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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 00:05

ChakrapatLe roi Chakkraphat a eu une vie mouvementée et a subi bien des déboires, bien des défaites, lui qui pourtant avait eu droit au titre de seigneur des éléphants blancs.  Il pensait en avoir fini en se faisant moine à 59 ans,  et en abdiquant en faveur de son fils Mahin, « en 914, l’année du rat ».

 

année du rat 2


Malheureusement, le roi Mahin et le Phraya Ram crurent nécessaire de venir l’implorer pour qu’il reprenne le trône et vienne sauver le peuple du royaume.

Ils l’informèrent du voyage du Prince Thammaracha à Hongsawadi, dénonçant  ainsi  ce qui pouvait être vu comme une trahison.  Ils lui proposèrent de se hâter et d’en profiter pour aller  reprendre sa sœur (mariée au Prince)  et son neveu à Phitsalunok pour les ramener à Ayutthaya. Chakkraphat donna son accord et ordonna à Phraya Ram d’organiser la défense de la capitale, pendant que lui-même et le roi Mahin iraient par bateau prendre la princesse Wisutkasattri et son fils, le Prince Ekathotsarot, ainsi que les familles à leur service.


Le roi Mahin demanda la permission de détruire Kamphaengphet qui était sur la route et aussi de  prendre ses habitants pour les amener à Ayutthaya.

 

Mahin


Mais ensuite les Chroniques sont peu claires.


Elles racontent dans un paragraphe les circonstances de l’attaque de Kamphaengphet, face à Phraya Si Ratchadecho, pour signaler ensuite qu’ils retournent sur Ayutthaya et apprendre deux paragraphes plus loin, que la Princesse Wisutkasattri et son fils, le Prince Ekathotsarot sont à Ayutthaya.  N’étaient-ils pas à Phitsalunok ? Entre les deux, on nous indique les préparatifs de défense de la capitale par Phraya Ram.


Toujours est-il que des officiels de Phitsalunok vont rapidement informer le Prince Thammaracha qui était à Hongsawadi.  Le roi d’Hongsawadi apprit par le Prince  les plans  de Phraya Ram et du roi Mahin et le retour de la princesse Wisutkasattri à Ayutthaya. (Il n’est pas question du roi Chakkraphat ???).


Le roi d’Hongsawadi en fut indigné et exprima son désir d’intervenir, dans la mesure  où Ayutthaya avait perdu sa loyauté et  considérait Thammaracha, « son royal jeune frère », comme un ennemi. Il ordonna au Prince Thammaracha de retourner de suite à Phitsalunok et de préparer les sept cités du Nord à la guerre avec les vivres, les éléphants, les chevaux, et les troupes.


La 4ème guerre entre les Birmans et Ayutthaya était déclarée.


La quatrième guerre de 1569 qui aboutira à l’annexion d’Ayutthaya par les Birmans d’Hongsawadi  est racontée avec force détails dans les 25 pages de la fin du chapitre 2 des « Chroniques royales d’Ayutthaya ». ( pp. 49-74), avec des divergences sérieuses entre la source A et les cinq autres sources  (BCDEF).


Relater cette guerre dans le cadre d’un blog est fastidieux pour le lecteur. Aussi avons-nous mis en note, en suivant la chronologie des Chroniques, les principaux éléments.


On peut y remarquer les différentes étapes,  avec la scène du  départ du roi d’ Hongsawadi en procession avec ses éléphants, ses troupes … pour atteindre en 35 jours, précise-t-on, les frontières de Kamphaengphet. Elles décrivent ensuite la stratégie du roi d’Hongsawadi, la tactique employée, le dispositif de ses armées d’Hongsawadi, la préparation de l’encerclement et du siège d’Ayutthaya. Tout est noté, comme pour montrer le « génie militaire » du roi d’Hongsawadi. (Curieux pour des annales  siamoises !).


On y voit les troupes en présence :


 (permettant d’apprendre la zone d’influence du roi d’Hongasawadi et donc ses vassaux)


Du côté Birman, sous les commandements de l’Uparat, du Prince Thammaracha de Phitsalunok, et les rois de Phrae (neveu du roi)  et d’ Ava (beau-fils du roi) :

  • les Birmans et les Môns d’Hongsawadi, de Ava, Tongu, Pruan, et les troupes thaïes Yai de Pasaenu, Kong, Mit, Tala, Nai, Umuang, Sapha Bua sae, Sop, les troupes laos de Chiang Mai, commandées par Phra Saen Luang Phing Chai, (le roi de Chiang Mai étant malade ( !)). Le Prince Thammaracha commandant les 7 cités du Nord. On annonce une armée d’un million d’hommes. (Une façon asiatique pour dire que l’armée était nombreuse).

