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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 00:09

titreC’est en réalité une lente marche d'Ayutthaya vers une inéluctable indépendance que vont nous décrire les » Chroniques royales d’Ayutthaya », traduites par Cushman. Celles de 1680 nous apprennent que, cette année là, « les eaux étaient basses » ce qui ne semble pas d’un intérêt capital, et que « le Roi Naraï monta sur le trône de Phitsanulok ». Ce Naraï นารายณ์ n’est évidemment pas le grand Ramathibodi III, que nous retrouverons un siècle plus tard. C’est Naresuan parfois aussi appelé พระนเรศ Naret (erreur des annales ou erreur de transcription de Cushman ?)


Les autres annales nous donnent une version plus précise (1) mais en datant l’événement de 13 ans auparavant, toujours la même erreur de datation. Le roi Thammaracha place son fils Naresuan (สมเด็จพระนเรศวรมหาราช) sur le trône de Phitsanulok. Thammaracha s’est-il donc débarrassé de la tutelle de son suzerain d’Hongsawadi et mérite-t-il désormais son titre de พระมหาธรรมราชาธิราช Phramaharacha Thammarachatthida,  « grand roi ».  Il ne le semble pas mais les annales ne nous le disent pas.


« La guerre avec le pays du millions d’éléphants » (Lan chang)

 

La Chang


Cette guerre n’est pas signalée dans les annales de 1680. Elle se serait déroulée en 1565. Est-ce un « flash back » ou une erreur de date ? Un retour en arrière ? Il y a effectivement eu une guerre entre Hongsawadi et le Lan Chang en 1565 selon les sources birmanes que nous avons précédemment citées (2). Il ne peut s’agir ici de l’année 1565 puisque Thammaracha n‘est pas encore sur le trône d’Ayutthaya et son fils non plus sur celui de Phitsanulok.


C’est probablement l’expédition lancée par Bayinnaung depuis Phitsanulok, qui a eu lieu en 1572 (3) et qui se termina par un échec, du à la fois au courage des Laos, à l’arrivée de la saison des pluies et à une défection involontaire de Naresuan atteint de la variole (4). Thammarasat et Naresuan sont partis sur « ordre » (ou « invitation » selon une seule des annales) du Roi de Hongsawadi, et c’est encore sur ordre que Naresuan retourne avec son père se faire soigner dans sa capitale. En tous cas, le lien de vassalité existe toujours.


Les annales de 1680 se contentent de nous donner le niveau des eaux à Ayutthaya en 1573, extrêmement basses, en 1574, modérément basses et en 1575, très haute,  Voilà bien des précisions météorologiques sans le moindre intérêt, mais situe la variole du roi Naresuan à la même époque des très hautes eaux.


 « La guerre avec le Lawaek  (Cambodge) (1575) »

 

lawaek 3


De toute évidence, le royaume de Lawaek profite ou tente de profiter d’une situation virtuellement conflictuelle entre le royaume d’Ayutthaya et celui d’Hongsawadi.


Selon les annales de 1680, en 1575, le roi du Lawaek partit avec sa flotte pour Ayutthaya. Il établit son camp à Phananchoeng พนัญเชิง (actuellement dans la province et aux portes d’Ayutthaya)


Phanangchen 4

 

et engagea le combat. Mais ses troupes furent incapables de résister aux contre-attaques et durent s’en retourner. En même temps, ils capturèrent et déportèrent un grand nombre d’habitants capturés dans les villes du sud.  « En cette année, les eaux à Ayutthaya étaient basses ». (Ces mentions systématiques au niveau des eaux dans les annales de 1680 a probablement un sens, mais à ce jour, il nous échappe.)

Les autres annales sont plus prolixes de détails, mais la conclusion est la même (5).

Encore une défaite des troupes du Lawaek qui échouent à assiéger Ayutthaya défendue par Thammarachat peut-être pas roi au plein sens du terme mais vrai chef de guerre et père d’un vrai chef de guerre. Lawaek  doit battre en retraite non sans oublier (triste coutume de l’époque) de déporter – au passage - en nombre la population civile. Comme toujours, nous n’avons qu’une description très événementielle de cette guerre et des incertitudes géographiques qui s’ajoutent aux incertitudes chronologiques.

Une nouvelle fois, les troupes khmères font connaissance avec l’artillerie siamoise mais aucune allusion n’est faite aux Portugais, présents à Ayutthaya depuis plus de 50 ans, dont les mercenaires (présents en tant que tels depuis 30 ou 40 ans), leur connaissance des guerres de siège, leur pratique des armes à feu, leur artillerie, leur science de la navigation, ne furent évidemment étrangers à la déroute cambodgienne ? (6).

 

mercenaires portos


Mais il n’est plus questions d’ordres donnés par le roi d’Hongsawadi à Thammaracha ou à ses fils.


« La guerre avec le Lawaek (1578) »


Nouvelles tentative du Lawaek qui ne désarme pas en 1578, nous apprennent les annales de 1680, et nouvel  échec (7). Les autres annales vont être beaucoup plus prolixes (8).


