre si cela était nécessaire.


Le roi d’Hongsawadi ria alors et lui dit que les peuples ignorants ne savaient pas apprécier leur propre force et celle des autres. Ils sont semblables au petit oiseau et au lièvre. Le lièvre qui a de petites pattes s’imagine capable de « sonder » l’océan mais il  coule au premier sondage  et se noie, de même le petit oiseau qui invite Garuda à traverser l’océan mais qui n’a pas sa facilité et tombe  et se noie. Ils sont comme les conseillers qui ont garanti le sauvetage de la capitale.


Le Prince Maha Thammaracha. Un destin « étonnant ».


On se rappelle que le Prince Thammaraaha  était  le noble Khun Phirenthorathep, de lignée royale, qui avec  Khun Inthorapet, Mun Ratchasaneha et Luang Si Yot avaient réussi une conspiration  et assassiné la reine et Warawongsathira, l’usurpateur et proposé au  prince Thianracha (qui s’était retiré dans un temple), de devenir le roi Chakkraphat.


Le nouveau roi l’avait fait  Prince Thammaracha de Phitsalunok,  et donner sa fille en mariage, la princesse Sawadirat, qui  devint la princesse WisutKasatttri,  reine de Phitsalunok. Et aujourd’hui, il se retrouvait aux côtés des troupes birmanes. Fallait-il voir là une trahison ? une ruse ? un opportunisme ?


Certainement une autre conception de l’honneur si l’on se souvient de la position prise par le roi Chakkraphat et son fils le  Prince Ramesuan, avec Phraya Chakkri et Phra Sunthon Songkhram  prêts à défendre leur « honneur » au prix d’une guerre. (Cf. article précédent).

Et pendant ce temps, le roi Chakkaphat avait reçu le rapport du Prince de Phitsalunok et décidé d’envoyer Phraya Phichai  Ronnarong et Phraya Wichit Ronnarong  l’aider au plus vite avec 10 000 hommes. Mais ceux-ci arrivés à la frontière de Nakhon Sawan apprirent que le roi d’Hongsawadi avaient déjà pris Phitsalunok et toutes les cités du Nord et qu’il approchait de Nakhon Sawan, et même que le Prince Thammaracha était à leurs côtés.

 

armée siamoise


Informé, le roi Chakkraphat en fut plutôt effrayé et  demanda leur plan  au Prince Ramesuan, Phraya Chakri et Phra Sunthon Songkram, qui le rassurèrent en disant qu’ils attendaient leur descente sur la capitale pour partager leurs forces afin de les attaquer. Le roi organisa alors la défense de sa capitale.


L’attaque de la capitale. 

Les Chroniques racontent en deux paragraphes la stratégie adoptée et le mouvement des corps d’armée de l’Upparat, du roi de Phrae, du Phraya de Tongu, de Cittong, de Lakhoeng, du Phraya de Bassein, de Sariang, pendant que l’armée principale était au Wat Pho Phuak et le Prince Thammracha à Makham Yong derrière la réserve royale. Bref, les armées avaient encerclé la capitale et en un jour avaient fini de construire les ponts. Le roi et les habitants de la capitale pouvaient constater qu’ils étaient trois ou quatre fois plus nombreux que lors de leur précédente attaque.

 

bataille


L’échange de lettres royales. 

Le roi d’Hongsawadi constatant après sept jours nulle attaque d’Ayutthaya envoya une lettre au roi Chakkraphat, en lui rappelant, après les formules d’usage :

  • L’historique du présent conflit (la réponse favorable à sa lettre demandant la liberté de ses deux fils prisonniers, lors de leur dernière guerre)
  •  Sa demande de deux éléphants blancs en termes choisis (reconnaissance de ses « mérites », amitié plus grande, et la gloire de sa capitale d’Hongsawadi).
  • Sa réponse insultante (se moquant des jolies femmes d’Hongsawadi et insinuant qu’une réponse favorable n’aurait qu’attiré des forces ennemies)
  • La réalité du présent (l’encerclement de sa capitale depuis 7 jours, le refus du combat, se moquant au passage sur son peu d’empressement à venir « s’amuser » un peu).
  • L’offre de venir discuter s’il ne voulait pas combattre ou sinon il était assuré de perdre son royaume.

Le message était clair.

Le roi Chakkraphat cette fois-ci n’eut pas besoin de son Conseil et déclara que devant l’énorme armée qui faisait face, ses soldats n’avaient pas la capacité de sauver la capitale et que s’il ne capitulait pas, tous les moines, brahmanes et habitants seraient exterminés ainsi que leur sainte religion profanée.