Du côté d’Ayutthaya, sous le commandement de phraya Ram 

  • D’un côté les forces des cités de Chainat, Suphanburi, Lopburi, Phetburi, Ratburi, Nakhon Nayok, Saraburi, Phromburi, Sanburi, Nakhon Chais, Thonburi, Marit. Les 3 autres côtés étaient gardés par le Phraya Khlang à la palissade de Chai Gate, Phra Insa  Nakhon Ban à celle de Chai palace, Phra Thai Nam à celle de Chi Khan Gate, Phraya Si Ratchanedo commandait de Chi  Khan Gate au coin de la cour royale et Phraya Thamma était en charge des troupes qui gardaient de coin de la cour royale jusqu’au Palace royal.
  • Le roi Mahin a ordonné au Phraya Ram de demander l’aide du royaume lao de Lan Chang.

 

La bataille pouvait s’engager.


Les Chroniques montrent le contraste entre le roi Mahin d’Ayutthaya qui  n’est  pas intéressé par la guerre, qui reste en son palais, précise–t-on, en laissant tout le commandement  aux mains de Phraya Ram et le roi d’Hongsawadi, un chef de guerre intraitable, habile, fin tacticien,  aux méthodes expéditives.(Par ex. punit de mort Phraya Kiat qui a perdu sa position ; le roi de Phrae ayant laissé échapper une jonque chinoise doit défiler devant ses troupes comme un criminel, sacrifie ses hommes pour construire un pont … etc) .

 

Jonque chinoise

 

Un bon stratège préparant bien les différentes étapes en amont :

  • Le roi d’Hongsawadi, une fois toutes ses troupes rassemblées,  organisant  ses 4 principales armées aux 4 coins cardinaux, avec la principale basée au temple de Maheyong.
  • La préparation du siège (la construction des tunnels, de palissades, du bouclier de terre pour arriver aux remparts, qui coûta de nombreux hommes)

 

siège

 

  • La constitution d’un stock de riz et de vivre  pour un an. (avec des méthodes musclées. Tout officier sera puni de mort en cas de quota jugé insuffisant)  

A l’inverse, les Chroniques montrent un Ayutthaya divisé, désuni, trahi par la naïveté de son roi et de son commandant en Chef

  • Leur chef Phraya Ram découragé est prêt à négocier. Le Conseil des plus haut dignitaires pensent à la trahison et vont partir combattre chacun de leur côté, avec un roi laissant faire.
  • Le roi qui livre son commandant en chef contre une promesse de paix, qui fait arrêter le Prince Saowarat qui commandait 15 000 hommes (sic) au centre du dispositif et qui répondait avec hardiesse à toute tentative des ennemis.
  • Le roi Mahin qui croit à l’évasion de Phraya Chakkri, prisonnier des Birmans, et qui en plus,  lui confie la défense de la capitale avec tout pouvoir ! il en profitera pour désorganiser la défense de  la capitale, remplacer les soldats par des civils, décourager l’ardeur au combat des soldats et prévenir l’ennemi du moment propice pour l’attaque.

 

Les Chroniques royales d’Ayutthaya poursuivent l’éloge du roi d’Hongsawadi, toujours en fin stratège. (propose au roi Mahin une nouvelle alliance et la paix s’il lui livre son commandant en chef Phraya Ram. Surenchérit en demandant l’hommage des hauts dignitaires, une fois Phraya Ram livré) et qui a l’intelligence de laisser le Prince Thammaracha mettre en œuvre ses plans.


En effet, son vassal et allié, le Prince Thammaracha de Phitsalunok,

 

Thammarachat

 

multiplie les initiatives,  stratagèmes et plan secret :

  • Contre Lan Chang qui entre en guerre, l’idée, avec la « complicité » de Phraya Ram prisonnier, de faire un faux document provenant d’Ayutthaya pour  inviter le roi de Lan Chang  à venir rapidement pour profiter de la situation avantageuse due au manque de vivres d’Hongsawadi, et qui est sur le point d’abandonner sa campagne. Et effectivement, le roi de Lan Chang se précipitera dans l’embuscade mené par l’Uparat (le roi de Lan Chang put s’enfuir, mais perdit de nombreux hommes).