Une bataille perdue pour les troupes d’Ayutthaya mais en finale une guerre gagnée. Une fois encore, les Siamois semblent bénéficier d’une écrasante supériorité en matière d’armement ?


Intervient ici un détail pittoresque (les annales n’en abondent pas) : L’un des chiens de guerre khmers avait promis sur sa vie à son roi de revenir en vainqueur. Craignant d’être pris au mot, il passa avec famille, armes et bagages à Ayutthaya où le roi lui réserva un accueil triomphal. Mais il tenta de trahir à son tour son pays d’accueil, prit la fuite sur une jonque et réussit à échapper aux troupes de Naresuan qui le poursuivait. Nous ignorons malheureusement quel fut le sort du double félon à son retour et si le roi khmer le prit au mot ?

 

traitre-royal-2643247de1


***

Cette longue théorie de batailles aux côtés du « roi des rois », comme vassal aura une conséquence inéluctable : Naresuan sous l’aile tutélaire de son père va y acquérir la pratique et l’expérience de l’art de la guerre, les attaques du Lawaek sont un prétexte nécessaire et suffisant pour justifier la constitution d’une solide armée de guerrier aguéris et probablement de mercenaires, le suzerain ne peut lui reprocher de s’armer, moins encore de fortifier sa capitale et de se défendre (11).


art de la guerre


Le royaume d’Ayutthaya bénéficie de toute évidence d’une grande « autonomie interne » comme nous disions du temps de la colonisation à propos des pays sous protectorat. Le mort du grand roi birman va, nous allons le voir prochainement, changer le cours de l’histoire, incomplétude de ses successeurs aidant.


Bientôt, Thammaracha ne sera plus ce « puppet king »  selon l’heureuse expression de Wood (10) mais le vrai roi d’Ayutthaya et il va ouvrir les portes du trône à son fils. Ce sera le passage de l’ « indépendance dans l’interdépendance » (12) à la libération.


 pantin

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(1) « Le roi envoya le prince Naresuan son fils (สมเด็จพระนเรศวรมหาราช) prendre possession du trône de Phitsanulok. Il était alors âgé de 16 ans. Le jeune frère du roi Naresuan, Ekathotsarot (เอกาทศรถ) resta auprès de son père à Ayutthaya. »

 

ekasaroth


(2) Harvey, G. E. (1925). History of Burma: From the Earliest Times to 10 March 1824. London: Frank Cass & Co. Ltd.

(3) Phayre, Lt. Gen. Sir Arthur P. (1883). History of Burma (1967 ed.). London: Susil Gupta.

(4) « En 1565, le roi de Hongsawadi conduisit ses troupes au Lan Chang et invita (ou ordonna au ... selon 4 des annales sur 5 ! ) le roi Thammaracha et le roi Naresuan à l’accompagner. Le prince Ekathotsarot, jeune fils du roi resta à la métropole royale sur ordre de son père. Les rois conduisirent donc leurs éléphants, leur cavalerie et leurs troupes à Nongbua dans la province de Lan Chang. »

(Il s’agit de toute évidence de Nongbualamphu, หนองบัวลำภู, traditionnel apanage du prince héritier du royaume de Lan Chang).

« Le roi Naresuan fut alors atteint de la variole et le roi de Hongsawadi ordonna au roi Thammaracha et au roi Naresuan de s’en retourner à Ayutthaya.  A cette occasion, le roi du Lan Chang défendit sa capitale avec vaillanceet l’armée du Hongsawadi ne fut pas de taille à la vaincre. Et comme la saison des pluies approchait, l’armée s’en retourna à Hongsawadi. »

(5) « Le roi du Lawaek s’avance avec sa flotte jusqu’à Phananchoeng. Le gouverneur et les notables de Thonburi avaient avisé le roi de cette avance. N’ayant pas la possibilité d’organiser la défense de la cité, ils s’en étaient enfuis par leurs propres moyens. « Le roi du Lawaek avança jusqu’à l’estuaire de Phananchoeng et fit de nombreux prisonniers de guerre parmi les habitants de Thonburi, Nonthaburi et Chonburi. Aussi, le roi Thammaracha ordonna-t-il aux muangs de Yasothon et de Ratchatani et aux hauts fonctionnaires de lever 12.000 hommes de troupe, de les armer, de les charger sur des bateaux et de les envoyer à l’assaut de la flotte du Laewek. Ils se rencontrèrent à Nonthaburi (Thonburi selon l’une des annales).

Il est difficile de savoir si cette bataille navale décisive eu lieu aux portes d’Ayuthaya (Phananchoeng) ou à celles de Bangkok (Thonburi ou Nonthaburi) ?