Ensuite le roi expliqua la disposition et le cérémonial de la reddition (place et hauteur des trônes par ex.). Le jour suivant, après les formules d’usage, le roi d’Hongsawadi décida les termes de la reddition :

  • Au lieu des 2 éléphants blancs  refusés, le roi voulait désormais 4 éléphants blancs.
  • Le Prince Ramesuan sera désormais notre « fils » (prisonnier). (Il passa outre à l’argument du roi  Chrakkraphat qui lui rappelait qu’il était son successeur en lui disant qu’il lui restait le Prince Mahin)
  • Phraya Chakri et Phra Sunthon Songkhram accompagneraient le Prince Ramesuan, ainsi que leurs enfants et leurs femmes.

Le roi d’Hongsawadi accepta la demande du roi Chakkraphat d’épargner tous les habitants d’Ayutthaya et de relâcher tous les  prisonniers.


La troisième guerre était terminée et le roi d’Ayutthaya dut accompagner le roi d’Hongsawadi avec les illustres prisonniers et leurs familles,  jusqu’à  Kamphaengphet avant de retourner à Phitsalunok. (Curieux ce retour à Phitsalunok , dont le Prince Thammaracha venait de passer à l’ennemi !)


Suit un paragraphe relatant  une rébellion mâtée du Sultan de Pattani. (p. 49).

 

pattani


Décidemment, le seigneur des éléphants blancs avaient fort affaire dans son royaume, et ses tribulations n’étaient pas terminées.


Nous allons voir comment une demande d’alliance du roi de Lan Chang se transforme en fiasco et en guerre.

 

 

____________________________________________________________________

 

Nota.

Il serait intéressant de confronter cet épisode des Chroniques royales avec des sources birmanes. Un livre de S. W. Cooks de 1919, « A short history of Burma », loin de nous éclairer, de renforcer l’histoire décrite dans les Chroniques d’Ayutthaya, propose en fait une version toute différente. Mais de cela nous commençons à être habitué.

Ainsi, cette guerre aurait été due à des combats aux frontières et  à la demande d’UN éléphant blanc. Ayutthaya est prise en mars 1564. Le roi, la reine, et un des fils sont prisonniers et emmenés à Pegu avec trois éléphants blancs. Le fils ainé est appelé à gouverner le Siam comme une province birmane. *


Qui croire ?


Extrait : Invasion of Siam.

 

In 1563 Bayin Naung repeated the folly of Tabin Shwehti. He picked a quarrel with the king of Siam, because some Siamese had fought with the Burmans on the frontier, and he demanded one of the white elephants of Siam. This was not given, so he invaded the country. Ayuthia was captured in March, 1564, and the king, his queens, and one of his two sons were taken prisoners to Pegu, together with three white elephants. The elder prince was left to govern Siam as a Burmese province. Bayin Naung then returned to Pegu, where a rebellion had broken out, leaving his son Nanda Bayin in command of the army. He found that the rebels had burned down many new buildings in the capital. These he restored, and built for himself a new palace of great splendour which took three years to finish.

Rebellions in Pegu.

 Bayin Naung had very soon to leave the capital again, for the chiefs of Zimme and of Linzin (Luang Prabang) on the Mekong were giving trouble. Again he was recalled to Pegu by a rebellion headed by a Shan prisoner. Narabadi, king of Ava, who had been taken captive to Pegu in 1555, asked for troops and dispersed the rebels. Bayin Naung on his arrival pursued the rebels to Dalla and captured thousands of them. In the meantime Nanda Bayin had captured the chief of Zimme, and the Linzin chief had fled across the Mekong

(1565).

 

Second invasion of Siam.


Bramahin, crown prince of Siam, was ruling in Ayuthia as the vassal of Burma. His father, the late king, had become a priest, and was allowed to return to Siam. The king's second son died, and the queen with her daughters also returned to their own country. The late king now threw off the yellow robe, and with his son revolted. Bayin Naung led an army at the end of the year 1568 from Martaban into Siam. He defeated the enemy who were attacking Pitsalauk, and laid siege to Ayuthia. The city was taken through the treachery of a Siamese noble, who opened the gates to the Burmese.

The old king poisoned himself, and Bramahin was put to death. Bayin Naung then set out in pursuit of the chief of Linzin, who had attacked his army at Ayuthia. He failed, and returned to Pegu at the end of 1570, having lost the greater part of his troops. In the following year the Linzin chief was killed while fighting in Cambodia.”

 

 

fin

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