 

  • Le plan « sanguinaire » de Thammaracha qui propose au Phraya Chakkri, pris en otage lors de la guerre précédente, un stratagème qui permettra de prendre la capitale facilement. Il s’agissait de faire croire à son évasion, (on n’hésita pas à sacrifier une trentaine de soldats qui  furent exécutés et empalés devant la palissade pour la rendre plus crédible !). Le plan réussit mieux que prévu car le roi Mahin lui confia tout le commandement des forces armées.

L’attaque finale et la chute d’Ayutthaya en 1569.


Le roi d’Hongsawadi, organisa ses soldats en quatre divisions, avec chacune couleurs et armes différentes. La 1ère, habillée avec une  tunique noire et armée d’une épée et d’un  bouclier, la 2ème tunique verte et armée d’une épée dans chaque main, la 3ème tunique rouge, armée de  fusils (à mèches), la dernière, violette et armée de lance et d’une  épée fixée au dos. Le roi ordonna alors la route à suivre au Prince Thammaracha et à l’Uparat le long de l’île de Kaeo, pour rejoindre au même moment les divisions des rois de d’Ava et de Phrae et attaquer. Ils eurent de nombreux morts dus aux flèches enflammées, aux perches, bambous, mais ne reculèrent pas.

 

Bataille


Et les armées de Thammaracha et de l’Uparat forçèrent le passage et capturèrent la palissade de Phra Mha Thep,  qui recula et  put regrouper ses troupes devant les monastères de Kho et de Krabu, pour de nouveau subir un nouvel assaut et devoir reculer et se regrouper au monastère de Phao Khao. Leurs lignes furent enfoncées, divisées, et les troupes d’Hongsawadi purent entrer dans la cité.


La guerre était finie.


Evidemment, on donne une date exacte et même  le jour et l’heure ! (« the eleven day of the waning moon of the ninth month in 918, a year of the dragon, eighth of the decade, at three nalika in the morning ». (Extraordinaire, non ?).

 

-annee-du-dragon


Les Chroniques décrivent la cérémonie de rédition, où, en présence de l’Uparat et du Prince Thammaracha (un honneur),  le  roi d’Hongsawadii  manifestera le respect dû au rang royal du roi Mahin (invitation à s’asseoir, offre du bétel), que celui-ci méprisera.


Même dans la défaite on nous montre un roi Mahin mesquin, peu « royal ». Le roi d’Hongsawadi termina la cérémonie en rappelant que cette guerre ne pouvait qu’augmenter sa renommée et étendre ses frontières dans toutes les directions. Non sans humour, il invitale roi  Mahin à le suivre pour vivre avec lui à Hongsawdi. Une façon élégante de lui annoncer qu’il était désormais son otage.


Il demanda au Prince Thammaracha d’escorter le roi Mahin et il envoya l’Uparat dans la ville rassembler tous les habitants, et  de prendre toutes les statues pour les emmener à Hongsawadi. Il dit au roi Mahin de préparer toutes ses concubines, personnel du palais, et possessions pour ensuite faire le voyage ensemble, et au prince Thammaracha de prendre les parures et les ustensiles royaux avec les concubines et serviteurs.


Les Chroniques signalent en une simple phrase que le roi d’Hongsawadi invita le Prince Thammaracha a accéder au trône d’Ayutthaya.


On termine le chapitre en précisant que le roi d’Hongsawadi envoya le Phraya de Nakhon Si Thammarat, Phra Si Akkharat, Khun Kasettrathibodi, Khun Rakmonthian, Mün Narinsi, une centaine en fait de Khun et Mün, et 10 000 hommes et femmes libres à Ayutthaya. Un cadeau au nouveau roi ? Une réorganisation du royaume ? (Curieusement, Phraya Chakkri n’apparait pas).


Le royaume d’Ayutthaya était désormais annexé au royaume d’Hongsawadi.


Le roi Thammarcha allait régner de 1569 à 1590. Mais cela est une autre histoire à raconter.

 

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Nota.

 

Nous ne comprenons pas toujours pas cette présentation fantaisiste des « Chroniques royales d’Ayutthaya » de la défense d’Ayutthaya. Le roi Mahin est présenté, une fois de plus, comme un incapable, un naïf et un idiot.