 « Tous se battirent avec vaillance. Mais les troupes royales furent vaincues par celles du Lawaek et le seigneur Rachamat ( ?) fut perdu. Les troupes ennemies le prirent vivant et le présentèrent au roi du Lawaek.  Les troupes de Yasothon, celles de Ratchatani et les troupes royales se replièrement alors sur Ayutthaya. Le roi du Lawaek dont les troupes étaient nombreuses installa son camp à Tanao ( ?) vers la cité royale d’Ayuthaya. Le roi ordonna alors à tous les officiels de haut rang d’inspecter leurs troupes, de les préparer et de prendre position sur les fortifications de la ville pour les défendre. Le roi du Lawaek conduisit ses troupes jusqu’au temple de Phananchoeng, composées d’environ trente (dix, c’est selon) bateaux constituant son avant-garde, qui firent force de rame jusqu’au voisinnage de Nai Kai ( ?). Le roi était alors dans une pièce de sa résidence, face à l’île de Kaeo ( ?) en compagnie de tous ses chefs de guerre, ministres et générauxLorsque les navires ennemis arrivèrent, les gros canons du fort de Nai Kai firent feu et tuèrent un grand nombre d’ennemis. Le roi chargea alors ses bateaux de troupes et détruisirent l’ennemi. »

(L’existence de ce que les annales présentent comme de véritables batailles navales est sérieusement mise en cause par la remarquable étude du Prince Damrong « Histoire des bateaux de guerre siamois » traduit par Jean-Claude Brodbeck in « Arts asiatiques » 1978, tome 34.)

 « Le roi du Lawaek vit alors qu’il ne pourrait s’emparer de la capitale et recula pour prendre position sur l’estuaire de Phra Praedeng  (actuellement dans la province de Samut Prakan, sur les rives de la Chaophraya)  et il organisa ses troupes pour qu’elles s’emparent d’un grand nombre de prisonniers à Suphanburi, Nakhon Chaisi, (actuellement un amphoe de la province de Nakhon Pathom) Ratchaburi et Sakhonburi. Ils s’emparèrent de nobles, de fonctionnaires, de roturiers et les déportèrent en bateau en grand nombre. Il ordonna aussi que l’on s’empare de deux saintes images d’or représentant des espris protecteurs, « le seigneur aux cent mille yeux » et « le seigneur tenant une conque », lesquelles avaient un grand pouvoir magique et qui se trouvaient au temple depuis l’époque de Ramathiboi II. Il s’en retourna ensuite dans son pays. »

(6) Voir à ce sujet le remarquable mémoire de Madame Rita Bernardes de Carvalho, 2006 « La présence portugaise à Ayutthaya (Siam) aux XVIème et XVIIème siècles ».

(7) « Le roi du Lawaek forma une armée et l’envoya à l’assaut de Petchaburi, mais il ne put s’en emparer et battit en retraite. Au même moment, le prince Cincantu (?) sortit du Lawaek et entra dans le domaine royal. Quelques temps plus tard, il revint au Lawek ».

(8) « Le roi du Lawaek prépara une armada dont le commandement fut confié au prince  Uthetsarat et au prince Cincantu. Composée de 30.000 hommes elle partit assiéger Petchaburi. Le prince Si Surinthon Luchaï et ses officiers préparèrent la défense de la ville. L’ennemi se préparait au pillage, mais ses troupes furent tuées par des armes « en grand nombre ». Nous ignorons tout de ces chefs de guerre.

(9) « Le prince Cincantu avait promis au roi la victoire, demandant à ce qu’il soit condamné à mort en cas d’échec. De peur que le roi du Lawaek ne le prit au mot, il se réfugia avec toute sa famille à Ayutthaya. Le roi l’accueillit avec miséricorde et ordonna qu’il soit comblé de présents. Mais plus tard, il fut réticent à se soumettre à la volonté royale. Il arma secrètement une jonque pour quitter la cité royale. Il s’embarqua avec toute sa famille un lundi à deux heures du matin. Au même moment, le roi Naresuan revenait de Phitsanulok et se trouvait dans son nouveau palais.  Il partit avec sa flotte à sa poursuite au milieu de la nuit. Il réussit à cerner sa jonque. Les deux parties se battirent avec vaillance. « Trois importants Chinois » (Qui étaient-ils au sein de l’armée khmère ?) furent abattus à l’arquebuse. Mais d’un coup de canon, le prince Cincantu détruisit le stock des armes royales. Il se battit avec courage et les troupes royales ne purent s’emparer. Il accéléra sa fuite jusqu’à l’estuaire, en eaux profondes, poursuivi par la flotte de Naresuan qui s’en retourna ensuite à la métropole royale. »

(10) « A history of Siam from the earliest time to the year 1781 »  W.A.R. Wood, consul général à Chiangmaï, à Londres, 1924.

(11) L’histoire ne se renouvelle pas : les Français formèrent, lors de la campagne d’Allemagne puis de la guerre d’Indochine, de solides guerriers algériens dont les cadres les plus compétents constituèrent plus tard l’élite de l’encadrement de l’Armée de libération nationale : Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Krim Belkacem ou Mohamed Boudiaf tous issus des tirailleurs algériens et tous héros de la campagne d’Allemagne, d’Italie ou de la guerre d’Indochine.

(12) Cette formule (qui a fait long feu) est de Guy Mollet, président du conseil lorsqu’en 1955 la France accorde son indépendance au Maroc : « ... le statut d’Etat indépendant uni à la France par les liens permanents d’une interdépendance librement consentie et définie »

 

 

 guy mollet

 

 

 

 

 

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