On déclare qu’il se retire en son palais, alors que la guerre fait rage. Il donne tout pouvoir à Phraya Ram pour mener la guerre, et le livre ensuite au roi d’Hongsawadi, croyant à la paix proposée.


Ensuite il croit à l’évasion du Phraya Chakkri, qui avait été fait prisonnier avec son frère, lors de la guerre « des éléphants blancs » et pire lui  donne tout pouvoir pour mener la guerre. Il ne dit rien au comportement ubuesque de Phraya Chakkri (condamner un héros, démobiliser les soldats et les remplacer par des civils).


Nous avons le sentiment que les chroniqueurs siamois  de ces annales ont été payés par l’ennemi. Ils seraient, en tous cas, mis en prison de nos jours, tant ici, une fois de plus, le lèse-majesté est évident.


Surtout que  tout est fait pour mettre en valeur le roi d’Hongsawadi. Ainsi on le voit en bon stratège, en fin tacticien, en conquérant impitoyable. On décrit abondamment la magnificence, la force  ordonnée de ses armées partant en campagne, son aptitude vigoureuse à insuffler l’énergie de la victoire.


Cf. par exemple l’attaque finale scénarisée du point de vue du roi d’Hongsawadi : avec une bonne organisation, avec une couleur différente pour chacune des 4 divisions, une bonne coordination et synchronisation ; ils avancent et arrivent en même temps ; la scène est sonorisée (troupe et armes à feux résonnent « comme un tremblement de terre ». Et en une phrase, la messe est dite : « Les armées du Prince Thammracha et de l’Uparat attaquent, entrent en force, et capturent la palissade du Phra Maha Thep ». Hongsawadi a gagné la guerrre.


Que penser d’un tel parti pris  pour l’ennemi. Un comble pour des chroniques royales dites siamoises.


Nous avons suffisamment critiqué la Thaïness pour nous interroger sur le silence des experts. Cf.in 41. LA REFERENCE.  Les chroniques royales d’Ayutthaya de Richard D. Cushman. Cf. en note,  Lagirarde François s’en prenant à la traduction, sans critiquer, les incohérences, invraisemblances, ellipses, incongruités …


« BMV et RCAC ont sans aucun doute été publiés dans le but de devenir des références incontournables. D'une certaine façon ces deux publications ne peuvent qu'y réussir puisque :


1) aucun document de l'importance de BMV n'était directement accessible aux chercheurs  2) la traduction de Cushman est la seule des longues chroniques à jamais avoir vu le jour.


« La traduction n'est donc pas seulement faible, elle est parfois totalement inexacte » … Bref, le lecteur de RCAC se heurte continuellement à des phrases mystérieuses qui appartiennent à un premier essai de traduction ou à une exégèse inachevée. »

 

Il est vrai que la rédaction de ces Chroniques, si l’on en juge par la traduction, n’a aucun style, si ce n’est une volonté de confusion, de désordre, de bouts de phrases rassemblées à la hâte, une syntaxe en fatras. Mais que pensez de l’intrigue ?


Tout ceci peut expliquer l’absence d’une traduction française, et le niveau plus que moyen de notre prestation.


Ainsi en va-t-il pour la datation plutôt aléatoire entre les différentes sources. Cf. notre article suivant :

 59. Une chronologie incertaine pour écrire l’histoire d’Ayutthaya.

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D’après « Les Chroniques royales d’Ayutthaya » :

 

La 4ème guerre entre les Birmans et Ayutthaya était déclarée. ( 25 pages. pp. 49-74. Fin du chapitre II)


Les cinq sources (BCDEF) décrivent ensuite, une fois de plus, avec force détails superlatifs (or, diamants, ornements royaux magnifiques, la beauté des bannières, des armes, des couleurs, des sons, la pompe, les signes astrologiques favorables, etc), la scène du  départ du roi d’ Hongsawadi en procession avec ses éléphants, ses troupes … pour atteindre en 35 jours, précise-t-on, les frontières de Kamphaengphet. Elles décrivent ensuite le dispositif des armées d’Hongsawadi, la tactique employée, la préparation de l’encerclement et du siège d’Ayutthaya. Tout est noté, comme pour montrer le « génie militaire » du roi d’Hongsawadi. (Curieux pour des annales  siamoises !).


Bref. Le roi d’Hongsawadi met en place sa stratégie et ordonne au roi de Phrae, commandant des forces navales, et à ses troupes sur terre de se rejoindre à Nakhon Sawan.


Les troupes du roi réunissaient les Birmans et les Môns d’Hongsawadi, de Ava, Tongu, Pruan, et les troupes thaïes Yai de Pasaenu, Kong, Mit, Tala, Nai, Umuang, Sapha Bua sae, Sop ; les troupes laos de Chiang Mai, étaient commandées par Phra Saen Luang Phing Chai, le roi de Chiang Mai étant malade ( !). Le Prince Thammaracha commandait les 7 cités du Nord. On annonçait le nombre d’un million d’hommes. (Une façon asiatique pour dire que l’Armée était nombreuse).


Pendant ce temps Ayutthaya s’organisait, mais pas avec la rapidité suffisante puisque seule une partie des 4 districts put entrer à l’intérieur de la capitale, et les petites cités éloignées durent rester dans les forêts avoisinantes.


Le roi d’Ayutthaya et Phraya Ram organisèrent néanmoins leurs forces :

  • Phraya Ram restait au centre, prêt à suppléer l’un des 4 côtés défaillants.
  • Les forces des cités de Chainat, Suphanburi, Lopburi, Phetburi, Ratburi, Nakhon Nayok, Saraburi, Phromburi, Sanburi, Nakhon Chais, Thonburi, Marit, occupèrent le fort de  Ratanachai.
  • Les 3 autres côtés étaient gardés par le Phraya Khlang à la palissade de Chai Gate, Phra Insa  Nakhon Ban à celle de Chai palace, Phra Thai Nam à celle de Chi Khan Gate, Phraya Si Ratchanedo commandait de Chi  Khan Gate au coin de la cour royale et Phraya Thamma était en charge des troupes qui gardaient de coin de la cour royale jusqu’au Palace royal.

Bref, les responsabilités de défense avaient été assignées.


Quant à Hongsawadi ?

  • En arrivant à la capitale, les troupes d’Hongsawadi reçurent la mitraille (canon Naraï ente autre), qui fit beaucoup de morts parmi les éléphants, les chevaux et les soldats.
  • Le roi d’Hongsawadi, une fois toutes ses troupes rassemblées,  organisa ses forces : l’Armée de l’Upparat et l’armée de Thammarcah étaient face au rempart de l’Est, l’armée du roi d’Ava au Sud, l’armée du Phraya de Thala, des Thai Yai et de Chiang Mai à l’Ouest, celle des  Phraya de Basein de Tongu, de Aphaikhamani, de Martaban, de Phataba, de Phathaboet au Nord.
  • Et la principale armée serait basée au temple de Maheyong

Nous passerons ensuite sur la mise en place du siège avec la construction des tunnels, de trois cordons de palissades qui prendront 2 mois. Les soldats d’Ayutthaya tuèrent de nombreux soldats pendant ces « travaux ».


Auparavant le roi Mahin avait ordonné au Phraya Ram d’envoyer un message au roi de Lan Chang pour lui demander son aide.


Mais le roi d’Hongsawadi mesura que le siège et l’attaque d’une grande capitale comme Ayutthaya n’avait rien à voir avec les autres sièges déjà réalisés dans le  passé, surtout avec la situation particulière de son emplacement : un mont « Méru » entouré d’eau.

  • Il voyait la difficulté et estima que cela prendrait une année pour réussir. Aussi convoqua-t-il ses Phraya et commandants pour leur faire part de son analyse et pour les inviter à trouver assez de riz et de vivres pour tenir un an, en précisant qu’un inventaire de chaque brigade sera fait avant l’attaque et que l’officier responsable serait puni de mort en cas de vivres insuffisantes.
  • Une fois, l’inventaire fait, le roi d’Hongsawadi ordonna les dernières préparations avant l’attaque, à savoir l’établissement de chemins protégés par des « boucliers » de terre pour arriver aux remparts. Ils durent subir de nombreuses « canonnades et coups de feux » et des sorties meurtrières d’Ayutthaya.  

La bataille pouvait s’engager.


Enfin, on pouvait le croire, lorsque le paragraphe suivant les « Chroniques royales d’Ayutthaya » annoncent la mort du roi Chakkraphat (BCDEFG). (en 917, l’année du lièvre, la 7 ème décade, après 34 ou 35 jours de grave maladie, et après 32 ans de règne (BCDE) (ou 37 ans F))

 

année du lièvre

 

presque en catimini, et pour déclarer de suite que le roi Mahin, n’était pas intéressé par la guerre, qu’il restait en son palais, en laissant tout  aux mains de Phraya Ram, y compris le commandement de tous les soldats qui défendaient la capitale. Et de décrire Phraya Ram, dans toute sa pompe, inspectant, organisant et  motivant ses soldats.


La source A nous avait déjà annoncé trois pages auparavant, à la sauvette, alors que les troupes d’Hongsawadi encerclaient Ayutthaya, « le roi Maha Chakkraphat tomba malade et mourut. » Et c’est tout.


Nous sommes étonnés une fois de plus par ces « Chroniques royales » sensées, comme toute chronique royale, être à la gloire des rois dont elles racontent les hauts faits, et qui ici, sont dans le lèse-majesté. Un roi qui meurt dans l’anonymat et son successeur de fils qui se retire en son palais en pleine guerre !!!


Le roi d’Hongsawadi, un chef de guerre intraitable, aux méthodes expéditives.


 Phraya Kiat, qui a subi une attaque de Phraya Chakkrarattana et a perdu sa position, est puni de mort par le roi en colère, malgré l’arrestation de Phraya Chakkrarattana. Pire, l’Uparat (son fils et 2 ème personnage du royaume d’Hongsawadi !) est exclu de son armée, faute d’avoir puni Phraya Kiat.


Toutefois, l’Uparat, conscient que le roi de Phrae (neveu du roi)  et d’ Ava (beau-fils du roi) lui sont favorables, mais n’ont  pas  un pouvoir suffisant pour obtenir son pardon va demander à Thammaracha de plaider sa cause, sachant qu’ il est le seul  à pouvoir le faire. Le roi d’Hongsawadi accordera en effet sa grâce à Thammaracha.


De même le roi de Phrae ayant laissé échapper une jonque chinoise dut subir la colère du roi d’Hongsawadi et dut défiler devant ses troupes comme un criminel.

Il fut également très en colère quand son ordre d’attaque du pont sur la rivière en face du fort Rattanachai échoua. Les officiers furent punis. Il dut alors réorienter ses forces et envoya l’Uparat, le roi Ava et le roi de Phrae prendre trois autres positions.

Mais le roi inspectant, constata qu’ils n’avaient pas encore construit un pont sur les douves, se demanda,  s’il ne fallait pas en tuer un, pour que les deux autres soient capables de construire le pont. Mieux, le roi demanda à son inspecteur lui rendant compte des travaux : « A combien de terre portée par un homme équivalait un homme mort. »  L’inspecteur répondit qu’un homme mort équivalait à 7 porteurs de terre. Vous devinez quelle furent les consignes données à l’Uparat, aux rois de Phrae et d’Ava. Les hommes ne furent pas épargnés et durent travailler jour et nuit. Après 3 mois, les murs de la capitale furent atteints.


Ayutthaya divisé


Pendant ce temps, Phraya Ram construisait une deuxième palissade derrière les remparts à l’intérieur de la capitale, mais apprit la perte de l’île de Kaeo.


Phraya Ram en fut découragé et consulta son Conseil envisageant une « négociation ». Les dignitaires lui rappelèrent qu’une négociation ne pouvait être envisagée qu’en montrant sa force et qu’après avoir tué beaucoup d’ennemis. Devant l’attitude du Praya Ram, ils pensèrent à la trahison et partirent chacun de leur côté combattre l’ennemi. Le roi les laissant faire, précise-t-on.


Mais on apprit que Phra Maha Thep qui défendait l’ïle de Kho, résistait encore derrière ses palissades, après que les murs aient été détruits par les Birmans et que le Prince Si Saowarat était venu à son  secours, et qu’il avait tué de nombreux ennemis et empêcher que la palissade soit prise.


Le stratagème du roi d’Hongsawadi.


Constatant les difficultés pour prendre Ayutthaya, la venue de la saison des pluies, et les hommes « contrariés » le roi d’Hongsawadi confia à Thammaracha un stratagème pour se saisir du Phraya Ram, l’architecte de la défense d’Ayutthaya.

 Il s’agissait d’envoyer une lettre au roi Mahin, lui révélant que son père avait trahi leur amitié avec Phraya Ram qui s’était porté garant de la défense d’Ayutthaya. Mais son père était mort et le roi d’Hongsawadi renouvelait son alliance d’amitié à la condition qu’on lui livrât Praya Ram. Alors il retournerait avec toutes ses armées à la capitale d’Hongsawadi. (On apprend même, qui transmis la lettre à l’intérieur d’Ayutthaya, et à qui il la donna et qui l’a reçu (« the reigning lady of the inner Palace Department »), qui la transmis au roi Mahin. On apprend vraiment des secrets !)

Le roi Mahin réunit son Conseil (ministres, nobles de haut rang, chef des moines) et leur présenta la proposition du roi d’Hongsawadi. Les Conseillers estimèrent que si le roi voulait cette alliance, il devait alors livrer Phraya Ram.


Le roi ordonna alors de livrer Phraya Ram au Prince Thammaracha. Le patriarche et quatre moines furent désignés pour le livrer. Et Thammaracha put l’amener devant le roi d’Hongsawadi. Celui-ci demanda alors à son Conseil s’il devait donc renouer son alliance comme auparavant. Tous les nobles de haut rang présents estimèrent que la capture de Phraya Ram était équivalent à la prise de du royaume d’Ayutthaya et ils demandèrent la permission d’attaquer et de prendre la capitale. (Contrairement aux sources BCDEF, la source G prétend que tous les nobles présents étaient pour une alliance immédiate).


Le roi ne fut pas de cet avis et ordonna aux officiers de rester sur leur position. (Une fois de plus, on voit le roi Mahin, écoutant son Conseil sans intervenir, et livrer son commandant en chef et le roi d’Hongsawadi s’opposer à l’avis de son conseil). Mais le roi d’Hongsawadi posa une nouvelle condition et transmis au patriarche d’Ayutthaya sa volonté que tous les dignitaires de la capitale viennent auparavant lui rendre hommage avant de signer l’alliance.


Il n’est pas besoin d’être un fin stratège pour voir le grossier piège.

Néanmoins, le roi Mahin crut bon de réunir son Conseil pour connaître leurs réponses. Ils lui dirent qu’ils seraient fait prisonniers et emmener avec leur famille.   Ils lui proclamèrent alors leur volonté de se battre. (Seul Phraya Thama était prêt à se rendre).


Le roi d’Hongsawadi attendit sept jours (délai qu’il avait accordé) et s’entretenant avec le Prince Thammaracha, lui déclara qu’ Ayutthaya ne voulait pas de l’alliance  et qu’il devait ordonné l’assaut. Mais Thammaracha lui demanda de suspendre son ordre et de le laisser tenter une ultime négociation. Il se présenta en palanquin devant les positions tenues par Phra Maha Thep et demanda l’autorisation d’entrer pour discuter des affaires du royaume. Phra Maha Thep fit tirer sur l’ambassade.

Le roi d’Hongsawadi donna ses ordres.


Encore un curieux comportement du roi Mahin.


Le Prince Saowarat qui commandait 15 000 hommes (sic) au centre du dispositif répondait avec hardiesse à toute tentative des ennemis, mais sans prévenir son père ( ?). Curieusement, le roi Mahin, (on précise « qui n’avait aucun intérêt à la guerre ». (notez ces charges permanentes des Chroniques contre le roi d’Ayutthaya), eut des doutes sur la loyauté du Prince Saowarat et l’envoya au monastère Phra Ram. Pourquoi ? On ne sait pas. (la source A précise : pour être exécuté).


Lan Chang entre en guerre contre Hongsawadi.


« Pendant ce temps-là », les envoyés Khun Ratchasena et Khun Maha Wichai avaient livré le message royal de Mahin auprès du ministre des Armées de Lan Chang, expliquant la situation , demandant leur appui, sachant, était-il précisé, qu’Ayutthaya était une digue qui protégeait Lan Chang, et que si celle-ci tombait, les troupes d’Hongsawadi ne manqueraient pas de les attaquer ensuite. Le roi informé fut en colère et décida d’attaquer de suite les troupes d’Hongsawadi, surtout qu’il se rappelait le kidnapping de sa future femme, la princesse Thepkasattri. Il précisa en outre que cela ne pouvait que renforcer leur alliance pour leur futur. Il choisit un moment favorable selon les augures pour partir avec ses troupes.


La réponse deThammaracha.

Le prince Thammarcha fut informé  de l’arrivée des troupes de Lan Chang aux environs de Nakhon Thai. Il informa en audience au roi d’Hongsawadi que l’armée de Lan Chang était sur le chemin entre Phetchabun et Saraburi. Curieusement les Chroniques royales précisent que le roi demanda la confirmation à son prisonnier Phraya Ram. Il estima de suite que si cette armée arrivait près d’Ayutthaya, cela galvaniserait les défenseurs de la capitale d’Ayutthaya et qu’il fallait en conséquence aller au-devant de ces troupes et les mettre en déroute.


Thammaracha eut encore l’idée, avec la « complicité » de Phraya Ram de faire un faux document provenant d’Ayutthaya pour  inviter le roi de Lan Chang  à venir rapidement pour profiter de la situation avantageuse due au manque de vivres d’Hongsawadi, et sur le point d’abandonner sa campagne.


Le roi ordonna à l’Uparat de suivre avec son armée les bords est de la forêt de Sak river et de préparer une embuscade avec ses  troupes des deux côtés de la rivière près de Suraburi. Entre temps le  faux message d’Ayutthya était arrivé et c’est tout joyeux que le roi de Lan Chang tomba dans l’embuscade. Il put s’enfuir, mais perdit de nombreux hommes, et de nombreux éléphants, chevaux et soldats furent capturés (Toujours dans cet ordre). On peut deviner la joie du roi d’Hongsawadi, et la tristesse du roi Mahin, de tous ses officier et soldats quand ils apprirent la nouvelle.

Le nouveau plan « sanguinaire » de Thammaracha.


Pendant que le roi d’Hongsawadi organisait l’attaque finale pour prendre Ayutthaya, le Prince Thammaraaha eut un nouveau plan qui éviterait de perdre un grand nombre d’hommes. Il proposa au prisonnier Phraya Chakkri un stratagème qui permettrait de prendre la capitale facilement.  (Vous vous souvenez, Phraya Chakkri était le principal opposant aux birmans et avait été donné en otage avec Ramesuan,  le fils ainé du roi Chakkrapat, et Phra Sunthon Songkhram, lors de la défaite de la 3ème guerre pour deux éléphants blancs.  Cf. 56). Il lui rappela pour le convaincre, que lui aussi avait été un sujet du seigneur des éléphants blancs, mais que celui-ci était mort  et qu’ils étaient devenus des sujets du roi d’Hongsawadi. Il lui montra qu’il était en grande faveur auprès du roi et qu’il ne tenait qu’à lui d’acquérir aussi cette faveur. Chakkri accepta, reconnaissant.


Thammaracha communiqua son plan secret  au roi d’Hongsawadi, qui l’approuva.


 Il s’agissait, dans la première partie du plan,  de faire croire  que Praya Chakkri bien que gardé par une trentaine de soldats laos, môns, et birmans, se soit échappé avec ses fers. Le lendemain, on montra une agitation dans le camp qui indiquait une recherche. Et pour crédibiliser la fausse évasion, le roi ordonna, qu’une trentaine de soldats furent exécutés et empalés devant la palissade !


Il est dit que le roi Mahin crut à l’évasion du Phraya Chakkri et qu’il lui confia la défense de la capitale avec tout pouvoir ! (Nota. Une fois de plus, les Chroniques royales montraient la stupidité du roi Mahin). Mais ce n’était pas fini.


Il est dit que Phraya Chakkri pendant un mois, contribua à renforcer les palissades, les douves et les bastions et à entraîner ses soldats au combat avec succès. Et puis, il commença son travail de sape, à désorganiser la défense de  la capitale. Il accusa et punit le soldat le plus vaillant de désertion de poste et de trahison envers le gouvernement.


Mieux. Il remplaça les soldats par des civils  et inversement !!! Les officiers furent découragés, et l’armée perdit sa force au combat. Il envoya alors un message secret au roi d’Hongsawadi, qui décida de l’attaque. (On ne  comprend pas ici la notion de civil, car l’armée était essentiellement composée de sujets paysans et esclaves du roi. Et puis, on suppose qu’une telle manœuvre doit prendre un certain temps, non ?)


L’attaque finale et la chute d’Ayutthaya en 1569. Racontée dans l’article plus haut.

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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